‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 276 sur 436 · LETTRE CV · texte numérisé non relu

LETTRE CV

Etre séparé du monde, grâce précieuse; telle a été la grâce de saint Jean-Baptiste.

UIEU SEUL.

Ma chère fille, Dieu seul. Dieu seul en trois personnes, et toujours Dieu seul dans l'union sainte du sacré cœur de notre bon Sauveur Jésus- Christ, le Sauveur de tous les hommes. C'est dans cette divine union que je dis toujours Dieu seul, mais avec plus de désir que jamais. Je regarde, ma chère fille, le monde, la vie pré>ente, comme un rien; et je ne saurais assez gémir de m'y être arrêté comme à quelque chose. Oh! que bienheureuse est l'âme à qui notre bon Sauveur, dans la jiureté de sa divine lumière, fait connaître son grand et unique tout, et le rien de toutes les créatures ! Ne vous aliligez pas d'en être séparée, et de n'avoir jioint de part au monde. C'est la part précieuse que notre bon Sauveur a faite à ses plus gramls saints; et l'incomparable saint Jean-Ba[)tiste, dont l'Eglise célèbre aujourd'hui la glorieuse naissance, a eu si peu de part au monde, qu'il a été trente ans dans le désert, sans y connaître personne et sans être connu de personne, y menant une vie selon le monde la )j1us malheureuse, se retirant dans une caverne, n'étant habillé que de peaux de oêtes, et n'y étant nourri que de miel sauvage et de sauterelles : et après peu d'années qu'il jiarait, ii finit sa vie par la main d'un bourreau. Voilà le partage de celui dont le Eils de Dieu a dit qu'entre les enfants des hommes il n'y en avait pas eu de plus grand que lui. (Maith. XI, 11.) Oh ! qu'il fiit ilonc bon de n'avoir jioint de part au monde, ni à ce que le monde estime et aime! Priez, s'il vous plaît, que je ne vive plus que de la

(40) C'est où Ion relire les filles débaudiées.

LF.TTRKS. - A MADAMC IIKNUI.

luort, afin qu'il n'y ait [ijiis ([uo Dieu seul eu Dioi tlans l'uuion de notre l>oii Sauveur Jésus-Ciirist, sous la protection de l'iminaculée Vierge, Mère de Dieu, ma Ijonne mère et maîtresse. Ayez toujours IiIimi soin d'avoir recours ù elle, pour vous fl|ioursoii pauvre serviteur, et aux bons anges. Isntreienezvous avec votre Ijop ange quelquefois, et dans toutes vos atllictions et vos besoins pariez lui, connue vous feriez si vous le voyiez visiblement. Je salue celui qui vous garde, tous les bons anges et saints patrons de la ville et du diocèse de Rouen, et des personnes qui y sont.

11 n'est pas nécessaire de faire une confession générale pour gagner le jubilé ; et même vous n'en devez pas faire : mais |)renez garde de vous laisser aller à la tristesse : il faut servir Dieu dans une sainte joie et vivre dans sa paix; c'est ce qu'il a laissé en mourant à ses disciples : le démon et la nature corrompue causent du trouble, de l'abattement, du découragement.

Je suis, dans le cœur de Jésus et de Marie, etc.

A Paris, le jour de la féu du grand saint Jean-Baptiste.

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