‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 275 sur 436 · LETTRE CH · texte numérisé non relu

LETTRE CH

A i.A >ii;mi:.

Considérer la divine Providence dans les causes secondes dont elle se.'irrt poumons secourir.

DIEL SKl'I.

Dieu seul, Dieu seul en trois personnes, etc. H est le véritable appui de tous ceux oui mettent toute leur confiance en lui seul. Vous vous iiKjuiétez trop de moi qui ne suis que le chétif instrument de sa providence, et dont elle se sert en sa grande miséricorde pour vous secourir : il faut toujours regarder Dieu seul, sans s'arrêter à la créature, qui n'est rien en son adorable présence. C'est Dieu seul dans l'union de notre bon Sauveur Jésus-Christ, qui m'a donné et le mouvement de vous secourir, et la bonne volonté que j'espère qu'il me continuera toujours à votre égard. Sa divine Providence nous fera faire nos visites dans les campagnes pendant le carême; et après Pâques j'espère qu'elle nous donnera le moyen do vous envoyer ce qu'elle nous fait vous donner ordinairement. La pauvreté et les souffrances qui l'accompagnent sont des biens inestimables pour l'autre vie, et ceux quii sont pauvres ont des obligations infinies à la divine Providence. Bien loin donc d'en avcir de la confusion, c'est oii il faut mettre le haut point d'honneur et de gloire, et ne cesser jamais de remercier Dieu pour un don si précieux. Je salue votre bon ange, tous les bons anges et saints patrons de ia ville et du diocèse de Rouen, et suis, ma chère tille, etc.

A Evreux, ce k février, jour de la précieuse mort de la bienheureuse Jeanne de France, fondatrice de rAnnonciade de Uourqes.

LETTRE CllL

Etre délaissé des créatures, bonheur inestimable. iVe point s'inquiéter des pensées de réprobation.

Ma chère fille.

Dieu seul , Dieu seul en trois personnes, etc. Voilà )>ar oii je commence la première lettre de cette année que je vous écris; et par où je désire, a[ipuyé sur les miséricordes infinies de Jésus-Christ, le Sauveur de tous les hommes, sous la protection de son immaculée Mère, ma très-chère et très-fidèle mère, de saint Joseph, de saint Jean l'Evaiigéliste, de mon bon ange gardien, de tous les bons anges et saints; par où je désire, dis-je, continuer et finir ma vie, pour ne cesser jamais de dire. Dieu seul en trois personnes dans l'union de notre bon Sauveur Jésus-Christ.

Mais c'est une grande vérité, qu'on ne trouve ce Dieu seul que dans la privation des créatures ; et à proportion que leur privation est grande, on jouit davantage de sa bienheureuse possession. C'est ce qui mu

CEtVRES COMPLETES DE BOTJDON.

fait beaucoup estimer votre état de délaissement dos créatures, c'est l'une des plus grandes grûces que nous jouissions recevoir; et ainsi, bien loin de nous en affliger, ce nous doit être un sujet d'une consolation iiiexjilicable. Après tout, la mort viendra bientôt; et que reste-t-il des créatures, à celles qui en sont les plus caressées et les plus reclierdiées? Ohl que c'est une grande grâce ijue d'ôlre ])rivé de toutes les créatures, et de le soutl'rir par amour, avant que d'en être privé à la mort, ce qui est une nécessité inévitable 1

Les pensées de réprobation qui vous exercent sont les plus grandes marques de votre élection; ne vous en inquiétez pas, portezles en patience, et ne les entretenez jias joar des réilesions volontaires. Ayez soin de bien recommander au grand saint Henri, empereur, une jjersonne malade et de haute qualité. C'est db son argent que je vous ai envoyé les neuf livres. J'ai reçu vos deux lettres. Je salue votre bon ange, etc., et suis, oja chère fille, etc.

LETTllECIV.

Servir Dieu pour Dieu, soit que l'on sente du goût vu du dégoût dans les exercices de piété.

DIEC SEUL.

Ma chère fille, Dieu seul dans l'union de notre bon Sauveur Jésus-Christ. Je vous écris l'onzième de février, jour de la fête de sainte Scholastique, mèredeioules lesreligieusesde Saint- Benoît; dans l'ortave de la fôte du très-précieux cœur de ladmirabie Mère de Dieu, de saint Htienne de Crandmont, l'admirable saint de la divine Providence qui avait placé son |ireuiier monastère dans des forêts et des lieux éloignés des hommes sans aucune subsistance, ni d'argent, ni de rente, ni d'aucun autre bien, et ceiiendant ne voulant ])as qu'aucun de ses religieux sorlil hors de cette solitude (lour demander l'aumône, mais qu'ils deme\nassent tous dans l'attente paisible des secours de la divine Providence ; dans l'octave de la fêle de saint Jean de Matha, fondateur de l'ordre de la Très-Sainie- Trinité de la Rédemption des ca|itifs. Je ■vous prie à quelques jours de dimanche ou fête d'aller visiter trois fois la cbajoelle des Filles de Notre-Dame du Refuge à Jlouen (40), et de communier ces jours-là en l'honneur de la très-sainte et suradorable Triniié, le principe , le centre et la fin de toutes choses, pour la remercier ]iar l'Ame sainte de Jésus de nous avoir donné la sainte Vierge pour dame de refuge en tous nos besoins, et pour la (irier, par cette âme sainte, de me la donner pour dame de refuge pour les visites que je dois faire ce caiême. Notre intention sera aussi de communier en l'honneur de saint Jean de Mathaet du bien-

heureux Félix de Valois pour m'obtenir ia protection de la très-sainte et suradorable Trinité de Dieu , en l'honneur de saint Etienne de Grandmont pour m'impétrer les secours particuliers de son aimable providence. Je vous conseille d'avoir bien de la dévotion à cet incomparable saint.

Servez Dieu pour Dieu, par la raison qu'il le Uiérite, sans considérer si vous y avez de l'inclination, du sentiment et du goût, ou si vous y avez delà peine. Oh 1 l'heureux et sa inl état qui est sans aucun sentiment! car c'est l'état des anges qui n'en ont jamais, étant de purs esprits : et quand même cela serait arrivé par notre faute, il en faut faire usage ; et l'usage sera plein de bénédiction. Cependant, quand Dieu tout bon donne des sentiments jiour nous aider dans notre faiblesse, il les faut recevoir avec action de grâces, sans s'en occuper. J'espère de la divine Providence, ma bonne mère, qu'après le carême elle me donnera quelque chose pour vous envoyer. Je salue votre bon auge, etc.

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