LETTRE CX
Plus nous sentons de répugnance dans les sacrifices que nous faisons à Dieu, plus iU sont méritoires.
DIEU SEUL
Dieu seul, Dieu seul en trois personnes, et toujours Dieu seul dans l'union sainte du sacré cœur de notre bon Sauveur Jésus- Christ, le Sauveur de tous les hommes. Qu'il me fasse la grâce, ce Seigneur plein de miséricordes infinies, d'être toujours dans cette sainte union, el de n'en sortir jamais. C'est dans cette bienheureuse union que je vous écris, que le mérite des sacrifices que nous faisons h Dieu n'est pas empêché |iar la ré- |)Ugnance que nous y ressentons; mais qu'au contraire, tant |)lus nous avons de répugnance el d'opposition à sacrifier notre |iropre volonté, tant plus le sacrifice est agréable à Dieu. Souvenez-vous que dans l'ancienne loi, les sacrifices charnels que l'on otfrait à Dieu ne (-ouvaient être sans de grantles douleurs du coté des victimes, car il fallait qu'elles fussent égorgées ; et elles
ŒUVRES COMPLETES DE BOUDON
li'élaient qu'une figure du grand sacrifice que nous faisons avec Notre-Seigiieur Jésus-Clirist : or, combien en a-t-ii coulé à ret aimable Sauveur? il suflit donc, ma chère fille, que vous lui sacrifiiez dans le fond de votre âme sans réserve, ne vous roettant point en peine des contradictions que vous ressentirez dans votre partie inférieure. Voljs vous alarmez trop tôt aux moindres nouvelles qu'on vous dit de ma mort. Souvenez-vous que dans l'état d'inp.'mitéoij je suis, on en fera toujours courir des bruits : la tlivine Providence vous le fera bientôt savoir.
Je vous supplie decoiitinuer la même charité qu'il a plu à cette divine Providence de vous inspirer, qui est de prier, comme vous me l'avez marqué, pour que Dieu soit glorifié en mon indigne personne. Si vous saviez, ma chère sœur, combien le rebut des hommes, et des hommes de piéié, est avantageux pour nous et glorieux pour Dieu, vous estimeriez comme une liénédietioii incomparable lorsque les créatures vous rebuteraient. Ainsi bénissez la divine Providence du rebut que le P. B.... a fait de vous : apparemment quelqu'un l'a jjréoccupé contre vous ; et je viens de vous le dire , c'est une grâce : il ne faut plus retourner le voir, puisqu'il ne le souhaite pas.
Vous n'êtes pas seule dans ces états de délaissement et de rebut; j'en fais présentement une douce et heureuse expérience.
Des personnes de haute qualité, qui me considéraient beaucoup, me mar(juent 5 (irésent, dans l'infirmité où je suis, une indifférence extrême, comme si elles ne m'avaient jamais connu; à la bonne heure, tant moins de créature, et tant (ilus de Dieu. Cela nous uonne Jieu de dire, à présent plus quejamais. Dieu seul.
Mlle d'Outrebois a reçu votre lettre, et me l'adonnée : elle vous salue et voire bon ange. Ayez soin de prier pour elle. Notre-Seigneur lui donne une grande charité jjour vous.
Je vous écris le 7 août, jour de la fête du grand saint de la Providence saint Gaétan, qui non-seulement n'a [>as voulu que ses religieux fussent reniés, mais même n'a jias voulu qu'ils de.mandassent l'aumône, nifendanl les secours dans leur maison : c'est mon sainl, mon grand saint, mon très-
grand saint. C'est encore dans des Neiges, dans a fait connaître
Notre-Dame
.mainte Vierge
'octave de laquelle la i quoi elle voulait que l'héritage d'un seigneur romain fût employé à sou service. La divine Providence a voulu que dès ma jeunesse je fisse la Mère de Dieu héritière de tous mes jietils biens autant qu'elle peut l'être dans l'ordre do Dieu, par un contrat en parchemin que nous signâmes tous mes coiiipagnonset moi. Vous jiouvez vous en souvenir, car j'étais pour lors chez voire oncle.
Je salue, etc.
LETTRE CXU.
Conseils de direction.
DIEU SEUL
Ma chère fille,
Dieu seul. Dieu seul en trois personnes, et toujours Dieu seul dans l'union de notre bon Sauveur Jésus-Christ. Je bénis de tout mon cœur son aimable et infiniment miséricordieuse [irovidence, et je l'adore à genoux, aiirès avoir écrit ces paroles, des secours qu'elle vous a donnés |iar Mme Aubéry. Mettez toujours en elle toute votre confiance, sans faire aucun appui sur aucune créature, et cela sans la moindre réserve. Dieu seul, et puis rien, rien, rien du tout. Communiez tous les jours, à l'exception d'un jour la semaine, il r/importe iequi;l; ne vous aflhgez point. Dieu demande un cœur dans une sainte paix; vous n'avez rien dit qui me fasse jieine, en ce que vous me mandez. .Mlle d'Outrebois a toujours liien de la charité pour vous : c'est un ell'et de la divine Providence; il la faut regarder uniquement en toutes choses : elle va me faire aller à Paris pour un peu de temps. Je salue votre bon ange, tous les bons anges et saints iiatrons de la viUe et du diocèse de Rouen. Vous avez bien fait de m'apprendre la mort de ces bonnes personnes. Je suis, ma chère fille, votre tout acquis, etc.
A Evrcux, ce 5 de novembre, dans l'octave de la fêle de tous les saints.
LETTRE CXIll
// lui annonce un secours.
Ma chère lille.
Dieu seul dans l'union de notre bon Sauveur Jésus-Christ. Son aimable et divine rovidence, notre bonne el fidèle mère, me
it recevoir votre lettre dans le temps de mes visites, ce qui ne me donne lieu que de vous dire qu'à mon retour des visites, je vous enverrai, avec le secours de la divine Providence, un louis d'or, à la première occasion qu'elle me donnera. Mettez toute votre coidiance en elle seule. Je saine avec respect .^llle de Brebion, et quand il lui plaira de m'écriie, je me laisse à l'Esprit de notre bon Sauveur jiour lui répondre à ce qu'elle souhaitera. Je salue votre bon ange, tous les bons anges et saints patrons de la ville et du diocèse de Rouen, et suis, ma chère fille, etc.
A Evreux, ce '■IQ d'octobre, jour de l'octave de. la fe'te du cœur adorable de Jésus noire bon Sauteur.
la
LETTUES. — A MADAME IIE.NKI.
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LETTKt; CXIV.
A LA Ml'.MK.
Jt lui envoie le secours promis
DIEU SEIL
Ma rlière fille,
Dieu seul, Dieu mmiI en trois personnes, cl toujours Dieu seul il;iiis l'union de notre hon Sauveur Jùsus-Ciirist. Je n'.ii le loisir lie vous (lire |)résenlciuent, sinon que j'ai rc^u votre lettre avei; les deux jiutres qui y étaient renfermées, et qu'il va déjà du tem|is que j'ai donné un louis d'or jiour vous être l'Orté, que l'on no fait qu'attendre l'occasion (jue la divine l'rovidence donnera pour les porter à Rouen, à cette l)onne dame h qui l'on a coutume de les porter pour vous les donner. 11 me senihle, s'il m'en souvient bien , qu'elle s'ap|ielle Mme Leblonrl ; quand vous l'aurez reçu, vous me le manderez. Je salue ce|)eiidant votre bon ange, et suis, raa dière tille, votre tout acquis, etc.
A Erreux, ce 6 d'avril, jour consacré à la mémoire des douleurs de la très-sainte } ienje.