LETTRE CXVI
A La même.
// l'avertie qu'il lui envoie un nouveau secours.
Dieu seul. Dieu seul en trois personnes, et toujours Dieu seul dans l'union de notre bon Sauveur Jésus-Christ. Ce petit mot que je vous écris ce jeudi-saint, jour de la. mémoire de l'excès de I amour de THomme- Dieu envers nous, qui nous a laissé son corps adorable et son précieux sang pour notre nourriture, est pour vous avciiir que je viens, en l'honneur de cet amour immense, et du cœur miséricordieux de soo imma'culée Mère Vierge, de saint Joseph,., de saint Jean l'Evangéliste, <ie saint Joachim; et de sainte Anne, de saint Henri, de mon, ange gardien et du vôtre, des sept premiersprinces des anges et de tous les saints, que je viens, dis-je, de mettre entre les mains de Mlle d'Outrebois 10 livres 16 sols pour vous être envoyés, el elle vous les envoie pour être mis entre les mains de la bonne dame dont elle se sert ordinairement,, afin qu'elle vous les donne; je ne me souviens pas de son nom, mais vous savez assez qui c'est; vous aurez donc soin de les prendre de celte dame. Je salue votre ijon ange^ tous les bons anges et saints patrons de la ville et du diocèse de Rouen, et suis, ma chère fille, votre très-humble et obéissant serviteur, etc
LETTRE CXVn.
Il recommande à ses prières une station qu'il
devait prêcher à Evreux.
dieu seul.
Ma chère sœur.
Comme la divine Providence, à la faveur de la très-sacrée Mère de Dieu, des bons anges et des saints, nous dispose à prêcher dans Evreux dimanche prochain, jusqu'à la Se[)tuagésime, après y avoir gardé le silence depuis huit ans, il faut que je prie que l'on m'aide à la bénir et à la remercier, et à l'adorer de tout mon cœur dans toutes ses conduites, soit à l'égard ilu passé, soit à l'égard du présent et à l'avenir; c'est pourquoi je vous prie de communier dimanche ]irochain, si vous le pouvez, en la chapelle de Notre-Dame de la Délivrance, en l'église lie Saint-Ouen p.our ce sujet; le dimanche qui suit, fêle de Saint -Sébastien, si cela ne,
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(«OUVRES COMPLETES DE BOLDON
Ivoiis iiifoinmoiJe pas, à Notre-Dame du Bon-Seccnirs ; le diiiiandio 27, jour de saint .Jean Oirvsoslome, en !a cliapelle des Vœux h Notre-Dame; le lumli 28, jour de la fêle 'Je saint Cvrille, le grand défenseur de la maternité divine de la très-sainte Vierge, aux Carmes ou aux Carmélites oij l'on en fait la fête. J'oubliais de vous marquer le mercredi auparavant, 23, le jour de la fête de saint llde|ihonse, archevêque, et l'un des saints que Ion appelle les chapelains de la Mère de Dieu, qui a beaucoup écrit pour défendre sa virginité immaculée, et à qui la très-sacrée Vierge donna une chasuble miraculeuse ; il a été archidiacre avant d'être archevêque, ^"ous communierez ce jour-là où il vous plaira; le dimanche d'après, 3 février, encoreenlacha)>elle de la Délivrance, et entin le dimanche de la Septuagésime, dixième, à Notre-Dame, en la chapelle des Vœux. Je crois, si la divine Providence n'en dispose autrement, que nous pouvons avec son divin secours prêcher à Evreux jusqu'à ce jour-là. Ayez bien soin de recommander le tout à Noire-Seigneur, car ce sont ses affaires; priez-le l)ien qu'il en prenne soin, et qu'il me fasse la grâce de participer en (juetque manière à la grâce des saints et zélés défenseurs de l'honneur de sa trèspure Mère. Sa divine j)rovidence prendra soin de vous , ne vous inquiétez point. Je salue votre saint ange, tous les bons anges et sainte patrons de la ville et du <Jioccse de Jtouen, et suis, ma chère sœur , etc.
A Evreux, ce 8 de janvier, fêle de saint Laurent Juatinien, J679.
LliTTRE CXVllI.
À M. LOUVIERS, ECCLÉSIASTIQUE, CUEZ M. SAM- SON, NOTAIRE, BUE SAINT-ANTOINE, PARIS.
Agir en tout en union avec Jésux-Christ et d'une manière digne de lui.
DIEU SEUL
Dieu seul, Dieu seul en trois personnes, et toujours Dieu seul dans l'union de notre bon Sauveur Jésus-Christ, le Sauveur de tous les hommes ; c'est dans cette divine union qu'il nous faut toujours demeurer, qu'il nous faut toujours agir et souffrir; comme c'est son divin esprit qui doit donner le mouvement à toutes nos actions, que c'est cet adorable Sauveur qui doit opérer toutes choses en nous, il faut l>enser et y penser bien , combien tout ce •lue nous faisons et tout ce que nous souffrons doit être saint et divin, jinisque toutes nos conliances et actions sont produites par un Homme-Dieu. Grande et étonnante (vérité, mais très-certaine. Ah! il faut donc former tous ses desseins, parler, converser, souffrir, iirier, manger, boire, dormir d'une manière digne d'un Homme -Dieu, puisque c'est lui qui les opère. Et de combien de nos actions et souffrances le pouyons-nous penser équitableraent 1 Ce que vous me mandez de la .sœur Bajot est considérable, et
il est à craindre que cette sainte fille ne soit trom|iée.
Ouand la divine Providence, ma toujours très -bonne et irès-fidèle mère, m'en donnera l'oicasion, je lui en ferai savoir mes petits sentiments. Vous ne me donnez point d'adresse, ainsi je ne sais quand je vous enverrai cette lettre.
Je salue votre bon ange, tous les bons anges et saints patrons de la ville et du diocèse de Paris, et des personnes qui y sont; mais après vous avoir remercié de votre bon souvenir de mon bon ange, je n'oublie pas aussi le vôtre,
Votre très-humble et très-obéissant serviteur, etc.
Je crois cependant qu'il faut ménager la sœur Bayot. Sainte Thérèse avait des attachements grossiers assurément avec toutes les grandes grâces que notre bon Sauveur lui faisait, et jiour lors elle n'était pas en état de s'en défaire; elle dit que si elle n'eût pas trouvé d'autres directeurs que ceux qui la pressaient sur ce sujet, que cela aurait eu des suites fâcheuses pour elle; mais le saint homme le P. Balthazar Alvarez la laissa sans la presser, et ensuite elle entra dans un détachement |iarfail.
Je viens de recevoir votre adresse; ne l'oubliez plus une autre fois.
A Evreux, ce 8 octobre, fête des saints Simon et Judes, apôtres.
LKTTllE CXiX.
A MADAME DE MONTREI IL, RELIGIEUSE BÉNÉ- DICTINE, AU COUVE>T DE SAINT-SAUVEUR, A ÉVHEUX.
// compatit à ses souffrances et lui donne des avis.
DIEU SEUL
Si je ne vous rends pas tous les témoignages des soins que je dois prendre de vous, ma chère tille, je vous en donnerais assurément toutes les preuves si je le pouvais; et si vous étiez dans un autre lieu, j'irais moi -môme, sans envoyer personne, savoir de vos nouvelles, mais cela n'empêchera en rien le soin que j'en ai devant Dieu. Je m'en vais célébrer la très-sainte messe pour vous, et nous vous enverrons, ma chère fille, la bénédiction du saint autel. L'on fait bien les atfaires s[iirituelles de ses amis sans leur parler, quand on en parle à Notre-Seigneur qui seul peut y donner bénédiction. Soyez abandonnée à tous ses desseins, que toute votre volonté soit l'accomplissement de son bon plaisir divin, soit dans la santé, soit dans la maladie, ne voulant rien, mais le laissant vouloir pour nous tout ce qu'il trouvera bon. Tenez-vous donc dans une totale indifférence pour toutes choses, vous servant cependant des remèdes et des moyens ordinaires, car c'est sa volonté. I>'uu m'a dit que vous avez voulu aller à l'église trop tôt; il ne faut pas tant su hâter, soyez plus sage une autre fois. Je prends plus de part que je ne puis vous dire
9il
LETTRES. — A MVnAMI. I.\ SUPEIllEUni: TES URSl LINES.
à tom ce qui vous ioulIic et jo couiiialis l)euuLOU|i à voire ni.il. Il n'est pas vr.ii <iuc je suis mai avec noire iirélal. je suis Irèseonlenl ei très îi mou aise. Dieu uieri-.i, car je veux huit ce que notre .>Liîlre voutira. Aiuiez bien la saiiUe Mère de Dieu et les saints anges; je salue le vôtre (i-1).