LETTRE CLX
// félicite son ami de su rétractaliun.
DIEU SEUL
Monsieur, Je vous écris avant quatre heures du matin, partant de Paris, et n'ayant le loisir que de vous dire que rien n'arrive sans la conduite de la divine Providence, que nous devons glorilier en toutes choses et aimer, que vous avez fort bien fait en vous rétractant. Je vous enverrai, avec le secours divin, une lettre pour le P. César, elle est faitp, mais elle est enfermée dans ma valise qui esldéjà portée; je suis dans l'impuissance de pouvoir satisfaire à ce qu'il demande. Je salue votre bon ange, Monsieur, et suis avec respect votre très-humble et tout acquis serviteur, BouDON', le pauvre prêtre de l'admirable Mère de Dieu toujours vierge et immaculée en ^a toute sainte conception, vérités pour
lesquelles je voudrais mourir de bon cœur avec le divin secours.
LETTRE CLXL
Il l'avertit ((u'il est retenu aux Andclys jusipi'après la Pentecôte.
DIEU SEUL
Monsieur,
Que la divine Providence, ma toujours très-bonne et aimable mère, soit glontiée à jamais! Voici qu'elle m'arrête à .\ndelys pour sa gloire jusqu'après les fêtes de la Pentecôte; c'est pourquoi ce jjetit mot-ci est j>our vous donner avis que, si vous voulez prendre la peine de m'écrire à la Pentecôte, comme je vous l'avais mandé, il ne faut pas, en ce tem|)S-là, m'adresser des lettres it Evreux, mais seulement pour la fête de la très-sainte et suradorable Trinité, et ensuite apparemment la divine Providence nous engagera à quelque voyage pour sa gloire, et c'est tout ce que nous avons à désirer et au ciel et en la terre, et dans le temps et dans l'éternité. Je salue votre bon ange. Monsieur, et suis avec respect votre trèshumble et tout acquis serviteur, Boldo^, le jiauvre prêtre de l'admirable Mère de Dieu toujours vierge et immaculée en sa toute sainte conception, vérités pour lesquelles jo voudrais mourir de bon cœur avec le divm secours.
A AndeUjs, ce 27 de mai, fête de l'Ascension admirable de notre bon Seiijneur Jésus- Christ.
LETTRE CLXIL
Jl le charge de remettre une lettre à M. de Fermanel.
DIEU SEUL
Monsieur,
Je vous écris un peu pressé, étant sur le point de partir pour mes visites; c'est i)our vous su|>plier d'avoir la bonté d'envoyer sûrement cette lettre à M. de Fermanel. Je vous donne cette peine, car je crois qu'apparemment M, de Touvans est à la campagne, et qu'ainsi il y a peu de monde chez lui, et j'aurais peur que la lettre ne fût perdue [lar la [loste, si je l'adressais immédiatement chez M. de Touvans. Je crois aussi apparemment que M. de Fermanel sera à Acquevilleavec lui; ayez donc la bonté, s'il vous plait, de l'envoyer chez M. de Touvans pour lui faire tenir en la campagne. Ordinairement il reste toujours quelqu'un chez lui, à Rouen, qui fait tenir les lettres. Je salue voire bon ange, et suis, Monsieur, votre très-humble et tout acquis serviteur, Bou- DON, le pauvre prêtre de l'admirable Mère de Dieu toujours vierge et immaculée en sa t'.'ute sainte conception, vérités [K)ur les-
OtLVlŒS COMPLETES DE BOL DON.
queiles je voudrais mourir de bon cœur avec le divin sei;ouis,
A Evreus, ce 30 août, fête d'i (jlorieux confesseur de Jésiis-CItriil, saint t'iiure.
LETTRE CLXHL
// est tout disposé à rendre sercice à son ami. l'erineté qu'il faut avoir dans la direction de certaines personnes.
DIEU SEUL
Monsieur,
Je bénis la divine Providence de l'ocrasioii qu'elle vous a donnée de M. Tliéroulde jiour n|i|iorter le Traité de la gloire de la très-sainte Trinité' dans les âmes du purgatoire, c'est à elle à y donner telle Iténédiclion qu'il lui plaira. Vous (louvez croire que, où il s'«gira de vous rendre service, je m'y emploierai de la bonne manière, vous laissant à l'esprit de Notre-Seigneur pr)ur agir en "sa divine vertu. Les demoiselles d'Outrebois voudraient bien aussi vous servir, assurément, mais jirésentement les choses sont dans un état oiî il faut nécessairement les éulaircir. M. votre frère ayant fait assigne» le maître de musique en réparation d'iioimeur sur ce qu'il (irétend qu'il l'a accusé d'être l'auteur des lettres dont il est question, ainsi le maître de musique est dans l'obligation de justifier son accusation, supposé qu'il l'ait faite. M. le procureur du roi est intéressé dans cette affaire, car il a <:lù accusé de |i.erfidie envers le prélat dans les lettres, el j)lusieurs autres personnes y •sont intéressées. C'est donc présentement M. voire frère qui est l'agresseur, et certainement si ou l'accuse à faux des lettres, on lui lait un très-grand tort. Vous avez bien Jait de ne poiiit envoyer votre lettre, car outre qu'elle aurait été inutile, je ne sais s'il n'en serait jioint arrivé ipielque cliose de fâcheux.
A l'égard c^e la personne dont vous m'écrivez, il me semble qu'elle doit, durant quelque teuqis, faire tiuelques épreuves, (lour voir si la divine Providence ne lui donnera point quebjueconfesseurqui lui soit propre; je crois que son vœu l'y oblige; car une personne qui a fait un vœu avec connaissance, et qui peut disposer d'elle-môrae, doit le jjarder, à moins que le vœu ne soit contraire à la gloire de Dieu. C'est donc ce qu'il faut examiner; vous jiourriez môme lui en indiquer quelques-uns. Le fonds de jalousie qu'elle porte, el l'attachement qu'elle a à beaucoup parler avec les directeurs, sont des obstacles terribles au service de Dieu, et c'est ce qui donne des prises inexplicables aux démons. Pour moi, je vous dirai simjiiement ({ue si une personne de la sorte s'adressait à moi, à moins (pi'elle ne se corrigeât, je la renverrais, et il vaudrait mieux qu'une personne semblable se confessât simplement que de faire un tel abus de la direction, abus qui e»t une source de grandes malédictions
s'agit des sang de Jésus
M. le curé de Saint-Laurent sur l'alTaiie de AL Foret ; il a ses raisons assurément. Il faut garder la loi; mais les lois des hommes doivent être interprétées dans plusieurs occasions, comme dans cette affaire-ci oii il âmes qui ont été rachetées par le Christ, où il s'agit de la gloire de Dieu, car les hommes n'ont jamais eu dessein, en faisant des lois, qu'elles fussent contraires à l'honneur de Dieu; elles n'ont même été faites que pour le faire honorer; dès lors donc que, dans de certaines occasions, elles sont contraires à leur lin, il faut les interpréter. Après tout, M. Foret est gradué comme le demande la loi, il ne s'agit que de quelques jours qu'il ne l'a pas été selon les formes extérieures, en ayant cependant tout le mérite. Que sert à un homme d'avoir des lettres de grades pour être curé, sans en pouvoir faire les fonctions? y a-t-il quelque lieu au monde où l'on donnât un troupeau de bêtes à garder à une personne qui ne le pourrait faire ? Le prélat a envoyé quérir M. Duprey, pour lui dire qu'il quûtât sa prétention à la cure, mais c'est ce qui n'est pas aisé à l'homme qui agit purement en homme. Je salue votre bon ange, etc.