‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 325 sur 436 · LETTRE CXC · texte numérisé non relu

LETTRE CXC

Sens de l'Oi'aison dominicale peu compris. Zèle de Boudon pour honorer Dieu seul, et pour empêcher les profanations du saint Sacrement. Prérogatives des archidiacres.

DIEU SEUL

Monsieur etc. Que ses seuls intérêts nous puissent occuper pour jamais. C'est ce que notre grand et divin Maître nous a enseigné de demander premièrement, en l'oraison qu'il nous a laissée, que tous les Chrétiens disent, que la plupart n'entendent point, et à laquelle même ils ne font pas réflexion. Car ces paroles: Que votre nom soit sanctifie, que votre règne arrive, que voire volonté soit faite en la terre comme au ciel [Matth. vi, 9, 10), sont peu comprises : l'on considère [leu ce que l'on demande par ces prières, c'est-àdire, que l'honneur qui est dû à Dieu lui soit rendu; que sa religion et son service s'étendent partout ; que l'idolâtrie, l'hérésie, l'impiété, le péché cessent; que son règne arrive parla possession de notre héritage et notre \inique vie en lui, par l'assujettissemenl de toutes choses à son divin empire, et l'établissement parfait de son pur amour et de sa gloire. C'estce (jui m'a |iressé d'insinuer une pratique de dévotion durant neuf jours dans le livre de Dieu seul vers !a

point porté à des choses grandis et éclatantes qui fusent au-dessus de moi. (l'sal. cwx, 1.)

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LETTRES. — A M. BOSGLERAUD.

mi

fil), qui coiiinieiice k' jour do la 1'i!to dos .saints liinocoiils, et (]iii Unit la veille do l'E- ]ii[)liaiiie, qui ost la fOle du rétine de l'adornlilo Jésus sur la geiililitL', pour demander réialilissenieiit des iiitérôts de l)icu, (pii consistent dans ce que l'Oraison dominicale nous fait demander, |ireniièremeiit et printipalcmcnl, afin que l'un Unisse et que l'on commence de la sorte les ann>^es dans la pure vue du seul intérêt de Dieu seul, pour vivre continuellement dans cet esprit : c'est (Jonc une neuvaine pour l'intérêt de Dieu seul ; les pratiques en sont marquées Ji la lin du livre de Dieu seul. J'en ai écrit en Allemagne et en Flaiulre, et en diirérents endroits du royaume, pour tâcher, en la vertu d(> celui sons qui nous ne pouvons rien, île plier, d'exhorter, d'exciter tous cens que je pourrai à l'amour, à la dévotion et au zèle du seul intérêt de Dieu seul. Je considérais combien il y a de couri'iers dans l'Europe, (jui vont et viennent de tous côtés, chargés oe lettres de toutes sortes de personnes et de toutes sortes d'états, et combien il y on a |ieu qui soient chargés de lettres de l'intérêt de Dieu; la plupart et jiresque toutes ne regardant que l'intérêt des pauvres et cliétives créatures. O mon Dieu ! que cela est allligeant , et que cela mnrriue que Dieu est peu connu 1 J'ai pensé donc en ma jietiiesse, la divine Providence en disposant de la sorte, j'ai pensé è écrire pour ses divins intérêts; c'est ce qui m'a engagé de donner au iiut)lic le [letit livre de Dieu seul, où j'ai marqué la [iratique dont je viens <ie vous parler. Je vous supplie d'y associer les personnes que vous pourrez , et de le faire de la sorte toutes les années. Oh! qui jiourrait dire combien l'on est peu touché de ces intérêts adorables 1 et c'est ce qui est cause que l'on t'ait si peu d'attention aux irrévérences qui arrivent tous les jours à l'égard du corps adoiable du Sauveur; c'est ce qui est incompréhensible. Car enfin , quand il faudrait que tous les hommes souffrissent tous les tourments imaginables et fissent tout pour en empêcher une seule, si l'on avait un peu de véritable lumière, il n'y aurait pas à hésiter : et cependant il serait facile de remédier à une infinité de ces irrévérences, si on le voulait. Mais cette vie est le temps des humiliations du Fils de Dieu? 11 est vrai; c'est bien le temps aussi des scandales , c'est bien le temps du [léché; mais malheur à ceux par qui ils arrivent, ou qui ne les empêchent jias ! Mais le Fils de Dieu s'est exjiosé à ces humiliations? Il est vrai; son amour excessif l'a réduit à ces anéantissements : il s'est exposé aux impiétés sacrilèges des hérétiques, et tout récemment dans les Etats de Hollande on y a brûlé plusieurs saintes liosties consacrées, par l'ordre même du magistrat :eh 1 faut-il pour cela ne pas tout faire (lour empêcher ces horribles p-rofanalions?!! y adespeinescanoniquesdequarante jours pour une légère négligence circa Cabernaculum; et cependant ce n'est pas le lieu où rejiose le corps adorable du Sauveur.

A la fête dernière un trcs-sainl Sacreuienl, un curé de la ville de Paris le portante la procession, et s'étant laissé tomber, la sainte liostie fut brisée et rompue : cela jeta la couîternation dans celte grande ville; l'on y lit des réjiarations d'honneur à l'adorable Sauveur, et cela avec bien de la justice : c'était pourtant une profanation arrivée d'une manière très-innocente. Après cela ne faut-il pasêtredans le dernieravenglenieiit, de se rendre insensible à une infinité de profanations qui se commettent tous les jours, et par une négligence tout à fait condamnable ? Peut-on encore concevoir (]u'il faille abandonner le cor[is d'un Dieu à toutes ces profanations , sous prétexte que l'ordre que l'on donnerait ferait connaître la négligence que les i)rétresyapporlent?(>la ne se peut comprendre.

J'ai une compilation des conciles généraux et des provinciaux d'Allemagne, d'Jtalie, d'Angleterre, de France, des décrets des Pa]ies, (le ce que de grands hommes ont écrit toucliaiit la dignité des archiiliacres. Il y en a assez pour faire un traité pour donner au jiublic : si la divine Providence me laissait encore en vie, je pourrai? avec son divin secours le donner; mais d'autres matières se présentent qui me jiressent davantage. Dans le livre De la sainteté ecclésiastiiiue , j'ai fait un cha[)itre des visiteurs, où j'ai parlé de leurs devoirs et des abus qui se commettent, mais je n'ai rien dit de leurs jirérogatives. Plusieurs confondent leur ordre avec leur dignité. Il est certain que les archidiacres n'étaient que les premiers des diacres , et par conséquent inférieurs non-seulement aux curés , mais à tous les lirêtres ; aussi dans les premiers siècles tous les prêtres les précédaient; mais ce n'est pas l'ordre précisément qui donne la ]iréférence, car autrement un curé dans sa [laroisse n'y serait pas plus que ses prêtres, vu qu'il n'a pas d'auire ordre ni d'autre caractère. Quand les archidiacres ont eu un rang qu'ils n'avaient pas, c'a été à raison de ce qu'ils ont été vicaires des évoques, vocati , disent les conciles, in sollicitiiilinis partem ; et c'est pourquoi dans le droit canon, qui a plus d'autorité (jue des écrivains jiarticuliers , il est dit de l'archidiacre : Mcarius episcopi, major post episcopum. PrésenteffiCnt dans plusieurs cathédrales, la coutume a dérogé à leur qualité de première dignité , n'étant plus <pje les secondes ou troisièmes dignités , quoiqu'en plusieurs ils la conservent , comme à Reims, où le grand archidiacre précède le doyen de la cathédrale; au lieu que les grands vicaires n'ont point d'autre rang dans les caihédrales que celui de la dignité qu'ils |iossèdent d'ailleurs.

Je vous suis obligé de ce que vous m'écrivezdes visitesdemonsieur votre archidiacre ; dans l'occasion Dieu en sera glorifié. Rien ne presse que vous preniez la peine de m'eiiYoyer l'un de ses mandements. 11 me semble qu'il ne peut pas mieux faire que d'agir doucement. Peut-être qu'il ne donne

OELVRF.S COMPLETES DE BOUDON

iOU

pas ses ordotiiiances par ûorit, pour ne pas donner lieu de les disputer présenlement ; et peut-être que c'est la raison pour laquelle il n'insiste pas tant sur le jiayeraent de son droit. Je vous prie de me mander si les fabriques lui donnent quelque chose. Il est certain que le droit de procuration ne se prescrit jamais, et qu'il est toujours dû au visiteur dans la ville (^'piscopale comme ail- Jeurs, soit (ju'il soit (layé par les curés et fabriques, soit qu'il soitdonné par les uns ou les autres. Mais je pense présentement que M. l'abbé de Fieux ne veut pas peutêtre disputer les choses ; je sais bi^n qu'on l'a payé à .M. (laude. Le concile de Trente dit positivement, assumpfo seciim notariu: ce qui marque assez que le visiteur doit avoir un grelller ou un ecclésiastique qui lui en serve. Je salue votre bon ange, etc.

A Evreux, ce 9 de décembre, dans l'octave de la fête de l'ittunaculée Conception de Notre-Dame et le jour de. la précieuse mort du saint homme le P. de Mutaincourt, fondateur des religieuses de la congrégation de Notre-Dame.

LETTRE CXCL

Bonheur de la vie cachée. Succès des visites de Boudon.

Dieu seul. Dieu seul en trois personnes, etc. L'amour que ce divin Sauveur a eu pour la vie cachée est admirable , et il est difficile à l'homme de comprendre qu'un Dieu qui se fait homme pour enseigner les hommes, demeure trente ans caché et paraisse si peu d'années ; et jjendant même sa vie conversante , il aimait tellement la solitude, qu'il |>renail plaisir à se retirer en des lieux écartés; et lorsqu'il était à Jérusalem il allait d'ordinaire passer la nuit en prières sur la montagne des Oliviers ; il menait aussi ses disciples en des lieux déserts, lorsqu'ils revenaient de leur mission. Oh! que bienheureuse est la séiiaration des créatures ! je ne crois pas que l'on puisse expliquer ce bonheur. Je crois , autant qu'il se peut faire dans l'ordre de Dieu, qu'il faut nous en retirer, sans néanmoins manquer aux devoirs envers le prochain où notre état nous engage.

J'ai écrit au bon Père qu'il faut, autant qu'il se pourra faire avec le secours divin, mettre dans l'écrit qu'il doit faire toutes les irrévérences qui se commettent envers le cor|is adoiable de notre divin Maître , et non pas seulement celles qui arrivent en communiant les peuples ; en voici encore une , qui est de mettre les grandes hosties avec le croissant dans le cilioire , quand on les conserve, il serait bon de les mettre à yarl dans quelque autre vaisseau.

La divine Providence nous occupe présentementaux visites des paroisses d'Kvreux que nous ne faisons que les dimanches, pour avoir p!u8 de lieu d'évangéiiser le

royaume de Dieu. Messieurs nos curés de la ville exhortent leurs paroissiens à sy trouver, et ils en usent avec toute l'honnêteté possible à notre égard : certainement cela se passe d'une manière que la divine Providence y paraît vi>iblement. Je ne doute jioint que ce ne soit un etfet des intercessions de la bienheureuse Anne de Saint-Barlhélemy à qui j'avais recommandé mes visites , lorsque je renouvelai à la grille des religieuses où rcfiose son corps, l'offrande que j'ai faite à l'immaculée Mère de Dieu de l'archidiaconé d'Kvreuxqui est bien le sien, toutes les religieuses chantant : Monstra te esse matrem.

Je vous supplie dans l'occasion de ne rien dire de ce que je vous mande à M. Pryessac ; car quelquefois il rapporte les choses d'une manière fâcheuse et qui jieut n'avoir pas de bons effets. Je ne dis pas qu'il le fasse par malice. Il est bon aussi que dans l'occasion vous ne disiez pas aux Pères Carmes déchaussés de France que les Carmélites de Flandre m'écrivent.

Vous ne sauriez croire l'accueil charitable que les Pères Carmes de Flandre m'ont fait. Les provinciaux écrivaient à leurs religieuses alin (Qu'elles me parlassent : ou me faisait ouvrir toutes les grilles, et ils en usaient avec moi d'une manière tout h. fiiit obligeante : ils me faisaient faire des exhortations chez eux a leurs novices et aux jeunes étudiants ; partout ils me logeaient, ou au moins il ne tenait pas à eux. Il y en a en France à qui cela peut-être ne plairait pas et qui pourraient en écrire , chacun abonde en son sens. En France aussi bien qu en Flandre, ce sont des congrégations qui gloritient le plus Notre-Seigneur et son immaculée Mère, ayant cependant pour toutes les autres la haute estime qui leur est due. Je suis un pauvre et chétif serviteur très-certainement; il serait à désirer que les religieuses dont vous me parlez qui ne voudraient pas des personnes humiliées, qu'elles en eussent de remplies du pur esprit de Notre-Seigneur et qui marchassent dans les .saintes voies d'un entier dégagement de toutes choses ; des personnes d'oraison, de pauvreté et de mépris du monde. Présente ment l'on dit qu'il faut qu'elles aient de grands biens pour fournir aux dépenses des visites. Aussi les fait-on en carrosse, et oo croit pour cela qu'il faut prendre des visiteurs fort accommodés des biens de ce monde. Je salue votre bon ange, etc.

A Evreux, ce samedi Ik février, dans l'octave de la fête du très-saint Cœur de l adviirable Mère de Dieu , et la veille de la fêle de saint Aquilin, évéqued' Evreux.

LETTRE CXCn.

AU MKME.

Justification du petit office de l'Immaculée Conception , et de la dévotion de l'esvlurage de la sainte Vierge.

DIEU SEUL

Monsieur, Dieu seul, etc. Les soins qu'il prend de

LETTRES. — \ M. BOSCLERAUD.

llU'l

son Egliseiie pcrtncUonl pas qu'un Pape qui en est le cliei" visihle cnndainne, en l'ait de doctrine, ce que ses iirédécess(Mirs ont approuvé. Il n est pas vrai que le Pape ait condamné le petit ndice de l'Immaculée Conception de Notre-Dame; mais il est vrai qu'on a défendu à Rome un livre de prières imprimé dans une ville d'Italie , où ce petit odice était, cl où il s'était glissé des choses à corriger. On pourrait bien de cette manière détendre la Bible qui serait mal imprimée, et où il se serait glissé des fautes. Déplus cette défense n'a point été faite par le P.ipe, mai» par le maitre du sacré palais ; et feu Monseigneur révè(pie d'Héliopolis, de sainte mémoire, l'ayant mandé de Rome, depuis m'a assuré de vive voix que jamais le Pape, n'en avait rien su. Mais ce qui est invincible en ce sujet, c'est que le Pape la approuvé depuis authenliqueraent à la prière du duc do Savoie, sur le bruit que l'on faisait courir de tous côtés que cet ofjice était condamné; ce qui faisait que plusieurs le faisaient déchirer des livres où il se trouvait.

Il serait à désirer que vous eussiez, un excellent livre imprimé à Rouen, intitulé : Observations sur le Nouveau Teslnment de Mons (80). C'est un livre contre M. Arnauld, si fort, qu'il est demeuré sans réponse; et en vérité on n'y peut pas répondre équitablenient. A la page 422, il est parlé fortement (le cette défense prétendue. Cependant (c'est une chose étrange), sur un faux bruit, que n'ont pas dit et fait les adversaires de l'iminaculée Conception, alléguant l'autorité du Saint-Siège? et lorsque le Saint-Siège s'est déclaré véritablement, se soumettent-ils, et ne continuent-ils (las leurs calomnies?

11 est vrai qu'il y a eu un décret de la Congrégation des cardinaux contre la dévotion de l'Esclavage de l'admirable Mère de i>i>u;mais cette Congrégation s'est expliquée et a donné un autre décret à la requête de feu Mgr l'évêque d'Héliojiolis ; c'est de lui que je l'ai appris. Je dis qu'il avait été donné à sa requête, car le décret a paru jiartout, dans lequel il y a plusieurs autres choses qui sont déclarées fausses, que l'on faisait courir en France comme ayant été données à Rome contre plusieurs indulgences des principale» confréries; et dans ce décret, la Congré.-'ation dit qu'elle a donné le premier ad lollendos quosdam abusus.

Ce n'est donc pas la dévotion de l'Esclavage qui est précisément condamnée, mais l'abus que plusieurs en faisaient. Or cet abus arrivait même à l'égard de la doctrine parmi le simple peuple. Pour ex[iliquer la chose, il faut savoir que l'EssIavage a rapport à une souveraineté, maîtrise ou domination. Si on le prend d'une manière absolue qui regarde une souveraineté indépendante, qui a un entier pouvoir de la vie et de la mort, dans ce sens il n'.est dû qu'à Dieu seul.. Mais si on le prend dans une dépendance (lai a

(&0) Ce livre a pour tilre : Observations sur In aouiellc dcftiise de la verswit française d« A. T.,

rapporta une domination communiquée, on le peut bien attribuera la très-sacrée Vierge Kt n'y n-t-il pas des pays où les Chrétiens, créatures de la terre, ont même des esclaves? La sainte Vierge est-elle de moindre condition? Si on ne peut dans aucun sens lui attribuer des esclaves, comment toute rKgli^';e l'appelle-t-elle Reine du ciel, Regina cœli?' Cependant elle l'appelle ainsi ; quoique dan-s \in sens absolu cotte qualité n'appartienne (pi'à Dieu seul, néanmoins on ne laisse pas d'attribuer à Marie cette qualité dans le sens marqué ci -dessus : il faut dire la même chose de VEsclavage.

Il faut donc demeurer d'accord que c'est dans le premier sens que la Congrégation des cardinaux a condamné la dévotion de l'f'.sc/arayf. Autrement je prieles adversaires de merépondreà ra[i|irobation qu'L'rbain VIU a laite de cette dévotion par une bulle à l'établissement de la confrérie de cette dévotion par Alexandre Wï, à laquelle il donne de grandes indulgences. Si en toute manière, cette dévotion est à improuver, voilà donc des Papes qui ont donné des bulles pour autoriser une dévotion erronée, et qui ont accordé des indulgences à ceux qui la pratiqueraient. Il y a quelques chapitres dans le livre de VEsclavage que la divine Providence nous a fait donner au jiublic, où par avance et par une conduite de la même Providence, celte matière a été assez éclaircie, je dis, au sujet des approbations qu'on y a données. Si vous aviez le livre, vous pourriez les y voir, et comme elle est répandu» ]iar toute la terre et dans les Indes même, d'après l'approbation des Souverains Pontifes, des cardinaux, des évêques, et des plus savants théologiens du siècle, tels que Cornélius a lapide, qui a écrit sur toute l'Ecriture. Je demande à ces gens-là leur conseil à eux-mêmes, et s'ils veulent que le décre'de la Congrégation ne se puisse expliquer, quoique la Congrégation l'ai fait depuis , comme je l'ai dit. A qui nous en rapportelons-nous, ou au décret d'une Congrégation, ou aux bulles des Papes? Que disent-ils à tant d'approbations que de grands évêques ont données? Certainement, ou il faut demeurer d'accord dos deux sens dont j'ai jiarlé qui expliquent la chose, ou il faut rendre ridicules les bulles et les décrets de Rome. Je bénis la divine Providence que vous m'ayez donné sujet de parler de celte matière, car enfin il n'y a rien qu'avec le secours divin nous ne voulions faire, et que nous ne voulions soutl'rir pour l'honneur de notre bonne maîtresse. Je vous |irie dans l'occasion de voir ce livre où il pa-rle de celui que nous avons donné au public, et en quelle manière.

Il est Certain qu'il y a de l'opposition ans images de la très-sacrée Vierge que l'on jiorte publiquement en procession; mais cette opposition est sans un véritable fondement et par un esprit qui ne vient pas ûa

imprimé à .Vons. On l'attribue au P. Tellior, Jésuite.

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Dieu, et qni est contraire à telui de l'Eglise et au culte des saintes images établi jiar les conciles généraux. Il ,v a"(|uelques années que rarclievêque de Malines, avant assurément un [)rélesle assez a|)parent,' défendit ()u"aus processions où le très-saint Sacrement serait exposé, on y portilt l'image j de la très-sacrée Vierge, pan-e que les peuples quittaient le irès-saint Sacrement pour suivre ces images ; mais l'on s'opposa è sa défense , et la chose étant allée à Rome, il y a été jugé que l'on continuerait à y porter les images de la très-sainte Vierge, avec ordre d'instruire les peuples de ce qu'ils devaient au très-saint Sacrement; et de vrai, ce prétexte allait à faire ôter toutes les images des églises, parce que le très-saint Sacrement y est au grand autel, et que les peuples ont des dévotions à des chapelles particulières. Mais cet inconvénient, de l'honneur dû au très-saint Sacrement, ne se trouve pas dans vos processions. Je vous prie de ne me pas citer au sujet de ce que je vous dis de la Flandre, mais vous pouvez dire la chose, sans nommer de qui vous la savez.

Cependant si notre conduite passe pour une folie, souvenons-nous de ce que dit l'Apôtre ( / Cor. 1, -25, 26) , que ce qui semble folie en Dieu est plus saye que les hommes, et que parmi ceux que Dieu a appelés, il n'y en a pas beaucoup de sages selon la chair, tnais qu'il a choisi ceux qui semblent sans esprit dans le monde, afin de confondre les sages. Que nul donc, s'écrie encore le grand Apôtre (ICor. m, 18, 19 ), ne se (rompe soi-même : *i quelqu'un se croit saqe selon le monde, qu'il devienne fou pour cire sage, parce que la sagesse de ce monde est folie devant Dieu, l'Ecriture disant : J arrêterai les sages dans leurs subtilités; et en un autre endroit : Dieu a connu les pensées des sages et en a découvert In vanité. Oh I qu'il est avantageux de pouvoir dire avec le n.ême Apôtre ( / Cor. IV, 10 ) : Nous sommes fous pour l'amour de Jésus-Christ !

Il est difficile de comprendre comment des catholiques im|irouveiit <e qui est d'un usage universel dans l'Kgl titres que l'on donne h la et si on l'appelle Dame de~ Bon-Secours, de Consolation, de Pitié, pourquoi ne l'appellera-t-on pas Dame de Pureté? N'y a-t-il pas des églises de Notre-Dame des Vertus!' et la ourelé n'e^t-elle jias de ce nombre (8ij? Je salue, etc., et suis avec bien du respect, etc.

A Etreux, ce 29 de mars, l'avnnt la précieuic mort du vénérable P.

Minime,

(*;i;VRF.S COMPLETES DE BOl'DOX.

sublimité des motifs

de Boudon dant se»

voyages.

ise, comme les glorieuse A'ierge;

-veille de Moreati,

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