‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 363 sur 436 · SEUL · texte numérisé non relu

SEUL

Monsieur, Di«u seul. Dieu seul en trois personnes, el toujours Dieu seul dans l'union sainte de notre bon Sauveur Jésus-Christ, le Sauveur de tous les hommes. C'est dans cette divine union nue je vous écris le 23 d'août, fête de saint Phil)j)pe de Benicy, de l'ordre

des Servîtes ou Serviteurs delà sainte Vierge, et qui a eu riionneur d'êire qualifié son apôtre. On voit tous les jours un demicalvinisme qui s'établit, et qui aura des suites en une manière plus fâcheuse, parce que ce sera comme les ariens (|ui demeurèrent en apparence unis aux'callioliques, sans s'en séparer extérieurement. 11 s'établit en même temps une certaine opposition à la sainte Vierge ; car c'est ce qui ne manque pas à ceux qui sont agités de l'esprit du démon, et particulièrement [)armi les prêtres qui avancent publiquement à ce sujet des propositions étranges. Des personnes d'éruilition et d'un mérite distingué [lensent que Notre-Seigneup m'a fait la grâce, dans le livre De ta dévotion à lu sainte Vierge, de l'épondre à leurs objections et aux difiicultés qu'on allègue sur ce sujet, et d'y avoir éclairci bien des choses et établi un solide fondement de sa piété. L'on en envoie en plusieurs lieux, même hors de France, à des personnes de piété qui en achètent dans le dessein de les distribuer et de soutenir l'honneur de notre grande Maîtresse. J'ai dit au libraire, qui n'a' [as gran<le habitude, d'en envoyer à Rouen vers la Toussaint, où vous pouvez y être et l'insinuer selon la grâce que Notre-Seigneur vous en donnera

Votre charité à l'égard de Mme Henri trouvera sa reconiiai>sance auprès de notre Sauveur Jésus-Christ ; une chélive créature comme moi ne peut pas en avoir assez.

Quand les créatures manquent, la divine Providence ne manque pas pour cela , et ayant toujours Dieu, n'avons-nous pas toujours tout ?

Je c-onnaissais le bon M. Veret. Je prie notre bon Sauveur qu'il lui applique quelque chose de ses divines satisfactions. J'appréhende les personnes dont vous me parlez, qui prétendent à hi chaire vacante : leur 0()position a l'Immaculée Conception fait peine. Depuis peu j'ai vu en plusieurs [jcrsonnes vérilalilement possédées du démon , et en différents lieux , que les démons enragent contre ce [irivilége de la Mère de Dieu, et qu'ils ne peuvent pas même souffrir qu'on l'appelle Immaculée. Cela fait assez voir et dans les héiéti(|ues et dans les gens de la nouvelle doctrine, de quel esprit vient l'opposition h ce privilège, quoiiiue je ne compare pas ces docteurs ni aux hérétiques, ni aux esprits malins, [luisque leur opinion n'est pas contre la foi.

Déplus, la nouvelle doctrine s'autorise bien de roi)inion de ces docteurs; mais il faut (irendre garde à en parler discrètement. Je crois que vous faites très-bien de ne vous pas trouver à Caen à raison de plusiers suites qui vous en pourraient arriver. Il est vrai qu'il est difficile de soutenir la réponse de Marie Bucaille; mais votre avocat s'avance, ce me semble, jusqu'à l'extrémité. Je vous ai dit que j'avais quelque peine à son sujet; cependant cela ne me donne pas lieu de rien décider, j'en laisse le jugement à Notre-Seigneur. Le P. Saunier m'a écrit plusieurs I. itres dans lesquel-

LETTRKS. — A M. ItOSGl KRAUD.

Ics il parle cii bon religieux , et il sembl'.î que si Marie Hui'fiille ii"esl nasune véritalilf servante de Dieu, r'est qu'il y a élt'' trompé. 1! me liit que si on la visitait, on trouverait quelle e>t vier;;e. V oici re (ju'un l);)n religieux lui a inamlé de Rouen : Des gens de loi m'ont dit qu'une |iersonne, asthmatique defjuis longtomps, ayant lu dans le Faclum de M. Dulie(|uel la prière conditionnelle qu'a faite M. de (iolville, cette personne s est trouvée parfaitement guérie connue lui, et deux autres de considération, une qui était au lit depuis deux ans d'un rliumalisnie, et l'autre d'une fièvre très-violente ayant fait la même chose, ont été guéries , dans le môme instant qu'elles se sont recoiimiandées à cette |)auvre créature. Ce P. Saunier ajouta une antre chose : «J'oubliais, dit-il, à vous dire qu'on vit, le jour de Notre-Dame des Anges, Marie Bucailleà notre couvent h la préilication. «Si ces clio>cs sont véritables, à la vérité elles sont bien extraordinaires.

Je prie notre Iton Sauveur (jue la sœur de Saint- lîtienne reçoive hénédiition de voirie visite, je la crois sincère J'espère que la divine Providence, ma toujours très-bonne et très-lidèle mère, me fera retourner h Evreux au commencement de septembre. Ce sera un livre à avoir ([U' celui du Père de J'Oratoire, quand cela se pourra.

Je salue votre bon ange, etc.

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