II7C
J(> n'ai jias com- Maliilkin ou sont dant permis d'é- Conccption sans es l'afies. Je n'ai religieuses de la i(?e une octave de rani^'ois de ï?ales.
etc.
1700, jour de la
LETTUR Ci-IAIII.
Se séparer de tout pour mériter d'être uni à Dieu. Succès du livre De la dévotion à l'Immaculée Mère de Dieu
DIEC SELL.
Monsieur,
Dieu seul, Dieu seul en trois personnes, et toujours Dieu seul dans l'union sainte du sacré cœur de notre bon Sauveur Jésus- Christ, le Sauveur de tous les hommes. O nion Dieu ! Monsieur, que la charité de ce (kvin cœur nous presse de nous unir à lui, mais que sa sainteté infinie demande de nous une séparation bien grande de l'être créé, pour lui être unis par un parfait détachement 1 Mais qu'il eA doux, qu'il est doux et avantageux d'être séparé de tout, et d'un tout (jui n'est rien, pour être unis à un tout inlini 1 Combien les plus rudes croix qui nous séparent nous doivent être agréables, pour posséder un bien qui passe toute pensée ! Ah I disons avec le Prophète-Uoi, mais ciîsons-le bien :' HJihi autem adhœrere Deo bonum est (124.).
Vos Trésoriers vous servent d'un rude exercice, mais il le faut regarder dans l'ordre de la divine Providence, sans laquelle un seul cheveu ne tombe ;'as de notre tête. 11 me semble qu'ils poussent bien avant les choses ; et peut-être qu'en les poussant trop, cela vous sera avantageux.
On m'écrit de plusieurs endroits qu'il plaît à notre bon Sauveur de répandre sa bénédiction sur le livre De la dévotion à l'immaculée Vierge, Mère de Dieu. On la lu dans plusieurs communautés de religieux même et d'ecclésiastiques, sans parler des communautés de filles, dont il y en a qui me mandent qu'elles en ont été touchées jusqu'aux iarme*. On pense même à le tiaduire en (f'aulres langues. Notre-Seigneur m'a fait la grâce d'y répondre aux objections que la malignité de notre siècle forme au sujet de la dévotion de la très-sainte Vierge, d'y défendre ses jirérogatives, et d'y donner de solides moyens pour honorer cette grande reine des anges. Je sais bien qu'il y a quelques personnes du parti a qui il fait peine ; mais béni soit notre bon Sauveur dans les menaces mêmes que l'on me fait, dont je vous supplie de ne pas parler ; ce me serait un honneur incomparable de souffrir quel-
que chose pour la cause de la Mère de Dieu.
Je salue votre non ange, rt(\
A EvreuT, ce jour de la féle des excès ne l'amour immense du cœur in/iniment aimant et infiniment aimable de l'adorable Jésus au très-saint Sacrement de l'autel.
ETTRE CCLXIV.
Yceu.T ardents de ISoudon pour l'anéantissement chrétien. Impression du livre intitulé Le Chrétien inconnu. Sa reconnaissance pour la grdce de son baptême.
DIEU SELI,
Monsieur,
Dieu seul, Dieu seul en trois personnes, et toujours Dieu seul dans l'union de notre bon Sauveur Jésus-Christ, le Sauveur de tous les hommes. C'est dans l'union de sa divine charité qui croit tout (l Cor. xiii, 7j, comme nous l'enseigne r.\|iôtre, que la vôtre est si abondante et même surabondante à mon égard, dans les sentiments que vous avez de moi, dont je suis bien indigne. Je vous écris le 12 janvier, trois jours après celui de la précieuse mort de la bienheureuse Alix le Clerc, fondatrice, avec le ijieiilieureuî P. de Mataincourt, des religieuses de la congrégation de Notre-Dame où vous prêchez ; et je reçois votre lettre datée du 7, jour de la sainte mort de l'homme de Dieu seul, le P. de Condren. Ayant conseillé, à Paris à une personne (lossédée, d'aller à son tombeau, elle y a été délivrée. Oh I Monsieur, il y a près de cinquante ans que je vais en dévotion à ce saint tombeau, pour être délivré de moi-même par l'anéantissement chrétien, et cependant ce malheureui moi-même subsiste toujours.
La divine Providence, ma toujours trèsbonne et très-tidèle Mère m'a fait laisser un livre à Paris, sous le titre Du Chrétien inconnu, et que l'on va imprimer. J'y ai moiifré comme le Chrétien est transféré de l'ordre naturel au surnaturel, et qu'étant fait membre de Jésus-Christ, il n'a [ilus d'autre e^pril que le sien, et ne vit plus d'autre vie, que de la vie de cet aimable Sauveur, ca qui suppose l'anéantisseiuent ou le lenoucement de soi-même. J'ai déjà plusieurs fois soupiré devant notre bon Sauveur, le priant qu'il ne permette pas que j'enseigne ces grandes vérités sans les pratiquer.
Ses miséricordes sont inénarrables sur ma misérable personne, m'ayant pressé il y a si longtemps d'aspirer au renoncement de moi-même, par des attraits tout singuliers. Pendant que plusieurs saintes [lersonnes priaient la sainte sœur, Marie des Vallées, de demandera Dieu certaines grâces, comme le feu P. Coton, Jésuite, qui en eut fine si haute estime l'ayant vue, i[u'ir [irit la résolution de la revenir voir tout exprès au milieu de toutes ses grandes occupations ;
(l'ii) Tnul won bien e>( de vie tenir tini à Vieii. {Psal. Lx\n, 27.)
comme aussi le fou P {çieux aussi
ŒUVRES COMPLETES DE BOLDON
Saint
de Saint-Jurc, reli- (ie la congrégation de Jé^us.
Pt'tulaiit que d'autres personnes d'une émiiipiite piété laisoient des voyages exprès pour la voir, couiuie feu M. de Kenty, je la priai aussi de demander à Dieu une grâce }jour uKii ; et c'était l'anéantissenienl chrélien : c'était toujours là où ma grâce tendait. Il y a bien des années, qu'après le très-saint sacriticede la messe, je dis et redis à notre lion Sauveur Jésus-Christ : Esse desinntn ul iis; moriar uC rivas; iolus in te consislain (t-2a). Et à la dernière fête de Noël, l'on me faisait dire d'une grande force : Totus Jesm Chrislus, totus Jésus Chrislus, tolus Jésus Christus. Après cela j'ai tout sujet de trembler, me voyant encore dans moi-même.
-Mais, .Monsieur, sera-t<il dit que toutes ces prières, ces soupirs, ces vœux seront sans effet par ma faute 1 0 mon Seigneur et mon Dieu, pour votre gloire el pour l'honneur de Jésus, en qualité de l'un de ses membres, ne le permettez pas. Je crie ici avec saint François Xavier à ma bonne maîtresse : Domina, opitulart ; Domina, non opituhberis? aux bons anges, que leurs chavitables soins ne demeurent pas inutiles; et aux saints, qu'ils m'accordent leurs suffrages.
\ endredi, 14 du mois, fête du saint nom de Jésus, est le jour de ma naissance et de ma renaissance par le saint ba[)tôme ; car la divine Providence, qui m'a fait différer les cérémonies sacrées jusqu'au 16 ou 26 de mai (je ne saurais distinguer dans mon baj)tistaire lequel des deux chiffres), celte divine Providence, dis-je, a voulu que je ne fusse pas un jour sans être à Jésus-Clirist. Ainsi, du côté de la divine Providence, toujours un accablement, pour ainsi dire, do (grâces; et de mon côté, des inlidélités et des ingratitudes inouïes, sans que cependant elle se soit jamais lassée de me les continuer et augmenter ; ce qui est étonnant, et ce qui me doit confondre inliniment. En vérité, je mériterais que toutes les créatures s'élevassent contre moi, pour venger mes ingratitudes et mes rébellions envers notre commun Créateur: Merito in me armaretur omnis creatura. J'entre donc vendredi dans la 78° année de mon âge et de ma vie misérable. Oh ! Monsieur, que ce ne soit plus pour vivre, mais pour continuer la vie de Jésus-Chrisl: }'ivo,jam non ego, vivit vero in me Christus Vivat, vivat, vivat. (126). Priez-le, s'il vous plaît, pour l'honneur de son nom, que je ne vive plus que de la mort.
Nous verrons ce que la divine Providence fera pour les résignations.
Je ne vois pas que les visites de Monsieur votre grand archidiacre doivent faire peine ; car quand elles sont faites dans l'esprit de l'Eglise, c'est toujours pour détruire le n)a! et rétablir le bien. La cùiuume de les faire
rarement est toujours abusive. J'ai lu dans l'un des mandements de M. de Fieux, pour la visite de Saint-Sever de Uouen, que l'une des princifiales et des plus importantes fonctions de l'archidiacre est de se transporter tous les ans [lour visiter les paroisses : je crois môme qu'il y a obligation, à moins que l'on n'ait des causes justes pour les différer.
Je salue votre bon ange, etc.
LEITRE CCLXV.
Notre vie, nos actions, nos souffrances, tout doit être ilirin en nous. LivreOn Chrélieu inconnu.
DIEU SEL'L
Dieu seul. Dieu seul en trois personnes, et toujours Dieu seul dans l'union sainte du sacré cœur de notre bon Sauveur, le Sauveur de tous les hommes. Union si étroite,
lui, en qui doit vivre en nous par une mort à nous-mêmes et à toutes les choses créées. Ainsi notre vie. nos actions, nos souffrances, tout doit être divin en nous. Nous devons vivre, parler, converser, manger, prier, faire tout, souffrir tout d'une manière digne de Jésus- Christ. Voilà la vocation du Chrétien, qui est bien inconnue. Il est vrai que le livre De la scien€& et de la pratique du Chrétien l'ait voir cette grâce ; il y en a plusieurs éditions, et
qu'étant faits une même chose avec qualité de ses membres, c'est lui qi
un grand [irélat avait ordonné à ceux qui entraient dans son séminaire, de l'avoir. C'est donc du même sujet que j'écri's encore, mais d'une manière plus étendue. J'y écris des mêmes vérités, mais qui en renferment plusieurs autres, dont je n'avais point parlé. Je laisse à la divine Providence, ma toujours très-bonne et très-tidèle mère, le soin de l'impression. Le derniei- livre De la dévotion ù l'Immaculée Vierye Mère de Dieu, a été plusieurs années entre les mains des approbateurs pour Monsieur le chancelier. Celui-ci y sera tant qu'il plaira à la divine Providence, et peut-être jusqu'après ma mort, qui ne peut pas être bien éloignée. Non-seulement un Père Jésujtc a écrit sur ce sujet, mais Monsieur l'ancien abbé de la Trappe vient récemment de donjier au public un livre />« christianisme. Je me regarde avec justice à leur égard, comme ces gens qui en été vont dans les champs recueillir quelques épis de grosses gerbes de froment : seulement que Dieu et sa sainte Mère soient gloriliés.
11 y a des gens qui, sans considérer, font quelquefois de grandes offres et qu'ils auraient peine à exécuter; peut-être que le Monsieur que vous avez remercié en a usé de môme, loujours son offre a bien mérité
(l2-'i) Que ji; cesse «rélre afin que vous soye^.que je in»;ure afin que vous viviez. ; que je sois t'j'.it eii vous !
(126) Je vis, nu pliUàl ce n'en plus moi qui lij, mais c'est .léstn-CInisI qui vil en moi. {Gutat. u, 20.) Qu'il vive dniit, qu'il \\\>:, qu'il vive en iimi :
LETTRES. - A M. BOSGUERARD.