‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 376 sur 436 · LETTRE CCLXXXV · texte numérisé non relu

LETTRE CCLXXXV

Bonheur d'être sépare' des créatures pour s'unir à Dieu. — Boudon ne conseille pas de traduire en italien son livre De l'oraison mentale, mais plutôt relui De la dévotion à la sainte Vierge.

DIEC SELL.

Monsieur,

Dieu seul, Dieu seul en trois personnes et toujours Dieu seul, dans l'union sainte uu sacré cœur de notre bon Sauveur Jésus- Christ, le Sauveur de tous les hommes. Je vous adresse cette lettre le 1" de jum, l'un des jours consacrés à la dévotion du trèssaint cœur de son Immaculée Mère Vierge, cœur, après le cœur de Jésus, le jilus aimant et lé plus aimable, parce qu'il a été le [)lus uni au cœur de son Fils bien-airaé. Oh! qu'il est bon d'entrer saintement dans cette bienheureuse union 1 Qu'il est bon d'être séparé de soi-même et des autres choses créées, puisque leur séparation nous procure cette union divine ! Qu'il est bon d'être allligé en ce monde ; d'y avoir des inlirmiiés, d'y >outri ir des peines qui sont les ^ainls moyens qui font en nous cette séparation. J'es)ièiequela divine Providence, notre toujours très-Lionne et très-tidèle Mère, vousfera recevoir la lettre le mardi , jour que je destine à l'honorer spécialement et les bons anges. Je salue le vôtre, celui de Madame votre épouse que je n'oublie [las devant Notre-Seigneur, les l)ons anges des personnes qui soutirent, tous les bons anges et saints

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fiatrons ilc la ville et du diocèse de IViris, et des personnes qui y sont.

Je vous remercie bien au nom de la Mère (ie Dieu et des saints niigcs qui sont à son service , et TEglise l'appelie la Dame îles anges, Aie Domina anijelorum , jiour les li vresque vous avez donnés au Père Capucin qui iLi'cn a écrit, et qui paraît bien être l'un de. ses tiuèles serviteurs.

Mais voici que la gloire de notre bon Sauveur et de son iramaculée Mère-Vierge nie presse encore de vous adresser celte lettre pour un religieux ïhéalin; comme ils n'ont rien, j'ai pensé que vous voudriez bien faire la charité d'en payer le port et de leur envoyer |iar quelqu'un , en voici le sujet : Le Père Olympe ayant reçu des nouvelles de l'un de leurs Pères qui présentement est en Italie, ayant été supérieur à Paris , par lesquelles il lui mande, qu'il [)ense à faire traduire lelivre/^u règne de Dieu enToraisun mentale, en italien, parce qu'il le trouve bon, je lui écris pour le prier de ne le pas faire parce que je prévois qu'il ]>ourraitfaire de la difïiculté en des choses même que j'ai dites, qui sont les sentiments de sainte Thérèse, de saint François de Sales et du bienheureux Jean de la Croix', |]arce qu'elles pourraient être prises dans un sens qui a été censuré à l'égard du livre de M. de Cambray: comme je l'ai corrigé avant la censure, je n'ai pas nus dans la correction ce que j'y mettrais à présent. Cependant, d'autre part, comme les f)remières éditions ont été traduites en itaien, de prime abord j'avais cru qu'il serait pour la gloire de Notre-Seigneur et de sa très-vertueuse Mère qu'on traduisît la der- Tiière qui est corrigée, pour y remédier. Mai s apparemment cette dernière ferait encore de la uirticulté, et comme elle serait nouvelle, elle jiourrait faire du bruit, pendant que jusqu'à présent on a gardé le silence pour les autres traduites, il y a bien des années. La très-sainte volonté de Dieu soit faite en toutes choses. Je vous sup[>lie s'il n'y a point de verrou à la chambre que votre chanté nous destine d'y en faire mettre un , pour la fermer par dedans , je vous en dirai la raison. Je suis avec bien du respect.

Cette lettre écrite, j'ai eu un pressant mouvement de vous supplier encore de donner un livre de la dévotion à la très-sainte Vierge , mais je vous prie que cela ne vous incommode point; et en cas que cela vous fasse de la peine, de n'avoir aucun égai'd à la prière que je vous en fais. Mais si cela ne vous iiicouiinode point, je vous supplierais, et l\ votre giand loisir, de j. rendre la peine d'aller aux Théatins, d'y demander le jière Olympe de ma part et de lui donner le livre De la dévotion à la sainte Vierge, afin qu'il prenne la [leine de l'envoyer au li. P. Peyré qui a été supérieur à Pans. J'écris à ce père (jue, s'il le trouve à propos, on Jiourrait sans difficulté le traduiie en italien. J'en ai fait donner un au supérieur de Paris par notre libraire et le Père Olympe m'a écrit qu'il le lisait.

Œl'VRES C.OMPLKTKS; DK BOIDON. 1220

Votre très-huuible et obéissant serviteur,

otr Ce {"juin.

LETTE CCLXXXVF.

AU MÉVIK.

Il annonce un voyage â Paris. — AuHériti's extraordinaires d'une religieuse Ursuline de Tours.

DIEU SEUL

Monsieur,

Dieu seul. Dieu seul en (rois personnes, et toujours Dieu seul dans la sainte union du sacré cœur de notre bon Sauveur Jésus- Christ, le Sauveur de tous les hommes. C'est la seule gloire que nous devons avoir eu vue en toutes choses et c'est la seule et unique chose que je dois et que je désire regarder dans le voyage que son aimable et divine Providence, ma toujours très-bonne et très-fidèle Mère me [irépare pour Paris. J'espère de ses miséricordes infinies, sous la protection de l'Immaculée Vierge, Mère de Dieu, des bons auges et principalement des bons anges et saints [latrons de la ville et du diocèse de Paris et des personnes qui y sont et spécialement de celui qui vous garde et de celui de madame votre é|iouse, de celui de Mme votre mère et de ceux de tous vos domestiques. Esprits célestes que je salue avec tout le respect dont la grâce me rend capable et dont j'implore en toute humilité les secours, que la même divine Providence me fera arriver à Paris le mardi veille de la fêle de saint Jean-Baptiste. Apparemment co sera vers les six heures et demie ou sept heures du soir; car quelque fois on y arrive un peu |ilus tôt ou plus tard. Le carrosse d'Evreux vient descendre où il loge dans une rue qui n'est pas longue et qui est vis-à-vis du grand portail de saint Euslache, si je ne me trompe; on l'appelle la rue du Jour; comme il y a bien loin de ce lieu là chej vous, si votre carrosse n'est pas empêché, vous me feriez charité de me l'envoyer, où si cela vous incommode, on en louera un en passant devant le Palais-Royal , c'est pourquoi, il ne faut point, s'il vous plaît, vous en incommoder.

Comme la divine Providence dispose de toutes choses de telle manière qu'un cheveu de notre tête ne tombe pas sans sa conduite, je la regarde en ce que ce jour-là arrive la précieuse mort de l'un de mes patrons le bienheureux Henry de saint Jérôme, dominicain et archevêque de Spa qui a été martyrisé lesiècledernier. Je nesaissi cela ne marque jioint quelque bonne croix qui nous attend. Je vous écris le 15 de juin , saint jour de la précieuse mort du bienheureux Bernard de Menton, archidiacre pendant42ansetj'espère que vous recevrez cette lettre demain, fête de sainte Lutgarde. C'est aussi le jour de la sainte mort d'une religieuse Ursuline de Tours, apiielée Marie de la Nativité, quia été un prodige degrâce en innocence et en péliitence; elle est morte il y a 30 ans, et ca

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