‹ Œuvres complétesChapitre 100 sur 397 · PREMIÈRE SECTION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SECTION

Ce que Von entend par le règne de Dieu.

Nous parlons du règne de Dieu, qui doit être dans notre intérieur, comme nous le déchue notre divin Maître qui dit dans l'Evangile : Le royaume de Dieu est au dedans de vous (Luc. xvii, 21) ; qui n'est pas, comme nous l'enseigne son Apôtre, dans le boire et dans le manger, mais dans la justice, dans la joie et dans la paix du Saint-Esprit. Il consiste dans la justice, qui nous fait rendre à Dieu ce qui appartient à Dieu; c'est-à-dire, ce qui porte son image, l'homme tout entier, sans aucun partage : toute l'âme et ses puissances, son entendement, sa mémoire, sa volonté, tout son être, et les opérations de son être, tous ses sens extérieurs et intérieurs, et tout son corps; tout ce qu'il peut avoir à l'extérieur, l'honneur, le plaisir et les biens temporels, et toutes les créatures qui sont en sa dépendance : car, qu'avonsnous que nous n'ayons reçu de lui? nous n'avons donc rien sans réserve, que nous ne lui devions rendre par une soumission parlote, et dans un entier rapport à sa pure gloire : et quand tout ce que nous sommes, tout ce que nous faisons, tout ce que nous souffrons, tout ce que nous avons, tout ce qui dépend de nous lui sera assujetti, pour lors il régnera sur nous.

• Le disciple de l'amour, l'aimable saint Jean l'évangéliste, nous crie, dans V Apoca-

lypse (c. xii, 10), que Notre-Seigneur nous a rendus le règne de son Père. Nous sommes donc le règne de Dieu : il doit exercer en nous sa souveraine puissance : nous sommes participants de la royauté spirituelle de notre Seigneur Jésus-Christ. Ee chrême que l'on nous verse sur la tête, quand on nous baptise, en est le signe sacré.

Cependant, nous avons bien sujet de gémir, si nous considérons que ce règne, que l'adorable Jésus exerce jusqu'à ce qu'il ait réduit tous ses ennemis sous ses pieds, comme parle l'Apôtre, est beaucoup troublé par les rébellions à sa grâce et dans les justes mêmes et les saints, qui ne laissent pas de tomber en des offenses légères par précipitation ou négligence, quoique ce ne soit pas d'un propos délibéré; mais viendra la fin, et il fera cesser toute principauté, toute autorité et toute puissance. L'ange de V Apocalypse parle de ce temps, lorsqu'il crie : Le royaume de ce monde est acquis <) Notre-Sciyncur et à son Christ (Apoc. xi, 15] ; le prince de ce monde et son antechrist en a été dépossédé. Le Eils de Dieu enverra ses anges, qui enlèveront de son royaume tous les scandales et tous ceux qui commettent l'iniquité, et ils les jetteront dans la fouruaise du leu. Alors les justes reluiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Et notre divin Maître ajoute : Que celui qui a des oreilles pour l'entendre, qui! V entende. (Mat (h. xi, ISr.]

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