‹ Œuvres complétesChapitre 101 sur 397 · LA DEVOTION AU REGNE DE DIEU. — SECT. III · texte numérisé non relu

LA DEVOTION AU REGNE DE DIEU. — SECT. III

Laissons-nous donc pénétrer à la divine lumière, et dans la pureté de ses clartés entendons que le règne de Dieu sera partait en l'autre vie, lorsque Dieu fera toutes choses en tous, qu'il remplira tous ses saints de sa vie et de sa grandeur divine; lorsque le Père et le Dieu de la gloire leur communiquera par Jésus-Christ sa puissance, son repus et sa joie.

Entendons qu'en ce monde le règne do Dieu arrive par la destruction de l'idolâtrie, de l'infidélité, des hérésies, des schismes, du péché : par l'établissement de son amour et de sa connaissance, de l'intelligence de ses divins mystères et de sa doctrine; par l'assujettissement a toutes ses lois et à celles de son Eglise, par la soumission à ceux qui la gouvernent, par son exaltation, par l'union entre les princes catholiques et tous les fidèles.

C'est ce règne de la très-sainte et suradorable Trinité, le Père, le Fils et le Saint- Esprit, un seul Dieu en trois personnes, le commencement, le centre et la fin de toutes choses, et en cette vie et en l'autre, qui doit être le sujet de tous nos désirs et de toutes nos atl'ections. C'est le sujet de la dévotion dont nous parlons; mais souvenons-nous que Dieu a voulu établir son règne en la vie présente par l'humilité : c'est pourquoi notre grand et céleste Maître disait, comme le rapporte l'évangéliste saint Marc : A quoi comparerons-nous le royaume de Dieu, ou de quelle parabole nous servirons-nous pour le représenter? 11 est comme le grain de sénevé, qui est la plus petite graine que l'on sème en terre; mais étant semé, il monte et croit plus qu'aucun légume, et jette de grandes branches, de sorte que' les oiseaux du ciel peuvent se reposer sous son ombre-. Tous les autres royaumes passeront, mais le règne de Dieu n'aura point de lin, comme l'archange saint Gabriel l'annonça à la trèsglorieuse Vierge notre grande Dame et Heine, notre bonne Maîtresse et très-fidèle Avocate. La séraphique sainte Thérèse assuie qu'elle ne pouvait penser à la durée éternelle du règne de" Dieu que son cœur ne fût comblé de joie. C'est le | ropre de l'amour de prendre part et de se réjouir des grandeurs de la personne que l'on aime; réjouissons-nous donc saintement de ce que le règne de la très-sainte et suradorable Trinité ne finira jamais.

Page 1