‹ Œuvres complétesChapitre 111 sur 397 · NAZARETH · texte numérisé non relu

NAZARETH

Sainte Vierge, ce petit ouvrage, aussi bien que tous les autres, qu'il a plû à votre Fils bien-aimé, et à vous, nous faire la grâce de composer, vient se rendre à vos pieds, comme une chose qui lui est due, et qui lui appartient avec toute sorte de justice. Oui, il faut que je dise partout la même chose, et je la dis avecune joie incroyable de mon cœur ; il est doux de la répéter, et je ne veux jamais me lasser de le dire. Que les sages du monde , que les prudents du siècle, que ces philosophes humains y trouvent à redire tant qu'il leur plaira ; je tiendrai toujours à l'honneur, et un honneur que je préférerais à tous les sceptres et toutes les couronnes du monde, ô ma souveraine dame, la qualité de votre serviteur ; pendant que je serai assisté de votre très-puissante protection, je ne rougirai point devant les hommes d'en faire une haute profession; assisté du divin secours, je le dirai dans le particulier, je le dirai dans le public, je le prêcherai devant toutes sortes de peuples , je l'écrirai, j'en parlerai aux hommes, j'en parlerai aux anges, je le dirai en face du ciel et de la terre; je le dirai en ma vie, je le dirai à ma mort; ô mon aimable maîtresse, et très-honorée reine, faites, je vous le demande en toute humilité par le cœur de Jésus, par votre cœur virginal, par tous les neuf chœurs des anges et des saints, faites que je le dise à jamais après ma mort durant toute la longue et interminable éternité. O ma glorieuse dame, voilà donc toujours votre pauvre serviteur à vos pieds, aussi bien que tous ses petits ouvrages, et tout le reste des bonnes actions qu'il peut faire avec le secours divin, comme choses qui sont entièrement à vous.

Mais comme ce présent ouvrage ne respire que l'amour de la vie cachée, il est bien juste que je le consacre en l'honneur de la vôtre , qui a été toute cachée avec le tout aimable .lésus Dieu votre Fils, et votre pur époux saint Joseph. Incomparable Vierge, admirable Mère de Dieu, à peine les écrivains sacrés écrivent-ils quelque chose de toutes vos grandes et divines perfections. A la vérité il se trouvera un historien sacré, qui laissera à la postérité les actes des apôtres. Dans la suite des siècles il se trouvera des saintes plumes qui donneront au jour les actions des saints, et souvent même leurs moindres , et leurs plus petites actions, qui révéleront aux yeux de tous les fidèles, ce qu'ils ont fait dans le secret, et dans leur particulier: mais pour vous, ô la toute sainte, ô la sainte des saintes, tout le particulier de votre vie immaculée demeure caché à toute la terre. Ahl c'est que les hommes n'en sont pas dignes; la connaissance de votre vie toute céleste est réservée pour le ciel ; comme les imperfections de la terre n'y ont point eu de part , les grandes lumières de sa pureté, qui surpasse même celle des anges, sont plus propres pour le paradis, le pays des véritables lumières, que pour notre terre, qui est une région d'obscurités et de ténèbres.

Je dédie encore ces petits traités à l'homme le plus caché d'entre les pures créatures, après vous, ô ma bonne et très-fidèle dame et maîtresse ; je veux dire au grand saint Joseph votre époux virginal. O bienheureux saint, vous êtes béni entre tous les hommes par l'union céleste que vous avez eue avec la souveraine des anges et des hommes; et par Ja qualité inestimable que vous avez portée de père putatif, de père nourricier de Jésus le créateur du ciel, et de la terre, le véritable Dieu; en la présence duquel les puissances des deux tremblent, et les séraphins se voilent la face de respect et d'amour.

Mais après tout, et au-dessus de tout, je vous l'offre, jo vous le dédie, je vous Je consacre, ô adorable Jésus, en la vertu duquel la très-sainte Vierge, saint Joseph, et tous les saints se sont sanctifiés, et ont été élevés si heureusement à la gloire mettable qu ils possèdent. Ahl je le consacre avec de profondes adorations, avec des humiliations animales, avec toutes les reconnaissances, à votre vie, ô mon Sauveur, et mon Dieu, si divinement cachée en notre terre, dans la maison de Nazareth avec votre mère toujours immaculée, et même dès le premier instant de sa toute sainte conception , et avec votre aimable père nourricier saint Joseph. Ahl je veux le reste de mes jours, et si vous me miséricorde durant toute l'éternité honorer, bénir, louer, et aimer une vie si

. ée, qui fera pour un jamais le sujet des admirations, des louanges, et des amours.de

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tout .e paradis. Recevez, ô sainte famille, ce petit ouvrage, comme une marque que je vous rendsdesdésirs sincères que j'ai, et d'honorer éternellement votre vie cachée, et de ce qu elle soit à iamais honorée par tous les anges et tous les saints, et tous les hommes de la terre. O an«*es du ciel, venez au secours de mes désirs; et vous particulièrement qui avez appartenue la vie cachée d'une si sainte famille par les soins que vous en avez pris, et les respects particuliers que vous lui avez rendus. O saints, ô saintes du paradis, venez au secours des souhaits de mon cœur, et spécialement vous tous qui avez participé d'une manière singulière à cette vie cachée. O grand saint Jean-Baptiste, ô aimable saint Jeanl Evangéliste si caché, non-seulement dans votre exil dans l'île de-Patmos, mais encore par vos croix; si caché en votre vie, et plus caché encore en votre mort, et après votre mort. O bienheureux saint Paul hermite, bienheureux saint Onufre , ô glorieux saint Alexis, ô glorieux saint Jean Calybite, ô séraphique sainte Thérèse, après avoir pris le dessein de vous honorer avec les saints anges, comme les saints de ma grande dévotion, je vous demande pour la gloire de notre commun maître et Seigneur, que vous employiez toutes vos puissantes intercessions auprès de sa divine Majesté, afin que la vie cachée de Jésus, de Marie et de Joseph, soit plus vénérée que jamais par tous les fidèles; afin qu'elle soit louée, et aimée en vérité par tous les peuples de la terre, par la destruction des schismes, des hérésies, et de l'infidélité ; afin qu'elle soit dignement établie dans les cœurs par une fidèle expression, par une véritable imitation; et particulièrement dans le mien; les cœurs se vidant de tout ce qui n'est point Dieu par un dénûment entier de tout l'être créé, ne délirant plus que Dieu seul, n'aimant plus que Dieu seul, ne s'attachant plus qu'à Dieu seul. Ah! Dieu seul, Dieu seul, Dieu seul, pour jamais. Ainsi soit-il. Ainsi soit-il. Ainsi soit-il.

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