‹ Œuvres complétesChapitre 206 sur 397 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Conclusion par une exhortation à J' amour du règne de Dieu.

Il est bien vrai, qu'à propremet parler, le grand jour du règne de Dieu est le grand jour du jugement universel. C'est pourquoi notre divin Maître, instruisant ses disciples des signes qui précéderont ce jour redoutable (Luc. xxi, 25 etseq.), leur apprend à même temps que le règne de Dieu approchera; et de vrai ce sera pour lors que toutes les créatures seront assujetties à l'empire divin. Ce sera le temps de la fin du péché et des révoltes de la créature contre son Créateur. Ce sera le temps de la fin de l'erreur : les infidèles reconnaîtront le véritable Dieu, les hérétiques la véritable religion , les schismatiques l'unité de l'Eglise, les mondains la sainteté des maximes évaiïgéliques, les pécheurs le dérèglement de leurs passions, les diables verront toutes leurs ruses découvertes, tous les partis qui les suivaient détruits, et enfin toutes choses seront soumises à l'empire de Dieu. Pour lors l'adorable Jésus manifestera ses grandeurs, et la toute-puissance qui lui a été donnée au ciel et en la terre ; et ce grand et souverain Roi paraîtra aux yeux de toutes les nations avec ses saints, qui, ayant participé à ses tribulations, seront rendus participants de son glorieux règne ; mais entre tous très-spécialement sa très-sacrée Mère, la toujours immaculée et très-pure Vierge, qu'il a associée d'une manière si particulière à son empire, après l'avoir rendue compagne de ses croix. Ces vues ont rendu ce jour, le jour désiré des plus grands saints ; l'Eglise commence et finit son année ecclésiastique par les évangiles qui en parlent; toute l'Ecriture sainte se termine par des désirs ardents de ce jour saint. Tertullien estime que c'est de cejour que Notre-Seigneur entend parler quand.il demande à son Père, en l'oraison qu'il a faite, que son règne arrive. Celui qui n'envisagera que Dieu seul et ?es seuls intérêts ne pourra pas se dé-

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fendre de son amour. Quand les saints ont tremblé dans sa pensée, c'est que leurs intérêts spirituels se trouvaient mêlés avec les intérêts de Dieu; et c'est ce qui leur rendait ce jour redoutable. Mais demeurons-en à Dieu seuil 0 Dieu seul, ô Dieu seul, Dieu seul, Dieu seul, Dieu seul 1

i Ensuite que ce soit le jour de notre grande dévotion, aussi bien que celui de notre mort, puisque dans l'instant de la séparation de notre âme le règne de Dieu s'établira parfaitement sur nous, soit par sa justice, soit par son amour. Cette pensée ôte les frayeurs de la mort, et en rend le moment infiniment doux à celui qui aime de l'amour pur et désintéressé. Cependant, en attendant la bienheureuse espérance et V avènement de In gloire du grand Dieu et de notre Sauveur Jésus-Christ, la grâce de Dieu, notre Sauveur, dit l'Apôtre , a paru à tous les hommes nous instruisant de ce que nous (levons faire dans cette attente bienheureuse. (TU. ii, 13, il, 12.) Car premièrement elle nous apprend, selon l'oracle du Saint-Esprit, rendu par la bouche de l'homme apostolique, à renoncer à l'impiété et aux désirs du siècle. (Jbid.) Le péché et le capital ennemi du règne de Dieu. Qui veut donner lieu à ce règne divin, il faut par une nécessité indispensable qu'il déclare une guerre continuelle sans aucunes trêves, et sans réserve à ce tyran des âmes, et non-seulement au péché notable, mais au plus petit véniel, n'en commettant jamais aucun avec une entière connaissance. Il faut de plus renoncer non-seulement au siècle, mais à ses dé-

du règne glorieux de l'adorable roi Jésus. Ce sont les instructions sacrées que la grâce de notre Sauveur Jésus-Christ nous donne pour nous préparer à l'établissement entier de son règne, et pour donner lieu autant que nous pourrons dès cette vie à cet empire divin. Vie qui ne doit être que continuelle mort, puisque les chrétiens, selon l'Apôtre, sont des morts; puisque leur vie doit être cachée avec Jésus, leur chef en Dieu, et qu'ils doivent être ensevelis avec lui dans le tombeau. (Rom. vi, 4.) Soyons donc au inonde comme si nous n'y étions plus, comme des gens cachés qui ne paraissent plus, que l'on ne sait plus où ils son.t, comme des morts que le monde laisse là, et qui ont quitté le monde, comme des corps enterrés dans un sépulcre que chacun fuule aux pieds sans en avoir la moindre pensée, qui ne sont plus enfin, et par suite qui n'ont plus de part au monde et à tout ce qui s'y passe : à ses amitiés, à son honneur, à ses satisfactions, à ses pensées, sans recevoir-, au moins volontairement, aucune consolation de quelque créature que ce soit, comme des gens chrétiens qui vivent d'une vie surhumaine, au-dessus des sens et de la raison, vie toute de grâce, spirituelle et di-

aux cieux, ou bien s'il

vine, dont la conversation est comme des gens de Dieu seul;

reste encore quelque connaissance de nous dans le siècle, quelque mémoire, que ce ne soit que pour y être maudits, crucifiés et détruits alin que Dieu seul soit toutes choses en tous, et que par ce moyen il règne souverainement. L'esprit et l'épouse , dit

sus qui sont désirs d'honneur, de charges, saint Jean l'Evangéliste, le disciple très-

de plaisirs, de richesses , de l'estime des créatures, de réputation, d'éclat, d'applaudissement. Mais secondement cette grâce nous enseigne à vivre sobrement, nous contentant du nécessaire, comme des gens qui font le grand voyage de l'éternité, et qui marche par un temps mauvais au milieu des foudres et des tempêtes, et dans des chemins très- difficiles, qui n'ont pas besoin d'être beaucoup chargés, ni d'un grand attirail et équipage, mais qui doivent avancer le plus qu'ils pourront sans s'amuser ou s'arrêter de peur des mauvaises rencontres d'ennemis cruels qui font jour et nuit le guet pour leur ôler une vie d'une conséquence inestimable. A vivre justement comme des personnes qui doivent rendre compte de la moindre parole, à plus forte raison des actions plus considérables, au Juge souverain dont il n'y a point d'appel. A vivre pieusement, par les devoirs que la religion nous oblige à rendre à Dieu , et d'attendre de la sorte le jour de l'avènement

aimant et très-aimé de Jésus et Marie, disent donc: Venez (Apoc. xx.ii, 17); le Saint-Esprit et son épouse l'Eglise crient et demandent l'avènement du règne de Jésus : et que celui qui écoute dise, ajoute le même saint, venez! (Ibid.) Ah ! qu'il est bien juste que nous nous unissions aux désirs et aux demandes du diviji Esprit et de son Epouse sacrée. Disons donc, ôâmes fidèles, crions, demandons l'avènement du grand roi Jésus. Oh! que votre règne arrive, mon divin Roi, que votre règne arrive 1 Venez, ô Seigneur Jésus, Venez, venez en tous les cœurs, venez dans le cœur de celui qui écrit ce petit ouvrage t'^ut consacré à la gloire de votre empire, et à l'honneur de votre sainte Mère que vous avez faite souveraine du ciel et de la terre, venez dans les cœurs de ceux qui le liront pour les soumettre à votre règne, vous qui vivez et régnez avec le Père et le Saint-Esprit par tous les siècles des siècles. Aitfsi soit->l, ainsi soit-il, ainsi soit-il.

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