ET LES PEUPLES DE S'EN FAIRE INSTRUIRE
A L'AIMABLE MERE DE DIEU
Très-sainte Vierge, toutes les nations vous disent bienheureuse, parce que le Tout- Puissant a fait en vous de grandes choses : mais tous les peuples doivent reconnaître et publier qu'entre les pures créatures vous êtes la plus aimable qui fut jamais, parce que vous avez été la plus aimée et la plus aimante. Vous avez été la plus aimée, puisque les trois personnes divines de la suradorablc Trinité vous ont fait le sujet de leurs plus douces complaisances ; vous avez été la plus aimante, puisque vous avez toujours coopéré § toute l'étendue des mouvements de leur divin amour dans votre sacré cœur avec une fidélité inviolable; et c'est ce qui fait que vous devez être encore nommée la Vierge fidèle dans la succession de tous les siècles.
O Vierge donc bienheureuse, Vierge aimable, Vierge fidèle, me voici à moa ordinaire prosterné devant le trône de vos grandeurs ineffables, vous offrant par la bienheureuse intelligence qu'il a plu à la divine Providence me donner pour ma garde, par un excès de son amour, ce petit Traité de la science de la doctrine de votre Fils bien-airaé, aussi bien que tous les autres, que j'ai donnés au public, avec le secours de cet adorable Sauveur : et il ne me serait pas possible, ma sainte protectrice, d'agir d'une autre manière, puisque tout ce que je suis, tout ce que je fais, est plus à vous un million de fois qu'à moi-même, afin que ce tout soit entièrement et uniquement à Dieu seul en la vertu de Jésus par vos bénignes et virginales mains. O glorieuse Reine du ciel, je veux toujours avec le secours divin vous aimer, vous louer et vous glorifier durant tout le cours de ma vie, et en public, et en particulier. Dans tous les ouvrages qu'il plaira à la divine Providence me faire donner au public, j'y parlerai toujours de vos incomparables perfections ; je ne veux décrire aucune lettre où votre précieux nom ne paraisse ; je ne veux jamais faire aucun discours où je ne dise quelque chose à votre gloire. Que je serais heureux ensuite, ô aimable Mère de Dieu, si j'avais quelque part à la grâce que vous fîtes autrefois à cet évêque saint Heming, dont iï est parlé dans les révélations de votre glorieuse servante sainte Brigitte, à qui vous ordonnâtes de dire de votre/part que, puisqu'il commençait tousses sermons par vous louanges, vous lui serviriez de mère à l'heure de sa mort, et que vous présenter .ez vous-même son âme à Dieu! Que je m'estimerais heureux, si après avoir publié vos grandeurs durant tout le cours de ma vie, j'en finissais le dernier moment, expirant dans vos éloges, pour chanter éternellement vos miséricordes! Cependant je demeure attaché à vos