CHAPITRE II
De la nécessité du catéchisme.
La nécessité de la science sacrée du catéchisme est bien grande, puisque sans elle il n'y a point de salut. Celui qui concevra l'importance du salut pourra concevoir la nécessité d'une science si divine. Hélas! il est très-peu connu : mais aussi il n'est que trop vrai que l'affaire du salut est trop ignorée. Nous portons un aveuglement effroyable à l'égard même des plus grandes vérités; et au milieu de toutes les lumières des plus beaux jours de la grâce, nous vivons et demeurons plongés dans les ténèbres, et parmi les ombres de la mort. Voici des preuves incontestables de tout ce que j'avance. Toute la théologie enseigne que la connaissance de
la doctrine chrétienne, à l'égard de ses vérités fondamentales, est d'une nécessité extrême, puisque, sans cette connaissance, on ne peut être sauvé : c'est ce qui est enseigné universellement par tous les docteurs : mais ce qui est de la dernière force, c'est que cette doctrine est même établie par le Saint-Esprit dans les divines Ecritures. Le Fils de Dieu, qui est la vérité même, nous dit que la vie éternelle consiste dans la connaissance du véritable Dieu, et de celui qu'il a envoyé, Jésus-Christ: sa divine parole nous rend ce témoignage, sans la foi il est impossible de plaire à Dieu. (Hebr. xi, 6.) Or, la foi étant une lumière surnaturelle que Dieu répand dans nos âmes pour nous porter à croire toutes les vérités qu'il a révélées, on ne peut pas avoir la foi sans la connaissance de la doctrine chrétienne. Nous parlons de la foi des personnes qui ont l'usage de raison ; c'est pourquoi la sainte Eglise crie hautement à tous les fidèles que quiconque veut être sauvé doit avant toutes choses avoir la connaissance de la foi catholique. Cette vérité n'est pas une de ces opinions probables qui partagent les sentiments des docteurs; mais elle est publiée dans les conciles généraux et particuliers; elle est soutenue par les Pères; elle est reçue, comme nous l'avons déjà dit, par tous les docteurs de l'Eglise ; elle est appuyée du témoignage même du Saint-Esprit. Après cela, ne disons-nous pas avec bien de la justice qu'une vérité no peut pas se faire voir dans un plus grand jour, et qu'il faut que les personnes qui ne l'aperçoivent pas vivent dans un aveuglement bien extraordinaire ? Qui pourra donc dire ici les ténèbres étranges et les sombres nuits où vivent et demeurent les pauvres peuples de la campagne de grand nombre do paroisses, et les pasteurs qui les conduisent? La science sacrée du catéchisme est d'une nécessité extrême, comme il a été montré ; elle est d'une conséquence infinie, et cependant elle est négligée dans ces lieux comme une chose de nulle conséquence ; elle y est traitée comme une affaire de peu de considération.
Adorable Jésus notre Dieu et Sauveur, ouvrez mes yeux, ouvrez-les à mes frères, afin qu'en votre lumière nous voyions la nécessité de la science que vous avez révélée si miséricordieusement aux hommes. Venez, mes frères, venez, allons tous ensemble en esprit sur le mont Calvaire, et à la vue du spectacle infiniment surprenant d'un Dieu homme crucifié qui y expire sur une croix pour établir cette science sacrée du salut, persuadons-nous une bonne fois de sa nécessité. Ah! je ne la connaissais pas assez, s'écrie un Père de l'Eglise, mais le sang d'un Dieu homme m'en a donné de véritables lumières. Qu'il serait à désirer que nous prissions nos connaissances avec ce Père, dans le môme sang de cet adorable Sauveur 1 Mais il est vrai que parmi les Chrétiens, il est rare de trouver un Chrétien qui adore Dieu en esprit et en vérité, qui mène une vie véritablement intérieure. Malheur à nou;>,