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EXHORTATION A LA DÉVOTION DE L'IMMACULÉE VIERGE

POUR OBTENIR DE LA MAJESTÉ SOUVERAINE DE DIEU DE BONS ET ZÉLÉS PASTEURS QUI DONNENT FRUCTUEUSEMENT AUX PEUPLES LA SCIENCE DU SALUT.

Depuis que Dieu très-bon et très-miséricordieux a jeté les yeux sur la bienheureuse Vierge pour prendre un corps dans ses pures entrailles, et ensuite opérer le mystère de notre salut, cette incomparable Vierge Mère a été toujours considérée des Pères et des docteurs orthodoxes de l'Eglise, comme un grand moyen dont la divine Providence se servait pour conduire les âmes à leur dernière fin. Il est vrai que Dieu dans son infinie suffisance, n'a aucun besoin de personne pour faire ses ouvrages et accomplir ses desseins. Mais si cependant il se veut servir de quelque créature, comme il est le grand Maître et le Souverain absolu dans toutes ses voies, ce n'est pas à nous à en examiner curieusement les raisons : mais il est bien de notre devoir de les adorer, et de nous y assujettir avec une parfaite fidélité, et sans la moindre réserve. Ce Dieu d'une majesté infinie, voulant se servir de la très-glorieuse Vierge, nous devons entrer dans sa conduite, et aller à lui par cette Vierge admirable, puisque sa divine volonté estque^nousy allions. 11 faut remarquer ici que c'est un grand défaut, même parmi plusieurs personnes spirituelles, de vouloir faire le bien sans considérer assez les moyens que Dieu veut que nous prenions; car enfin toute la perfection de l'homme consiste à faire ce que Dieu veut, et en la manière qu'il le veut.

Voilà ie grand motif qui a obligé les saints Pères et les- docteurs orthodoxes, conformément au sentiment universel de toute l'Eglise, à presser si puissamment toutes les âmes de se donner à la très-sainte Vierge, afin qu'elle nous présente et nous donne à Dieu par ses très-pures mains. Que n'ont-ils pas dit, et que n'ont-ils pas fait {tour établir sa solide dévotion 1 Et c'est une doctrine constante parmi eux que Dieu s'en sert pour sauver un nombre incroyable d'âmes; c'est pourquoi l'Eglise l'appelle la porte du ciel. Elle l'appelle encore la Mère de la grâce; car elle est le canal sacré, dit le dévot saint Bernard, par lequel notre très-débonnaire Sauveur la fait couler en abondance sur les fidèles. De plus, elle la nomme la Mère de miséricorde, parce qu'il n'est pas possible, dit le saint écrivain Thomas à Kempis, qu'ayant engendré la miséricorde même, elle n'en soit toute remplie. Ah donc! s'il est vrai qu'elle est la trésorière des grâces de Notre-Seigneur, et que son précieux et virginal cœur, après le cœur adorable de Jésus, est le plus doux, le plus obligeant, le plus charitable et le plus miséricordieux des cœurs, ce qui nous doit donner une confiance inestimable en sa maternelle bonté, n'avons-nous pas sujet de lui avoir une dévotion spéciale, pour obtenir, par son puissant crédit auprès de son Fils bien-airaé, l'une des plus grandes grâces qu'il fasse à son Eglise, qui est de lui donner de bons et zélés pasteurs, de bons et zélés supérieurs, qui, entrant en participation de sa divine charité, travaillent efficacement en sa vertu, à son imitation et dans son union, à donner la science du salut aux peuples, ayant pour modèle l'amour immense de ce Sauveur de tous les hommes, n'en détournant pas les yeux, le regardant dans toutes leurs fonctions pour l'honneur et la gloire d'un seul Dieu en trois personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit? Ainsi soit-il. Ainsi soit-il. Ainsi soit-il.

4031 OEUVRES COMPLETES DE BOUDON. IOgî

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