‹ Œuvres complétesChapitre 277 sur 397 · TOUJOURS VIERGE, IMMACULÉE EN SA TOUTE SAINTE CONCEPTION · texte numérisé non relu

TOUJOURS VIERGE, IMMACULÉE EN SA TOUTE SAINTE CONCEPTION

Glorieuse Mère de Dieu, toujours Vierge, dont la sainte Conception, la sainte Nativité ont annoncé la joie atout le monde; étoile de la mer, porte du ciel, qui avez détruit toutes ies hérésies; temple du Seigneur, sanctuaire du Saint-Esprit, qui avez été d'une manière incomparable agréable à Notre-Seigneur Jésus-Christ; sainte et immaculée Virginité, qui avez renfermé dans vos sacrées entrailles, celui que les deux et la terre ne peuvent comprendre; pleine de grâce, bénie entre toutes les femmes; Vierge singulière, la plus débonnaire de toutes les pures créatures, Reine des cieux, dame des anges, dont la lumière est sortie pour éclairer le monde; Mère de miséricorde, notre douceur, notre espérance, nous avons recours à vous sous tous ces titres avec l'Eglise universelle qui vous les donne, et qui vous invoque et vous honore par ces glorieuses qualités dans toute la terre.

O ma sainte Dame et bonne maîtresse, me voici à vos pieds sacrés, le lieu de ma retraite ordinaire, pour y mourir comme j'y ai vécu. Vous avez été ma protectrice dès ma jeunesse, ne m'abandonnez pas dans ma vieillesse, et dans l'extrémité de ma vie, afin que je fasse connaître l'abondance de vos miséricordes, et combien il est doux et avantageux de se confier en vos maternelles bontés. Vous savez que j'ai recours à vous, parce que votre Filsbien-aimé veut se servir de vous pour sa divine gloire; que je ne sois pas confondu.

Quand je repasse dans mon esprit toutes mes années, je les vois pleines de vos miséricordes. Vous avez toujours été mon refuge, ma joie contre l'affliction qui m'a environné ;. vous avez toujours jeté les yeux sur votre pauvre serviteur, et vous m'avez consolé au milieu des afflictions cuisantes et pénibles qui me sont arrivées : vous avez augmenté votre magnificence. Oh! que le Seigneur a caché de biens et de douceurs à ceux qui vous honorent comme ils doivent! Que ma bouche soit remplie de vos louanges, afin que je chante votre gioire et votre grandeur durant tout le jour, mes lèvres en auront de la joie, et mon cœur en tressaillirai

Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour moi pauvre pécheur, maintenant et à l'heure de ma mort ; souvenez-vous, ô très-pieuse Vierge, qu'il n'a jamais été ouï qu'aucune personne qui a eu recours à vos puissantes intercessions, en ait été délaissée. C'est dans cette confiance que^e m'adresse à vous, que je m'écrie vers vous du plus profond de mon cœur; écoulez ma voix; rendez vos oreilles attentives âmes prières, tournez vos yeux de miséricorde sur votre pauvre serviteur. Servez-moi de fidèle avocate auprès de votre Fils bien-aimé dans le moment redoutable de ma mort. Priez-le qu'il envoie ses saints anges pour m'y défendre, et particulièrement saint Michel; qu'il donne ordre à celui qui me garde avec des soins qui ne se peuvent expliquer, qu'il augmente ses secours charitables. O débonnaire, ô douce, ô pieuse Vierge! que Jésus le béni fruit de votre ventre me soit propice à cet instant terrible : obtenez-moi la grâce finale, et m'ayant toujours servi de mère, et de la meilleure et de la plus fidèle des mères, durant tout le cours de ma vie, montrez que vous êtes ma mère dans ce jour qui est si à craindre.

Que le Seigneur n'entre point en jugement avec son serviteur (Psal. cxlii, 2), parce que nul homme vivant ne se pourra justifier devant lui; s'il examine nos péchés, qui pourra subsister? (Psal. cxxix, 3.) Je reconnais en votre sainte présence, ma bonne Dame et maitresse, en présence de tous les bons anges et des saints, devant tous ceux qui liront ce petit ouvrage; et je voudrais pouvoir le crier à tous les hommes, que je ne mérite que l'enfer et la colère de Dieu pour jamais; que je suis la créature la plus ingrate qui fut jamais, et la dernière des créatures, qui mériterais que toutes les autres créatures s'armas'sent contre moi, pour venger mes infidélités à leur Créateur. Mais je sais qu'Israëi, comme parle le Prophète-Roi (Psal. cxxix, k), doit espérer depuis le point du jour jusqu'à la nuit; que nous devons espérer en notre bon Sauveur pour tout ce qui s'est passé durant notre vie, depuis le commencement jusqu'à la fin, car il est plein de miséricorde; qu'il a des grâces abondantes pour nous racheter, et qu'il nous rachètera lui-même de tous nos péchés; son précieux sang qu'il a répandu pour nous est une satisfaction à sa divine justice pour toutes nos offenses; sa passion douloureuse, sa mort ignominieuse.

Cependant, ma glorieuse Dame, obtenez par votre crédit auprès de la divine Majesté, que les jours qui me restent soient de ces jours que le Seigneur a faits (Psal. cxvn, 23), jours de grâce, par une mort au péché, aux créatures et a moi-même; de ces jours pleins (Psal. lxxii, 10), dont tous les moments soient conduits, gouvernés et animés de l'esprit de Jésus, afin que ne vivant plus de ma propre vie, je ne vive plus que de sa sainte vie; que ce soit Jésus qui agisse, qui souffre, qui opère toutes choses en moi; qu'il soit la lumière de ma lumière, le cœur de mon cœur, l'âme de mon âme; qu'il me soit toute chose en toutes choses. Ah l j'élève ma voix vers vous, ma bonne et fidèle Mère, j'y élève mon cœur dans ma prière, afin que, cessant d'être à moi-même, l'adorable Jésus soit mon grand et unique tout.

Que je vive en véritable hrétien, de la Cmanière digne de l'un des membres du corps mystique du Sauveur de tous les hommes, dont toutes les actions doivent être dignes de la grandeur et de la sainteté d'un Homme-Dieu, puisqu'il en doit être le principe. C'est pour faire connaître cette obligation à mes frères les Chrétiens, que la divine Providence me fait donner au public ce petit ouvrage, que j'apporte à vos pieds comme tous les autres, n'y en ayant aucun qui ne vous soit dédié. Priez votre Fils adorable, qu'il fasse luire son visage sur ceux qui le liront (Psal. xxxn, 1), afin qu'ils connaissent la voie par laquelle ils doivent marcher; qu'il leur enseigne à faire sa volonté (Psal. cxli, 10-12.); que son bon esprit les conduise dans une terre et dans un chemin droit pour la gloire de son nom, et qu'ensuite ils agissent courageusement (Psal. xxx, 31) ; que leur cœur s'y fortifie, et qu'ils l'aiment avec tous ses saints. O mon Seigneur et mon Dieu 1 vous seul, vous seul, en la vie, en la mort, et éternellement après la mort. Voilà où tous mes désirs se terminent, toutes mes prétentions, tous mes desseins, toutes mes volontés; car, que dirai-je dans le ciel, sinon vous? et que souhaiterai-je sur la terre que vous seul? Ma chair et mon cœur languissent après vous; ô Dieul vous êtes le Dieu de mon cœur et mon partage pour jamais. Ainsi soit-il, ainsi soit-il, ainsi soit-il, ainsi soit-il.

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