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Qu'il soit béni, lui gui a fait seul des

choses admirables. (Psal. lxxi, 18.) Que son

nom glorieux et plein de majesté soit béni

dans tous les siècles, (Ibid., 19.) Que les deux, la terre et la mer, et tout ce oui se meut en eux, célèbrent ses louanges ! [Psal. xcv, 11.) 0 Dieu, que les peuples vous louent, qu'ils entrent dans la joie et l'allégresse, qu'ils bénissent la sainteté de votre nom dans la durée de toute l'éternité. (Psal. cxvi, 1.) Que vos anges et tout ce qui respire vous louent. (Psal. cxlvui, 2.) Mais, ô Jérusalem, ô Sion, ô âme chrétienne, chante les louanges de ton Seigneur et de ton Dieu quia établi la paix dans toute son étendue. (Psal. cxxi, 6.) Chante un nouveau cantique à sa gloire. Ré ouis-toi en ton roi qui te couronne de miséricorde et de grâce. (Psal. cxlix, 1.) Souviens-toi des merveilles et des prodiges qu'il a faits en ta faveur ; n'oublie jamais les grâces que tu en as reçues. (Psal. Lxxvn, 4.) Mais qui racontera les miracles de l'amour qu'il a porté à son peuple? qui pourra dire les choses grandes qu'il lui a faites, lui qui est tout-puissant et de qui le nom est saint ? [Psal. ex, 9.) O Seigneur, qu'elles sont admirables, qu'elles sont élevées au-dessus de toute pensée!

(Psal. xci, 6.) 0 Dieu, qui est égal à vous? (Psal. xxxiv, 10.) Mais, ô Dieu de bonté et de miséricorde, faites-nous luire votre lumière des montagnes éternelles (Psal. lxxv, 5), pour raconter les merveilles que vous avez faites au peuple chrétien que vous avez si chèrement aimé! à ce peuple que vous avez racheté des mains de l'ennemi, et que vous avez comblé de l'abondance de vos biens, afin que vous soyez loué par ceux qui sont votre héritage. (Psal. cv, o.) O Dieu, qui comprendra vos miséricordes?

Levez-vous, Seigneur! que l'on juge des choses en votre présence. C'est une grande vérité que depuis que l'âme a aperçu quelque chose de l'œil qui brille devant lui, pour parler avec le Psalmiste, tout ce qu'il y a de plus pompeux et de plus é. latant sur la terre ne lui paraît plus rien; et dans la vue du rien de la créature, elle entre dans des étonnements inexplicables que Dieu y veuille bien penser. O Seigneur, s'écrie-t-elle avec le Prophèle-Roi : Qu'est-ce que l'homme, pour être un objet de votre souvenir? (Psal. vm, 6.) Mais voici bien d'autres sujets d'admiration capables de ravir tout le paradis : les excès de l'amour infini d'un Dieu envers le peuple chrétien. Que l'on ne s'étonne plus de ce que faisaient ces divins solitaires qui ont passé les quarante, les cinquante années dans les déserts sans y parler jamais à personne. La moindre des grâces chrétiennes est quelque chose de si admirable, qu'elle peut suffire pour occuper d'étonnement et d'amour une personne éclairée durant tout le cours de sa vie. O mon Dieu, ô mon Dieu, faites un peu connaître ce que vous êtes, afin que vos miséricordes soient connues.

Certainement les excès de l'amour d'un Dieu envers le Chrétien sont un abîme. O Chrétien, rentre un peu dans toi-même, pour considérer les grandeurs admirables où cet amour miraculeux l'élève. Dieu -s'étant fait homme, non-seulement prend le

un

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dessein de rétablir l'homme clans une grande perfection, et de lui donner rapport aux perfections et exrellenc.es de l'état naturel des anges; mais il veut se l'unir d'une manière infiniment surprenante. Car premièrement ce Dieu fait homme, l'adorable Jésus, rend l'homme chrétien son frère, car c'est la qualité qu'il lui donne dans l'Evangile. Ah! cieux , étonnez-vous! Quoi! l'homme, ce rien, et moins que rien par le péché, esclave du diable et captif de l'enfer, cet ennemi de Dieu, au lieu d'en recevoir des supplices infinis que ses crimes méritent, le voilà élevé à la qualité glorieuse de frère de Jésus! 0 mon Dieu, ce serait bien encore trop pour lui d'avoir l'honneur que vous le souffrissiez dans votre service en qualité de votre serviteur; et cette qualité de serviteur de Dieu est préférable à des sceptres et à mille couronnes.

Mais ce n'est pas là que les excès de l'amour miraculeux d'un Dieu envers le Chrétien s'arrêtent; carsecondement il lui donne la qualité de son enfant. Vous êtes tous enfants de Dieu, s'écrie l'Apôtre aux Galates (m, 26). Grande consolation pour les Chrétiens de la plus basse naissance selon le monde, puisque, en cette qualité, ils sont tous nés de Dieu; ils sont d'une si grande naissance, que les enfants des rois de la terre n'en approchent pas. Saint Louis, ce grand roi, le savait bien, lorsqu'il prenait plaisir «le s'appeler du lieu où il avait reçu la qualité d'enfant de Dieu par le saint baptême. Or cette qualité si glorieuse, si divine, est possédée véritablement par un chétif laboureur, par un pauvre artisan, par un misérable mendiant, s'ils sont Chrétiens. 0 faveur qui excède toute laveur, qu'un Dieu appelle l'homme son fils, et que l'homme appelle Dieu son Père, et que non-seulement il l'appelle son Père, mais qu'en vérité il soit son enfant!

Cette véritable qualité d'enfant de Dieu lui donne en troisième lieu celle de son héritier, d'héritier de son royaume, et de cohéritier de Jésus-Christ. Cette grâce nous e>t encore révélée par le Saint-Esprit en la divine parole, et ainsi il est de la dernière certitude, qu'ils le sont non pas seulement de non), mais essentiellement et vraiment tels par la pratique de la justice chrétienne. Tous les Chrétiens donc sont de grands rois. Ainsi quelle joie pour ce pauvre homme, pour celte pauvre femme, qui n'ont pas de pain à manger, qui sont la lie du peuple, qui sont le rebut du monde, de savoir, tandis qu'ils demeurent dans cette justice, qu'ils sont héritiers d'un royaume dont les grandeurs, dont les plaisirs surpassent tout ce que l'on en peut penser; que tous les royaumes de la terre ensemble ne sont que misères, comparés à l'empire qui leur est ilestiné, et que cet empire n'aura jamais de fin. Ici il faut que je m'écrie : O Chrétiens qui vous dites fidèles, où est votre foi? Estil possible que vous croyiez eu vérité que vous êtes héritiers du royaume de Dieu? O mon frère, qui êtes pauvre ici -bas sur la

terre, le croyez-vous? Je vous le demande, si au milieu de votre misère vous appreniez assurément que vous allez être roi de quelque royaume temporel dans le monde, quelle joie auriez-vous? d'où vient donc que vous êtes si peu consolé du royaume du ciel où vous allez? Quand vous passez devant les palais des princes de la terre, en les voyant vous ne pouvez pas dire qu'ils sont à vous : mais, lorsque vous regardez le ciel, souvenezvous que si vous êtes fidèle à votre grâce, vous pouvez être assuré que cette magnifique maison de Dieu est votre propre maison. O riches, croyez-vous que le royaume du paradis vous regarde? Grands du monde, le croyez-vous? En vivant dans le détachement que l'Evangile vous ordonne, qu'il vous serait facile de vous détacher de vos richesses et de vos honneurs, si vous en aviez une vive foi! Saint Ignace, le fondateur de la compagnie de Jésus, regardant le ciel, s'écriait : « Oh ! combien la terre me pue, quand je considère le ciel ! »

Mais la divine parole qui nous révèle quo le Chrétien est héritier du royaume du ciel, nous déclare qu'il est cohéritier de Jésus- Christ. C'est ce que cet aimable Dieu-Homme nous dit par ces paroles : Je vous prépare le même royaume que mon Père m'a préparé. Je ferai asseoir dans mon trône celui qui aura vaincu; comme moi qui ai vaincu f je suis assis avec mon Père dans son trône. (Apoc.ui, 21.) O vérités, ô vérités admirables, mais qui êtes plus certaines que le jour que nous voyons! Mais qui y pense? mais qui les croit? mais qui s'en occupe? mais qui les porte fortement imprimées? mais qui en est touché? Certainement le saint homme, le P. Caraffe, général de la compagnie de Jésus, avait grand'raison de dire que la vie du Chrétien est une vie d'admiration et d'étonnement. 11 faut, si l'on se rend fidèle à la lumière de Dieu, que l'on entre, que l'on se perde dans un abîme d'étonnement, u'où l'on ne peut jamais sortir. O mon âme, ô mon âme, où en sommes-nous? Est-il donc possible que non-seulement un empire dont les félicités ne se comprennent pas, et qui n'aura jamais de fin, nous soit destina de Dieu si nous gardons ses lois jusqu'à la (fin [Apoc. u) ; mais encore que nous y Régnerons avec l'adorable Jésus, que nous serons assis avec lui dans son propre trône? O les douces, ô les agréables nouvelles, mais qui sont entièrement certaines! Après cela peut-on bien encore ou se réjouir des biens apparents qui y sont, ou s'attrister, ou s'inquiéter pour les maux passagers que l'on y souffre? O enfants des hommes, jusques à quand aurez-vous le cœur insensé? pourquoi aimez-vous la vanité', et cherchez-vous le mensonge? (Psal. iv, 3.) Si vous aimez le bien, l'honneur et le plaisir, aspirez après v les véritables. L'adorable Jésus promet au fidèle Chrétien qui aura vaincu, qui aura triomphé de ses passions, de sa propre humeur, du respect humain, de l'amusement, de l'occupation du monde, et des choses que le monde aime, qu'il le fera asseoir dans

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