‹ Œuvres complétesChapitre 326 sur 397 · IA SCIENCE F.T LA PRATIQUE DU CHRETIEN. - PART. I · texte numérisé non relu

IA SCIENCE F.T LA PRATIQUE DU CHRETIEN. - PART. I

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son trône, s'il persévère dans la victoire. Or si le trône de Dieu ne peut être que luimême, nulle créature ne lui pouvant donner le repos, ni la gloire, ni la majesté, lui seul .se contient en lui seul , et il trouve son repos, et sa seule essence fait sa gloire et sa grandeur. Il s'ensuit donc que c'est en Dieu même que Jésus repose, qu'il règne et qu'il possède sa gloire. Or la vie des Chrétiens, dit 'l'Apôtre (Col. ni, 3), est cachée avec Jésus en Dieu, parce que ses serviteurs sont où il est, et qu'ayant vaincu comme lui et avec lui et par lui, ils sont assis dans son propre trône, qui est Dieu même. Le Chrétien après cela peut-il se plaindre des combats qu'il a donnés ou contre les démons, ou contre ses passions, ou contre le monde? Hélas 1 que ne fait-on pas , que ne souflïet-on pas pourlaconquête non-seulementd'un royaume temporel, mais d'une place qui n'est qu'un peu de terre? quelles fatigues dans les tranchées pour les soldats, qui à peine ont de quoi vivre, qui à tous moments sont exposés à la mort, qui si souvent y perdent la vie 1 O misère inconcevahle de la vie du monde! La plupart des hommes font tout pour ce qui n'est rien, et ne font rien pour ce qui est tout. Quel prodigieux enchantement 1 mais se peut-il comprendre?

Mais comme les excès de l'amour d'un Dieu -Homme l'ont porté à nous préparer son propre trône, cette même charité excessive le presse de prendre des moyens propres à un si haut dessein. Pour ce sujet, devant être associés à sa gloire, il nous a unis à lui-même par une union très-intime, nous faisant ses membres : et c'est en quatrième lieu l'honneur inestimable où il élève l'homme chrétien. Nous avons touché cette vérité dans le premier chapitre; mais écrions-nous encore ici : Oh ! n'être qu'un avec Jésus 1 ô alliance admirable 1 ô union divine, dont celle des membres du corps humain avec le chef n'est qu'une figure!

C'est de cette union que le divin amour nous élève, en cinquième lieu, à être des dieux par participation. Je me sers des termes de la divine parole. Je leur ai dit, dit le Saint-Esprit par le Psalmiste, vous êtes des dieux : vous êtes tous les enfants du Très- Haut. (Psal. lx.xxi, 6.) Et saint Pierre (II Petr. i, \k) ne nous enseigne-t-il pas que Dieu nous a fait les grandes et précieuses faveurs qu'il avait promises, pour nous rendre par elles participants de la nature divine; ce qui se fait en nous alliant avec lui par les unions les plus nobles qu'il contracte avec nous. Alliance que saint Denys et saint Basile appellent déification, ou un état qui nous rend dieux. Nous entrons par ce moyen en société avec les trois personnes divines, comme nous le déclare le disciple de l'amour. (/ Joan. i, 3.) Or cette alliance est comparée par le Fils de Dieu avec l'amitié qui est entre lui et son Père éternel, au chapitre xvn de saint Jean, où il marque qu'il désire que les fidèles soient tous un entre eux, et avec lui et son Père: car l'unité des Chrétiens entre eux s'étant formée par le

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Saint-Esprit, ils sont par lui-même auvsi unis avec Dieu. Mais de plus cet adorable Sauveur dit ces paroles : Je leur ai donné la gloire que vous m'avez donnée, afin t/u'it.s soient un, comme nous gommes un (Jouit. xvu, 22); c'est-à-dire un entre eux et un avec nous.. Mais toutes ces grandeurs qui sont admirables sont destinées à tous les fidèles sans aucune réserve, et aux personnes les plus abjectes selon le monde, les plus affligées, les plus méprisées, les plus rebutées, les plus pauvres, si elles sont et persévèrent d'être effectivement et véritablement chrétiennes. Mais ce qui est bien déplorable c'est que la plupart des Chrétiens ne connaissent pas les particulières faveurs de leurs états ; et ils les ignorent, parce qu'ils les méditent peu ; et quand ils les médite ut, ils en sont [ieu pénétrés, parce que leur esprit, à raison de ses impuretés, est peu susceptible de la divine lumière; et lorsqu'ils en sont éclairés, leur cœur n'en est pas touché, parce que leurs attaches les en rendent'incapables ; et quand même ils en seraient touches, il y a peu de pratique, parce qu'il y a peu de fidélité aux mouvements de la grâce, et qu'à peine s'est-on élevé par un amour vers le ciel, et vers le Dieu du ciel, que presque aussitôt même on retombe malheureusement sur la terre par l'amour-propre de soi-même, du monde et des choses du monde.

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