A LA SAINTE MÈRE DE DIEU
Grande reine ae l'empyrée, où le divin amour règne en la plénitude de ses perfections ; aimable princesse des séraphins, sainte mère du bel amour, qui avez commencé à aimer aussitôt que vous avez commencé d'être ; dont le précieux et chaste cœur, ce cœur virginal, ce cœur fidèle, ce cœur incomparable, ce cœur tout aimant et si aimé, ce cœur tout d'amour dès le premier moment de votre très-pure et immaculée Conception a brûlé dans les feux sacrés du pur amour; dont les flammes, qui ne faisaient que naître, se sont élevées incroyablement au-dessus de celles de tous les divins amants, dans la consommation même de leur perfection : me voici à vos pieds comme aux pieds de ma chère maîtresse, de ma bonne mère Pt de la douce gouvernante de mon cœur, pour offrir à l'amour de votre cœur très-aimant, en l'honneur de l'amour que l'adorable Jésus a eu pour une chose qui vous appartient; car vous savez, ô très-divine Vierge, ô très-douce Marie, qu'il y a longtemps que toutes mes pensées, toutes mes paroles, toutes mes actions, tous les mouvements de mon âme vous sont entièrement dédiés pour l'honneur et la gloire de Dieu seul, désirant adorer continuellement en vous, tous les moments de ma vie, celui qui a fait des choses si grandes. Recevez donc, ô très-débonnaire Marie, ces pensées qu'il a plu au Dieu d'amour nous inspirer, et qui sont toutes consacrées à l'amour. Que votre cœur maternel obtienne de votre très-divin Enfant une sainte abondance de grâces sur tous ceux qui liront ce petit livre; afin que leurs cœurs et le mien mourant à tout l'amour de l'être créé ne vivent plus que de Dieu seul, et pour Dieu seul. Ainsi soit-il.