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CHAPITRE VI

Dieu inconnu dans les conseils qu'il nous a donnés.

Un petit enfant nous est né ( dit Isaïe , c. ix, G, selon le style prophétique, parlant du futur comme s'il était passé), et un fils nous a été donné: il portera sur son épaule la marque de sa principauté, et Usera appelé i Admirable, le conseiller de Dieu. C'est de Nôtre-Seigneur Jésus-Christ qu'il parle, et il assure qu'il sera le conseiller par excellence; il dit encore que l'esprit de conseil reposera sur lui. Et devrai ce grand Dieu des éternités a voulu se faire homme dans le temps, pour nous instruire et nous donner des conseils tout divins. Cependant les Chrétiens qui font profession d'être ses disciples, quelquefois les ignorent, et souvent, ce qui est infiniment étonnant, les combattent ets'y opposent.

Qui entend bien ces paroles sacrées de notre admirable Maître : Je vous dis que vous ne résistiez point quand on vous fera du mal? ■Matth.\,3§.) Les pères et les mères dans les amilles chrétiennes en sont-ils bien persuadés? est-ce le conseil qu'ils donnent à leurs enfants? lie lesélève-t-on pas dans des sentiments tout contraires? A peine ont-ils quel-

que lumière, qu'on leur dit, qu'on leur apprend qu'il se faut bien défendre, qu'il ne faut pas souffrir qu'on nous fasse du mal. Mais les ecclésiastiques qui sont les dépositaires de la divine parole, souvent ne tiennent-ils pas les mêmes maximes? On ne peut parler de la pratique qu'avec larmes, tant il est rare de trouver des Chrétiens qui ne résistent point quand on leur fait du mal.

Qui entend bien ce divin conseil de notre Maître céleste? Si quelqu'un vous donne un soufflet sur la joue droite, présentez-lui encore l'autre. ( lbid. ) Quel établissement cette doctrine a-t-elle parmi les fidèles? comment en parle-t-on? et voit-on dans la pratique le Chrétien se distinguer de l'infidèle? Notre Maître nous dit : Si quelqu'un veut vous faire un procès pour avoir votre robe , abandonnez- lui encore votre manteau, (lbid., kO.) Après cela, si on considère le grand nombre de procès parmi ceux qui se disent croire encore à Jésus-Christ (et il y en ade tous côtés dans les villes, dans les villages, et parmi des personnes de toutes sortes d'états), avec quelle facilité on les entreprend, avec quelle opiniâtreté on les soutient, et souvent même avec quelle animosité et quelle haine, peut-on penser que Dieu soit connu dans ses conseils? Quel jugement en pourront faire les infidèles? mais ne leur donnons-nous pas occasion de dire ce que quelques-uns d'entre eux ont écrit, que la religion des Chrétiens ne renfermait que de belles idées d'une vertu qui est sans pratique.

Un Dieu fait homme nous dit : Ne pensez pas que je sois venuapporter la paix enterre; je n'y suis pas venu apporter la paix , mais Cépée : car je suis venu mettre la division entre le fils et le père, entre la mère et la fille. (Matth. x, 34.) C'est une division qu'il met entre les personnes les plus pioches , lorsqu'en appelant quelqu'une à la suite de ses conseils, soit par l'entrée dans l'état ecclésiastique, ou dans le cloître, soit en gardant le célibat , il les sépare saintement. C'est néanmoins souvent ce que l'on ne veut pas entendre, et encore moins exécuter. Si un enfant veut suivre les conseils d'un Dieu, les parents s'y opposent, la famille crie, on prétend que c'est ce qui en trouble le repos : et on ne fait pas réflexion que le Fils de Dieu nous assure qu'il n'est pas venu pour apporter cette paix, qui est la paix du monde que l'on tâche de trouver dans la satisfaction de la nature; car celle qu'il donne est toute céleste, elle est au-dessus des sens. C'est dans ces occasions qu'il apporte l'épée d'une sainte "division et qu'il crie: Si quelqu'un vient à moi et ne hait pas son père et sa mère, et même sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. [Luc. xiv, 26.) Car enfin , il déclare que quiconque ne renonce pas à tout, ne peut pas être son disciple. Cependant, les pères, les mères et les parents ne veulent point ce renoncement: leurs enfants néanmoins ou leurs proches, sans ce détachement, ne peuvent pas être les disciples

DIEU INCONNU — PART. III, DIEU INCONNU EN CE Ql IL DIT.

de celui qu'ils croient un Dieu selon son propre témoignage, et c'est ce dont ils ne se mettent pas en peine. Qu'ils sortent de sa divine école pour demeurer dans leurs fausses maximes, et les voilà contents. Viles et chétives créatures qu'elles sont, créatures de rien, est-ce ainsi qu'elles sont assez présomptueuses par une témérité terrible pour empêcher les desseins du Créateur?

Mais qu'elles se souviennent qu'il est le grand et le souverain Maître à qui tout doit obéir, et qui en saura bien tirer la raison : et que l'homme a beau chercher des prétextes pour se couvrir dans sa résistance, toutes ses excuses les plus apparentes n'auront point de lieu à son divin tribunal. Qu'on n'allègue pas dans ces occasions la qualité de père h l'égard des enfants auxquels on veut imposer un état de vie; c'est pour lors que notre Sauveur veut qu'on n'appelle personne en ce monde du nom de père, parce qu'il n'y en a qu'un seul qui soit notre père, qui est dans les deux. C'est entreprendre sur ses droits divins, d'empêcher qu'on ne suive ses conseils. En sa présence snradorable toutes les considérations que l'on peut avoir pour les personnes qui nous sont les plus proches doivent disparaître, lorsqu'il s'agit de son service. Et ce débonnaire Sauveur a bien voulu nous en donner l'exemple, lorsque quelqu'un lui ayent dit, pendant qu'il parlait au peuple, que sa très-sainte Mère et ses frères qui étaient dehors, désiraient lui parler; il répondit : Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? et étendant la main sur ses disciples : Voilà ma mère, ditil, et voilà mes frères. Car quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les deux, celui-là est mon frère, ma sœur et ma mère. (Matth. xii, 40, 49.) Et il demande un détachement sans réserve et si universel, quand il est question de le servir, qu'un de ses disciples lui ayant dit : Seigneur, permettezmoi avant que je vous suive d'aller ensevelir mon père; il lui dit : Suivez-moi, et laissez aux morts le soin d'ensevelir les morts. {Matth. vin, 21, 22.)

C'est ici qu'il faudrait s'écrier : Où est la foi des Chrétiens ? Celui que l'on reconnaît pour son Dieu, nous assure, parlant de ceux qui quittent leurs biens ou leurs proches pour l'amour de lui (et encore en nous l'assurant il déclare qu'il nous le dit en vérité), que personne ne laisse ces choses qui, dès ce temps même, n'en reçoive davantage, et au siècle à venir la vie éternelle. Comment donc est-il possible que des pères et des mères, après des promesses si certaines et si avantageuses pour leurs enfants, puissent leur envier leur véritable bonheur, et en ce monde, et en l'autre? Certainement ce n'est pas leur bien qu'ils cherchent, quoi qu'ils puissent dire. Leur amour prétendu est bien une véritable haine; c'est leur propre satisfaction qu'ils veulent.

Le ciel et la terre passeront, mais les paroles d'un Dieu :ie passeront pas. {Matth. xxiv, 35.) C'est une vérité infaillible que, tant que le ciel et la terre dureront, il ne se perdra pas un

seul t, ni un seul trait de toutes ses divines paroles. Tous ceux donc qui quitteront pour son divin amour leurs proches, leurs sœurs, leurs Crères, leurs pères, leurs mères, leurs enfants, leurs maisons, leurs terres et tous les autres biens temporels, dès cette vie en recevront davantage et même cent fois autant, car la parole d'un Dieu y est engagée, et ses promesses sont sans exception; ainsi quand on quitterait même des couronnes, on en recevra cent fois autant : ce qu'un Dieu donne dès cette vie, la paix intérieure, les consolations célestes, surpasse incomparablement tout ce que l'on peut posséder en ce monde. Ah 1 pourquoi donc les parents envieront-ils de si grands biens à leurs proches? Mais ce n'est pas tout: le paradis est encore promis. Il le savait bien, ce jeune homme à qui son père, qui était un homme puissant, promettait toutes choses s'il voulait se désister du dessein qu'il avait d'être religieux :«Mon Père, lui lit-il, donnez-moi donc le paradis ; et si vous ne le pouvez pas, trouvez donc bon que je suive celui qui me le peut donner, et qui me le promet si je vous quitte pour son service. »

On répond que l'on peut bien se sauver dans le siècle : mais pour un qui s'y sauve, cent s'y perdent ; tout y est plein de précipices, on y marche sur le bord, et toujours en danger de s'y perdre. N'est-ce pas une barbarie aux pères et aux mères, et non pas un véritable amour, de retenir leurs enfants parmi tant de périls, et d'une damnation éternelle , lorsqu'ils veulent s'en retirer pour marcher par une voie sûre. La suite des conseils du Fils de Dieu, est la voie étroite qui conduit à la vie : le chemin large qui conduit à la perdition est tenu par la plupart des gens du monde.

Ji est vrai, parlant en général, que celui qui se marie ne fait pas mal, ni un père qui marie sa fille; mais celui qui ne la marie pas fait encore mieux, comme nous l'enseigne l'Esprit de Dieu par le grand Apôtre. Cependant dans le particulier chacun doit bien prendre garde à suivre le mouvement de sa grâce, et à ne pas s'engager dans un état où Dieu ne nous met pas, et à n'y pas engager les autres. Se tirer hors de l'ordre de Dieu ou en tirer les autres, est une source de malheurs inexplicables, et pour la vie présente, et pour la vie future. Les malheurs ne sont que trop ordinaires à ceux qui quittent les conseils du Fils de Dieu pour plaire à leurs proches, qui souvent dès ce monde en sont aussi punis rigoureusement, pour avoir été assez hardis que d'entreprendre sur les droits du Souverain de toutes choses. Mais, ô aveuglement épouvantable des Chrétiens 1 semblables à ceux dont parle le Prophète-Roi, qui, parlant avec insolence disent: Qui dominera sur nous? Voulant faire les maîtres, ils obligent leurs enfants à entrer dans un état où ils ne sont pas appelés, et les retirent de celui où le mouvement de l'Esprit de Dieu les porte. Ainsi dès leur jeunesse ils destinent les uns à l'état ecclésiastique ou au cloître, et bs au-

ŒUVRES COMPLETES DE BOl'DON.

très au mariage : et souvent Dieu a des desseins tout contraires ; il ne veut pas dans la séparation du siècle, ceux qu'on lui présente dans cette condition; et il demande ceux qu'on ne lui offre pas. Mais ce qui ne peut être jamais assez déplorable, c'est que cet engagement dans l'état ecclésiastique ou dans le cloître, qui est contre l'ordre de Dieu, a des suites infiniment lamentables , et pour les péchés et les scandales qui en arrivent, et pour la damnation éternelle qu'il cause. 11 faut dire la même chose de l'empêchement que l'on apporte d'y entrer quand Dieu y appalle. Malheur, mais malheur infiniment terrible à ces misérables créatures qui, dans la vue de leur propre satisfaction, ou des intérêts temporels d'une famille, disposent de la sorte des personnes qui leur sont sujettes 1 La sainte Eglise ayant horreur d'un procédé si injuste, lance ses foudres, et excommunie également ceux qui forcent leurs enfants d'entrer dans le cloître, ou ceux qui les en empêchent. Ces péchés néanmoins sont du nombre de ceux dont ordinairement on ne fait jamais pénitence, ni à Ja vie, ni à la mort. On ne pense pas même à s'en- accuser, et plusieurs confesseurs y prennent peu garde.

Cependant le grand Apôtre s'écrie (I Cor. vu, 8), qu'il conseille de ne se point marier; et qu'en cela il pense avoir l'Esprit de Dieu : et il est hors de doute que le Saint-Esprit parlait par lui. C'est donc ce qu'il faut conseiller. Remarquons ici une illusion assez commune parmi même des gens qui d'autre part ont quelque vertu. Us font mille difficultés aux personnes qui veulent se séparer du siècle, sous prétexte d'examiner leur vocation, ne considérant pas que les conseils d'un Dieu doivent bien être suivis, que ces conseils ne peuvent être que bons, que ia sûreté y est tout entière, que les avantages en sont infinis. Nous ne disons pas que Ton n'examine point la vocation; mais nous en hlâmons l'excès, qui souvent vient de l'amour-propre, de la propre volonté, que l'on couvre du désir de savoir si l'on est bien appelé, et dont les épreuves quelquefois lassant des âmes par tous les obstacles que l'on apporte, sont cause qu'elles succombent, et se rendent infidèles à ce que Dieu demande, et dont on rendra un compte trèssévère au jugement de Dieu. Mais ce qui est étrangement surprenant en ce sujet, est de trouver des personnes mêmes, soit ecclésiastiques o*i religieux, qui tombent dans cet excès : et à les entendre il semblerait qu'elles ne goûtent pas fort leur état, ou qu'il y aurait fort à craindre de s'y engager.

Mais le Saint-Esprit nous déclare, par l'Apôtre, que c'est bien fait de ne se point marier, que c'est mieux fait que de s'engager dans le mariage. 11 exhorte, quand on est exempt du lien du mariage, de n'y point penser. 11 assure que les personnes mariées

souffriront de l'affliction, et qu'il voudrait l'épargner; et saint Augustin dit que les maux en sont tels, que ce serait une trèsgrande folie de s'y exposer, si ce n'était la crainte de l'incontinence. L'Apôtre enseigne qu'il exhorte à ne se point marier, pour l'avantage de ceux à qui il le conseille; non pas pour les engager dans un piège, ^mais pour les porter à un état honorable. Que ceux donc qui y trouvent tant de périls, fassent réflexion sur cette doctrine duSaint- Esprit, et qu'ils considèrent si leurs sentiments et leurs avis sont meilleurs que les sentiments et les conseils d'un Dieu.

Il faut ici remarquer que les filles à qui le Saint-Esprit, par l'Apôtre, conseille de ne se point marier, étaient des personnes qui ne pouvaient pas s'enfermer dans un cloître : car il n'y en avait point en ce temps-là; et qu'ainsi c'est encore une haute tromperie de ne pas garder le célibat, sous prétexte que l'on ne peut pas être religieuse (70-71). Il est vrai que l'état du cloître est plus assuré, et qu'il a des avantages qui lui sont singuliers : mais plusieurs que Dieu ne veut pas dans le cloître, sont appelés à garder la chasteté. Ces gens-là donc se trompent beaucoup, qui disent : Ou le cloître, ou le mariage; maximes tout à fait opposées à celle de la divine parole. Mais combien de saintes vierges ont vécu dans les premiers siècles vivant dans leurs familles! combien s'en est-il trouvé de cette manière 1 On en a vu même qui ont gardé la virginité avec l'éclat d'une vertu édifiante au milieu des cours des grands. Certainement ce que les Pères do l'Eglise, après l'Ecriture, ont dit de celte vertu, est si grand, que s'il était connu, on aurait de la peine à ne pas tout faire pour conserver un si précieux tré or. 11 n'y a rien que l'on ne souffrît pour ne le pas perdre. Un saint Casimir a aimé mieux perdre la vie» que de perdre sa virginité, quoique par une voie légitime, qui est celle du mariage, et malgré toutes les raisons les plus spécieuses qui regardaient le bien de tout un royaume : car, que ne devait-on pas attendre d'un si saint prince s'il eût été roi? Que cet exemple jette la confusion sur les personnes qui sous prétexte de quelques difficultés qui leur arrivent, quittent la pratique d'une vertu qui rend en terre les hommes semblables aux anges.

Mais, ô ténèbres de l'esprit des créatures qui veulent s'aveugler elles-mêmes! On ne se lassera pas de faire des épreuves excessives quand il s'agit de suivre les conseils d'un Dieu; et on s'engage, et on engage les autres dans des états tout pleins de précipices selon la doctrine du Fils de Dieu, sans presque délibérer. Qu'on regarde ce qui arrive à la plupart des personnes qui se marient; presque toutes s'engagent sans faire beaucoup d'examen de leur vocation à cet état. Où sont les pères et les mères qui

(70-71) On peut lire à ce sujet l'ouvrage intitulé : Des divers élais que les filles peuvent embrasser, et principalement du Célibat, et de la manière d'y vivre

saintement, même au milieu du monde, etc. Avignon, chez Seguin aîné, 1827.

3it DIEU INCONNU.

fassent do grandes épreuves de la vocation de leurs enfants au mariage? Cependant ou voit à ce sujet ce nui arriverait à des gens qui délibéreraient beaucoup pour prendre un chemin assuré, et qui leur serait conseillé par des personnes qui le connaîtraient parfaitement, et dont ils seraient certains de l'alfection et de la fidélité : et qui sans hésiter s'engageraient dans un autre tout plein de dangers et où la plupart de ceux qui y marchent périssent. C'est de la sorte qu'on se laisse aveugler par ses propres passions qui dominent dans la plupart des hommes, et qui en font autant d'aveugles, qui, cherchant leurs propres intérêts, et non pas ceux de Jésus-Christ, sont de ce monde, dont cet adorable Maître a prononcé qu'il ne connaît point Dieu. Oh! que Dieu est caché et inconnu dans le siècle! qu'il est inconnu en ce qn'il est, en ce qu'il a fait, en ce qu'il a dit!

O très-sainte et suradorable Trinité, un seul Dieu en trois personnes, séparez-nous de ce monde qui ne vous connaît point. O Père éternel dans l'union avec votre Fils bien-aimé Notre-Seigneur Jésus-Christ! en son nom nous vous prions en toute humilité que vous nous sanctifiiez en vérité, vous adressant la prière qu'il vous en a faite. Sanctifiez-nous en vérité, nous faisant vivre selon votre esprit, et non selon le monde et les sens, en la manière que nous sommes

PART. III, DIEU INCONNU EN CE QU'IL DIT. 3J8

vos enfants et vos membres. Adorable Jésus! que nous ne soyons pas du monde, comme vous n'êtes pas du monde, afin que nous soyons un en vous et avec votre l'ère, et avec le Saint-Esprit. O Saint-Esprit! formez cette bienheureuse union en nous par le détachement du monde, et de tout ce que le monde estime et aime. O très-.sainte Vierge qui n'avez jamais eu de part au monde, et qui avez toujours été dans une lumière admirable de Dieu, obtenez par vos puissantes intercessions, que nous le connaissions et que nous l'adorions en esprit et en vérité. Je finis ce petit ouvrage à vos pieds, ma bonne Maîtresse, comme je l'y ai commencé et continué, impétrez-y une abondante bénédiction. O bienheureux anges qui avez toujours été unis à Dieu, et qui n'êtes pas de ce monde : glorieux saints qui en avez été séparés par l'éloignement de vos cœurs, joignez tous vos prières ensemble pour en détruire l'esprit et l'amour en nous, afin que n'étant animés que du seul Esprit de Dieu seul, nous n'aimions que lui seul, nous ne désirions, nous ne cherchions que lui seul pour son seul honneur et pour sa seule gloire. O glorieuse et divine Trinité! soyez glorifiée incessamment dans toutes vos créatures, pour le temps et pour l'éternité. Ainsi soit-il, ainsi soit-il, ainsi soit-il.

OR/USON

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