PROVIDENCE DE DIEU
Providence divine, qui veillez sur vos créatures depuis la création du monde jusqu'à présent avec un amour perpétuel, et des bontés toutes ravissantes, prosterné devant vos grandeurs infinies, je vous adore, je vous aime, je vous bénis et j'appelle à mon secours toutes les créatures intelligentes du ciel et de la terre, pour m'aider à vous aimer, à vous louer, à vous remercier pour les soins ineffables que vous avez pris incessamment de toutes vos œuvres, de tout ce grand monde, et de tout ce qu'il renferme.
Mais que vous rendrai-je en mon particulier pour tous vos bienfaits? puisque c'est vous, pour parler avec le Psalmiste, qui m'avez tiré du ventre de ma mère, qui êtes mon espérance dès que j'ai sucé la mamelle, que j'ai été jeté entre vos bras lorsque j'étais encore dans ses entrailles. Vous m'avez servi de protection dès ma jeunesse, vous m'y avez délivré de l'épée, pour parler toujours le langage de l'Ecriture, et mon âme qui est unique, cle la main et de la rage du chien ; vous m'avez tiré de la gueule du lion, du démon infernal ; vous n'avez point méprisé la prière du pauvre ; vous m'avez exaucé lorsque j'ai crié vers vous; votre miséricorde m'a accompagné tous les jours de ma vie; ne me rejetez pas dans le temps de ma vieillesse, et ne m'abandonnez pas lorsque ma force s'affaiblit. Je me suis toujours appuyé sur vous; vous m'avez conduit, et je n'ai manqué de rien. Plusieurs ont dit dans les afflictions cuisantes et pénibles que vous m'avez fait sentir : Il a espéré dans le Seigneur, qu'il le délivre, il ne trouve point de salut en sa Providence ; mais vous êtes rétournée vers moi, et vous m'avez rendu la vie ; vous m'avez retiré du fond des abîmes. J'ai paru comme un prodige de délaissement à plusieurs, mai-s vous m'avez assisté puissamment : vous avez augmenté votre magnificence, vous avez jeté les yeux vers moi, et vous m'avez consolé. Aussi je louerai vos miséricordes; ma bouche racontera vos assistances salutaires durant tout le jour ; elle sera toujours remplie de vos louanges, afin que je chante votre gloire et votre grandeur; que je fasse connaître la force de votre bras, que je
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publie votre puissance. 0 divine Providence, qui esl égal à vous ? Mon âme que vous avez, rachetée tressaillera de joie; j'ai mis toute mon espérance en vous, que je ne sois pas confondu. Délivrez-moi par vos grandes miséricordes.
Mais faites, ô divine Providence, tout ce qu'il vous plaira, mon cœur est préparé, je mettrai ma gloire à vous offrir «les saints airs, et vous serez toujours le sujet de mes cantiques de louange et d'amour. Ah ! je sais, je l'avoue, je le reconnais, en présence du ciel et de la terre, que vous êtes toujours infiniment adorable et infiniment aimable, quoi que vous fassiez, quand vous nous accableriez de misères, quand vous nous jetteriez dans l'abîme. Oui, je désire, oui, je veux de toute l'étendue de mon cœur, de toutes les farces de mon âme, soutenu de votre divine vertu, embrasser avec amour votre divine main, quand elle ne serait que pleine de foudres pour m'écraser. Ah! main, oui, main toujours infiniment aimable, je vous baiserai toujours, quelque coup que vous me puissiez donner. Je me livre, je me laisse, je m'abandonne pour tout, et à l'égard; du spirituel, et à l'égard du temporel, sans la moindre petite réserve, à toutes vos conduites.
Divine Providence qui m'avez toujours servi de très-bonne, de très-douce et très-fidèle mère, quand je pense à vos soins, tout pleins d'un amour, de bontés et de miséricordes ineffables, je ne sais plus que devenir, mon esprit me quitte, mes forces s'affaiblissent, je ne découvre de toutes parts qu'un abîme d'amour, où il faut que je me perde. Je voudrais être tout changé en langues, que toutes les créatures fussent autant de voix qui vous rendissent des actions de grâces, qui publiassent vos louanges; mais au moins recevez ce petit Traité tout à fait en votre honneur, qui serve de témoignage de mes reconnaissances. Mais, comme vous en méritez d'infinies, et qu'il n'.y a que Jésus seul qui puisse vous les rendre, je vous offre son divin cœur infiniment aimant pour tout l'amour que je vous dois ; je vous en offre les reconnaissances et les satisfactions infinies, pour les actions de grâces que je vous dois rendre, pour toutes les satisfactions que je suis obligé de faire à votre justice pour mes infidélités et mes offenses, voulant vous aimer, vous remercier, vous satisfaire par ces amours, ces reconnaissances, ces satisfactions infinies de mon aimable Sauveur. O ma bonne Mère, et te meilleure de toutes les mères, c'est dans l'union de cet adorable Rédempteur que je mets toute ma confiance, mais sans aucune petite réserve à vos soins, et que je renonce pour jamais à tout appui, quelque léger qu'il puisse être, sur aucune chose créée, me contentant uniquement de vous. C'est dans l'union de sa divine oraison que je vous offre mes vœux et mes prières, afin qu"à jamais vous soyez mon refuge, ma force, mon secours, et tout ce qu'il vous plaira d'être, selon votre bon plaisir en tout ce que je suis, en tout ce que je ferai, en tout ce qui m'arrivera. Ainsi soit-il, ainsi soit-il, ainsi soit-il.
A L'ADMIRABLE MERE DE DIEU