‹ Œuvres complètes: HistoireChapitre 27 sur 124 · ORDRE DU COMITE · texte numérisé non relu

ORDRE DU COMITE

« La probité est une vertu des républicains.

« Ttmt voleur au pillard seraffuiBé.

«Tout détenteur d'armes qui, dans les douze heures, ne les aura pas déposées i la mairie ou qui ne les aura pas rendues, sera arrêté et détenu jusqu'à nouvel ordre. «

« Tout citoyen ivre sera désarmé et emprisonné.

a Clamec3r, 7 décembre 1851.

« Vive la République sociale!

«r2> Comité nvolutionnaire social,»

Ce qu'on vient de lire est la proclamation des «Jacques». Mort aux pillards! Mort aux voleurs! Tel est le cri de ces voleurs et de ces pillards.

Un de ces Jacques nommé Gustave Verdun-Lagarde, de Lot-et-Garonne, est mort en exil à Bruxelles, le i** mai 1852, léguant cent mille francs à sa ville natale pour y fonder une école d'agriculture. Ce partagcux a partage en effet.

11 n'y a donc point eu, et les honnêtes biseauteurs du coup d'État en conviennent aujourd'hui dans l'intimité avec un aimable enjouement, il n'y a point eu de «Jacquerie», c'est vrai 5 mais le tour est fait.

Il y a eu dans les départements ce qu'il y a eu à Paris, la résistance légale, la résistance prescrite aux citoyens par l'article iio de la Constitution, et, au-dessus de la Constitution, par le droit naturel} il y a eu la U^ time défense, — cette fois le mot est à sa place , — contre les « sauveurs » 5 la lutte à main armée du droit et de la loi contre l'infibne insurrection du pouvoir. La République, surprise par guet-apens, s'est colletée avec le coup d'État. Voilà tout.

Vingt- huit départements se sont levés : l'Ain, l'Aude, le Cher, les Bouches-du-Rhône , la Côte-d'Or, la Haute-Garonne, Lot-et-Garonne, le Loiret, la Marne, la Meurthe, le Nord, le Bas-Rhin, le Rhône, Seine-et- Marne, l'Yonne ont fait dignement leur devoir j l'Allier, les Basses-Alpes, l'Aveyron, la Drôme, le Gard, le Gers, l'Hérault, le Jura, la Nièvre, le Puy-de-Dôme, Saône-et-Loire, le Var et Vaucluse l'ont fait intrépidement. Ils ont succombé comme Paris.

Le coup d'État a été féroce là comme à Paris. Nous venons de jeter un coup d'œil sommaire sur ses crimes.

C'est cette résistance légale, constitutionnelle, vertueuse, cette résistance dans laquelle l'héroïsme ftit du côté des citoyens et l'atrocité du côté du pouvoir, c'est là ce que le coup d'État a appelé la Jacquerie. Répétons-lc, un peu de spectre rouge était utile.

Cette Jacquerie était à deux fins 5 elle servait de deux façons la politique de l'Élysécj elle oflFrait un double avantage : d'une part, faire voter oui sur le «plébiscite», faire voter sous le sabre et en face du spectre, comprimer les intelligents, cfiFraycr les crédules, la terreur pour ceux-ci, la peur pour ceux-là, comme nous l'expliquerons tout à l'heure, tout le succès et tout le secret du vote du 20 décembre est làj d'autre part, donner prétexte aux proscriptions.

i8j2 ne contenait donc en soi-même aucun danger réel. La loi du 31 mai, tuée moralement, était morte avant le 2 décembre. Une Assemblée nouvelle, un président nouveau, la Constitution purement et simplement mise en pratique, des élections, rien de plus. Ôtez M. Bonaparte, voilà 1852.

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