LA SALLE
<y Ù-. (.iréscntants sommèrent le président de
*"- ~ -s. • *■ .ns la salle , lui l'homme de l'Assemblée,
^.-^^'**^'-i> •^^* *"'•'<?. 'H, fut très ferme, se cramponna hcroïque-
' --c^,^ "'"^"^ je fasse? disait-il, mêlant à ses protestations
'*^*:> "*■*"•> droit et citations latines, instinct des oiseaux
leur répertoire quand ils ont peur. Que voulez-
\>^ . suis -je? Que puis -je? je ne suis rien. Personne
"t* d , nihil, La force est là. Où il y a la force, le peuple
us nascitJir ordo. Prenez -en votre parti. Je suis bien %» iier, moi. Dura /ex, sed lex. Loi selon la nécessité, enten-
^^6 t non loi selon le droit. Mais qu*y faire? Qj/on me laisse
j peux rien, je fais ce que je peux. Ce n'est pas la bonne *^fr .c manque. Si j'avais quatre hommes et un caporal, je les
.lommc ne connaît que la force, dirent les représentants j eh bien, X force.
.1 fit violence, on lui passa une écharpe comme une corde autour , et, comme on l'avait dit, on le traîna vers la salle, se débattant, .lant sa « liberté », se lamentant, se rebiffant, — je dirais ruant, si le n'était pas noble.
Quelques minutes après l'cvacuation, cette salle des Pas-Perdus, qui enait de voir passer les représentants empoignés par les gendarmes, vit passer M. Dupin empoigné par les représentants.
On n'alla pas loin. Les soldats barraient la grande porte verte à deux battants. Le colonel Espinasse accourut, le commandant de la gendarmerie accourut. On voyait passer de la poche du commandant les pommeaux d'une paire de pistolets.
Le colonel était pâle, le commandant était pâle, M. Dupin était blême. Des deux côtés on avait peur. M. Dupin avait peur du colonel 5 le colonel, certes, n'avait pas peur de M. Dupin, mais derrière cette risible et misérable figure il voyait se dresser quelque chose de terrible, son crime, et il tremblait. Il y a dans Homère une scène où Némésis apparaît derrière Thcrsite.
M. Dupin resta quelques moments interdit, abruti et muet. Le représentant Gambon lui cria :
— Parlez donc, monsieur Dupin, la gauche ne vous interrompt pas. Alors, la parole des représentants dans les reins, la bayonnette des soldats devant la poitrine, le malheureux parla. Ce qui sortit de sa bouche en ce
moment, ce que le président de rAssemblcc souveraine de France balbutia devant les gendarmes à cette minute suprême, on ne saurait le recueillir.
Ceux qui ont entendu ces derniers hoquets de la lâcheté agonisante se sont hâtés d'en purifier leurs oreilles. Il paraît pourunt qu'il bégaya quelque chose comme ceci : — Vous êtes la force, vous avez des bayonncttes, j'invoque le droit, et je m'en vais. J'ai l'honneur de vous saluer.
Il s'en alla.
On le laissa s'en aller. Au moment de sortir, il se retourna, et laissa encore tomber quelques mots. Nous ne les ramasserons pas. L'histoire n'a pas de hotte.