‹ Œuvres complètes illustréesChapitre 117 sur 283 · NUI I · texte numérisé non relu

NUI I

p is plus punnen.

papiers qu'ils lui présentèrent: l'un était un pardon du

autre une donation au canton de Berne de la vallée

put tenir contre cette douille

fugitifs, d'ailleurs, lavaient trop fait souffrir

li ur pardonnât point.

Au bout d'une demi-lieue, nous traversâmes le rais

m pont, que l'orage de !a

vallée de

runnen, remontant le cours de la Lutcliine.

ite vallée do Lauterbrunnen est certes uue des plus

allées de la Suisse ; nulle part cette ardeur de

si développée à 1; .s-rnes. ne se fait

r qu'en la traversant. Partout où s étend un

coin de terre, quelque graine d arbre dit aussitôt : cette

terre est a m i her nu et aride roule-

t-il du sommet de la montagne: il me arrêté

m. le vent le couvre de poussière; une pluie aria hxe sur sa surface. Bientôt un peu de mousse y un glaïeul y tombe, le petit arbrisseau pousse, étend ses min apantes mil suit rrondissant

capricieux du roc, jusqu'à ce qu'enfin elles touchent à tlors la masse de pierre est prison-

clos : le chêne, qui reçoit désormais sa nourriture de la mère commune, se pose impérieusement sen d ilgle sur un i alUou, se dèi &■ . jour, grandit d année en année, si bien qu'il ne faudra un jour rien moins tjue la colère de Dieu pour déraciner le géant.

avoir fait une demi-lieue à peu - ce paj

dont les tons primitif! mués naturelle-

ment, prennent une nouvelle vigueur par les accidents d'omque versent sur ses différentes parties les • soleil, on arrive auprès du Rocher-des-Fn mil BSl dominé par la Rothenfluh. Ce pic rougeâtre, comme , l'indique son nom, était autrefois couronné par un château forl appartenant à deux frères, Ulric et Rodolphe. L'amour d'une femme les désunit. Rodolphe, qui avait été méprise. cacha sa douleur et renferma quelque temps sa haine. La veille du jour où le mariage devait se faire, il proposa au dans la montagi ci, sans défiance,

l'offre de son frère et partit avec lui. Arrivés au pied du rocher que nous avons désigné, et voyant quelle solitude régnait autour deux. Rodolphe frappa son frire d'un i oup de poignard Dlrlc tomba.

Mors, niant des broussailles une bêche qu'il y avait carier creusa une fosse, y déposa la lime, la recouvrit de terre, e un qu il était souillé

g, il alla vers la Lutcliine, q rues pas du

I pourpoint était couvert eurent disparu, il se releva et jeta un dernier regard vers le irtre pour voir si rien ne l lit. Le

cadavre dl'lrle, qu'il venait d enterrer, était couché sur iiile.

Rodolphe creusa une nouvelle fosse, y jeta une seconde fols son frèi i m qu'au fur et à mesure qu'il

ing reparaissaient -ur urpolnt. La fos i couva tout

sanglant.

me, R idolphe redescendit une s. i rivière, don les eaux limpides eurent bl fait il de nouveau l'épouvantable prodige: puis,

lélire vers le rocher, il jeta un cri afii ! me deuxlèm

les gens d'Ulric retrouvèrent le corps de leur main ut au < liateau.

mourut di

ite la vérité

du fa.

i ' ont p icu trop put re qui l'a fait graver, la voici

IBOM DE ROI III Ml i 11 PAS BON I

'i -, \ M VIE DANS I 1 Ml.

9A BACE JW'I- -I

i unie- iiu i liai au de Rothenflul

ol issal, montagne dont le ix prln

mille i lut préi Iplté, par le

Ut mon

ent qui offrait i.n

i iiilné. Ce i basseur,

. i leuc qu'Ol

i i devenu

EN SUISsE

désormais pour lui un besoin. Sou adresse était reconnue, et sa réputation s'étendait d'une limite à l'autre de l'Oberland. l'n jour qu'il poursuivait une femelle pleine, la pauvre bète, ne pouvant traverser un précipice que, dans tout autre temps, elle eût franchi d'un bond, voyant la mort devant ei derrière vile, ïc coucha au bord de l'abîme, et, comme un cerl aux abois, se mit a pleurer. La vue des anla pauvre mère n'attendrit pas le chasseur, qui banda son arbalète, prit une flèche dans sa trousse ei prêta .1 la percer; mais en reportant les yeux vers l'endroi où il venait de la voir seule un instant auparavant, il aper (.ut un vieillard assis, ayant à ses pieds l'animal haletant qui lui le. hait la moin: ce vieillard était le génie de la montagne. A cette vue, le chasseur baissa son arbalète, et le génie lui dit :

— Homme de la vallée, à qui Dieu a donné tous les dons qui enrichissent la plaine, pourquoi venez-vous tourment c ainsi les habitants de la montagne? Je ne descends par vers vous, moi, pour enlever les poules de vos basses-cours et les bœufs de vos étables. Pourquoi donc alors montez-vous vers moi pour tuer les chamois de mes rocs et les aigles de mes nuages ?

— Parce que Dieu ma fait pauvre, répondit le chasseur, et qu'il ne m'a rien donné de ce qu'il a donné aux autres hommes, excepté la faim. Alors, comme je n'avais ni poules ni vaches, je suis venu chercher l'œuf de l'aigle dans son aire et surprendre le chamois dans sa retraite. L'aigle et le chamois trouvent leur nourriture dans la montagne . mol, je ne puis trouver la mienne dans la vallée.

Alors le vieillard réfléchit, puis, ayant fait signe au chasseur de s'approcher, il se mit à traire la bête dans une petite coupe de bois ; le lait y prit aussitôt la consistance et la forme d'un fromage ; le vieillard le donna au chasseur.

— Voilà, lui dit-il, de quoi apaiser à l'avenir ta faim ; quant à ta soif, ma sueur fournit assez d'eau à la vallée pour que tu en prennes ta part. Ce fromage se retrouvera toujours dans ton sac ou ton armoire, pourvu que tu ne le consommes jamais entièrement ; je te le donne à la condition que tu laisseras tranquilles désormais mes chamois et mes aigles.

Le chasseur promit de renoncer à son état, redescendit dans la plaine, accrocha son arbalète à sa cheminée, et vécut un an du fromage miraculeux, qu'il retrouvait intact à chaque nouveau repas.

De leur côté, les chamois joyeux avaient repris confiance dans les hommes, ils descendaient jusque dans la vallée ; on les voyait gracieusement bondir en venant à la rencontre des chèvres qui grimpaient dans la montagne.

Un soir que le chasseur était à sa fenêtre, an chamois vint si près de sa maison, qu'il pouvait le tuer sans sortir de chez lui ; la tenta'ion était trop forte, il décrocha son arbalète, et, oubliant la piromesse qu'il avait faite au génie, il ajusta ave; son adresse ordinaire l'animal qui passait sans défiance, et le tua.

Il courut aussitôt vers l'endroit où la pauvre bête était tombée, la chargea sur ses épaules, et. l'ayant rapportée chez lui, il en prépara un morceau pour son souper.

Lorsque ce morceau fut mangé, il songea à son fromage, qui cette fois allait lui servir non de repas, mais de dessert. 11 alla donc vers son armoire et l'ouvrit : il en sortit un gros chat noir, qui avait les yeux et les mains d'un homme ; il tenait le fromage â sa gueule, et, sautant par la fenêtre qui était restée ouverte, il disparut avec lui.

Le chasseur s'inquiéta peu de cet accident; les chamois étaient redevenus si communs dans la vallée, que, pendant un an, il n'eut pas besoin de les aller chercher dans la montagne; cependant, peu à peu, ils s'effarouchèrent, devinrent de plus en plus rares, puis enfin disparurent tout à fait. Le chasseur, qui avait oublié l'apparition du vieillard, reprit ses anciennes courses dans les rocs et dans les glaciers.

Un jour, il se trouva au même endroit où. trois ans auparavant, il avait lancé une femelle pleine. Il frappa sur le buisson d'où elle était partie; un chamois en suait en bondissant. Le chasseur l'ajusta, et l'animal, blessé, alla tomber sur le bord du précipice où était apparu le vieillard.

Le chasseur l'y suivit ; niais il n'arriva pas assez à temps pour empêcher que, dans les mouvements de son agonie, l'animal qu il poursuivait ne glissât sur la pente inclinée, et ne se préi > Itat du haut en bas du rocher.

Il se pencha alors sur le bord pour regarder où il était tombé. Le génie de la montagne était au fond du gouffre ; leurs yeux se rencontrèrent, et le chasseur ne put. plus détacher les siens de ceux du vieillard.

Alors il sentit un incroyable vertige s'emparer de tons ses sens; il voulut fuir et ne le put. Le vieillard l'appela trois fois par son nom, el a la troisième fols le cha seur jeta un cri de détresse qui fut entendu dans touti et se précipita dans l'abîme.

J'ai désigné sous le nom de Lutchlne la petite rivière qui côtoie le chemin de Lauterbrunnen. C'est, une erreur que

j'ai commise, jamais dû clir a Lutchin

lui, hlnen ; car, nulle ira- . is des deti

■ i i ous venons de rencontre

les -i' réunissent au pii l ih : la Lutchlne

venant du glacier de ( rln lerwaid, la Lu ne de celui du Tsi lïing il. . lies i outé de L'autre lai ins mêler leurs eaux, qui conservent de chaqui m rive la ur esl propre : lune um i de ]

Lutre i uleur cendrée. La, le chemi irque le tor-

route suit la rive, l'une brunnen l'autre au Grinderwald.

Non- mes 'le côtoyer la Lutchine b .

une heure après, nous étions arrivés a lauberge de La brunnen

itôt de la demi-heure que l'aubei nous déclara lu: .ire nécessaire a la confection de dîner pour aller visiter le Staubach, l'une des cascades les plus vantées de la Suisse.

Non- a de loin i cite immense colonne, semblable

â une trombe, qui se précipite de neuf cents pieds de haut par une chute perpendiculaire, quoique légèrement arquée par l'impulsion que lui doru , utes supérieures. Nous

nous approchâmes d'elle au te nous le pûmes, c'est-

à-dir.e jusqu'au bord du lia- est creusé dans le

roc. non par la force, mai I i lité de sa chute;

car cette colonne, compacte au moment où elle s'élance du rocher, en arrivant au bas n'est plus que poussière. Il est impossible de se figurer quelque chose d'aussi gracieux que les mouvements ondulés de cette magnifique cascade ; un palmier qui plie, une jeune fille qui se cambre, un serpent qui se déroule, n'ont pas plus de souplesse qu'elle. Chaque souffle du vent la fait onduler comme la queue d'un cheval gigantesque, si bien que, de ce volume immense d'eau qui se précipite, puis se divise, puis s'éparpille, quelques gouttes à peine tombent quelquefois dans le bassin di â la recevoir. La brise emporte le reste, et va le secouer, a la distance d'un quart de lieue, sur les arbres et sur les Heur-, comme une rosée de diamants (2).

C'est grâce aux accidents auxquels est soumise cette belle cascade que deux voyageurs à dix minutes d'intervalle l'un de l'autre, ont rarement pu la voir sous la même forme, tant les caprices de l'air ont d'influence sur elle, et tant elle met de coquetterie à les suivre. Ce n'est pas seulement dans sa forme, mais encore dans sa couleur, qu'elle varie ; à chaque heure du jour elle semble changer l'étoffe de sa robe, tant les rayons du soleil se réfractent en nuances différentes dans sa poussière liquide et dans ses étincelles d'eau. Parfois arrivent tout à coup des courants d'un vent du sud fœhnvvind qui saisissent la cascade au moment où elle va tomber, l'arrêtent suspendue, la repoussent vers sa source, et Interrompent entièrement sa chute ; puis, les eaux réaccourent bientôt se précipiter dans la vallée, plus bruyantes et plus rapides. Parfois encore des bouffées de vent du nord, à l'haleine glacée, gèlent d'un souffle ces flocons d'écume, qui se condensent en grêle. Sur ces entrefaites. L'hiver arrive, la neige tombe, s'attache â la paroi du

(1) La Lutchine noire est ainsi nommée, parce qu'en passanl an pied du Wetter-Horn elle délaye et entraîne avec elle dos particules d'ardoise qui donnent à ses eaux une couleur foncée

{21 Peux grands poètes allemands nui consacré quelques vers à la description do celle merveilleuse cascade: Haller, la trente-sixième strophn ,1-' son poème -ur les Alpes, el Baggeson l'introduction de s.,n

cinquième chant de /</ Parthénéide. Voici la traduction d îs deux

morceaux, dont presque tous les paysans de la vallée savent l'original par cœur :

i ici nu" n tagne sourcilleuse élève ses cimes semhlablos

créneaux, entre lo-,picls le torrent do la foret se hâte do s'i

pou se précipiter ■■( subir successivement des chutes Itipliéei

fleuve d'écume jaillit avec impétuosité des fentes du remparl do ro chers qu'il dépasse; l'eau, divisée ''nos sou élan rapide vapetti [rrisâlro cl mobile suspendue dans lr- airs, qu'ell arc-en-ciel jette son écharpe diap'éc an milieu de ces goutl fjui vont abreuver au loin la vallée L'étranger vo l ri rivière prendre sa source dans le* airs, sortir des nues el

dans les nuagos. ■ (Hj ller)

Comme on volt au sommet d'un mit : u

qu'agite doucement le zéphyr, si tours

cieux dans les airs, tantôt éten lu

s élevant el n'abaissant dans un clin l'œil ' ,!< les

ondes de leui - | c nU agiles, qui, bie itil, vi ' »*ur

des cieux, ainsi le torrent aéi ien iiosplière: il so

précipite dans la corniche du roi ins cesse

varié, el flotte dan- I i i ««tige i I

et là. et ne peut atteindre la ' -< ""

fleuve. cV-t une vogue puis "> '" ''" •'"l ;

plus has, i o n osl plus qu an ni ' ore, qu i vapeur

blanchâtre, bans leur chute rapid ; oh i. - itamoi

phosonl i ii i ie rêve; i Iles partent avci

fracas -l" toni i ''" '■' contrée

Pin, loi 1 ■ furcui ipa ■ inten qu elles sont,

.i humecter et faire i

.,, penli :' T-- '

icmier s fon-

i ubERLAXD

VEXGENALP

■ .ares LU an point du jour, •.ec les premiers mois tml. •

Il faut a\

Etants

la langue

hurs mu parti harmonieux vain plus habUi

- cris . ; ce sont

es seulement, des 01

es, ce qu'aucune

■ 1 Italie, et ei. degré

Mon lis pas en1

V lui dis je quand il eut

ter le liai. — J.

le trouvai W

lia, et nous

> inage i album ■:

main

montagnes, qui sont nés dans le même berceau qu'elles ; ils

les tei 'res. à qui les aieux les avaient dites.

ils ne les répéteront pas a leurs

ir de Jour en jour le sourire incrédule du voya-

snr leurs ses légendes naïves.

•ut. comme les roses des Alpes, au bord de tous

... : j.'' ..I .le t 06 '•'• .

Malheureusement pour moi. il n'y avait i- • --11 de pareil

tée de la Venge: le ii"m de la montagne que

nous se avait pu m'en dé-

dommager, c'eût nu merveilleosi qui s'étendait

devant nous au. fur et à mesure que nous nous élevions Sous ds. la vallée de Lauterbrunnen. verte comme une émepdlait ses maisons rouges sur le gazon; en ta e. le ni : l dont nous apercevions alors les

chutes sii|>éri' tires, méritait son nom de poussière d'eau. tant il semblait une vapeur Pottante ; a la vallée ;er-

ou trois lieues par la montagne neigeuse d'où se préripit. imnM si le monde ■ vallée «lue nous venions de parcourir se développant en ligne te son étendue, et i aide de I qui leur sert de conducteur, jusqu'au village d'il dont a travers cette atmosphère bleuâtre qui n'appartient qu'au pays des monta: ercevait les mas.>ns et les arbres, pareils à îi enferme dans une boite, et dont les enfants font sur une table des villes et d« s lardlns.

\u bout d'une heure, nous fîmes une halte pour combiner notre admiration et notre déjeuner: ce fut chose racfli

en saillie mus offrit une lablc. une source, son eau glacée, et un noyer son ombre. Nous tirantes les provisions du sac. et je reconnus avec grai m premier coup

d'œll crue te jetai sur elles, que YV'lIer était, sous le rapport de la prévi d'être nommi >ur ie reste de la

commissaire général des vivres di toute la car Une nouvelle étape d'une heure nous conduisit au premier sommet île la Vengenalp. sommet a pic au haut duquel

que par un chemin t le p. a. pente de la montagne devient plus douce, et

■ ni enfin un pan : une ligne droite

puis on trouve un chalet où

On est arrn I 5 ungfran.

nom de ieune Bl ■ :a montagne

, . la '. ' t- or moi d'un ebarmi cuise qui le lui

a fait donner, il s'harmonise mervetlleusemenl avec ses propoi et sa I ut vtrginale En tout

cas, et au milieu de cette (haine de rères et

■ m v elle m'a paru la prtvll montagnards. C'est avec un sourire que les guides vous iu-

itres montagnes posées sur !■ lies appel!

auxquelles les guides plus naïfs, ont donné le nom di

Ils vous m. titrent bien a - le Finster-

irn. plus élevé qu'elle ''.". la Bltn ns puissante

. hase: mal .Minent ton La vierge des

Alpes. ,i,.T.t Us f,,i,t la reine des montagnes

m de vierge fut iionné a la Ynngfran, parce qu'aucun

■ ■ ■ i formation du monde, souillé son

manteau de neige; ni le pied du chamois, ni la serre de

l'aigle, n'étalent ces hautes réglons où elle porte

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