‹ Œuvres complètes illustréesChapitre 118 sur 283 · I. 'homme cependant résolut de lui faire perdre le · texte numérisé non relu

I. 'homme cependant résolut de lui faire perdre le

titre qu'elle avait si huigt eusement gardé,

in chasseur de chamois nommé l'oumann. fit pour t

que Bal mat iui le mont Blanc; après plusieurs

relises : vir ■-a

levée, et les mon! merveilles, virent

un matin un drapean ronge flotter sur la tête de la jeune

mps ils l'appellent la trmi : car.

: elle n'a plus le ch ...,;,. d* |i| .■

. i es) le nn'me que si tmus arrachions du front m

■ | d'un ■ le bouquet d'oranger, parure

• i t dulsent A

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■ -nr l'une de ces mamelles sur celle uni regarde la

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EX SUISSE

\ -i gauche s'étend, sur une base de plusieurs lien s, la Blumlisalp (montagne des fleurs/, dont le nom, aussi significatif que celui de Wetter-Horn. me parut présenter, avec son apparence, nue analogie plus difficile a expliquer; car la montagne des rieurs est entièrement couverte de J'eus alors recours à Willer, qui m'expliqua ainsi a tradhtion entre le nom et la montagne à laquelle il est appliqué.

— Nos Alpes, me dit-il, n'ont pas toujours été sauvages comme elles le sont aujourd'hui. Les fautes des hommes et les punitions de Dieu ont fait descendre les neiges sur nos montagnes et les glaciers dans nos vallées : les troupeaux paissaient là où l'aigle ni le chamois n'osent parvenir aujourd'hui. Alors la Blumlisalp était comme ses saurs, et plus brillante qu'elles encore, sans doute, puisque, seule entre elles, elle avait mérité le nom de montagne des fleurs. C'était le domaine d'un pâtre ricne comme un roi, et qui possédait un magnifique troupeau : dans ce troupeau, une génisse blanche était l'objet de son affection. Il avait fait bâtir pour cette favorite une étable qui ressemblait à un palais, et a laquelle on montait par un escalier de fromages. Pendant un soir d'hiver, sa mère, qui était pauvre et qui habitait la vallée, vint pour le visiter ; mais, n'ayant pu supporter les reproches qu'elle lui faisait sur sa prodigalité, il lui dit qu'il n'avait pas de place pour la loger cette nuit, et qu'il fallait qu'elle redescendît vers le village. Vainement elle lui demanda une place au coin du feu de la cuisine ou dans retable de sa génisse : il la fit prendre par ses bergers, et la fit jeter dehors.

l'ne bise humide et glacée sifflait dans l'air, et la pauvre femme, misérablement vêtue comme elle l'était, fut promptement saisie par le froid : alors elle se mit à descendre vers la vallée en dévouant ce fils ingrat à toutes les vengeances célestes. A peine la malédiction fut-elle prononcée, que la pluie qui tombait se convertit en neige si épaisse, qu'au fur et à mesure que la mère descendait, et derrière le dernier pli de sa robe traînante, la montagne semblait se couvrir d'un linceul. Parvenue dans la vallée, elle tomba épuisée de froid, de fatigue et de faim. Le lendemain, on la trouva morte ; et depuis ce temps la montagne des fleurs est couverte de neige- Pendant que Willer me donnait cette explication, un bruit pareil au roulement du tonnerre, entremêlé d'épouvantables craquements, arriva jusqu'à nous ; je crus que la terre allait se fendre sous nos pieds, et je regardai avec inquiétude notre guide, en lui disant.

— Eh bien!... qu'est-ce donc?

Alors il étendit la main vers la Yungfrau, et me montra une espèce de ruban argenté et mouvant qui se précipitait des flancs de la montagne.

— Tiens, une cascade ! dis-je.

— Non, une avalanche, répondit Willer.

— Et c'est elle qui a produit ce brait effroyable?

— Elle-même.

Je ne voulais pas le croire; il me semblait impossible que ce ruisseau de neige, qui de loin semblait une écharpe de gaze flottante, produisît un bruit, aussi effrayant. Je tournai les yeux de tous les côtés pour en chercher la véritable cause ; mais pendant ce temps il s'éteignit, et lorsque je reportai la vue vers la Yungfrau, la cascade avait cessé de couler.

Alors Willer me dit de détacher ma carabine et de tirer en l'air : je le li-

La détonation, qui. au premier abord, me parut pins faible qu'en plaine, alla se heurter contre la montagne, et nous fut renvoyée soudain par son écho ; puis, aux dernières vibrations succéda un grondement sourd et, croissant, pareil à celui qui avait déjà une fois causé ma surprise. Willer alors me montra à la base de l'une des mamelles de la Yungfrau une seconde cascade improvisée, et, comme le bruit était pareil, il me fallait bien reconnaître que la cause était la même.

Alors accourut à nous une espèce de nain de montagne. double crétin, portant dans ses bras un petit canon ; il le posa à nos pieds, le pointa en s'ac croupissant avec autant de soin que si le boulet eût dû faire une brèche à la montagne, et, approchant ira morceau d'amadou de la lumière, il souffla dessus jusqu'à ce que le coup partit. Aussitôt le même accident se renouvela pour la troisième fois. La précipitation du pauvre petit diable était causée par la détonation de ma carabine ; il était faiseur d'avalanches de son état, et, comme, an moyen de ma carabine, je m'étais approvisionné moimême, il craignait que les quelques batz !l) qu'il prélève, au i' i de s m artillerie, sur les voyageurs qui traversent la Vengenalp. ne lui échappassent cette fois, je le rassurai bien vite en lui parant le coup de ma carabine au même tarif que son coup de canon.

ili Petite monnaie suisse qui vaut trois sous.

Iprts nous être arrêtes une heure environ en face de ce ilQque spectacle, nous nous remue- en route, continuant de monter sur une pente ., m. ment où mus trouvâmes sur le point le plus é ete de ilp ; déjà depuis longtemp . .,,:• deroms qui, pa. i repousiis un assaut, nous avaient offetf d mis en L'aspect d'une armée qui se rail ut, dissémine leur forée négétative, l appai

I la retraite ; puis enfin, ou Si -u, des

I ; i ■ i averses, sans feuillage ni éoari e. pareils à di indus et dépouillés sur le champ I arrêtâmes avant de descendre le vei

•'■ du pays que nous venions de pa courir, et pour lui dans lequel nous allions entrer. Je re-

marquai alors que nous nous trouvions par hasard au eentre d'un cercle d'une trentaine de pas de circonférence ; quoique autour de ce cercle la terre fut couverte de roses des Alpes, de gentiane purpurine et d'aconit, sous nos pieds le "iume il l'est dans nos forêts aux places où l'on vient d'exploiter les fouxueaux a charbon. J'en demandai la cause à Willer, qui se fit longtemps prier pour me raconter la tradition suivante, et qui ne me la raconta même, je lui dois cette justice, qu'en me prévenant d'avance qu'il n'y croyait pas.

Il y avait autrefois dans la vaîli à ■ ,1min un homme téméraire très puissant en magie, et qui commandait aux animaux comme à des serviteurs intelligents. Toutes les nuits du samedi au dimanche, il les rassemblait sur les plus hautes montagnes, tantôt les ours, tantôt les aigles, tantôt les serponts, et là, traçant ave; sa baguette un cercle qu'ils ne pouvaient franchir, il les appelait en situant, et. lorsqu'ils étaient réunis, il leur donnait ses ordres, qu'ils allaient exécuter aussitôt aux quatre coins de l'Oberland. Une nuit qu il avait rassemblé les dragons et les serpents, il leur commanda des choses telles, à ce qu'il paraît, qu'ils refusèrent leur service accoutumé. Le magicien entra dans une grande colère et eut recours à des charmes qu'il n'avait point encore employés, tant lui-même hésitait a avoir recours à des paroles qu'il savait toutes-puissantes, mais aussi coupables que puissantes : à peine les eut-il prononcées, qu'il vit deux dragons quitter la troupe des reptiles qui l'environnaient et se diriger vers une caverne voisine ; il crut qu'ils obéissaient enfin ; mais bientôt ils reparurent, portant sur le dos un serpent énorme, dont les yeux brillaient comme deux escarboucles, et qui portait sur sa tête une petite couronne de diamants : c'était le roi des basilics. Ils s'approchèrent ainsi jusqu'au cercle, qu'ils ne pouvaient dépasser; mats, arrivés là, ils soulevèrent leur souverain sur leurs épaules et le lancèrent par-o'essus la ligne magique, qu'il franchit ainsi sans la toucher. Le magicien n'eut que le temps de faire le signe de la croix et de dire Je suis perdu ; le lendemain, on le retrouva mort au milieu de son cercle infernal, 6ur lequel, depuis, aucune verdure n'a poussé.

Nous quittâmes à J 'instant cet endroit maudit, et nous nous remîmes en route pour Grinderwald. où nous arrivâmes heureusement, sans avoir rencontré ni le roi ni la reine des basilics (l).

Nous ne. nous arrêtâmes à l'auberge que pour commander "le dîner, et nous nous acheminâmes aussitôt vers le glacier, qui n'est qu'à un quart d'heure de marche du village, j'ai déjà tant parlé de glaciers, que je ne m'étendrai pas sur la description de celui-ci. qui n'offre rien de particulier. Je raconterai seulement un accident dont il fui témoin, et qui servira à faire ressortir les mœurs à part de cette race d'hommes courageux et dévoués qui exercent le métier de guides.

On monte sur le glacier de Grinderwald à l'aide de quelques escaliers grossièrement pratiqués clans la glace ; je ne me souciais pas d'abord beaucoup de faire cette ascension ; mais Willer, qui connaissait mon faillie, me dit qu'il avait quelque chose d'intéressant à m'y faire voir ; je le suivis aussitôt.

Après une escalade assez pénible, et qui dura près d'un quart d'heure, nous nous trouvâmes sur la surface du cier. dont la pente plus douce devient dès lors plus faille ; cependant, à chaque pas, il faut tourner des gerçures profondes dont les parois vont, en se for couleur, se réunir à cinquante, soixante et cent pieds i odeur. Willer sautait par-dessus ces crev: par faire commo lui ; après un autre quart d'heure de marche, nous arrivâmes à un trou rond comme l'ouverture d'un puits. Willer y jeta une grosse pierre, qui mil pli urs secondes à trouver le fond, puis il me di1

— C'est en tombant dans ce précipice que s'est tué, en 1821, M. Mouron, pasteur d ■< < .\.aM.

il) Les bergers croirni ei i > au reste, à iten di Brpe

qui viiTiiiPni l:> mit teter leur nos "' s'en proaemr,en

pinçant un coq bl;mc nu milieu de lanipcaftlR

NDHE DUMAS ILLUSTRE

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l écouté la

[•Intel li ur «lu pré-

n sur le bord opp

me : le

tut précipité. Le

, . illage, et ra.onta l'accident

nt lesquels celte noun de toute la contrée, le pasteur y

étalent

m sur la fldélité du guide

■ prirent bientôt

dire que avait

le trou du glacier le but

de lui v .1.1 sa montari

«n atréunit et décida que u péril de , e .pu avati servi de tombeau à leur malin re avail -ur lui sa montre et

,. guide I ut Le sort tomba sur l'un

des h i les plus vigoureux de la con-

trée, nommé 1 '.il i guei

Au rendit sur le glacier lîur

gueuen se tlt attai her une corde autour du corps, une lanterne une sonnette d'une main pour indiquer, en L'agitant, <i l'il fallait le retirer, et son bâton de l'autre, al lu contact tranctianl de çon». | "lu à un crible que g liomne i a peu. Deux fols, sur le

manque d'air, il sonna et fut ramené du trou j me i trois' me, on sentit qu'un

poids , le. et Burgiu-nen

reparut rai

e et sa montre !

La i lerra qui ci uvre le tombeau du pasteur constat) il lut vli tlme, et le dévouement de celui q ■ vie pour i orps à une sépulture chrétienne ;

la rolcl

AIMt «ni K"Y Ml> DP ». F. A L'MLUI IA8 SES TALENTS II s* IUÊTÊ, v • BABDONN1 ihn> il i vni.in DE VAtTD LE .1 OCTOBRE APM1BANT V.NES

m v «IFIQUBG Dl DIBD rFRE I V MiLU DE "i II B,

roi us

• ) ItVVALD.

• mis I.C1

Burf rondeur de

XMII

di

e du Saint-Bernard, dernière limite des neiges éternelles.

in est, slnou la plus haute, du moins l'une des gnes de la chaîne qui sépare les vallées de Tiiiin ken et de Brlentz de celles du Grlnderwald et

• iilauwi Ce n'est que depuis un an ou deux qu'un aubergl ant sur la curiosité des voyageurs, eut l'Idée

plateau qui tranche son sommet, une petite hôtellerie qui n'est habitable que l'été. Aussitôt U

bre arrivé, il abandonne sa spéculation et son doml-

. île. démonte les ies volets, aiïn de n'en avoir pas

d'autres à faire établir l'année suivante, et abandonne sa

a t. .us li tu ciel qui iont rage autour

d'elle jusqu'à ce qu'il n'en reste plus ur. poteau debout.

1 i vallée eut grand soin de nous prévenir d'avance, en confrère charitable, que la vie animale était tnenl alimentée dans les régions supérieures < ù rvenlr, attendu que 1 aubergiste, obligé de tirer tous ses comestibles de Grlnderwald et de Rosenlauwi. i le lundi, les provisions de la semalue : oiesure qui n'avait aucun Inconvénient pour les \ ;ui lui ren-

daient visite le mardi, mais qui, t"Ut le ) route,

devait tenir dans une grande perplexité ceux que. comme le hasard amenait chez lui le dimanche. Il non- Invita, en coi ala dans notre intérêt, nous dit-il, a

revenir coucher chez lui, où nous trouverions, comme nous - pu nous en convaincre, bon lit et bonne table. Nous le remerciantes de l'avis : mais nous lui diiucs que notre Intention bien positive, si nous descendions le même joui de nous rendre droit a Rosenlauwl et de gagner ainsi une journée de marche. Cette déclaration lui lit perdre a l'Instant une grande partie de la sollicitude qu'il venait si tendrement de nous manifester, et qui, au moment de notre départ, parut même avoir fait place à la plus complète indifférence, sentiment dont 11 nous donna enfin une preuve en refusant net de me vendre un poulet froid dont je voulais, à tout hasard, faire mon camarade de route. Nous partîmes donc assez inquiets de notre avenir gastronomique.

oir reposait de ce coté sur le fusil que je portais en bandoulière : mais chacun sait combien, en Suisse. est préi tire pour le voyageur la chance de diner avec sa chasse ; le gibier, naturellement rare, déserte encore II

routes fréquentées, .le m'écartai donc autant lue je le pus du chemin frayé, et je m'en allai, suivi par mon guide al frappant a tous les buissons, dans l'espoir d'en faire partir un gibier quelconque.

De temps en temps celui-ci s'arrêtait et me disait :

— El i us t

T'écoutais Et, en effet, une espèce de sifflement aigu arrivait Jusqu'à mol.

— Qu'est-ce que cela? falsals-Je.

— Des marmottes, répondait mon guide. Voyez-vous, contlniiait-U. les marmottes, c'esi fameux.

— Diable : si Je pouvais i joindre celle qui siffle.

— Oh : v us ne pourrez pas ... Ça =e dépouille comme un lapin, ça se met a la broche, ça s'arrose avec du beurre frais OU de la crème; puis, on sème là-dessus des flm»s herbes, et, quand on a mangé la chair et sucé les os, ou se lèche les doigts

— Dites donc, l'ami, alors Je ne serais pas fâché d'en tuer une. mol

i ' Ou bien, quand on veut la manger froide.

On la met ' nent dans une marmite, avec du sel, du

t de persil ; il y en a qui ajoutent un filet de vin. "n la laisse bouillir deux heures, pui- on (.ut a la bête une sauce ave* le, du \ moutards,

vous en mangez, vous m'en direz de fameuses nouvelles.

' ami, Je tacherai que ce soit ce soir -- . iin cornu maux ;

Il bien que i 'est fameux i tl ou l ouilll via pourq

ipprocher II n'j a que l'hiver; on défonce n trouve des douzaines qui dorment en

• lis pas attendre l'hiver pour goûter de irmotte, j<' nie mis Incontinent en quêle île celle qui slfmals, ' irsque le tus à quatre cents pas d'elle ei.

iblemenl dan ■ ... ne pus l'apercevoir i ne autre me rend; ussltôl le même espoir, qui fut dé 'i de la lu nie ma- I ilnsl de suite, jus [i de cinq ou

1 réi i i k-ulde m ai

chemin, i iu, que

onna

lui envoyât n ilgré la dl*

[U'Il (

aie mis

EN SUISSE

Il n'y a qu'un chasseur qui puisse comprendre par quels che.nins on passe lorsqu'on court après une pièce de gibier qui emporte son coup. Je ne crois pas m être présenté au lecteur comme un montagnard bien intrépide; eh bien, je descendais à grande allure une montagne aussi rapide qu'un toit, embarrassée de buissons que j'enjambais. d« rochers du haut desquels je saulais, emmenant avec moi un régiment de pierres qui avaient toutes les peines du monde à me suivre, et. de plus, ne jetant pas un regard à mes pieds, tant mes yeux étaient fixés sur les courbes que décrivait en voletant la bête inconnue que je poursuivais. Elle tomba enfin de l'autre côté du torrent; emporté par mon élan, je sautai pardessus sans même calculer sa largeur, et je mis la main sur mon rôti. C'était une magnifique gelinotte blanche.

Je la montrai aussitôt à mon guide en poussant un grand cri de triomphe; il était lesté a l'endroit où j'avais tiré, et ce fut alors seulement que je reconnus quel espace j'avais parcouru. Je crois avoir fait un quart de lieue en moins de cinq minutes.

Il s agissait de regagner la route, chose peu facile pour plusieurs raisons : la première était le torrent. Je m'en approchai, et m'aperçus seulement alors qu'il avait quatorze à quinze pieds de large, espace que j'avais franchi il n'y avait qu'un instant sans le regarder, mais qui, maintenant que je l'examinais, me paraissait fort respectable. Je pris deux fois mon élan, deux fois je m'arrêtai au bord; j'entendais rire mon guide. Je me souvins alors de Payot dont j'avais ri en pareille circonstance, et je me décidai à faire comme lui, c'est-à-dire à remonter la cascade jusqu'à ce que je trouvasse un pont, ou que son lit devînt plus étroit. Au bout d'un quart d'heure, je m'aperçus qu'elle prenait une direction opposée à celle qu'il me fallait suivre, et que je m'étais déjà fort écarté de mon chemin.

Je me tournai du côté de mon guide ; une émiuence de terrain me le cachait, je profitai de la circonstance, et, prenant une branche de sapin, je sondai le torrent avec elle ; puis, bien convaincu qu'il n'avait que deux ou trois pieds de profondeur, je descendis bravement dedans, le traversai à gué, et arrivai sur l'autre bord trempé jusqu'à la ceinture. Je n'étais qu'à la moitié de mes peines : il me fallait maintenant gravir la montagne.

Comme je commençais cette opération, mon guide parut au sommet ; je lui criai de m'apporter mon bâton, sans l'aide duquel il était évident que je resterais en route ; il eût peutêtre été plus philanthropique de lui dire de me le jeter ; mais, outre que j'ignorais si aucun obstacle ne devait l'arrêter en chemin, je n'étais pas fâché de me venger de certain éclat de rire qui me bruissait encore aux oreilles, et pour lequel la fraîcheur de IVau qui ruisselait dass mes pantalons, entretenait une bonne et loyale rancune.

Willer n'en vint pas moins à moi avec toute l'obéissance obligeante qui l'ait le fond du caractère de ces braves gens, m'aida de son expérience, me tirant après son bâton, ou me soutenant sous les épaules, si bien qu'au bout de trois quarts d'heure à peu près j'eus refait le chemin que j'avais parcouru en cinq minutes.

Cependant nous avions monté toujours, et nous commencions à rencontrer sur notre chemin de grandes flaques de neige que la chaleur de l'été n'avait pu foudre ; un vent froid passait par bouffées chaque fois qu'une ouverture de la montagne lui offrait une issue ; dans toute autre circonstance, j'y eusse fait attention à peine, mais le bain local que je venais de prendre me le rendait pour le moment fort sensible. Je grelottais donc tant soit peu en arrivant au bord d'un petit lac, situé à sept mille pieds au-dessus du niveau de la mer ; ce qui signifie que, onze cent vingt et un pieds plus haut, c'est-à-dire au sommet du Faulhorn, je grelottais beaucoup. Aussi me précipitai-je dans la petite baraque sans m'occuper le moins du monde du paysage que je venais chercher ; je me sentais des douleurs d'entrailles assez vives, et j'aurais été très peu flatté d'être iris d'une inflammation, même dans la demeure la plus élevée de l'Europe ; en conséquence, je réclamai un grand feu ; l'hôte me demanda combien je voulais de livres de bois.

— Eh! pardieu, mon cher ami. donnez-moi un fagot; il pèsera ce qu'il pèsera. J'ai trop froid pour me chauffer à l'once

L'hôte alla me chercher une espèce de falourde qu'il suspendit à un peson : l'aiguille indiqua dix livres.

— En voilà pour trente francs, me dit-;!.

Cela devait paraître naturellement un peu cher à un homme né au milieu d'une forêt, où le bois se vend douze francs la vole ; aussi fls-je une grimace fort significative.

— Dame, monsieur, me dit l'hôte, qui la comprit, à ce qu'il paraît, c'est qu'on est obligé de l'aller chercher à quatre ou cinq lieues, et cela à dos d'homme : c'est ce qui fait que la vie est un peu chère ici. attendu que, comme on ne peut pas faire la cuisine sans bois...

La tournure de la dernière phrase, et sa terminaison par une réticence, ne m'annonçaient rien de bon pour l'addition

fie la carte; mais, en tout ■ m mon rôti me coûtait

déjà les trente francs de l. iSlai-, brûler pour me

miter, je porlai le fiéfi i m a bôti i nuiiptsr le

.m dîner sur le même pied i n, que ce fut

tout bas que je lui porl . .is fait tout

haut, il me paraissait homme a l'accepter sans la moindre •tion.

Je fis scier en conséquence nia falourde en trois, m'enfermai avec elle dans ma chambre, fourrai pour dix francs de lans mon poêle, et, tirant de mon sac du linge, un pantalc i -le drap et ma redingote de fourrure, .h: commençai une toilette analogue à la localité.

Je l'achevais a peine lorsque Willer frappa .1 ma porte: il m/inviter a me dépêcher, si je voulais jouir fie la vue

de l'horizon - te sa largeur. Le temps menaçait de se

. tt l'orage promettait de nous dérober bientôt l'aspect de 1 immense panorama que nous étions venus

visiter je m empi ai de sorllr.

Nous gravîmes aussitôt une 1 etite éminence d une quinzaine de pieds de hauteur contre laquelle s'adosse l'auberge, et nous nous trouvâmes sur la pointe la plus élevée du Faulhorn.

En nous tournant vers le nord, nous avions en face de nous toute la chaîne des glaciers, que nous voyions depuis Berne, et qui, quoique courant de l'orient à l'occident, à quatre ou cinq lieues de nous, paraissait fermer l'horizon à quelques pas de distance seulemei t. Tous ces colosses, aux épaules et aux cheveux blancs, semblaient la personnification des siècles se tenant par la main en encerclant le monde ; quelques-uns, plus géants encore que les autres, tels que le Wetter-Horn, le Finster-Aarhorn, la ïungfrau et la Blumlisalp, dépassaient de la tête toute cette famille patriarcale de vieillards, et de temps en temps nous donnaient le bruyant spectacle d'une avalanche se détachant de leur front, se déployant sur leurs épaules comme une cascade, et se glissant entre les rochers qui forment leurs armures, comme un serpent immense dont les écailles argentées reluisent au soleil. Chacun de ces pics porte un nom significatif, qu'il doit soit à sa forme, soit à quelque tradition connue des gens du pays, tels que le Schreck-Horn (pic tronqué), ou la Blumlisalp (montagne des Fleurs).

En nous tournant vers le midi, le paysage changeait complètement d'aspect : à trois pas de l'endroit où se posaient nos pieds, la montagne, fendue par quelque cataclysme et coupée à pic, laissait apercevoir, s'étendant à six mille cinq cents pieds au-dessous de nous, toute la vallée d'Interlacken, avec ses villages et ses deux lacs, qui semblaient d'immenses glaces placées là clans leur cadre vert pour que Dieu puisse s'y mirer du ciel. Au delà, et dans le lointain, se détachaient en masses sombres, sur un horizon bleuâtre, le Pilate et le Righi, placés aux deux côtés de Lucerne comme les géants des Mille et une Suit* chargés de garder quelque ville merveilleuse, tandis qu'à leur pied se tordait le lac des Quatre-Cantons, et derrière eux, aussi loin que la vue pouvait s'étendre, resplendissait le lac bleu de Zug, confondu avec le ciel, auquel il semblait toucher.

Willer me frappa sur l'épaule; je tournai la tête, et, suivant des yeux la direction de son floigt, je vis que j'allais assister à l'un des spectacles les plus imposants de la nature après une tempête sur mer, c'est-à-dire une tempête dans la montagne.

Les nuées qui apportaient l'orage avec elles se détachaient, l'une du sommet du Wetter-Horn, l'autre des flancs de la Yungfrau, et s'avançaient silencieuses, noires et menaçantes, comme deux armées ennemies qui marchent l'une contre l'autre et ne veulent commencer le feu qu'à une portée mortelle. Quoiqu'elles voguassent avec une rapidité extrême, on ne sentait aucun souffle d'air ; on eût dit qu'elles étaient poussées l'une vers l'autre par une double puissance al tive ; un silence profond, que le cri d'aucun être ne troublait, s'était étendu sur la nature, et la création tout entière lemblait attendre, muette et immobile, la crise qui la menaçait.

in éclair, suivi d'une détonation épouvantable, reproduite longée par tous les échos des glaciei les nuées venaient de se joindre, et que le Ci mencé; cette commotion électrique sembla rendre la vie â la création; elle se réveilla en sur ml tous les

symptômes de l'effroi. Un souffl "rfl Passa

sur nous, agitant à défaut d'arbres une grande croix do bois mal fixée en terr? ; le Hurlèrent,

1 trois chamois, se levant je ne I parurent tout à

coup, bondissant sur la pente 11 ' 'M" s'a-

vait côte à côte avec la nôtre ; un Je leur ém-

et qui alla labourer la nei pieds dj > ne

parut nullement avoir ' '" • l« h"w ''"

coup ne leur fit pas même tourr 1 Us étaient

tout entiers livrés a la terreur cm 1 ouragan.

Pendant ce temps les nuées se crois tient, passant l'uni dessus de l'autre et se renvoyant éclair pour éclair. De

tous l<

inerr.

centrdes i

..■me des

me nia- . - \ a gués

de couleur, leur teinte

des portions de . enl le les directio!

: s la terre ;

si raient comme si Ion avait

us sentîmes quelques gouttes

nous fùii. )>es de

ou i vint réfléchir un

ma i aralune. que je I

ii milieu de entendre, et nous dix muni l'ouragan ébranla l:i

ment

Bnfln la i Ut, le jour

: 'ir. Le ciel était pur,

îur la téie.

Il du tonnerre remon-

.lessous de nous,

vagues dans la

puis lie cet océan

et les va: ■ nt. comme

uses de l'EUrer, du Monde

:rau. Tout à COUD m

peur.

balle, tout entier

la vallée :

OUffranl des douleurs tais sur Le sommeil pour

■ tue je sentais violen.

u plutôt sans mes luîtes

mença

terreurs

m liruy u

uer. en

priétaire que ce poêle serait habituellement ne lui avait par cousfr .- équences, attendu

pas de (eu sans fumée, il est inconuqu'H ? Bien moins de lumée sans feu.

oit lut un trait de lumière; un autre m ans rail une Inspiration du génie, .le sautai à bas nappant dans mes deux mains comme un chef Uni appelle son cheval, et, coûtant à la cuisine, j'y it le foin que j'y pus trouver, le rapportai dans icadai en dedans les fenêtres et les portes, et commençai immédiatement mes préparants de vengea: tient, le lecteur t'a déjà deviné sans

doute, à nui ni la matière combustible, afin

qu'elle donnât pour résultat la fumée la plus épaisse qu'il était possible d'en, tirer ; ruis. cette précaution préalablement prise, d'en bourrer atrocement le poêle; enfin, mon artillerie ainsi prépan e, d approcher le feu des combusti- 11e- t'est ce que je fis; après quoi, je revins tranquillement attendre dans mon lit le résultat d'une opération si habilement préparée, et pour la réussite de laquelle l'obscurité qu ; ait mes ennemis me donnait de> garanties presque certaines.

En effet, quelques miuun rent sans amener au-

cun changement dans la manière de faire de mes guides ; puis t l'un d'eux toussa, un autre éternna, et

un troisième, après une seconde coi ! aspiration

nasale, déclara que cela sentait la fumée Chacun se leva de table sur ces mots.

C était le moment de redoubler mon feu. et de profiter du ut mis dans l'armée ennemie pour l'empêcher de se rallier ; je me précipitai donc vers le poêle, je charge; puis, refermant la porte les bras croisés comme un artilleur prés de sa : le résultat de cette seconde manœuvre.

11 tut aussi complet que .

plus une toux, ce n'étaient plus des éternùments : c'étaient des cris de rage, des hurlements de di l le* avais

enfumés comme des renards.

minutes après, un parlementaire frappait à ma reiu. m tour de faire mes conditions:

de la victoire en véritable héros; cornu re, Je par-

la famille de Dai paix fut jurée entre

■ n qu'elle d tas d» bruit

et que je ne ferais plus de feu.

traité furent religieusement exécutedeux cotes, et je commençais non pas à m endormir, mais ù espérer que je m'endorm

guides poussèrent un cri plaintif et prolongé qui Unit pas -..-!•.. mus

rus que les quadrupèdes étaient d'accord avec leurs lamnei e chéri liai dans mon n. il une arme qui tînt le milieu entre une boussLne et i un chambre dans i

- m al le p'»l de s [que ra.-e qu'ils appartinssent.

ï dehors que w iller. que je ne bominablement noire, surtout pour : i nue chambre ' par

.- trder I- ils écou-

lant . as, s ne j'allais

:i i ri inixliiie d'une certaine manière monta des

I vallée, mal- si lointain et si affaii qu il vint mourir a lend:

; eût été In

: un cri d « le* guides

dans

la moi

■ irangues eurent jamni< un effet ■

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■ . nuit, d'une œlque-

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dans des eux. Je

autres,

niais plus

EN SUISSE

puuie. u, île m'asseoir sur une pointe île rocher, d'où mon regard, plongeant dans la vaUé . pouvait suivre, dans les différentes directions qu'elles prenaient, toutes ces lumières bondissant comme des feux Eollets lur un étang-.

Pendant une demi-heure, elles nt elles

prirent des directions diffi Colles: disparaissant

dans des ravins, reparaiss; iutes leurs

évolutions pagnées en outre de cris d'hommes, d'aboiements de chiens, de coupa de pistolet, qui donnaient â ce spectacle une appareil'' Étrange et désordonnée. Enfin elles se dirigèrent vers un centre commun, se réunirent dans un espace circonscrit dont elles ne s'écartèrent plus ; puis, se mettant en route avec un certain ordre, elles s'acheminèrent vers mon rocher, accompagnant sur deux rangs les voyageurs retrouve-;, dans le même ordre que le tait une patrouille qui conduit des vagabonds au corps de garde.

Au tur et a mesure que ce cortège s'avançait, je distinguais, à la lueur saccadée que les torches reflétaient sur lui, une troupe nombreuse d'hommes, de femmes, d'enfants, de mulets, de chevaux et de chiens ; tout cela parlant, hennissant, hurlant dans une langue différente: c'était l'arche de Xoé lâchée dans la tour de Babel.

Je me joignis à la caravane au moment où elle passa devant moi, et j'arrivai avec elle à l'auberge. Lorsqu'on eut trié cette macédoine, on y reconnut : dix Américains, un Allemand et un Anglais le tout dans le plus mauvais état possible, les Américains ayant été retrouvés dans le lac. l'Allemand sur la neige, et 1 Anglais suspendu a une branche d'arbre, au-dessus d'un précipice de trois mille pieds.

Le reste de la nuit s'écoula dans la tranquillité la plus parfaite.

ROSENLAUWI

Le lenlemain, à huit heures du matin, tout le monde était sur pied, infanterie et cavalerie rangées en bataillé sur le plateau du Faulhorn ; la cavalerie se composait d une Game française, de l'Américain, sa femme et ses sept enfants, le tils aîné de cette jeune famille marchant à pied avec l'Anglais, les six guides et moi Quant a l'Allemand, 11 était totalement perclus, et, quoiqu'il eût passé la nuit sur les dalles de la cuisine, qu'on avait fait chauffer comme uu four, il ne pouvait faire un seul mouvement sans l'accompagner de cris surhumains ; nous le laissâmes donc au Faulhorn, où. si la Providence n'a pas jugé à propos de faire un miracle spécial en sa faveur, il doit être encore, vu la température peu favorable à la guérison des pleurésies.

Aussitôt les préparatifs indispensables accomplis, tels que les mulets ressanglés et les gourdes remplies, la petite armée se mit en marche avec toute la gaieté qui suit, par réaction, toute situation précaire dont on s'est bien tiré

Notre intention était de visiter en passant le glacier de Rosenlauwi et de nous en aller de là coucher a Meyringen : c'était une assez forte journée, mais nos dames étaient bien montées, et nous avions, mes deux camarades et moi, des jambes avec lesquelles nous pouvions défier à la course les plus rudes montagnards de l'Oberland

Je dis mes deux camarades, car nous n'avions pas fait cinq cents pas que nous étions les meilleurs amis du monde : rien ne lie aussi vite que le collège, la chasse ou les voyages; j'avais vu d ailleurs l'Américain à Paris, chez madame la princesse de Salm : quant â l'Anglais, contre la nature de ses compatriotes, il était d'un caractère très gai et d'une constitution très remuante, ce qui tranchait singulièrement avec son visage grave, qui restait impassible au milieu de toutes les gambades qu il faisait i chaque instant : c'est un contraste dont Deburau seul, avec sa figure froide et ses gestes animés, offre le pendant dans mes souvenirs. On devine donc qu'avec nos disposition I i gaieté 11 nous mit très vite à l'aise, sinon avec sa physionomie, du moins avec ses manières.

Je n'ai rien vu, au reste, de plus agile, de plus imprudent, et de plus adroit dans ces imprudences, que ce corps de. Cantooclni et cette tète de clown; le tout faisait l'admiration de nos guides, qui le regardaient faire avec un air de doute-et d etonnement qui voulait visiblement dire: « Va toujours, va, et un beau matin tu te casseras le cou ». Quant a lui. il ne faisait aucun compte de cet avis, et continuait tranquillement a enjamber les précipices, i passer à clochepied ur les arbres qui servent de puni aux torrents, et à

faire un gros bouquet de flevu ip as facile .

lit pu rester pendant l éternité i e où elle était

sans me donner, si belle qu'elle fût, l'envie de l\ aile

lier.

I I mérité était d'autant ,|U(, u,,us

sur du schiste argileux m v i , ,,, .

deux ans seulement de Faul dauwi, et

plus dangereux encore par la i veille

utle de la nuit. A tout moment le i ti i des lu i

mulets glissait sur un tond ardol i u chaque leva* un peu de la terre vi . mit;

■ mes poussaient incessamment des cri - par l'aspect du sentier où les conduisaient leurs i u moment nous nous trouvâmes, bêtes et gens, nit un précipice de quinze cents pieds de proton ne espèce de gouttière si étroite, que les guides, ululer, ne pouvaient tenir la bride des cl i i e défilé, le mulet de la fille aînée de l'Américaine butta, et la jeune personne, enlevée de sa selle par I i trouva sur le cou de sa monture, oscillant

balancier d'une pendule, et ne sachant, pendant une seconde, si elle tomberait soit, à gauche oit à droite, c'est-a-dire sur le talus ou dans le pr cipice. Heureuse-

ineui. 1 un des guides la pou i elle tomba

avec un cri affreux du côté où elle ■■ courait d'autre danger que de se faire une contusion ou une égratignure.

Cet accident mit la confusion dai carai i te Les

dames, de peur de tomber, sautèrent, et en sautant tombèrent; des cris plus aigus les un partaient de tous côtés; tout le monde, se croyant en danger de mort, appelait du secours qu'on ne pouvait porter a personne, et dont, à tout prendre, personne n'avait besoin. Les chiens hurlaient, les guides juraient, les mulets profitaient de cet instant de répit pour brouter l'herbe qui pq au bord du précipice ; et l'Anglais, perché a vingt-cinq pieds au-dessus de nos têtes, dans une position à dôme vertiges à un chamois, sifflait tranquillement le God sure

llir l.illfj.

Au bout d'un instant cependant, le calme se rétablit : on tira nos dames d'entre les jambes de leurs quadrupèdes; elles traversèrent une à une, et. conduites par les guides, le reste du mauvais chemin, et, dix minutes après, toute la caravane se retrouvait saine et sauve suc une pelouse unie comme celle du tapis vert du jardin de Versailles.

Nous profitâmes de la circonstance pour déjeuner, et nos daines, tout à fait remises de leur frayeur, qui, pour toutes, une exceptée, n'avait été qu'une panique, nous tinrent, courageusement compagnie. Puis, non, nous remîmes en route.

Bientôt nous entrâmes dans l'Oberhasli, et nous traversâmes la place des Lutteurs. La veille même, des exercices avaient eu lieu entre les montagnards, et nous regrettâmes beaucoup que le hasard ne nous eût pas conduits là au moment du spectacle.

Nous étions descendus dans une atmosphère plus tempérée, et de place en place nous commencions à voir naître les sapins, qui s'arrêtent a une région con\ eu. comme si la baguette d'un enchanteur avai trac un magique qu'ils ne peuvent franchir. Ces troncs isolés offrirent une variété à nos exercices: ils devinrent le but de i i : lions de montagne, qui, lancés comme de allaient, a la distance de trente a quarante pas, s'y cer de toute la longueur de leur fer. L'Américain surtout excellait dans cel exercice, auquel l'Anglais était le moins habile de nous trois. Cette supériorité amena entre eux une discussion assez vive, au milieu de laquelle je les la pour suivre, non pas avec mon bâton, mai tc\ C mon fusil,

un coq de bruyère qu; se leva trop loin de uni i

je pusse le tirer, et que j'espérai- i Ma pointe fut inutile, et dix minutes après le de l'autre Côté du petit bois où j'avais laissé mes compagnon- de voyage

Je les aperçus de loin arrêtés au bord i o Je m'approchai d'eux sans pouvoir bien exercice se livrait l'Anglais, tant cet exen sait bizarre; il consistait à prendre de et â faire sortir cette eau par le milieu de sa Jo d'abord que cette éjaculation se fat I ■"''. el

j'admirais ce nouveau genre de jonglerie loi

,,.i quelques pas encore, je m'ai !

tant, une teinte rouge qu'elle devait a son mélange

tait arrivé: l'Anglais, turt ' ;

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la joue et cassé une dent.

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