‹ Œuvres complètes illustréesChapitre 12 sur 283 · fut baptl ut un nom Cette a'pi · texte numérisé non relu

fut baptl ut un nom Cette a'pi

tlon axait un but malheur,

malheurs étalent i ar le Rhône es. Furieux I t

lorsqu'il d'Indiquer

.■ vers quel pftlnt 11 fallait ..ntre

.•au qui était en per II-

tlon (I).

. nuit i liant d'une montait, ne de ! I -pi u La seule

le est i<'> purs dont l'a i Rhône e qu'une pierre met

.ip-e et un seau une heure a monter Nous nous i la prem

retrai 8 mi -

1 La veille

nous •■

de plus en plue lieux

nie de rulni - Sous nous arrêii rappelait un souvenir dans las guerres di le Midi, i

Mlle d< prirent le

.•t comme ant la

lit, quoique- uns des vainqueurs, plus fervents que les antre- tendirent 'e dei maison ■■•.

..prit le fait, et, m. uns encre poUI la mort de ses coreligionnaire^ que pour i

. de "-I-I i -in - noms, qu'on rôti a

I |M.lll .I..II-

ctiricui r.i.nt : l.i-

( icoUft,

LE MIDI DE LA FRANCE

quérir une fc-rteresse qui commandait la route de Marseille, il envoya Dupuy de Montbrnn reprendre Montas

On connaît ce partisan gigantesque, qui, converti par Théodore de Bèze, de catholique zélé qu'il était, voulant tuer sa sœur qui avait abjuré, devint huguenot si ardent, qu'il succéda au baron des Adrets dans le commandement de l'armée protestante, lorsque celui-ci se fit catholique a son tour. Montbrun, après trois jours d'un siège terrible, reprit le ohâteau, et la garnison catholique se retrouva à la merci du vainqueur.

Le lendemain, des Adrets arriva.

On sait qu'il avait des principes ton sur la ma-

nière de traiter les vaincus. S'il prenait un château, il iaisait sauter les assiégés du haut en bas des muraille* : s'il remportait une victoire en rase campagne, il taisait pendre les prisonniers aux arbres les pins proches du champ de bataille. Ici, les conditions étaient magnifiques ; outre des murailles de trente pieds, , il y avait encore un rocher â pic de deux cents : il ne lut donc pas un instant embarrassé dans le choLx de l'exécution 11 rassembla la ir la plate-forme et força les malheureux assiégés de se précipiter, depuis le premier jusqu'au dernier. Tous - sur - nui forment la base de la

montagne : un seul eut l'adresse de se retenir à un figuier qui poussait dans une gerçure de la pierre. Des Adrets lui fit descendre une corde et lui donna la vie ; puis, ne pouvant garder le château et ne voulant point le laisser aux protestants, il en fit sauter plusieurs parties à l'aide de la mine.

Nous entrâmes à Mornas, cherchant par quel chemin nous pour-ions arriver jusqu'aux restes de ce nid d'aigle que nous avions découvert au haut de son rocher. Des habitants nous indiquèrent le sentie* qui partait de la ville. et nous nous mîmes à gravir un des gancs de la montagne sur laquelle le château est situé. Au tiers de la montée, à peu près, et à quelques pas de l'église, nous commençâmes à mari lier *ur les débris qui ont roulé toute le long de la pente et qui couvrent près d'un quart de lieue de terrain. Au milieu de ce chaos, les habitants ont déblayé de petits carrés, qu'ils ont plantés de vignes, et dont les pierres qui les couvraient forment naturellement les enclos. Enfin, après une demi-heure de fatigue épouvantable, causé* par ce sol roulant, nous arrivâmes à la première cour, encore percée de meurtrières. Notre entrée dans ces ruines, qu'on visite rarement, fit une révolution parmi les habitants ailés qui s'en sont emparés : des éperviers et des tiercelets S'envolèrent de tous côtés avec des cris aigus. Je tirai l'un d'eux, que je manquai ; mais, à mon coup de fusil, un pauvre chat-huant qui dormait honnêtement sous les voûtes s'éveilla, et, tout ébloui par le jour, vint lentement et silencieusement heurter un pan de mur, et tomba près de nous, l'enreusement pour lui. Miiond était occupé d'un autre , Ole ; cette distraction sauva la- vie de l'oiseau nocturne.

Il était impossible de rêver une vue plus historique et. plus vaste que celle qu'on découvrait à travers les déchirures de ces ruines: à l'orient, les cimes des Alpes ma ritimes : au nord, Valence, que nous avions quittée il y avaH deux jours ; au midi, Avignon, où nous comptions arriver le surlendemain ; à l'occident, les plaines du Languedoc jusqu'au mont Lozère Comprenez-vous une circonférence enfermant le camp où BeUovèse rassembla ses troupes pour envahir l'Italie, le champ de bataille où le consul Cœpion. tout chargé de l'or de Toulouse, et son collègue Cn. Manlius. laissèrent étendus, sous le sabre et la hache des Ambions et des liimris, quatre-vingt mille soldats romains et quarante mille esclaves et valets; Boquemaure, où Annibal traversa le Rhône pour aller gagner le- batailles de Trébie, de Trasimène et de Cannes; enfin. Orange, nu Domitius Ahénobacbus entra en triomphateur, monté sur l'un de ces 'éléphants auxquels il devait la victoire? Puis, après avoir laissé errer nos yeux sur cet horizon aux gigantesques souvenirs, n'était-il pas curieux de pouvoir les arrêter sur les restes d'une autre civilisation et d'une autre époque, assister à la lutte lente et continue des ans avec ces ruines désertes et inhabitées, et parfois, au milieu du silence de mort qui les entoure, entendre tomber une pierre, écho sourd et solennel qui proclame la victoire du temps j

Ce-: - que l'on commence a bien sentir, au lan

gage des habitants, le progrès qu'on fait vers le Midi. Dès ace, un léger accent colore déjà la langue; à Montélimar. il l'altère; à la Palud, il la change eu un patois Inintelligible. En redescendant au village, nous trouvâmes 1 l'auberge un Anglais qui parlai* et qui

avait été obligé, pour se (aire servir deux œufs Ira s'accroupir dans un cois et de chanter comme une poule qui pond.

Comme nous ne comptions pas assez sur notre mimique pour entreprendre de nous faire servir un repas tel que

notre estomac le réclamait . nous préférâmes prendre patience et remettre notre dîner n . rivée à Orange.

Quelque diligence que nous n-siciis, nuus n'y pûmes ver que de nuit, et cela à : egretj car uous

it a Orange gui > couverions,

bout encore, les premiers grands débris de la civilisation i us les caules : un arc de triomphe parfaitei | s ,-.. m, thé I I te assez de fragments

le restaure eu imagination, enfin des ruines de cirque et d'amphithéâtre qui constatent qu'Orange i lil le premier ordre. Cet amour pour l'archéologie nous entraîna dans une grande imprudence, ce fut de gex a l'hôtel le plus près de 1 arc de triomphe, afin main, le lendemain aussitôt notre réveil. Nous point de lettres iiour cette ville, nous n'y

connaissions personne; de sorte que nous demandâmes tout bonnement i m-tre hôte s'il n'y avait pas dans la cité quel lue antiquaire hospitalier qui voulût bien être assez aimable pour nous faire, le lendemain, los honneurs de la ville. Il nous indiqua M. Xogent. Comme il était encore l'heure de s ir, même en province, nous

une toilette de voyageurs, et, guidés par le garçon d'écurie qui se chargea d'être notre introducteur, nous nous

ce près de notre archéologue.

Bien uous prit de cette confiance fraternelle, il. Nogent nous reçut acec plus d'oblùreance que nous n'aurions i'iici. l'espérer, et. dès le n il nous mit à

B de son cabinet, plein de s, de fragments

antiques et d'urnes funéraires i les tom-

beaux des' anciens Romains et contenant encore les cendres

aient destinées à recueillir server. Nous

ues ainsi chez lui jusqu'à dix heures du soir, et. en le quittant, j'emportai de la besogne pour une partie de la nuit.

Nous avons vu comment les Romains furent appelés dans les Gaules : tout le monde sait comment César acheva leur conquête et commença leur colonisation. Tibère Népère de l'empereur Tibère, fut chargé par lui de conduire et d'installer des légions dans les villes principales. Ce fut ainsi qu'il peupla militairement Arles et Xarhonne, probablement Orange, s'il faut en croire une médaille i itée par Goltzius et adoptée par le père Hardouin, qui indique que Nero conduisit à Orange la trente-troisième cohorte de la deuxième légion Or. si ce Nero eût été le imperator, non seulement son nom, mais encore son effigie se fût retrouvée sur la médaille ; au contraire, le nom étant seul, il indique sans doute purement et simplement le. Nero <itiœstor. Ce serait donc quarante-cinq ans, à peu près, avant Jésus-Christ que la vieille ville gau- -e latinisant, changea son nom celtique d'Aramon e le nom romain d 'Arausio.

Les nouveaux colons ne. tardèrent pas à reconnaître que la position de la ville, placée à l'extrémité de la frontière des Voconces. — dont la fidélité, s'il faut en croire Cicéron dans son plaidoyer pou* Fonteius, était mal assurée, — et la force de son assiette sur une montagne dominant le lUmne en faisaient un point de défense militaire et de colonisation civile extrêmement pnécienx. Ce fut alors que. pour se faire pardonner leur domination, les vainqueurs élevèrent à Orange, selon la politique adoptée par la conquête, ces cirques, ces théâtres, ces arènes et ces aqueducs qui forçaient les nouveaux citoyens de Rome à l'admiration et â la reconnaissance pour leur mère adopthe. Quant i r t'e de triomphe, selon loutes les probabilités, trouva déjà bâti depuis près d'un siècle, en sup- !, adopte celui des trois systèmes qui paraît outil le plus accrédité et qui fait remonter l'érection de ce monument à Domitius AW-nobarbus. Les deux a i l'un A Marins, l'autre à César Un om

pue que nous avons sous les yeux, et qui de >l de Gasparin, ex-ministre de l'intérieur, nous permet miner ici ces (rois systèmes et de les repr 1 ' tisons qui militent pour eu contre chacun d';ux. Les soutiens de l'opinion qui veut que l'are de triommonte à Domitius sont - PoDtaous, SOD de m (,<uiic Karbonmaise, patres 5 et ',:. ; Mandajors, dans son n i ?6; Spon. dans "" '-'"

Oalmatie, tome premier, page 9; Guib ans le Journal

.,(,ur du mois de décembre 1729; enfin M. I.apaillone de Serignan, dans un mémoire qu'il présenta au comte de Provence lors du voyage ;" ce prince dans le

Cependant, malgré les preuves accumulées par ces

iioirnes. les partisans de Marins et d'Ajagus

nuaienl de faire , qt I laissalfew ! i science

lorsque M a i'i-ban, en visitent les

ie triomphe de Cava lion et de I , | ,,, . ,,. ., , ,1 ,1 nn travail con!

i ■,,.,. n. eue qui condi ace à Marseille, et en augura que tous trois avaient

mime triomphe lire Je

iix de la i : oire que lus Ut lu s avait, entre la i.

voulut, ne pouvanl ■ me, at-

tendu . victoire d

: lolBt . H e il ~e

. aleui . hant, suivi

ii aimée et traînant ... allées de sa

re. De leuj . «. du peuple 10-

maln, coût dont Us '■"

onnalenl i Bissante, avait

r leurs j i > t • qu ils purent par

ur donner

trionii i i"irape possible. Ils

surpris des merveille-

nu il • Domitieune. Or u

I ,r. trois in rai ' di Ca - ennemi ■ lue In bataille gagnée par les deux

le fui par le si irs des éjéphat

.. un de • • - mima nx repri «

cebj on repond que le premiea

i- seul, le fui - i de ces

- e ne fui que i rante que Fabius

■ da i- i ■- Gauli - avei les di ux li renfort

dulsall : en i ette seconde bataille,

toul Fabius qui avait agi, et que, par

qui avait sa i lui avait

-••n collègue maître de la sienne, qu'il n'attribuait au

reste, dans nom lui, qu'an concours de ses élé-

Comme on se est. trlomph; Quant aux partisans de Marins la seule raison qu'ils n t.iv. m de leur sj stème, qui, au 1 1 plus i sur un des

du Iropl i aale : mais

mve au nu1 ipi ou huit aut)

son seul a pins lisible el

conservé SI l'art di été élevé a U Lus, son

nom eut probal seul qui l'eut décoré : en

suite, ce nom eût . plus

On dans m, | miii ;

parmi les di mtés d'un quadrupède

qu'affirme

l'line. Hv. 10, chap - Cimbro Teutons

'tant ;i- la quati

iser Mue Marius. fini, selon n ' n' ii il. un du peuple cent vin I i t Urist, combattait n, iparavanl

•■ tribun de- soldats i te ce fui

t dans , ette carn] qui lui i

suivante. Alors, s..n nom, • ■ i

•' pas besoin di te Ins

plus sérieuse. D'ailleurs, par quel singulier

n de triomphe a vlngi lieues du . bamp

avait ri mporté la vl

ii si l'on VI ,1,1er que ce fut

' l'""1 de Marius élevèrent

une pj nu il ex) ,,,. ];l.

,|l"'n" '' falnqui , .,,,. ,,„ i„„„.]|er

date I Itude d'un général Imj

système, - outenu par net

!" ■' ! Fleuri

1 attrll i art vainqueur des

afflt de leter n Ll -ur la

■■" i ■■ portt m le costume de barbares. Or. les étalenl

inUms, qui oni s, ,„.,, d'importance

réelle titrei- lendemain, à pein. le

ladln el

sur plus matineux

,.i de sol f*,*"11" les unes après les autres ave, uni

iSf?*"?1 «ait évident qu'il attachall un irranrt

,n,"ei lu problème de pierre qu 11 avait de

■ nous aval

- reconnu pour être antiquaire de sorte qu'A la mt fota a„,

croisâmes '||J "> de nous m un temps d'arrêt et nous

nous trouvâmes, le chapeau a la main, eu face l'un de l'autre. Quant à Jadin, il était déjà établi au meilleur

de vue. et croquait son mon un - inquiéter

de quelle ipoque il datait.

lie pensez-vous de cet arc de triomphe? me dit le vieillard.

— Mais, répondis je, je pense que c'est un fort beau monument.

• ■m -ans doute, et ce n'est point cela précisément que je vous demande Je vous demande u qui i i, époque m.us croyez qu'il remonte?

— Ceci est autre chose; je suis encore trop ignorant sur

matli n pour m

lois l'antiquité, et, du premier coup, il me que je me casse le nez contre un cb

— Oui, certes: vous n'en verri plus beau ui

i vé en Italie; mais, en Italie, au moins on sait leur date des insi ript ions li des traditions les ont transmises; mais, ici, il i

ptlon de bronze ai ée au temps ou Rav-

ie Baux avait tau du monument une foi tradition populaln qui l'attribue à Marius esl

irte qu'il faut rester dans l'ignorance ou dans l'irrélon.

— Ce qui est une terrible alternative pour un savant, n'est-ce pas ne fais aucun doute, monsieur, que vous ne vous occupiez de- archéologi

— Oh! mon Dieu, oui, monsieur; il y a quarante ans que je vis au milieu des pierres, essayant de dont chacune une date, et reconstruisant connu ( ivler, tout

p un fragment. Eh bien, il n'y a que ce l Je ne ien dire de positif, et

presque intact Mais je n'en au

rai pas le démenti. J'ai loué la petite maison que

el II s a déjà deux ans que j'y demeure; ni.iiivi.ii dix ans s'il le faut, mais j ami que je le fon civil bien a me di Mais, enfin, monsieur, a défaut de conviction, vous

i avoir quelque probablli!

mu rois, n i u a

i r la rohoi i natrlème sj stème.

— Pourquoi pas?

es parfaitement libre; i! y a R par Annlbal ..

-m mu i appuyez-VOUS \otre opinion?

n dit mon archéologue en me condn i face orientale, voici d'abord un i de i :. ,,, sait qu'Octave affectionnait par

ticullérement cette louange, qui le comparait au dieu du jour.

\ cela, je pourrais vous répondr bien plus

de penser qu'on a simplement sculpté la face du

devant lequel il se levait, afin qu ps regards du dl< titrassent son image

u importe passons • mit i

1 tenti i.inale. et des attributs de Matins qui al que les fondateurs de l'arc ont voulu rendre h. unvu lolre .r \. mini

— Oui. sans doute les voilà Mais don vient l'absence

■les. qui alors devaient non seulement se trouver pour enseignes dans l'armée d'Octave, nuis encore dans celle d'Antoine?

— Justement s'écria mon archéologue;

il aurait fallu mettre les temps que les aigles victorieuses, le sculi

te position embai ■ n ne mettant i

ni les .m

Ulons in, .u- très bien; .'est un peu spiritual, un

peu vainli \ ille ; mais i ,

— Ah i:ii bien i iou- "urs de t. .i représente nue batall'.i Puis passons

de l'autre coté le styiobate de la face méridionale en représente, une autre.

Sans ...ntredlt

n. ce sont les- deux grandi gUe rem-

et en 111 1 Instant un instant : mats, autant que je puis me le rai I us dit quelque pan que . com-

- et qu'il fut I

.bat. Or. le fait était ;i«.7 honorable pou) <■ ■ ' ill i- . 1 1 ici- pour que la natter l'oubliai pas sur un monument dcstlni a | , «ou

n r.irne ; «t voyea des 'v lobâtes, il y a de la cavalerie dans les deux ar niées

Oui, mil. mé dit l'archéologue d sais bleu

- ne le s-.- ron9

i seule chose qui ,,10 ,., ,nll ,.cm.

pèche de . triompher des autres

LE MIDI DE LA FRANCE

-Dites-moi un peu, continuai-je. n'avez-vous «pas vu le) Mérimée, l'inspecteur des monuments Je France?

— Oui. il y est venu

— Eh bien nue pense-t-il ? C'est un homme excellent a consulte.- en'pareiUe matière. 11 a Je l'esprit, de l'imagi-

i et de la science; c'est une triple clei avec laquelle on ou\re toutes les portes.

n le croit du II» siècle et élevé en mémoire des conquêtes de Marc-Aurèle sur- les Germains.

— cinquième système, alors.

Oui ■ mais celui-là ne peut pas être soutenu

— Et pourquoi? Les batailles s'appliquent mieux a Marc- \urele qu'à Octave, puisque aucune histoire ne dit que Marc-Aurôle combattit à pied. Les trophées maritimes deviendront des trophées tlu.viatiles et rappelleront, tecombats sur le Danube; enfin, les barbares enchaînes seront des Germains .ai lieu d'être des Gaulois, voila tout.

— Ainsi vous vous ralliez à ce système-là'

-Dieu m'en garde! je les adopte et les vénère tous les cinq- je les reproduirai fidèlement, et je laisserai a plus habile que mol la responsabilité de prononcer entre eux

A ces mots, je saluai mon archéologue, et, comme Jadiu avait fini son des in, nous nous acheminâmes vers le théâtre

Au reste, de quelque époque que date l'arc de triomphe, il n'en est pas moins d'une admirable conservation, et eue conservation, il la doit à une singulière circonstance dont nous avons déjà dit un mot dans notre discussion archéologique. Au xiii- siècle, un prince d'Orange, nommé Raymond de Baux, dont le château, bâti sur la montagne, dominait la ville, fit de l'arc de triomphe une forteresse avancée l'entoura de murailles, et pratiqua son logement dans l'intérieur même de l'édifice. Cette installation étrange ne se fit pas il faut bien l'avouer, avec la religion d'un antiquaire. Le noble seigneur fit gratter toutes les sculpture- de la porte orientale, qu'il avait convertie en salon, et dans l'intérieur et autour du bâtiment, on voit encore la' trace des planchers et des escaliers qu'il avait fait éta- -,u reste. Lapise, dans son Histoire des princes et de l„ principautt d'Orange a fait graver l'arc de triomphe surmonté d'une énorme tour de pierre et entouré des murailles en ruine de la forteresse féodale, qui, quoique plus e de douze cents ans, s'était couchée, brisée de lassitude et de vieillesse, autour du monument antique, toujours fort et debout.

En rentrant, dans la ville, nous rencontrâmes M. Nogent, qui ayant appris à notre hôtel que nous nous étions levés avec le soleil, s'était mis en quête de nous. Il venait, avec celte obligeance dont nous sommes si loin, nous autres Parisiens à la vie décousue et agitée, mettre toute sa journée à notre disposition. On devine que nous eûmes l'indiscrétion d'accepter ; cependant, avant de faire un pas de pins vers la ville, je lui demandai quel était l'antiquaire avec lequel je venais de dialoguer ; il me répondit que c'était M. Artaud. Au nom de ce savant archéologue, je me souvins avec remords d'avoir été envers lui un peu léger de paroles. Je retournai immédiatement lui faire mes excuses, et lui dire que décidément je me rangeais au système d'Auguste.

M. Nogent nous conduisit d'abord au théâtre, et. en débouchant d'une rue étroite et tortueuse, nous nous trouvâmes tout à coup en présence de ce monument. Il est difficile de ne pas s'arrêter étonné devant un pareil spectacle. La façade, encore debout et parfaitement conservée, a cent sept pieds de haut sur trois cent seize de long. L'ornementation en est simple ; elle se borne, au rez-de-chaussée, à une grande porte carrée, soutenue par des colonnes corinthiennes, avec neuf arceaux cintrés de chaque côté, sépares entre eux par des pilastres doriques.

La seconde ligne se compose de vingt et un arceaux postiches, au milieu de chacun desquels bâille une ouverture circulaire, destinée à donner du jour au corridor intérieur.

Entre cette première 'et. cette seconde ligne s'étend une rainure destinée à soutenir un avant-toit, pareil à celui que quelques-uns de nos théâtres, l'Opéra, par exemple. ont fait bâtir pour la commodité des spectateurs qui désirent, dans les mauvais temps, descendre de voiture sans être mouillés par la pluie. On a beaucoup disputé archêologtquement sur ce portique, soutenu de chaque côté par des murs en retour: on y a vu l'emplacement d'un forum, ,i i on a été chercher dans Strabon la preuve que le théâtre de Nyse avait deux faces, dont l'une servait aux jeux et. l'autre à l'assemblée du sénat Xnus ne démentons pas cette assertion : cependant, nous mettons la nôtre en concurrence. Elle aura au moins pour elle le mérite de la simplicité Nous entrâmes dans l'intérieur du théâtre Quel peuple était-ce donc que ce peuple romain, qui domptait la nature comme une nation, non seulement pour ses besoins, mais encore pour ses plaisirs? Une mon-

tagne était la où il lui étal dans l'idée que devait

être un théâtre: il bâtit sa façade 11 pied de la montagne ;

,, ëi hancrant sa puissante poitrine, il tailla dans ses

naucs des gradins pour dl mille spectateurs J'ai vu depuis, les théâtres d'Italie et de la Grande ceux de Vérone, de i i >rm1 ' Syracuse et de

aucun n'est conserve comm itri d'Orange,

eption cependant de ceux de Pon préserves par

leur propre désastre, et dont il sembl pectateurs

viennent de soitir.

M. Nogent fut notre cicérone pour cette - li 'te et

rterre vide; puis, lorsque nous les Û dans

tous leurs détails, nous escaladâmes les gradin ce marche nous conduisit â la cime de la

où l'on dislingue encore les fondements ruln bateau

de ces princes qui ont donné des rois a l'Angleterre et à la Hollande.

C'est de là qu on découvre toute la ville, au milieu de laquelle on voit surgir, comme les ossements d'un immense squelette mal enterré, non seulement les restes antiques que nous avons signalés, mais encore les ruines d'un cirque et d'un amphithéâtre. Quant aux époques féodales, la seule trace qu'elles' aient in est une guérite de pierre

bâtie sur le point le plus élevé de la façade du théâtre ; la tradition populaire la fait remonter a la conquête sarrasine Quant aux modernes, ils ont aussi leur monument, c'est une chapelle expiatoire bâ'ie sur la place même où 93 avait élevé son échafaud

C'était un vaste regard dans le passé que celui qui commençait à Tiberius Nero, passait par Abd-c-r-Rtiaman, Karl Martel, et s arrêtait à Robespiern

Le lendemain, après déjeuner, non- prîmes congé de M Nogent qui nous conduisit jusqu'aux portes de la ville, et nous quittâmes Orange, tout a fait enfonce- dans le vieux monde romain, dont chacun de nos pas allait désormais soulever la poussière ; puis, arrivés a une demilieue de la ville, nous descendîmes de notre cabriolet. Nous enjoignîmes au cocher de nous attendre à la première poste ; et, prenant à gauche, a travers terres, nous tirâmes du côté du Bhône, sur les bords duquel il s'agissait de retrouver le fameux passage d'Annibal !

ROQl'EMAUHE

C'était encore un pas Je plus que nous allions faire dans l'antiquité: il est vrai que ce i, Via,, ni plus de, ruines visibles que nous allions cherche', c'était un simple souvenir social, dont il ne restait rien que les lieux euxmêmes qui l'avaient conservé ; mais ce souvenir est d une telle importance dans l'histoire du monde, qu'il se conserve sans pvramide, en grandissant de siècle en siècle dans la mémoire des peuples. C'est que Carthage et Rome représentaient non seulement deux villes, mais encore deux pennies • non seulement deux peuples, mais encore deux civilisations ; c'est qu'elles combattaient, sans s'en douter peut-être, non seulement pour l'empire du présent, mais encore pour' celui de l'avenir; c'est qu'il s'agissait de décider enfin si le monde serait romain ou carthaginois, européen ou africain; c'est que Carthage, avec ses matelots et ses négociants; Rome, avec ses soldats et. ses laboureurs, s'étendant de l'orient à l'occident, aux deux bords de la Méditerranée, l'une depuis les autels des Philènes, qui étaient le long de la Grande Syrie jusqu à l'Ebre où s'élevait Sagonte. l'autre depuis 1 Illyrie, où linilien venait de prendre Dimale, jusqu'à la Gaule Dîne où Lucius Manlius venait d'établir les coloni Plaisance et de Crémone: c'est que toutes deux, disonsnous, après s'être prises corps à corps en St. I Sa*: daigne, et avoir lutté jusqu'à ce que Oarthas 'liant sur ses genoux, eût signé les traites de I ' ^drn.; bal sentaient que l'une manquerai! d'ali °lell tant que l'autre existerait, et que cette guerre chaque peuple combattait non .seulement pour ses autels et ses foyers.

mais encore pour sa vie. ne i I terminer que par

l'anéantissement de Rome' par Carthage ou de Carthage

^OnanT'de pareils événe. l'ai 0 ssent, les peuples contemporains ne volent ni d'où ils viennent ni où Ils vont ils demandent auî petits intérêts humains es causes qui les ont amenés, et aux circonstances ^Wes les moyens qui les ont résolus; mais rarement lèvent-ll. les veux au-dessus de la terre pour chercher la mal tient les rênes du monde, ou le pied dont l'éperon

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a de la péri tienne:

antraire. s\ te sur les sommi; i.cnt le

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remonter é sera

.i mer et les

. c deui peu-

.yens

■ml] imprime à

dans eeux-

ris pour des fils de la

uniquement suidés par la 'ur la terre; n. le flls

hommes ne 1 , .re ; leurs héritiers incrédules uuer quelle est achev 'ie grande

qu'elle va reparaître

n un soi- - -ndre.

. immes : ce -

a Amilcar.

Espagne. i

ilement 1 ennemi Tint homme |

a son

r querelle à Rome.

Rome en1 -aient

le plu bas.

et. le ;

leur ilii-i re : laquelle

usement le nt en

deu\

- Arca-

• pioas. e; gui. oé quatorze ans à peine après cet événement,

lui-même, de ^^^H ta U-

-ut ea r. à quatre joi.

re du Ri-;

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me nom. c.

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il commeinemeut de la Lro:sieEîe nui

l ,eu\ braaen diminuait la lar .. ie premier dans

îr les saMe de la -

parant sans obst

le lendemain. A m :. tour. ^«yre» tou

innés : eut sur sur les

pani par leur masse enee de 1 afin* ;

lu •

•rdonna g

leurs : me Kiieau.

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Inq miuuies - -. -

g .. ■ - 1 lut su

lirralrt au iill—

qui «

. . j. lques-tans.

; la 1 . neuve porta

t]ueJques

uiees.

LE MIDI DL LA FRANCE

les barbares jetèrent leurs armes et s'enfuirent. Pour I ôter l'envie de revenir'à la charge, Annibal lança SBi

m el ses chevaux intelligents, qui, sans frein I fiirigé! j,ar (es I la voix, se battaient comme des hommes,

mordant et écrasant tout ce qu'ils rencontraient-, puis, avec l'avaiit-garde. qui était hors de danger, 11 protégea le passage du corps d'armée, qui se rangea sur la rive à son tour; de sorte qu'il ne resta plus que l'arrière-garde et les éléphants.

Le passage de ceux-ci avait été réservé comme le dernier et le plus difficile. Tant qu'ils avaient marché sur 14 terre, ces terribles auxiliaires de 1 armée carthaginoise avaient passivement obéi à leur conducteur ; mais, à la seule vue du fleuve, et comme par instinct, Us avaient commencé â s'inquiéter, levant leur trompe en l'air, et donnant des signes de crainte, terribles comme leur colère. Alors, Annibal inventa un nouveau moyen : il assujettit au bord du Rhône, avec des cordes et des chaînes, deux radeaux de cent pieds de longueur chacun, et à ceux-ci deux autres plus grands encore, que l'on attacha aux derniers, mais de manière à rompre, â un moment donné, les entraves qui les retenaient ; puis à ceux-ci encore on attacha des chaînes correspondant a des bateaux placés à cinquante pas de l'autre bord. Entin, on couvrit tout ce pont flottant, de terre pareille à celle du rivage, afin que les éléphants ne s'aperçussent pas qu'ils quittaient le sol sur lequel leur instinct leur disait qu ils pouvaient mariner sans danger. Ces préparatifs faits, on mit à leur tête deux éléphants femelles, que les mâles suivirent sans hésiter jusqu'aux derniers radeaux. Arrivés là, et a un signal donné, des hommes coupèrent les cibles qui liaient les embarcations mobiles aux radeaux lixes, et les chaloupes aussitôt, faisant force de rames, remorquèrent et emportèrent les éléphants vers l'autre rive.

Il y eut un moment d'angoisse terrible : ce fut celui où le premier mouvement imprimé par les chaloupes sépara cette masse vivante du chemin couvert de terre qui l'avait trompée. Les éléphants, en sentant le sol se mouvoir sous leurs pieds, effrayés et inquiets, s'agitèrent en rugissant ; puis, se portant tous du même côté, firent presque chavirer le radeau, de- sorte <|ue cinq ou six tombèrent dans le fleuve. Alors, on crut tout perdu, et l'armée entière jeta un grand cri de détresse; mais, au même instant, le bateau, allégé, se redressa, et les éléphants submergés reparurent, élevant leur trompe au-dessus de l'eau et nageant puissamment vers le rivage. Dix minutes après, radeaux et éléphants abordaient à l'autre rive, au milieu des applaudissements de toute l'armée.

Et maintenant, laissons Annibal s'avancer vers l'Orient, comme s'il eût voulu entrer dans le centre des terres européennes et traverser les Alpes cottiennes à Briançon, avec le même bonheur ou plutôt le même génie qu il avait traversé le Rhône à Roquemaure ; nous le retrouverons plus tard â Trasimène et à Capoue.

C'est une grande et terrible chose que l'histoire, car elle -est toujours plus magnifique que l'imagination : ce sont ses souvenirs qui fixeront éternellement la poésie sur les terres antiques Rien n'attire vers les peuples et les contrées qui n'ont point de passé; c'est ce qui fait que l'Italie, la Grèce, l'Asie et 1 Egypte,' ces vieilles ruines, toutes déchues, meurtries et épuisées qu'elles sont, l'emporteront toujours sur le nouveau monde, tout couronné qu'il est âe ses forêts vierges et de montagnes' pleines d'or et de diamants.

Après avoir visité, sur les bords du Rhône, le fameux passage d'Annibal, nous regagnâmes la route d'Aï notre Polybe à la main, et regardant vingt fois en arrière • car nous ne pouvions quitter cette rive, où il nous semblait d'un moment à l'autre que nous allions voir surgir Hannon et ses Numides. Annibal et ses éléphants. Cependant notre retour fut hâté par les premières bouffées de ce vent si redouté dans le Midi, que Strabon nommait le Borée noir, et que les modernes appellent le mistral. Il était évident, à la manière dont il commençait â siffler autour de nous, courbant les arbres comme des épis, que nous allions faire connaissance avec l'un des trois plus ancien* fléaux de la Provence : on sait que les deux autres -I aient la Durante et le Parlement.

LES BONS CEXDARMES

Nous rejoignimes la route à un petit village nommé Châteauneuf, je crois, et nous y trouvâmes notre cabriolet qui nous attendait. Notre excursion nous avait pris plus

de la moitié de la journée. L'attelage du cheval prit encore quelque temps; de so nous ne puînés nous

remettre en chemin que vers l heures de l'après-

midi, et il nous restait encore six lieues de pays à l'aire.

Vers la nuit le mistral commi entier avec une

violence effrayante. Je n'av. idée d'une tempête

sur terre, et je ne croyais pas que la chose pût exister, bien lu dans Strabon que le melamboreus (c'est le nom qu'il donne â ce veut.) fai billouner les cailloux

de la Grau comme une poussière; emportait, ainsi qu'aule faire une troupe d'aigles, les moutons qui paissent dans les plaines, et, jetant les soldats romains â bas de leurs chevaux, les dépouillait, de leurs manteaux et: de leurs casqui 3 ; niais j'avais pris toutes ces choses pour des

exagérations lues, et pour cette poésie â la manière

d'Homère ci d'Hérodote, que chaque jour on reconnaît, au reste, être une réalité. Force m'était d'avouer que le maître de ces contrées, car le nom qu'il porte lui vient de maestro, n'avait rien perdu de sa puissance en vieillissant ; et ce qu'il a d'étrange, c'est qu'il ne souffle pas constamment d'un point de ['horizon, ;t qui sans doute, selon les sinuosités des montagnes dans lesquelles il s'engouffre, il change de direction ; de sorte que nous l'avions tantôt en arrière de notre voiture, et alors il la poussait en avant comme aurait pu le faire le bras d'un géant, tantôt en face, et il arrêtait notre marche, malgré les efforts de notre cheval; tantôt, enfin, en flanc, et alors il m taire chavirer notre

équipage, comme il aurait fait d'une barque. Nous étions véritablement dans un étonnement qui tenait de la stupéfaction et qui était partagé par non m-, lequel, n'ayant jamais poussé ses voyages jusqu'à Avignon, n'avait aucune idée de ces tempêtes qui expirent â Orange, et ne s'étendent jamais jusqu'à Valence, où nous l'avions pris Ce qui compliquait encore notre situation, c'est que l'hal glacée du mistral porte avec elle une acre froidure, incottnue aux gens du Nord, et qui. au lieu de pénétrer de t'ëplderme à l'intérieur, commence à vous prendre par la m des os et vous paralyse. Depuis longtemps déjà, il faisait nuit, lorsque nous voulûmes nous arrêter à une auberge sur le chemin ; mais on nous dit. qu'il n'y avait plus qu'une heure à souffrir pour atteindre Avignon, et nous nous remîmes en route.

Au bout d'une heure, à peu près, nous aperçûmes, en effet, une masse noire et compacte; mais, en arrivant près d'elle notre conducteur prétendit que ce ne pouvait être la ville. D'ailleurs, il faisait si noir, qu'on ne voyait pas le chemin qui y eondtilsaît II n'eut pas de peine à nous amener à son opinion ; car. à moitié glacés par le froid, nous n'avions ni la volonté ni la force de discuter. En conséquence, il continua triomphalement sa route, et le mistral, un instant intercepté par la masse noire que nous avions dépassée, se mit à faire rage autour de nous. Nous marchâmes encore une heure ainsi, avec un froid croissant, qui, pareil à un rhumatisme, nous prenait aux jointures : les genoux surtout nous faisaient souffrir à nous astral lu r des cris Puis, après cette heure, une autre heure, et pas d'Avignon, et toujours le mistral Nôtre guide commença à comprendre qu il avait pu s'être trompé; il avoua que la masse noire que nous avions dépassée était probablement Avignon. Enfin, comme, dans tous les cas. c'était une ville quelconque, nous lui ordonnâmes de tourner bride; mais, alors, il nous dit que. si c'était Avignon, nous ne pourrions pas y entrer, attendu que l'heure de fermer les portes devait, être passée. La nouvelle était triste. Demeurer 'e reste de la nuit à l'air, c'était risquer, au train dont marchait l'engourdissement, de ne pas nous réveiller le lendemain. Néanmoins, pendant la discussion, nous avancions toujours, lorsque tout à coup le mouvement de notre ra-

eessa. et en même temps une voix nous com3 d'arrêter. Nous crûmes un instant que c'étaient -des *ol mais nous étions si impotents, Jadin et, moi. que n'eûmes pas même la force de porter la main sur DOS qui étaient derrière nous.

— Qu'est-ce? dit le conducteur.

— Où allez-vous" reprit la même voix.

— A Avignon.

— Vous voulez ihee à Marseille"

— Non. parbleu repris-je ; nous allon Avignon.

— Vous lui tournez le dos. et. \ i i deux heures

de chemin.

Il me prit une envie démesurée I notre conduc-

teur, en pensant non seulement que .tepuis deux heures, nous pourrions être dans no lit! mais encore qu'il nous (allait deux nouvelles heu d'y être. »

— Maintenant, qui 81 niieua une autre voix.

— Oui étes-vous von- i i':ne" repondit .Tadin.

— Nous sommes les e- ndarmes de la brigade d'Avignon.

— Et nous des voyageurs qui, comme vous le »oye i sont trompés de route.

— Avez-vous vos passeports ?

— Sans doute.

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