I. élu
sur le ' "in 1 1.1 vers
Loi len, et lui dit
l'Euro] |e suis
i tuguste,
11 pi ■ de la
■ 1 n. n 1 ni
— Comment cela se peut-il. puisque je ue suis pas selon vos princirx -
— J'espérais que tu avais changé depuis quatre ans que je ne t'ai vu.
— Et vous vous éteS trompé, mon frère; je suis toujours le même qu en 99 je ne troquerais pas ma chaise curule contre un trfl
— Niais et insensé! dit en se mettant à marcher et en s, parlant a il même, insensé et aveugle, qui
pas que je suis ei voyé par le destin pour enrayer ihereau Ue la guillotine qu'ils ont pris pour un char républicain :
Puis, s'arrêtant tout à coup et marchant â son frère: Mais laisse-mot ■ > 1 enlever sur la montagne et te montrer les royaumes de la terre lequel est mur pour ton iiulime? Voyons est-ce le corps germanique, où il n'y a île vivant que ses universités espèce de pouls républicain qui bat ilaii orps monarchique? Est-ce l'Espagne, le Mil1, siècle seulement, et chez laquelle 1 mu de la parole du Christ germe a Est-ci la Russie, dont la tète pense peut-être dont le 1 Ivanlsé un instant par le car Pierre, est
retombé dan 1 iralysie polaire? Non Luci on, les
temps ne sont pas venus; renonce à tes folles utopies; donne-moi la main comme frère et comme allié, et demain 1 on grand peuple, je reconnais ta femme pour ma soeur, et je te rends toute mon amitié.
1 est cela, «in Lucien, vous désespérez de me couvain vous voulez m'acheter.
!.. inpercur lit un mouvement.
— Laissez-moi dire .1 mon tour car ce moment esl 50
et n aura pas son pareil dans le cours de notre vie : je ne vous en veux pas de m avoir mal jugé; vous avez 1. min tau! d hommes muets et sourds en leur coulant de I or dans la bouche et dans les oreilles, que vous avez cru qu'il en serait de moi ainsi que des autres Vous voulez me vous? Eh bien, j'ai vous me promet
m n ■oyauinc ne sera point une préfecture Vous
me lionne/, un peuple je le prends, peu m'imi
mais à la condition que je le gouvernerai seloi
1; ses besoins; le veux être son père, et non tyran; je veux qu'il m'aime, et non qu'il me craigne, du lour où J'aurai nus la couronne d'Espagne de Suéde, de
Wurtemberg ou de Hollande sur ma tête, je ne sera,
uni Allemand ou Hollandais ; mon
nouveau peupl ia seuli 1 U< Songez-] bien, alors
nous ne serons plus 11 mais selon le
rang . vos volontés seroW 1 - a '«•- fro
vous marchez contre moi. je von ebout vout
-c/. sans doute 1 ai vous êti s un grand capl
... ie'Di 1 as toujours 1 eim de la lustii e
le serai un roi détrôné mon peuple sera un peuple
1 VOUS de donner 111. 1 couronne et mon peuple a quelque aune plus soumis ou plus recoiin.i 1 . 1 dit.
Toui.iin toujours ie même! murmura Napo
Puis du pied
— Lui len \ ; vous devez m'obélr connue
péri nue .1 votre roi
— Tu es mon aine mm mon père; tu es mon frère, non
ie. courberai la tête soua ton joug de
m mis, jamais
Nap P41e, ses yeux prirent une
expression terrible - lèi res trembli 1 1
Keiie, bissez a ce a al dit 1 ui
Réfléchis ai 1 dire Napoléon tu as mal
république, car tu l'as trap] sans irder
1 , .,,rit de liberté que tu crois étouffé sous ton
mi Ut, -e répand, se ]■>'■•>
,,, n ,,. suit par derrière; tant que tu seras
il . liens vienne le Jot
rras -1 tu peux t'appuyer sur .eue France que 'u .ri
,,,,. grandi roui empira Uevé par la
1 violence, doit tomber par : "' la ,orce-
lOl, .Napoléon, qui loiul.eras ,lu faite de ici empire, tu
pren inl sa montre el "•<-• 'erre.
,1 ,,,,,,,. |i brise cette montre, tandis que nous,
le ta ioiiiin. . dispersés sur
,, , ,,. ii 1 1 mille,
nous porterons ton nom. Adieu, sire i
Lui ieu sortit.
iu bout de
I " voiture qui
,1 iléon su un. 1 , 1 huissier qui entr'ouvrU la
. , lui 1 ■ du frère de Votre Majesté, qui
oui Borne.
.nt Napoli ligure reprit c« nime impassible et glacial ■
EN SI [SSE
lequel il cachait, comme sous un masque, les émotions les plus vives.
Dix ans étaient à peine écoulés que cette prédiction de Lucien s'étall accomplie. L'empire élevé par la oi été renverse par la force, Napoléon ■ et cette fa-
mille d'aigles dont l'aire était aux Tuileries, s'était êpar pillée fugitive, proscrite et battant des ailes sur le monde Madame mère, cette Niobé impériale, qui avait donné |a Jour .1 un empereur, à trois rois, à deux archiduc s'était retirée à Rome, Lucien dans sa principauté de Canine Louis a Florence, Joseph aux EtatS-1 nis Jérôme en Wurtemberg, la princesse Elisa à Baden. madame L'.orghèse à Piombino, et la reine de Hollande au château d'Arenen
b6rg
Or comme le château d'Arenenberg est situé à une demilieue seulement de Constance, il me prit un grand désir de mettre mes hommages aux pieds de cette majesté déchue, et de voir ce qui restait d'une reine dans une femme, lorsque le destin lui avait arraché la couronne du front, le sceptre de la main et le manteau des épaules ; et de cette renie surtout de cette gracieuse fille de Joséphine Beauharnais, de cette sœur d'Eugène, de ce diamant de la couronne de Napoléon.
J'en avais tant entendu parler dans ma jeunesse comme dune belle et bonne fée, bien gracieuse et bien secourable. et cela par les filles auxquelles elle avait donné une dot. par les mères dont elle avait obtenu la grâce, que j'avais un culte pour elle. Joignez à cela le souvenir de romances que ma sœur chantait, qu'on disait de cette reine, et qui s'étaient tellement répandues de ma mémoire dans mon cœur, qu'aujourd'hui encore, quoiqu'il y ait vingt ans que j'aie entendu ces vers et cette musique, je répéterais les uns ou je noterais les autres sans transposer un mot, sans oublier une note. C'est que des romances de reine, c'est qu'une reine qui chante, cela ne se voit que dans les Utile et une Nuits, et cela était resté dans mon esprit comme un étonnement doré.
Il était trop matin pour me présenter en personne au château ; j'y déposai ma carte, et je sautai dans un bateau qui me conduisit en une heure à l'Ile Reichenau.
C'est dans une petite église située au milieu de l'île que sont déposés les restes de Charles le Gros, cinquième successeur de Charles le Grand ; son épitaphe, qu'on lit dans le chœur au-dessous d'un portrait qui passe pour le sien, raconte toute son histoire. La voici traduite textuellement :
a Charles le Gros, neveu de Charles le Grand, entra puissamment dans l'Italie, qu'il vainquit, obtint l'empire, et fut couronné Cé-ar â Rome : puis, son frère Ludwig, de Germanie, étant mort, il devint, par droit d'hérédité, maître de la Germanie et de la Gaule. Enfin, manquant a la fois par le génie, par le cœur et par le corps, un jeu de fortune le jeta du faite de ce grand empire dans cette humide retraite, où il mourut, abandonné de tous les siens, l'an de N'otre-Seigneur 888. »
Comme il n'y avait rien autre éhose à voir dans l'église, ni dans l'île, nous remontâmes dans la barque et fîmes voile pour Arenenberg.
En entrant au château de Volberg, qu'habite madame Parquin. lectrice de la reine et sœur du célèbre avocat de ce nom, je trouvai une invitation à dîner chez madame de Saint-Leu et des lettres de France: l'une délies contenait l'ode manuscrite de Victor Hugo sur la mort du roi de Rome.
Je la lus en me rendant à pied chez la reine Hortense (1).
UNE EX-REIXE
Le château d'Arenenberg n'est point une résidence royale ; c'est une jolie maison qui pourrait appartenir indifféremment â M. Aguado, â M. de Schickler ou à Scribe : ainsi l'émotion que j'éprouvai appartenait tout entière ;i iine cause morale qui remuait ma pensée, et nullement aux objets physiques qui frappaient mes yeux.
(1) Nos lecteurs s'apercevronl facilement que imite la première partie de ce volume a été écrite en 1884, et par conséquent avant les événements de Strasbourg.
KN SC1SSE
iciie émotion était, t. rès avoir désiré ardemm nt
voir madame de Saint Leu au moment où ce désir ail lit être réalisé, Je m'arrêtais ttaque pas pour retarder le
moment de l'entrevue, plonge veux dans chaque
échappée de vue. regardant sans distinguer, et bien plus
disposé ■> rétourner en arrière qu : << chemin
i que j'étais sur le point de voir se réaliser une cliiou de perdre une illusion ils presque
au en aller a l'instant avec un doute que de me replus tard avec un désenchantement. Tout à coup, a trente pas de moi, au détour d'une allée. J'aperçus trois el un jeune homme: mon premier mouvement fut de fuir; mais il était trop tard, j'avais été vu ; je sentis le ridicule d'une pareille retraite, je fixai les yeux su, groupe qui s'avançait, je reconnus instinctivement la reine, je marchai vers elle.
Certes, elle ne se doutait guère, en venant au-devant de moi, de ce qui se passait alors dans mon âme; elle était loin de penser qu'au jour de sa puissance, jamais homme, entrant dans la salle de réception du château de La Haye et s approchant du trône où elle était assise dans toute la majesté du pouvoir, dans toute la splendeur de la beauté, n'avait ressenti une émotion pareille à celle que j'éprouvais; tous les sentiments généreux que renferme le cœur. de l'homme, l'amour, le respect, la pitié, se pressaient sur mes lèvres; j'étais près de tombe.' â genoux, et, certes, je l'eusse fait si elle eût été seule.
Elle vit probablement ce qui se passait en moi, car elle sourit ineffablement en me tendant la main.
— Vous êtes mille fois bon, me dit-elle, de ne point passer près d'une pauvre proscrite sans la venu
C'était moi qui étais bon, c'était de son côté qu'était la reconnais ance : bien, mon cœur ; cette fois tu ne t'étais pas trompé, jeune homme, c'est la reine de ton enfance, gracieuse et bonne : poète, c'est ce son de voix, c'est ce regard que tu as rêvé à la fille de Joséphine ; laisse battre librement ton cœur: une fois la réalité s'est trouvée a la hauteur du songe ; regarde, écoute, sois heureux.
La reine s'appuya sur mon bras; elle me conduisit, car je ne voyais pas ; nous marchâmes ainsi je ne sais combien de temps, puis nous rentrâmes dans le salon. La première chose qui rappela mes esprits, qui arrêta mes pensées, qui fixa mes yeux, fut un magnifique portrait.
— Oh ! voila qui est beau ! m'écriai-je.
— Oui, dit madame de Saint-Leu ; c'est Bonaparte au pont de Lodi.
— Ce tableau doit être de Gros, n'est-ce pas?
— De lui-même.
— Fait d'après nature, sans doute : c'est trop merveilleux de ressemblance et de modelé pour ne pas être ainsi.
— L'empereur a po é trois ou quatre fois.
— II a eu cette patience?
— Gros avait trouvé un excellent moyen pour cela.
— Lequel ?
— Il le faisait asseoir sur les genoux de ma mère. Voyez-vous cette fille qui me parle de sa mère, qui est
Joséphine, de son beau-père, qui est Napoléon, qui me fait, assister â cette scène de ménage, qui me montre le lion doux et apprivoisé, l'empereur sur les genoux de l'imi êratrice, et, devant eux, Gros, l'homme de Jaila, d'Eylau et d'Aboukir, son pinceau à la main, fixant sur la toile cette tête large â contenir le monde: et tout cela n'était pas un rêve !
J'allai m'asseoir dans un coin, et, laissant tomber mon front entre mes deux mains, je restai abîmé dans un Oi i an de pensées. Lorsque je revins â moi et que je levai les veux, |e vis que madame de Saint-Leu me regardait en souriant : elle comprenait trop bien les causes d'une pat Inconvenance pour att iu .. de mol des excuses, que peu ais, du reste, auiunemei 1 à lui faire. Elle se leva et vint a moi.
— Voulez-vous me suivre' me dit-elle.
— Oh ! certes.
— Venez !
— Et quelle m rveitle allez-vous me fait
— Mon reliquaire impérial.
Elle me conduisit devant un met
nèque avei des carreaux de ritn
, .quel, ainsi que sur une , tff des
objets qui ave, e,,, appartenu i o i >apoléon.
D abord c'était, dans ' " '' ,"",?, et
d un N la correspondance Intime et de 1 Im-
pératrice. Toutes les lettres étalent autogr . es, datées des champs de bataille de M ■ (i "'..... êcrile-, sur l'affût d'un ' "' ":l"tri e iout^ contenaient un mot di ' >'"'PS d amour, mais de cet ' ' ' com,ne le
Quelle organisai i le de cet homme, qui
renferm ' dan! u u'te ct flanl
coeur I
IRE DUMAS ILLUSTRÉ
Ite le talisman de Charlen. toute
lue • elle acte tali-m i
ans le-
mhumé le grain: trouva son
revêtu de se- sa double
i i.iM.-e et d Alli ' I desséché ;
i ,.;. | B, cette
laquelle, dit lenls, 11
Il en deux on chei pieds repo-
i avait donné le
i le talisman qui le
eau de la vraie
i ferme
.lans une .m. 'ii ■ ude était suspendue par
or. Les bourgeon d'Alx-la
h lorsqu'il m son entrée
en HI3. jeta en jouant cette
i reine llortense. lui avouant que.
grain, 11 l'avait portée lutune, il y a neuf cents ans, le
. i.lure qui ceignait ses reins aux Pyra anneau de mariage qu'il avait passé lui-
, ilgl de la veuve de Ueauliarnais ; C'était le por-
du roi de Rome, brodé par Marie Louise, mit lequel i isé son dernier regard Cel œil d'aigle
le marne objet que j'avais i mon toux sous les i boni n. m.. m. m- i e satin, s
l avall humecté ; et il y avait un mois à que 1 entant étatl mort i !es yeux sur le
portrait île son père Le temps el la liberté nous révéleront peut-être le secret providentiel de ce double trépas en attendant, prosternons-nous et adoron
mandai a voir lépée rapportée de Sainte-Hélène par Marchand, et léguée par le duc de Reicbstadt au prince t la reine n'avait point encore reçu ce don mortuaire, el le ne le recevoir jamai- ,. he du dîner sonna.
— Déjà ! m'éci i
■ verrez tOttl cela demain, m. du elle \|n non* r.-nii salon Au bout de ,1ix
minu'i madame Ré. amli i i elli lé étatl en-
. ore une reine, n et 6 esprit : aussi la du-
Salnt-J ieur.
rnp entendu discuter de l'âge de madame Récamler: m est vrai que je ne l'ai vue que le soir, vôtui
noue la N in voile de
la m. n.. iieur : mais ,i la jeunesse de sa voix, a la beauté
yeux, au modelé de ses mains, je parierais pour ins.
\u--i lui le bien étonné d'entendre ces deux femmes par-
■ insulal le de choses qu'elles
evali ■ ai de Saint Lieu de se
m piano
•nain demi levai lanl ma réponse.
inl les mains
Il avait den
dei une • iio-e ? lui .ii- je .i mon
VC la gloire
m Dieu , plus loin qu'il me sou-
vienne
I imaneesque
i ma ' : préd
II n'y a qu'un Un
i rappelle mol
mi .. , i pom .:
Mon i.. uivi.i pat
■ nii.i. .i. mém i ..us ne n'ouï
dit la relu.
— A vos devoirs comme a l'amour fidèle,
liez la gloire, évitez le tré) Dans les combats où l'honneur vous appelle Distinguez-vous, mais ne m'oubliez pas.
— Ma pauvre mère ! soupira madame de Saint-Leu..
— Que faire, hélas! dans mes peines cruelles? Je crains la paix autant que les combats : Vous y verrez tant de beautés nouvelles. Vous leur plairez!, mais ne m'oubliez i
k.us plairez, et vous vaincrez sans cesse. Mars et l'Amour suivront partout vos pas; De vos succès gardez la douce ivres I i heureux, mais ne m'oubliez pas.
La reine passa la main sur ses yeux pour essuyer une larme.
— Quel triste souvenir: lui dis-je.
— Oh ! oui, bien triste ! Vous savez qu'en 1S0S1. ■ bruits du divorce commençaient a se répandre ; ils étaient venus frapper ma mère au cœur, et, voyant l'empereur prêt à partir pour VYagrain. elle pria M. de Segur de lui faire une romance sur ce départ , il lui apporta les paroles que vous venez de dire ; ma mère me les donna pour que Jeu fisse la musique, et la veille du départ de l'empereur, je les lui chantai Ma pauvre mère! je la vo lut sur la figure de son mari, qui m 'écoutai! - i impression que lui faisait cette romance, qui s'appliquait si bien à la situation de tous deux. L'empereur l'écouta jusqu'au bout; enfin, lorsque le dernier son du piano se fut éteint, il alla vers ma un re
— Vous êtes la meilleure créature que je connaisse, lui dit-il. puis, l'embrassant au frout en soupirant, il rentra dans Bon cabinet ; ma mère fondit en larmes, car de ce moelle sentit qu'elle était condamnée.
VOUS concaves maintenant ce qu'il y a pour mol de sou-
• romance, el en me la disant, vous venez
ner toutes les cordes de mou cœur comme un cla
Mille- pardons! Comment n'al-je pas deviné cela? Je ne demande plus rien.
— Si fait, dit la reine en se replaçanl à son piano; si fait : tant d'autres malheurs sont venus passer sur celui la, que i est un de ceux sur lesquels i'ai ma mémoire avec le plus Je douceur; car ma mère, quoique séparée de l'empereur, en fut toujours aimée
Klle laissa courir ses doigts sur le piano, un prélude plaintif se lit entendre, puis elle Dite son âme.
nt quelle dut chanter devant \a)>oléon.
le doute que Jamais homme ait ressenti ce que j'éproui us cette soirée.
i M PROMENAP1 PANS 11 r\R. D'ARENEMBERG
Madame la du. hisse de Saint-Leu m'avait invite a déjeuner pour le lendemain matin, a dis heures; comme J'avais ni. partie de la nuit a écrire mes notes, j'arrivai quelqui après l'heure indiquée, j'allais m'excu
i .noir tau attendre, ce qui était d'autant moins pari.le, qu'elle n'était plus reine, mais elle me rassura me disant que le déjeuner n'était iur midi, et que. -i elle in av. ut invite pour dix heures, lit le temps de i mol ; en
aps, elle me proposa une promenade dans le parc ; je lui répondis en lui offrant mon bras
rimes i peu pi - un complet silence,
— Vous aviez quelque chose à me due, madame la du-
. est Mai. dit elle en me regardant, je voulais vous il de nouveau quand vous l'avei
auooup de sang dans de blessés
ii.q.iianx pa> assez de prisons et trop de prisonniers
■ulu les t.. qu'ollci .
■■ du temps, dus i iw i elle s
l'A SUISSE
— Vous avez vu les 5 et 0 juin !
— Oui, madame?
— Pardon, mais je vais être bien indiscrète peut-être;
s quelques mois que vous avez dits, hier, vous êtes républicain?
Je souris
— Vous ne vous êtes pas trompée, madame la duchesse, et, cependant, grâce au sens ei à la couleur que les Journaux qui représentent le parti auquel j appartiens, et dont je- partage toutes les sympathies, mais non tous les sys-
s, ont fait prendre a ce mot. avant d accepter la qualification que vous me donnez, je vous demanderai la permission de vous faire un exposé de principes; a toi) tre femme, une pareille profession de loi serait ridicule; mais a vous, madame la dm liesse, a VOUS qui, comme reine, avez du entendre autant de paroles austères que vous avez du écouter de mots frivoles en votre qualité de femme, je n'hésiterai point a dire par quels points je touche au républicanisme social, et par quelque dissidence je m'éloigne du républicanisme révolutionnaire.
— Vous n êtes donc point d'accord entre vous?
— Notre espoir est le même, madame ; mais les moyens par lesquels chacun vent procéder sont différents : il y en a qui parlent de couper des têtes et de diviser les propriétés; ceux-là, ce sont les ignorants et les fous, il vous parait étonnant que je ne me serve pas pour les désigner d'un nom plus énergique ; c'est inutile, ils ne sont ni craints ni a craindre ; ils se croient fort en avant et sont tout à fait en arrière ; ils datent de 93, et nous sommes en 1832. Le gouvernement fait semblant de les redouter beaucoup, et serait bien» fâché qu ils n'existassent pas, car leurs théories sont le carquois ou il prend ses armes ; ceux-là ne sont point les républicains, ce sont les républiqueurs.
« Il y en a d'autres qui oublient que la France est la sœur aînée des nations, qui ne se souviennent plus que son passé est riche de tous les souvenirs, et qui vont chercher parmi les constitutions suisse, anglaise et américaine, celle qui serait la plus applicable a notre pays ; ceux-là, ce sont les rêveurs et les utopistes : tout entiers à leurs théories de cabinet, ils ne s aperçoivent pas, dans leurs applications imaginaires, que la constitution d'un peuple ne peut être durable qu'autant qu'elle est née de sa situation géographique, qu'elle ressort de sa nationalité, et qu'elle s harmonise avec ses mœurs. Il en résulte que, comme il n'y a pas sous le ciel deux peuples dont la situation géographique, dont la nationalité et dont les moeurs soient identiques. plus une constitution est parfaite, plus elle est individuelle, ■et moins par conséquent elle est applicable à une autre localité qu'à celle qui lui a donné naissance; ceux-là. ce ne sont point non plus les républicains, ce sont les républiquinistes.
Il y en a d autres qui croient qu'une opinion, c'est un habit bleu barbeau, un gilet à grands revers, une cravate flottante et un chapeau pointu ; ceux-là, ce sont les parodistes et les aboyéurs ; ils excitent les émeutes, mais se gardent bien d'y prendre part ; ils élèvent les barricades et ut les autres se faire tuer derrière ; ils compromettent leurs amis, et vont partout se cachant comme s'ils étaient ompromis eux-mêmes; ceux-là. ce ne sont point encore des républicains, ce sont les républiquets
Mais il y en a d'autres, madame, pour qui l'honneur de la France est chose sainte, et a laquelle ils ne veulent pas que 1 on touche, pour qui la parole donnée est un engagement sacré, qu'ils ne peuvent souffrir de voir rompre, même •de roi a peuple, dent la vaste et noble fraternité s'étend à •oui pays qui souffre et à toute nation qui se réveille ; ils ont été verser leur sang en Belgique, en Italie et en Pologne, et sont revenus se faire tuer on prendre an cloître "Saint-Mei ry ; ceux-là. madame, ce sont les puritains et les martyrs. In jour viendra où non seulement on rappeleux qui son! exilés, où non seulement on ouvrira !•- prisons de ceux qui sont captifs, mais encore on ion cherchera les cadavres de ceux qui sont morts, pour leur élever des tombes; tout le tort que l'on peut leur .lier, c'est davoir devancé leur époque et d'être l trente ans trop tôt ; ceux-là, madame, ce sont les vrai» républl- • alns
— Je n'ai pas besoin de vous demander, me dit la reine. *Si c'est à ceux-là que vous appartenez
— Hélas ! madame lui répcmdis-je, je ne puis pas me vanter tout à fait de cet honneur; oui, certes, a eux
mes sympathies ; mais, au lieu de me laisser emporter à pou j'en ai appelé à ma raison i il voulu
faire pour la politique ce que Faust a. fait pour la science, fcscendre ci toucher le fond. Je suis resté un .m plongé dans les abîmes du passé; J'y étals entré avec une opinion instinctive, j'en suis sorti avec une conviction ralsonnée. Je vis que la révolution de 1S30 nous avait fait faire un pas, il est vrai, mais que ce pas nous avait conduit simplement de la monarchie aristocratique a la mona
eoise, et que cette monarchie bourgeoise était une ère rai user avant d'arriver a la magistrature populaire iks lors, madame, sans rien faire pour me rapprocher du gouvernement donl i m j'ai cessé ire l'ennemi, je le regarde tranquil rsuivre
le ''oui Je oe roi rai i ■, an ;
j'applaudis a ce qu'il fait de bon, je protesti qu il lait de mauvais, mais tout ïame et
; je ne l'accepte ni ne le récuse, je le subis; je ne le regarde pas comme un bonheur, mais je le .rois
Me
Mal i rail! entendre, il n'y aurait p., s de chance qu'il
— '• me.
— Si cependant le duc de Keichstadt n'était point mort et qu'il eût lait une tentative?
— H eût écl i moins, je le crois.
— C'est vrai .i pin olicai-
nes, Napoléon di pour vous qu'un tyran.
— Je vous demande pardon, madame, je l'envisage sous un autre point de vu. us, Napoléon est un de ces hommes élus dès le commencement des temps, et qui ont reçu de Dieu une mission providentielle Ces hommes, madame, on les juge non point selon la volonté humaine qui les a fait agir, mais selon ta i dlvl e qnii li a inspirés; non pas selon l'œuvre qu ils oui. laite mais selon le résultat qu'elle a produit. Quand ! ru esl accomplie, Dieu les rappelle ; ils croient mourir, ils vont rendre compte.
— Et, selon vous, quelle était la mission de l'empereur?
— Une mission de liberté.
— Savez-vous que tout autre que moi vous en demanderait la preuve.
— Et je la donnerais, même à vous.
— Voyons; vous n'avez point idée a quel degré cela m'intéresse.
— Lorsque Napoléon, ou plutôt Bonaparte apparut à nos pères, madame, la France sortait, non pas d'une république, mais d'une révolution. Dans un de ses accès de hèvre politique, elle s'était jetée si fort en avant des autres nations, qu'elle avail rompu l'équilibre du monde: il fallait un Alexandre a ce Bucéphale. un Androclès à ce lion ; le 13 vendémiaire les mit face a face : la Révolution fut vaincue ; les rois qui auraient dû reconnaître un frère au canon de la rue Saint-Honoré, crurent avoir un enuemi dans le dictateur du 18 brumaire ; ils prirent pour le consul d'une république celui qui était déjà le chef d'une monarchie, et. insensés qu'ils étaient, au lieu de l'emprisonner dans une paix générale, ils lui firent une guerre européenne Alors Napoléon appela à lui tout ce qu'il y avait de jeune, de brave et d'intelligent eu France, et le répandit sur le monde; homme des réactions pour nous, il se trouva être en progrès sur les autres ; partout où il passa, il jeta aux vents le blé des révolutions : l'Italie, la Prusse. l'Espagne, le Portugal, la Pologne, la Belgique, la Russie elle-même, ont tour à tour appelé leurs flls à la moisson sacrée ; et lui, comme un laboureur fatigué de sa journée, il a croisé les bras et les a regardés faire du haut de son roc de Sainte- Hélène ; c'est alors qu'il eul une révélation de sa mission divine, et qu'il laissa tomber de ses lèvres la prophétie d'une Europe républicaine.
— Et croyez-vous, reprit la reine, que si le duc de Reichstadt ne Hit, pas mort, il eût continué L'oeuvre de son père?
— A mon avis, madame, les hommes comme Napoléon n'ont pas de père et n'ont, pas de fils; ils naissent, comme des météores, dans le crépuscule du matin, traversent d'un horizon à .l'autre le ciel qu'ils illuminent, et vont se perdre dans le crépuscule du soir.
— Save/, vous que ce qu; vous dites la est peu consolant pour ceux de sa famille qui conserveraient quelque
— Cela esl ainsi, madame; car nous ne lui .nonune place dans notre ciel qu'à la condition qu'il ne la rail pas d héritier sur la terre.
— Et cependant d a légué son épée a son flls.
— Le don lui a été fatal, madame, - assé le tes-
— Mais vous m'effrayez ; car son fils, à son tour, l'a lé- ; e au mien.
— Elle sera lourde a porter à un simple officier de la
iératlon suisse •—Oui. vous ave/, raison entre.
— Prenez garde de vov peur que vous ne vivi ■ flan trompeuse et enivrante qu'empoi n Le tempe obi
continue .le marcher i r le t tnnl
rêtar i«nir p Ils voient toujours les ln.nimo
et les choses comme ,i |« ont quitti pendant les
hommes changes le I o es d'aspev.i : p. g
ration qui a vu j,a.sser Napoléon revenant 'l ■ ' ne d'Elbe
s'éteint tous les jours, madame, et cette marche miraculeuse m souvent! i i -■
,., ,,u ,i ,, r pour la
,a i]« rentn
— Si jetais le roi. je la i
— Ce n'est ixjlnt ainsi oui
— Autrement, il y a 1 1
— yuel conseil donni i à un membre de cette famille qui reniait la I "e et dc la ' ""~
napoléonien
— Je lui donnerai- slller
El ' "''' ' onseil '
mon ■ ' ' ' '•■"■'' ' " llr"
/uors ,„.,.] .lirais d'obtenir la radiation de
son ,., er une terre en France, de se faire
son talent, de disposer de la ma de |a en & rvlr pour déposer Louts-PIn-
ez reprit la duchés»
• nui • tu il oy< " ■
m ■-■<■>■ soupira.
e moment la cloche sonna le déjeuner ; nous nous
i ndant un-, la duchesse ne m'ac i
.h si in i de la porte, elle - ai et. me regardant avec une expression Indéfinissable golsse :
— Ali i me dit-elle, J'aurais bien voulu que mon fil- fol Ici, et qu'il entendit ce que roue venez de me dire
ï.\ ni
REPRIE i l Ml \ i Bl L'BISTOIBl il 1 ANGLAIS QUI AVAIT PUIS I N MOI I C 1 N VI 11,1
Vprès le déjeuner, je pris madame la «In
Stelkb je trouvai I ié en i oun 1er, et qui m attend m mis partîmes a sur les huit heures du soir, nous
me mis en quête par
la \- 1 1 1 1 La premlêi rtl S mes regards, sur
la pis i même de l'hôtel, r ■ t une statue représentant un
homme de la fin du xv* siècle ayant li droit coupé;
ie "M Le det aussitôt
.■■.m évident que m
mutilation Je i hi yeux quel-
■i ii un qui pût me mettre au courant de l'histoire particule l'Individu repi rsque J'avisai le garçi
ir la porte el minant Oegmatlquemeni dans mu i l'une herbe cru
que, qu'i lui ivall rendu* pour du tabac .l 'allai a lui,
m adn m vol-
aval entre
s.i pli lire tlon di
PS le man- ■
pas la
homme ivall voulu l'tatei
1 1» bien, ne * 1 1 ' m
1 mm
Eh 1 en regardai
1 autour du !"■ i
premier mot, je dei Inal le
Auri
C'était une charmante sentence-, dont je reconnaissais la
luvait s'appliquer à tant de circonstances.
e ne m'apprenait rien de ce que je désirais savoir;
ours .1 mon homme.
Eb bien, me dit-il?
— Eii bien, j'ai lu.
— Al lus êtes content?
is du tout.
— N'avez-vous pas trouvé une- inscription?
Sans doute; mais elle ne me dit pas pourquoi votra bonhomme a le poignet coupé.
— Alors, me répondit dédaigneusement le cuisinier, ■nie vous ne snw pas le latin.
.le n'en pus pas tirer autre chose; de sorte que, bon gré mal gré, il fallut bien nie contenter de cette réponse, tair soit peu humiliante pour un homme qui sait sou Virsii ■ par cœur.
Du reste, comme c'était, au dire du même cicérone, la seule chose qu'il 5 eût a voir a Schafl entrai dans
l'hôtel, il 00 ■ ' ils repartir aussitôt après mon déjeu-
ner: le garçon profita de ce moment pour m apporter le registre de l'auberge, afin que je in > En jetant machinalement les yeux sur l'avant-dernière page, je i Connus le nom de sir Williams Blundel ; il a\
Schafiausen il y avait douze loin- Comme je ne faisais pas grand fonds sur 1 intelligence de mon servant, je le pria: re au maître de l'hôtel de monter à la chambre du fiançais dont il lui reportait la siguature, et qui avait à lui parler. La manière dont sir Williams m avait qu Zurich m'avait laisse quelques inquiétudes
timides et entrés qui renferment tout en eux-mêmes ont
istesses d'autant plus profondes, qu'elles ressemblent ■. .in calme, et des désespoirs d'autant plus mortels, qu'ils n'ont m cris 111 larmes; il en résulte que leui saignent au dedans, et qu'ils étouffent presque toujourpam hement de douleurs Je désirais donc savoir que! aspect avait mon compagnon de route, ce qu'il avait fait pendant le temps qu'il étal 1 - Dfausen, et quelle-
route il avait suivie en partant
L'hôte entra ; c'était un trios homme, qui devait port. ; habituellement une face des plus réjoules; cependant, pour le quart d'heure, il lui avait In lion d(
or officielle qui jurait a tec la phy-
sionomie que la nature lui avait donnée dans un moment que j'augurai qu'il allait m'annoncer quelqu.» malhi
En effet, avant que .1 eusse ouvert la bouche :
— Ali: monsieur, me dit il -1 j'avais su hier votre nom. je me serais empressé de monter près de • B vous!
■ ; re une lel I d votre ami
\ .- paroles, mon hôte poussa un gémissement qui I le milieu entre un hoquet et un sanglot.
— De quel ami '.' dis
— Ah: monsieur, contlnua-t-il en décomposant de plus en plus son VI ne homme, a .-..
Mais qui donc est fou? intrriompis-Je.
Hélas I bêlas 1 continua l'hôte, il est guéri maint 1.1 mort est un grand médecin.
Mais enfin qui don. est mort? Parlez.
1 ment! vous ne savez pas? me dit îaubei
Je ne sais rien, mon cher. Allei don, :
Vi rez pas qu'on n'a pas même retrouvi
Mais le corps de qui, et
L'autn • 1 m'est bien égal, vous m'entendez i. 1 il était desi endu au / aucon d'oi 1 aller au diable mais celui de Williams, qui avait l'air dune jeune...
— ' sir Williams est mort?
Mort , a -icur.
moi ■ ,1 ?...
h pu lui dire Mort ni
Hélas : t voila la lettre qu il voue
Je ti iln et je pris la
sous 1 inattendu ili nom .
était une il plus on bu a parlé du danger, plu-
Mais ente 1 .,ni mment ce
malheur lui est n arrli est mon pat accident; il
Hum : hum ! Dl fond voyez \..u- ; ra
'" il. : ' peur qu'il n ait eu de mauvaisi
n on •■ ■ ni. . vous que je vous dl ■ hagrln dans te cœui
EN SUISSE
Vous ne vous trompez pas, mmi uni ; mais, enfin, donnez-moi linéiques détails. Comment est il mort? noyé, ditesi ius ' Son bateau a donc chaviré, ou bien est-ce en m- bal-
Non, monsieur, rien de tout cela : Imaginez... C'est toute une histoire, voyez-vous.
En bien, racontez-la-moi.
— Vous saurez donc... Pardon, si je m'assieds --Faites, faites; je suis si impatient, que j'oubliais de
- inviter â le faire.
- EU bien, vous saurez donc, comme j'avais l'honneur de
le dire, qu'il >' a trois semaines â peu près, deux jeules lastiionables anglais vinrent a Shaffausen, et descendirent. . je ne sais pourquoi, car, saus amour-propre, la ■ '■mnnne vaut bien le Faucon; niais le confrère, c'est un
Lussi bien que mo lu que c'est un bavard
qui ..
me levai avec impatiei te apprécia cette
démonstration hostile, me fit signe de la main qu'il arrli ii, et continua.
- Nos deux Anglais étaient donc devant la chute du Rhin, au bas du château de I.auffen ; il- i |ui Ique temps
h' fleuve, qui se change tout â coup en lsi tde et *e précipite de quatre-vingts pieds. Ils n'ai li ouvert la pas sourcillé de contentement ou de mécontente- D loi ique, tout a coup. Je plus jeune dit au plus vieux : " — Je parie vingt-cinq mille livres sterling que je descends la chute du Rhin dans une barque.
™ Le plus vieux laissa tomber la provocation comme s'il n'avail rien entendu, prit son lorgnon, regarda l'eau bouil-
Schalïausen.
Intrigant : croiriez-vous qu'il va attendre les voyageurs â . porte de Constance, et que là...
— Revenons à notre affaire, mon ami ; vous disiez que ■ii "ix jeunes Anglais étaient descendus au Jnucon d'or; après... ?
— Oui, monsieur, â Schaffausen, il n'y a pas grand'chose a voir ; mais a une lieue, une lieue et demie d'ici, nous
■ i - la fameuse chute du Rhin, dont il n'est pas possible que vous n'ayez entendu parler : le fleuve se précipite de Soixante et dix pieds de hauteur dans un abîme...
— Bien, mon ami, je sais cela ; retournons a nos Anglais.
— Ils étaient donc venus pour voir la chute ; en conséquence, le matin, ils prirent un guide, quoique ce soit tout
lait inutile de prendre un guide, il y a une grande route de vingt-quatre pieds de large; mais le propriétaire du lui on d'or leur avait dit :
« — Milords, il laut prendre un guide !
Vous comprenez, parce que le guide tait une remise à (lui qui lui procure des pratiques
— C'est bon, mon ami, je sais a quoi m'en tenir sur l'aubergiste du Faucon d'or, et la preuve, c'est que je suis venu chez vous; cependant, je dois vous prévenu- que. si vous ne me racontez pas l'événement d'une manière plus concise, ;. serai obligé d'aller demander ce réel) a voire confrère.
Voilà, monsieur, voilà; cependant, s?uf votre respect, ;f rmettez-moi de vous dire qu'il ne vous raconterait pas
lonnante, descendit quelques pas afin de découvrir l'abîme où i lie se précipitait, puis revint près de son camarade, et, avec le même flegme, lui dit tranquillement :
■■• — Je parie que non.
« Deux heures après, les deux amis revinrent à Schaffausen, et se firent servir à dîner comme si rien n'était.
« Après le dîner, Je plus jeune fit monter le maître de 1 auberge, et lui demanda où il pourrait acheter un bateau.
« Le lendemain, l'aubergiste du Faucon le conduisit dans tous les chantiers; mais il ne trouva rien qui lui convint, e1 commanda un bateau neuf. Aux instructions qu'il donna pour sa confection, et à quelques mots qui lui échappèrent, le constructeur devina dans quel but il demandait ce bateau ; il interrogea à son tour la singulière pratique qui lui arrl-
\:in Sir Arthur Mon inier, - c'était le non plus leune
anglais, — n ayant aucun motll pour cachi i t, lui
raconta le pari, il faut lui rendre Justice, Peter tu tout
ce qu'il put pour le dissuader Irthur, impatienté,
se leva pour aller faire la autre chantier; alors Peter vit que était une isolu i prise, et
que, rien ne pouvant la faire ' valait qu'il en
profitât qu'un autre; il 1 ! i lui avait fait
sir Arthur, et promit llmanche suivant.
« Le même Jour, le bruit e n pandit dans les environs qu'un Anglais ;n i rendre la chute du Rhin
personne n'y i I ■"" '■' resolution paraissait
folle. Tout le monde allait demander la vérité a Peter, qui
bah tranquillement ses observations ; les choses eut le mieux du monde entrefaites, sir H
nez mol. Il par. el abattu;
je dai (iuo je
n'enl n'Importe, je Ii
chambre, celle-ci. au i ervli an dînai
comme il n'aurai réponds, en obtenir
h imbre des endM ^:ut un long se jour a - lis alors qu'il partait le lende-
main dt de retenir sir
William '1 ">«•'
semb. . e qui devait se passer
ce Joe
• Ki ,nand je crus qu'il était au dessert. Je m" ambre; j'entrai discrètement et sans bruit main contre laquelle il appuya
i toIIi p iralssalt a
qu'il ne lit i*a- attention a mol :
r le tirer d rie ; i i il me laii. le à la
mandai s il était content de son dîner voix le I Ulr; il leva la t. 'le. m'apen
Tant I ■•• liant le voile dans son habit :
• — ' me dit-il.
■ Dans ce moment Je m'aperçus qu'il n'avait ton
rien de ce qu'on lui avait servi : je compris qu'il avait le le distrait que plus tort.
• — i iiibre de mllord m'a dit qv partait dem
« — Mil., i pas ce qui se i
« — I • rait sans doute.
« — Un : I n; . .Iiqat I loie d
la i bute du Rhin en bal
« — Eh bien, qu'y a I II la d'étotin..
■ — ' i qu'il y a qua-
pour qu'il péri « — l art me dit su- Williams en me regar-
dant
■ — 3 " mllord
■ — Comment nomme-t-on ne. -.te?
■ — Sir Arthur Mortlmer « -
i or
• — l '.eux lui ].,.
" J ' i Williams,
ln«T auqili
pour
l'humiliation ;
d . i celui qui
la statut
11 manque un.- ma,'
lr Williams
•h ta a
oui!
ce que
— Vous êtes parfaitement Informé, monsieur. ■ Les deux Anglais se saluèrent de nouveau
Eh bien, milord, dit sir Williams, je viens vous demander i étn votre compagnon de voyage omme intéressé dans le pari?
Non. mllord, comme amateur.
«— / simplement pour le plaisir:
« — Pour le plaisir, répondit sir Williams. Les deux Anglais se se
Je tous ferai observer, reprit sir Arthur, que le ba-
nimandé pour moi seul, lit moi. je vous demanderai la permission, milord, liez Peter et de lui transmettre de nouveaux ordres, bien entendu que la construction se fera à trais comm ., — Parfaitement, monsieur, et. si vous voulez attendre iim de dîner, nous irons ensemble.
Wl .ne quil était a la disposition de son
compatriote, et Frantz. rassuré sur les - que je lui
avals I .-.-i-. revint me taire part de la conversation.
Deux heures après, sir Williams, en rentrant, me trouva sur la poi ti
« — Vous avez raison, me dit-il, je resterai chez vous jusqu'à dmiaii
ce moment, continua mon hôte, sir Williams parut
np plus calme: il but et mangei nr \ous et
moi aurions pu faire: tous les jours il allait faire sa visite au bateau, qui ai ne d'oeil. Enfin, le samedi matin, il fut fini et exposé a la porte de Peter: de sorte que personne ne put douter que l'expérience n'eut Heu le lendemain.
» Le soir, sir Williams, après son dîner, demanda du paie l'encre et des plumes, e: passa la a ne; le lenden. . il nie fit appeler, me remit deux lettres lune pour TOUS el c'est cellt que je lui- ai remise, et l'autre pour miss .tenny Murdett, et celle-là, selon ses instructions, je lai fait passer en Angleterre ; puis il régla son compte, me paya le double de la somme portée sur la carte, laissa cent francs pour les do
Biles, et se leva pour aller trouver sir Arthur I
moment son valet de chambre e ni les
\.u\ Us venaient faire une dernière tentative
le leur maître, car d awc- tout .e qu'on leur avait
dit. Us regardaient sa mort comme certaine: mais sir Wil
llams lut Inébranlable Vainement ils le supplièrent, se
ses pieds embrassèrent ses genoux ; sir Williams
les releva, leur mi' a chacun dans l:i main un contrat de
rente de cent louis put? les embrassant comme s'ils étalent
ses frères. 11 sortit sans vouloir écouter davantage leurs
- l'attendaient au Faucon d'or où un i n,n t«e
miren' sir wiiii.in s i ., ,i mangea de bon
• iinp'- dura deux lienr, < .ni d. sert, le compagnon de sir Arthur remplit un verre de vin de Champagne, et élevant la main :
\ la perte de mon pari, dit-il; el compter ce soir, a cette même i mille
sterling que j'espère avoir le bonheur de perdre : firent raison i ce toast p
de table, il- vinrent sur le balcon i : encombrée de curieux'; • enu de
Constance d'AppenzaU, de Salnt-Gall, d'Aarau, de Zurich el du grand Badi \ peine parurent \is SUT i,,
I avec de grands cris ; Ils rent. puis str Williams jetant les yeux sur l'horl Milord dit il. l'heure va sonner, n. ors
ips d'à 11 uni. ■ ire et,
endtrent
du Rhin teiteau. le groom du
deux chevaux en main, l'un pour
Il Milvre le bateau, l'autre pour lui
maître. Sir Williams p, s,,- Arthur
i : lord Murdej le nom
e donné,
. i. 'i i tll 1 1 l arque Un grand
lent convertes d
se furenl-il- .pie le
' qu'au Ile a |a mari i m us
1 du Rhin, afin de ne rien
venaient di
-ir William krtbUT, n< avalent pris le
nr *e
Murdey le- suti
muni . i l . i ■■, ndri dans le lointain
EN SUISSE
ments de la cataracte ; sir Arthur appuya une main sur l'épaule de sir Williams, et. étendant l'autre du côté d'où venait le bruit, il lui lit en souriant signe d'écouter. Alors un batelier qui était sur le bord du fleuve leur cria que, s'ils voulaient revenir, il était encore temps, et qu'il se jetterait a la nage pour gagner leur barque et les ramener au rivage. Sir Arthur fouilla dans sa poche, tira sa bourse et la lança de toute sa force au batelier, aux pieds duquel elle tomba ; le batelier la ramassa en secouant la tête. Quant à la barque, elle commençait à éprouver un mouvement plus rapide, et qui eût été le peut-être,
si, pour la suivre, lord Murdey n'eût été obligé de mettre son cheval au petit trot.
« Cependant, plus on approchait, plus le bruit de la chute devenait formidable; .1 une demi-lieue de l'ei où elle se précipite, on distingue, au-dessous de L'abîme, un nuage de poussière d'eau qui, repoussé par les rochers, remonte au ciel comme une fumée. A cette vue, sir Williams tira de sa poitrine le voile vert que je lui avais déjà vu entre les mains et le baisa; probablement c'était quelque souvenir de sa patrie, de sa mère ou de sa maîtresse.
— Oui, oui, interrompis-je, je sais ce que c'est ; allez.
— La barque commençait à se ressentir' aussi de rapproche de la cataracte. Lord Murdey tut oblige de mettre son cheval au grand trot pour la suivre. Sir Arthur s'était assis, et commençait a s'assurer aux banquettes du bateau; quant à sir Williams, il était resté debout, les bras croisés et les yeux au ciel : un coup de vent enleva son chapeau, qui tomba dans le fleuve.
« Cependant la barque avançait avec une rapidité toujours croissante : lord Murdey, pour la suivre, avait été obligé de mettre son cheval au galop; quant aux piétons, ceux qui s'étaient laissé rejoindre par elle ne pouvaient plus la suivre. Quelques rochers commençaient déjà à sortir leur tête noire et luisante hors de l'eau, et les aventureux navigateurs passaient, emportés au milieu d'eux comme par le vol d'une flèche ; sir Arthur penchait de temps en temps la tète hors de ia barque et regardait la profondeur de l'eau, car il y avait des espaces sans rochers où, par sa rapidité même, l'eau, claire comme une nappe, laissait voir le fond de son lit. Quant à sir Williams, ses yeux ne quittaient pas le ciel.
« A trois cents pas du précipice, la marche de la barque acquit une telle rapidité, que l'on eût cru qu'elle avait des ailes. Si vite que fût le cheval de lord Murdey, et quoiqu'il l'eût lancé dans sa plus forte allure, elle le laissa en arrière, comme aurait fait un oiseau. Le bruit de la cataracte était tel qu'il couvrait les cris des spectateurs, et, je vous le dis, ces cris devaient cependant être terribles, car c'était une chose épouvantable à voir que ces deux hommes entraînés vers le gouffre, n'essayant pas de se retenir, et, quand ils l'eussent essayé, ne pouvant pas le faire. Enfin, pendant les trente derniers pas, hommes et bateau ne furent plus qu'une vision : tout à coup le Rhin manqua sous eux, la barque, précipitée au milieu de l'écume, rebondit sur un rocher ; l'un des deux passagers fut lancé dans le gouffre, l'autre resta cramponné au bateau, et fut emporté avec lui comme une feuille; avant d'atteindre le bas de la cataracte, on les vit reparaître, tournoyer un Instant, et s'engloutir. Presque au même instant, des planches brisées parurent à la surface de l'eau, et, reprenant le courant furent entraînées par lui vers Kaiserstuhi Quant aux corps de sir Williams et de sir Arthur, on n'en entendit jamais reparler, et lord Murdey payera les vingt-cinq mille livres sterling aux héritiers de son parte,
« Voilà, mot à mot comment la chose s'est passée, et il n'y a pas longtemps de cela : c'était dimanche dernier. »
J'aTais écouté ce récit tout haletant d'intérêt, et son dénoûment m'avait anéanti. Je pensais bien, lorsque sir Williams me quitta si brusquement à Zurich, qu'il nourrissait quelque mauvais dessein; mais je n'aurais pas cru que l'exécution en dut être si tragique et si prompte. Je me reprochais mon voyage dans les Grisons, et cette . ■ 1 1 . 1 chamois qui m'avait détourné de ma route si r mon premier itinéraire, je serais arriv n deux
ou trois jours à peine après sir Williams, et je ne pas que je ne 1 eusse empêché de tenter la folle entreprise dans laquelle il avait trouvé la mort Au reste, 11 était évident s cette circonstance, il n'avait pas eu
d'autre but que d'échapper au suicide pa Ident,
et j'aurais méconnu son intention que sa lettre ne m'eût laissé aucun doute: elle était simple • omme
l'homme étrange qui lavait écrite-, la voici:
« Mon cher compagnon de voj
« Si j'ai jamai- de vous avoir qui
de vous un congé plus amical, c'est a cette heure -urtout, où ce congé se change en adieu. Je vous ai ouvert mon vous y avez lu comme dans un livre; j'ai fait passer sous
vos yeux toutes mes faiblesses, toutes mes espérances,
Mt ures : Dieu et vou [U 11 n'y avait de
bonheur pour moi sur la terre que dans I amour et 1 1 de Jenny ; aussi, lorsque vous avez lu qu'elle a] 1 un autre, et que tout es] ] 11 lu déSOJ
pour moi, ou vous me connaissiez ma avez dû
deviner à L'instant que Je ne sui te nou-
velle. En effet, tout fugitif et errant m il me res-
tait toujours au fond du cœur cel espi qui soutient le condamné jusqu'au pied de ad. Cet
espoir illuminait des horizons (antastlqui comme ceux qu'on découvre dans un rêve, mais 11 me semblait toujours qu'en marchant dans la vie. je finirais jar les atteindre: voilà que tout à coup le mariage de tire u; moi et l'avenir; voilà que mon
s'éteint, que je ne sais plus où je vais, et qu'aulom tout est ténèbres I dése potr Vous voyez, bien, mon
qu'il faut que je meure; car, que ferais-je d'une vie aussi solitaire et aussi décolorée?
« Mais, croyez-moi bien, cette résolution de mourir n'est point chez moi le résultat d'un paroxysme douloureux et aigu; je ne me s Lue ni pour les hommes, ni pour
les choses, et. loin de maudire le Seigneur de m'avoir fait aussi incomplet pour la vie. je lui rends grâce d'avoir ouvert au milieu de ma route une porte qui conduise au ciel. Heureux, je ne l'eusse point \ue, et j'eusse continué mon chemin; malheureux, elle nfou eule voie qui
me promette' le repos : il faut bien que je cherche l'ombre, puisque mes regards n'ont point la force de se fixer sur le soleil.
« Adieu ! Cette lettre fermée, j'écris à Jenny : à elle ma dernière pensée; elle saura qu'il y avait sous relie enveloppe ridicule, dont elle a tant ri sans doute, un cœu et dévoué, capable de mourir pour elle. Peut-être eût-il été plus généreux et plus chrétien de ne point attriste bonheur de cette nouvelle, toute indifférente qu'elle lui sera sans doute; mais je n'ai pas eu le courage de la qutl ter pour toujours en lui laissant son ignorance et en empoi tant mon secret.
« Adieu donc encore une fois. Si jamais vous allez en Angleterre, faites-vous présenter chez elle; dites-lui que vous m'avez connu-, dites-lui que. sans qu'elle le sût. je lui avais juré de mourir le jour où je perdrais l'espoir de la posséder, et que, le jour où j'ai perdu cet espoir, je lui ai tenu parole.
« Adieu, pensez quelquefois à moi, et ne riez pas tr ce souvenir. -
La recommandation était inutile ; deux grosses larmes coulaient de mes yeux et tombèrent sur la terre.
En effet, qui eût osé rire en face d'une pauvre organisation si faible pour la vie et si forte pour la mort : il y avait pour moi dans cette existence solitaire et Incomprise quelque chose de tendre et de touchant, un long martyre moral, qui avait une auréole plus religieuse et plus sainte que toutes les douleurs physiques, et une humilité qui. en se courbant, devenait plus grande que l'orgueil.
Je résolus de consacrer le reste de la fournée à I moire de sir Williams: je réglai mes comptes ave.- l'hôte, je chargeai Francesco du soin de faire transporter mon portemanteau jusqu'au château de Lauffen ; je pris mon bâton ferré, et je sortis de Scliaffausen seul a ver misées, suivant lentement le bord du Rhin, aujourd'hui si solitaire et si silencieux, et. il y avait quelques jours, si
peuplé et si bruyant, pour regarder deux hommes
allaient mourir.
Jainv.ii bientôt 1 l'endroit où le bateau avait été amarre |e rat otinus le pieu fiché en terre et le bout de corde flo dans l'eau: j'arrachai un échalas d'une vigne, et le le Sans le Benve pour voir quel était son cours Un 1 l'avait dit l'aubergiste, il était peu rapide an où rien ne fait présager encore le voisinage de rarte. Je continuai mon chemin.
Au bout d'un autre quart d'heure de m II
..in ..m bruissement s a 1
rie lieue de l'endroit où Je me trouva orage lointain. Je continuai d'ava , ., ça, al le bruit devenail plu
nitre circonstance. n> 1 cu-
riosité, éveillait en moi 111 ment, un coup di levait
au bord de la route quelque mne :
elles allèrent tomber sur
emporta, aussi rapide el 1 avaH era-
porté ces deux homm
Blenti poussière m Ii produit
venait de plu ques rochi ra ans 1
bizarres sortaient leur "une des caïmans
éludait en se bris à la
lu'elle allait Caire i e. de
unl( - . omme une s a eme
m niière
. ote, qu'on aurai! pu ■ Jont a
.... e-ntin J ai, " couP. le
iant au neuve, il si ' •- se«»e masse
ut ■ r de trois cents,
an fond d'un abîme de •
On bien J'ai mal ;b'e m'avait inspiré -ir Williams ou 1 ce l'ue J erreurs! a .et as] '« Immense, qui.
en tou m,:" quun effet
Il tem ur . 11 me
- devenait tout a coup m ' "niant furieux,
j ,,,,,., ; - le* rugissements
-l'iic par la cal . roulais d'abîme en r êl luffé, rompu, brisé. On - quelquefois, puis on se reveille au roll mourir on reprend ses • convaincu qu il est impossible que l'on , pareil danger i-:n bien, ce dans il hommes l'avalent couru; ce* bon*
souffertes; sen-
tes, dévorés; ils avaient ri ;i r... lier, (touffes rompus, brisés, e< ne s'étaient pas , m.. ment de mourir.
Je restai comme enchaîné à la partie supérieure de la