I. liiiuiiii : éprouvai d'avoir fait do lieues
liei ' tarait des ras d rue Saint-
SI que. le lendemain aussitôt mon déjeuner, je quittai
i auberge de '" Cigoo du La veille au
soir; Je continuai ma route par QRen, Jolie petite ville du
de vol. me située —ni le- bords de l'Aar, et dont les
elols un monument n Tfbère-Claude
Néron, ■;.(..! vtam pn Jurassi valle: duxil Comme il
que i romaine, je ne m > arrêtai que i. temps de faire souffler le cheval, el
ils i es de l'après-midi J'arrivai .i Soleure il un-
Juste le temps pour aller \.ur coucher le
surtout di qu'au contraire des nionlagi llpes le Welssenstefn,
qui appartient a jn degré de civilisation
"i, voisin o. ' de I i ' ni- ar
ii n'a qu'à - mettre dans une b ,i,i !,,,■ i , la vous
pi u moins , lu r que si vous t.n-
< . u. no un guide Ce mode .le to-
i 'n ni 'allait d'au immançais à être
- les |ours dirai-
oui les m ' ■ avals tant
dan vraiment
oeu de ibllud - pro\ Identlelles, la mell-
lUl
• remarqu
li m u i I au i route il répondu M '■ ' le pi
EN .SI [SSE
Comme je n'avais i^s pris le temps île manger à Soieure,
je recommandai a madame Brun ■— e de donner
tous ses soins au dîner qu'elle allait nie servir. Elle réclama une heure pour taire un chef-d œuvre, et me demanda si je ne voulais pas mettre celle heure ;i profil en montant sur le sommet du Kotbitlue. Je frisson qi mes membres; Je
crus que j'avais été abominablement voie ; que la montagne où jetais doucement parvenu n'était qu'une déception, et que j'allais être condamné à en monter nue autre avec mes propres jambes: mais, en me retournant, j'aperçus, S tu. vers les portes de la cuisine, un horizon si -i ma-
gnifique, que je me rassurai un peu. Je demandai alors ce que je verrai; de plus en haut du Rothiflue qu'en haut du Weissenstein , on me répondit que je verrais les vallées du Jura, une partie de la Suisse septentrionale, la Foret-Noire et quelques montagnes des Vosges et de la Cote-d'Or ; a ceci je répondis une. depuis quatre mois, j'avais vu tant de montagnes, que je me figurais parfaitement ce que ci pouvaient être, et que je me contenterais du panorama du Weissenstein.
En échange, je demandai s'il serait possible de me pré-
I c un bain: madame Brunet me répondit que c'était- la
chose du monde la plus facile, et que je n'avais seulement qu'à dire si je le voulais d'eau ou de lait.
Dans les dispositions de sybaritisme où je me trouvais, on devine ce que celte dernière proposition éveilla en moi de désirs ; malheureusement un bain de lait devait être une volupté d'empereur qu'un banquier seul pouvait se permettre. Je me rappelai les mesures de lait parisiennes qu'on déposait à ma porte le matin, et que mon domestique additionnait mensuellement, les unes au bout des autres, à soixante-quinze centimes chacune, et je calculai que, surtout pour moi. il en faudrait bien douze ou quinze cents, et cela au minimum. Or, douze cents fois soixante-quinze centimes ne laissent pas que de faire une somme. Je nus la main à la poche de mon gilet, faisant glisser, les unes après les autres, entre mon pouce et mon index, les cinq dernières pièces d'or qui me restassent pour aller à Lausanne; et, convaincu qu'elles ne pourraient pas même suffire pour acompte, je demandai vertueusement un bain d'eau.
— Vous avez tort, me dit madame Erunet : le bain de lait n'est pas beaucoup plus cher, et il est infiniment plus bienfaisant.
J'eus alors une peur, c'est qu'à cette hauteur, le bain d'eau lui même ne fût hors de la portée de mes moyens précuniaires.
— Comment ! dis -je vivement, et quelle est donc la différence ?
— Le bain d'eau coûte cinq francs, et le bain de lait dix.
— Comment, dix francs! tn'écriai-je. dix francs un bain de lait ?
— Dame, monsieur, me dit ma bonne hôtesse, se trompant à. l'intention, ils sont un peu plus chers dans ce moment-ci. parce que les vaches redescendent : aux mois d'août et de septembre, ils n'en coûtent que six
— Comment! mais, madame Brunet, je ne me plains aucunement de la somme; faites-moi chauffer un bain de lait, et bien vite.
— Monsieur le prendra Ml dans sa chambre ?
— On peut le prendre dans sa chambre?
— C'esl a voloi •
— En du.
— Sans doute.
— Pn - d la fenêtre?
— a merveille
— En regardant le coucher du soleil?
— Partait' '
— El le diner sera mangeable avei tout cela" Mais c'est un paradis que voire auberge, madame Brunet!
— Monsieur, me répondit mon hôte se en me faisant une
nce le prends des pensionnaires el tais <ies remises sur les prix quand on reste quinze lours.
Malheureu ne pouvais profiter de l'offre économique que me faisait madame Brune! le i tl intal dom
de lui recommander la plus grande dllige i. montai
dnn« ma chambn Comme il n \ avaii que » le voyageur,
on me donna la plusgrandeet la plus omm ide j'allai au
bal i i'avoue que. quolqui familiarisé avec les pins
belles vues de la Suisse, je re ta Imiration devant
ci Ile
Qu'on se figure un demi-cercle de cent cinquante lieues, borne a droite pai i gr inde i haine des Upes i par un horizon lm nensui tbli dans leqi nfen
tr°is ri i" lai s, douze i llle . quai i Uagi
cent cinquante-six montagnes, tout cela subissant les varia
Unns di ii ère d un corn hei de soleil dam tout cela
vu d'une bal i adhérente à une table couvert" d'nn exrell m , i, ;,„ic tdéi du | ma du Weis-
senstein. .in onvei lai le mi U] slbles;
quant à mol, 11 me parut magnifique
Cependant Je D'osé le I lan ma réligloi
l'exactitude de la vérité, le ; Se de l'influence du bain
ci du dîner Je dormais du plus beau el du lus ilnl sommeil, quand
le lendemain, ETan mtra dans ma ch; a quatre
du malin ; il avait m | ivals vu le
du soleil |e ne ivals c ,.,■ q,, voh
son lever pour faire pendant . comm ailé, je pen-
- 'i a [ue j'avais de mieux à faire le me ranger
a son opinion Biais j'avais pris dans l'auberge de madame Brunet des
aabiti Ii rbarite; de. sorte qu'au lieu de m lever je fis
1 ,; r mon m auprès de la fenêtre, si je a me
donner la peim d ouvrir les yeux pour jouir du même spectacle que sui i i ..uihoru et le Rlghi, m'avait i (il fatl ml de peines. Malgré le laisser-aller de mes manières le soleil ne me fit pas attendre, il se leva avec i ignifleence ordinaires, faisant étinceler commi ilne il ense de glaciers qui s'é-
tend depn Blanc jusqu'au TyrôL Je suivis tous
lumièn de son retour comme j'avais suivi toutes les variations de son départ; puis, lorsque cette
lanterne m ij iqui mi i use i m ;a de me latiguer
par sa sublimité même, je fis fermer ma fenêtre, tirer mes rideaux, repousser mou lit contre le mue, ci, fermant les yeux, je me rendormis comme suc un rêve.
Comme, après une démon rat! , presslve, personne n'osa plus rentrer dans ma ch; e, |e cm réveillai
bravement à midi; j'avais dormi seize heures, moins les quarante minutes que j'avais employé. aer le lever
du soleil
H n y avaii pas de temps à perdre si je voulais visiter SOleure avec quelque détail : aussi je lis : uue
heure et demie après, je descendais a la porte de la ville.
Elle est d'une forme parfaitement carrée, el la mieux fortifiée de la Suisse; une vieille tour, que les habitants disent romaine ri antérieure au Christ, est, je crois, du \n" ou du vin" siècle. Elle s'élevait d'abord seule comme l'indique son nom, Solothurn ; mais peu à peu les maisons vinrent s'appuyer a elle, et. se rassemblant sous sa protection, formèrent une ville qui offre cela de remarquable, qu'elle pn cède en tout, par le nombre onze: elle a onze rues, onzi fontaines, onze églises, onze chanoines, onze chapelain onze cloches, onze pompes, onze compagnies de bourgeois et onze conseillers
Soieure possède l'arsenal le mieux organisé de toute la Suisse la première salle contient un paie d'artillerie d. trente-six canons: elle est soutenue par trois colonne, chargées de trophées; la première est ornée des dépouille- d.
Mo rat elle porte une bannière du duc de boni
drapeau des chevaliers de Sainte. 'ges; la seconde est un
souvenir de la bataille de Dornach, et I ■,■ .,.,
11 'la t«e les aigles d'Autriche ; enfin la troisième conserve
deux drapeaux pris, à la bataille de Saint-Jacques, mu notre roi Louis XI.
La. sec le salle est celle des ru-iis elle en contenait
l'époqu m- la, visitai, six mille parfaitement en état et
PrêtS a el ee diSl rll - en eas de besoin.
La troi n ne esl celle des armures deux mille armures
Complètes des XV". XV|f et XVIII" siècle , . m , m Jja
sard, sans aucun ordre e( -an, au ■ ■ - ienci >» milieu de
l'arsenal S'élèvi une table ovale autour de laquelle sont assis treize guerriers figurant le, treize canton: Les Suisses
oui Choisi pour babiller les mannequin- qui les ivpre-i i
treizi " au lossales qui semblent avoir appartenu ..
une race de Titans Cela me rappela Uexandre, i
rri a et l'olj mpiade de son c
mor !e van ,1 me -r.Ml.lo.i | ,1e .......
postérité mei urâ1 la taille de ses guerriers i i montures. '
E mii .le I ,,e en:, s allamm > [site] le , n
'I'' Scbouzei ii , ....u- s e ,, , onduits par un p l
politiqn ! il retienne la tombe de Ko-, m
ineni formant un carré long, .a sur lequel
épllaphe :
\ [Si THADD Iti.
m t.. . c xv'iir.
Comme la ville n 'ol m
au ■ enme que i 1 1 al
In ne m.i I |i I ' m I i il i . . I ■ .. , , ,. .
tieu du soir, et J 'a i heure du mat ii
lit : li ,ie| ae I" <
te : ; mm se
sur i ■ ntêe d'un t roupe qui I
ni représente un ang
N'DBE DUMAS II.Ll STBE
me i
e poux qi "ne
• pour aédailles me partie fv ■ m m ■ e (ut l'aubergiste qui n ■< dans
s à m ennuyer ;
Le lendemain ; '"' "
avance entre Nidau et ibarquement, nous embrassâmes
Bli m ; des plus jolis
h prê des tou Rousseau dans son Ile de Saint-Pierre.
... qi ■:,- le même
■ rs :i Ermenonville, A I
, m aoi villi les i" upliers qui sont
rands que rit indl
i plus grande qu ers. 1 Ile est,
.iti reste, el pour plus de précautions, ceinte d'un mur rie
bul de lui donner de la i .mi que, dans qui loue crue du lai pas éi nouer
me ii demeure flottan I me.
Notre navigation, poussée par li veni du nord-esl êtaii
d tnte \n noi d la liai ne dn lu uverte de
dans de hêtres et de chênes dans ses
venait mirer sa pente couverte de vignes : - dans i .i/iu- de l'eau. Au midi
i olliues sans noms, di qui lies se i >rat, et au-di ssus desqi
dent, cornu nx di grandes
Unes; i mbreuse et calm
Ile de San,: Pierre et derrière elle la ville de i i bat le
. i di ni : is malsons semblent limont pour ,, m on plateau.
Peu i qui le lac di Etienne i
mosphêrlque a donné lieu -i une cou
tume de laquelle mes bateliers n'ont pu me
donner l'explication Le receveur de l'Île Saint-Pierre, qui
appartient a i hôpital de Bei do < ire de noix au
■ i Mm .ni I i aide de la i route de glai e qui
ni lou lours un habitant lui remporte i •• prix . mais aussi peu â ann
déplorer 1 1 perte de quelque a trop pressé sou- lequel la gla i pi
u i ne reparaître qu au Il est i rai que la mesure de noix vaut nu tue imit ba Nous abordante l piei re après nne heui
u près i
■ n gauche un pi
où est la chambre di ■ vénération
solives par une échapi d lus
il aux tables el aux
i., ,,,„ |e de i ■ placée
aux
bé
Ui //■
qu'une leuli
1 Al
i \ in s miii i r
li ml lu ure poui » l
nu pris m ot dulre, pat
, nt en route pour Neuenatel, que nom
i - au bout tle trois heures de marche, en sortaut
i . i ité, sous un point de vue
loi! au vieux château qui lui a
lait, il y a treize ou quatorze cents ans. donner son nom de
uneul ii une langue Ue terre chargée de labrtques,
qui s'avance dans le lac, et aux jardins qui entourent ces
- et donnent à i haj une d ailes i aspect d'une villa.
nuit au caractère du paysage, c'est la
couleur jaunâtre des pierres avec lesquelles les murs sont
bâtis, et qui donne a î.i \ille l'apparence d'un immense
,,in, ,ii taillé dans du bi
Nous entrâmes dans Neuehatel par une porte de barricades; elle datait de la révolution de 1831. Cette révolution, conduiti par un homme d'un grand courage, nommé Bourquin, avait pour but de soustraire la ville au pris de la Prusse et de la léunir entièrement à la Confédération
Il est vrai que la position de Neuchâtel était étrange, dépendant a la fois d'une république et d'un royaume ; envoyant deux députés a La diète helvétique, et payant une contribution à Frédéric-Guillaume; ayant sa noblesse et ni relèvent d'elle, et qui sont royalistes, et sa es paysans, qui ne relèvent que d'euxmêmes, et ■ i • 1 1 sont républicains.
\u moment où j'arrivai a Neuchâtel, le procès de propriété se plaidait encore: les Xeuchâtelois, Ignorant ce qu'Us étaient, attendaient de jour en Jour la décision qui les ferait Suisses ou Prussiens cependant, les h. me s et en présence, et la garnison du i ssus de la
u duquel les insurgés avaient été briser la couronne et le pattes de l'aigle qui porte sur sa poitrine l'écusson lidêi.-ii n'osall descendre dan- la ville; le soir des chat séditieuses se chantaient a liante voix dans j, .
- étalent un véritable appel aux ar - Le moment
était lieu favorable pour recueillir les légendes ou les tradllions; tous les souvenirs * aient venus se fondre dans celui de la révolution, et les seuls héros de Neuchâtel étaient, , époque quelques pauvres gens prisonniers en Prusse, dont les noms, localement célèbres, nom pas franchi l'es
murs de la ville i r laque] ont dévoués. Missi ne
resiai-je qu'une nuit a Neuchâtel : d'ailleurs, a l'autre bout du lac m'attendait Grandson. avec .ses souvenirs héroïques du \i\ ' et du w siècle.
\..u- "de dan- noue premier volume, comment
ndson dont l église de Lausanne garde le mausolée, mi nie eu champ clos, a Bourg en Bresse, par Gérard bli ssa d abord el lui i oupa vivant encore, les deux mains, suivant les conditions du combat. enant il nous ri d ri comment le noble duc
le Bourgogne fut outrageusement battu et défait - lionnes gens di i ne grande quesl ion se débattait n - la fin du
de la monarchie et de la grande vassalité ' premier abord, èl en examinant les champions qui repi ei lent les deux principes, les cha semblaient peu douteuses, et les prophètes superfl lais eus ■ m cru pouvoir prédire d'avance de quel coté serait la vie i hommi de la royauté était un vieillard portant In
urbél plutét encore par la fatigue que par lace, habitant un château fort situé loin de sa capitale, n'ayant autour de lui qu'une petite garde d ossals, un
barbier dont u avait fait son ministre, un grand i dont il avait fait sou exécuteur, et deux valets dont il
avait fait se- bourreaux II des
chimistes et des i leelns Italiens et espagnols qui passaient
lein vie dan- .les laboi noires souterrains Ils y prépa-
di - breut nus; de temps an
temps, us étalent appelés par le roi qu'ils trouvaient i baqua
fols agi li vant rira i u itnt ou de
i hiiniste causaient a voix I m pli rose- ,.t saintes sans
u leui entretien étail fréquemment interrompu
.les topux , puis, un présent conférence mystérieuse on entendait u ion.- pnii roi. et qui
:i une rud i était ti épassé subl-
. mbl lit -es boIi Iqii rnnd baron, dont la grossesse.
i I par Dieu et la
■• grand m ri ali était accouchée
l un enfant mot i Vussltij
allait taire un pi ns de
oit au ne nt .Sainl il , la , rolx de Saint-
"it a N.- i in,!, mu . et l • o voyait alors
de s.-, tant rte d't bonnet de
- b vêtu d'un Jusl m irps de
l i, ',. . i dé de
61 armé ■• I mi ,:> , ,i légère ép*e.
EN SUISSE
ce roi étrange, qui semblait le dernier des bourgeois d'un de ses bonnes villes, et que le peuple appelait le renard du
Plessls-lès-Tours
L'homme de la féodalité, au co dans la force de l'âge,, portant hauti
et couronnée; habitant des palais magnifiques ou des tenti somptueuses: toujours entouré de ducs si de princes vant comme un empereur tes ei voyés tagne. les ambassadeurs de Venise et le nonce du pape
rendant et faisant hautement et publiquement |ustlc<
vengeance, et frappant en plein soleil de la hache poignard. Sa préoccupation, à lui. était de ressusciter il son profit l'ancien royaume de Bourgogne, qu'on appelai
la Cour-Dorée. Il avait en propre le Maco harolals
et l'Auxerrois ; il comptait forcer le roi René ù abdiquer en sa faveur le duché d'Anjou et le royaume d Arles 11 conquis la Lorraine, il tenait en gage le pays de Ferrette et une partie de l'Alsace; il avait acheté poui mille florins le duché de Gueldres; il convoitait le duché du Luxembourg; il tenait prêts et exposés dans l'église de Saint-Maximin le sceptre et la couronne, le manteau el la bannière; celui qui devait le sacrer était choisi, et c'était Georges de Bade, évêque de Metz": il avait parole de l'empereur Frédéric ni d'être nommé par lui vicaire général, et en échange il lui avait promis sa fille Marie pour son fils Maximilien. Enfin, il étendait les bras pour toucher d'une main à l'Océan et de l'autre à la Méditerranée, et chaque fois qu'il se montrait à ses futurs sujets et. qu'il parcourait son royaume à venir, c'était sur quelque cheval de guerre dont l'équipement avait coûté le prix d'un duché, ou sous quelque dais d'or humblement porté par quatre seigneurs ; et alors les peuples, qui le regardaient passer dans sa magnificence, pensaient en tremblant a sa force. à sa puissance et à sa colère, et se rangeaient sur son passage en disant :
— Malheur à nos villes, malheur à nous! car voici venir le lion de Bourgogne.
Ces deux hommes, qui se trouvaient ainsi en face l'un de l'autre et prêts a lutter, c'étaient : Louis le Rusé et Charles le Téméraire.
Voici quelle était la position du roi de France
11 venait de signer un traité avec le duc de Bretagne allié incertain, qu'il ne maintenait dans son amitié que par l'or et les promesses : il venait de renouveler les trêves avec le roi d'Aragon. 11 avait fait assassiner le comte d'Armagnac, qui cherchait à introduire les Anglais en France . fait avorter la comtesse, qui était enceinte, et s'était empai'é du comté. Il avait empoisonné' le duc de Guienne. et réuni son duché à la couronne ; il avait mis le duc d'Alençon en jugement et confisqué ses seigneuries ; il avait fait exécuter le connétable de Saint-Pol et aboli sa charge; il avait fait assiéger le duc de Nemours dans Cariât : enfin il venait de marier sa fille Jeanne â Louis, duc d'Orléans, et sa fille Anne à Pierre de Bourbon, sire de Beaujeu. En ce moment, c'est-â-dire vers la fin de l'année 1473. il s'occupait de réconcilier l'archiduc Sigismond avec les Suisses, faisant offrir à l'un l'argent nécessaire pour le rachat de son duché, et aux autres de les prendre à sa solde. 11 envoyait une ambassade au roi René pour produire les anciennes prétentions qu'il avait à titre de créancier et d'héritier, par sa mère, de toutes les seigneuries et domaines de la maison d'Anjou, et les nouveaux droits que madame Marguerite, reine d'Angleterre, qu'il venait de délivrer par la paix de Pecquigny, y avait ajoutés encore par la cession entière qu'elle avait consentie de tous ses héritages dans la sui
sinn du roi Renc Puis, tous les troubles apaisés à i lei
et au midi, tous ses filets tendus a l'orient et au nord, il prétexta, comme toujours, un pèlerinage, choisit Notre Dame du Puy-en-Velay, qui était célèbre par une image de la Vierge, sculptée en bols de Séthlm par le proi Jérémle, et. le 19 février 1476. il partit du Plessls-lès-Tours dans cette sainte Intention : mais, ayant reçu de grandes nouvelles, il s'arrêta a Lyon L'araignée était au centre de sa toile.
Voici maintenant quelle était la position du dm de Bour- -
il venait de conclure un traité d'alliance avec l'empereur
Il s'était empare de la Lorraine , II avait fait son entrée .. Nancy, ayant le duc de Tarenie. fils du roi de Naples à
droite, le duc de Clèves à sa gaui I -a suite le comte
Antoine, grand bâtard de Bourgogne. les comtes de Nassau, de Marie, de Chimay et de Campo Ba iso il • omptalt parmi ses généraux Jacques, comte de Romont. om le du jeune due régnant de Savoie, et. parmi ses dévoués Loui évêque de Genève : il avait i . , ,, Le dm de Milan, au
fils duquel il avait promis sa Bile, déjà promise au duc ,r> Calai, re et a l'a rrliiilue Maximilien ; il venai d 'obtenir du roi René la parole quai le nommerai ritiei enfin,
dispos,-, nt du pays de I h,. qU| |Uli , - i-ï par
le duc Sigismond, il y avait envoyé un gouverneur, Pierre
de Hagembach, qui rand courage à la
guerre, mais violent lu et cruel: du reste, cour-
i m de l'ambition du due . .uns ,-i de ses piu-
5 Tout lui parais- u paré a merveille pou
faire la guerre au roi de Frai l , ie les mêmes nouvelles qui avaient arrêti Loui i nt Charles i Nam •
ne nous l'avons du, Pierre de 1 ..... avait eu e comme gouverneur dans le pays ii [l y
était Insolemment entre, suivi de son arm édé de
quatre-vingts hommes d'armes marchan sa livrer, qui était blanche et grise, ai d argent, et ces deux mois Je passe. Vie- ,], ,,, ditiuns de la mise en gage du pays de Ferrel ne les
es des Miles et des habitants seraient cons i
première chose que fit le gouverneur, au mépris gagement. fut de mettre un pfenning ..le taxe -m nique pot de vin qui -, devait boire, Il interdit la i
i pendant une prérogative inalién ib puisqu ils i taienl possesseurs libres de leurs terres u i..n , des bai- flans [, , ,, , ,,,,, s'emparèrent des mari
et déchirèrent les habits des femmes jusqu'à ce qu'ell sent nues; u enleva des maisons paternelles de jeunes filles
'l'ii n'étaient pas nubil - encore : il i
donna a ses soldats, comme un butin de guerre, des épouses
du seigneur. Il s'était emparé hàl irtembourg
tout le val de vuier, qui appartenaient aux Strasbourg -
Il avait lait des courses dans les principautés des sei-i iuj de l'Alsace et des bords du P.hin, et dans les évêchi prélats de Spire et de Baie ; il avait amie , nus ., rançon un bourgmestre de Schaffausen ; il avait planté l'étendard de Bourgogne dans la seigneurie de Schi qui appar-
tenait aux gens de Berne, et lorsque ceux-ci avaient réclamé contre cette violation des Ligues, il avait répondu nue s'ils nu se taisaient pas. il irait a Berne écon lier leurs ours pour s'en faire des fourrures; enfin un de ses Lieutenants gneur de Haendorf, avait fait prisonnier un convoi ,i chands suisses qui se rendaient avec leurs toiles ,, ,, i,,,,,. de Francfort, et les avait conduits au château de Schuttern
De si grandes et si outrageuses insultes ne pouvaient durer: les bourgeois de Tliann réclamèrent contre l'impôt, et envoyèrent une ambassade de trente bourgeois au gouverneur ; le gouverneur les fit saisir par ses soldats, et ordonna de leur couper la tête. Quatre avaient déjà si,! ce supplice, lorsqu'au moment où le bourreau levait sur le cinquième, sa femme poussa de tels cris, qu'ils. émurent les spectateurs; ceux-ci se précipitèrent vers l'échafaud. tuèrent le bourreau avec sa propre éjiêe. et mireni en liberté les vingt-six bourgeois qui restaient a exécuter
De leur côté, les gens de Strasbourg avaient appris qu'un convoi de marchands qui se rendaient dans leur ville avait été arrêté sur leurs terres, les marchandises pillées marchands ion, buts au château de Schuttern or. il- | daient déjà rancune au gouverneur de la prise d'Ortem bourg et. du val de Viller, lorsque cette dernière violation do tout droit combla la mesure. Ils se réunirent, s'armèrent tombèrent a l'improviste sur la forteresse dont Hagembach avait fait une prison, délivrèrent les marchands suisses et les emmenèrent en triomphe, après' avoir rasé le château du Gessler bourguignon.
Au milieu de cette effervescence et de ces haines croissantes, il arriva que Pierre de Hagembach oublia de payer un capitaine allemand qu'il tenait, à sa solde avec deux cents hommes de sa nation Celui-ci. qui se nommait Fie. Woegelin et qui était de pente taille et de mince apparem avant d'abord été garçon tailleur, monta chez le gouvi neur pour réclami p ce qui était dû a lui et à ses hommes Hagembach répondit ;ï cette réclamation en menaçant dérii Woegelin de le faire jeter à la rivière: le , ipl descendit, fît battre le tambour. Hagembach, entendant appel a la révolte, se précipita dans I,, , main, pour Hier lins dent qui osait lui i soldats allemands présentèrent leurs lo ■ ■•-. les
bourgeois saisirent des haches et des fau
luri lies et des broi lie- Hagembai h, al lo
- qui lavaient suivi, s, sau a sitôt Woegelin l'y poursuivit, le nt i remit
aux mains du bourgmestre Le même jour, les Flamands qui tenaient garnison, i iverneur
pris, la révolte géni
fendre, entrèrent en i mandèrent i se retl
rer avec la vie sauve - : pet il < iccordéi
Au-sitot les gens de s i i rendre po
s lu i hateau ,i i e i al de viller
Le duc Sigismond | n cepta lai
gent que lui offra u nom du roi d
Strasbourg et de ' i : er m duc Charles qu
nait ce reiin> iui position, et. sans attend]
repnn n .i l'.ptingen avei deu
tue reprend a. , doma mes Le noi
landvo-. tut tut te pays renti
sons la | de son ancien s
rs le temps de ,,,,,• rirent qu uni Ivranee
.•i île la résurrection i leur.
• le tout
rire avait ■ ^rnestre
A peine cetb i fut-elle connue,
i i. qu'une
. ra de urati ' ,|UL la leur
a qu'elle ;'" "la 'i"e des
mges. élut parmi : " réuni-
Fribourg en Bris-
- luges, qui . i lit seize chevaliers
pour
i-terneut se répandit, et les ornées envoyèrent alors non pas . i ■. mais une pal popu 1 11 jugement Lie son cachot, situé
ii le porte, le prisonnier les entendait quels étaient ces hommes. Le .lient île- gens assez mal velus, i montés sur des
i ii ces paroles Hagembacn
i lall y Dieu - ce sont les Sui— s que j'ai tant
mai Dieu, Seigneur, ayez pitié de m
'in vint le chercher pour Lui donner la torture
:; i oomme un homme fort et brave <iu il étau.
n sinon qu'il n'avait lait qu-'exe-
Ires 'tu il avait reçus el que son seul juge et
■ ut souverain étant le due Charles de Bourgogne, il
e laissait pas d autre,
que la question fut on conduisit l'accusé
sur la place OÙ il y trouva, outre le
tribunal, un aci 11 fut Interrogé par
ré| in comme il avait tait à ses tortionnaires;
usateur se leva el demanda sa mon son avocat
plaidant i r sa »!
emmena de
.;■ douze heures
Enfin s Bept heu - Le firent rapi
sur la place publique au milieu d'un auditoire de trente
nulle BOUS la voûte du ciel et le regard de
le tribunal rendit Is qui condamnait Pierre
de il ] e i î.i in ne- enti ndlt
d un visage Impassible, et la seule grâce qu'il
ada (m d'avoir la iete trancb.ee, alors huit exécu-
renl car Las villes avalent envoyé non seu-
mais eni ore des bour-
trlbunaJ n que le oholx à (aire Le
■ n i' Colmar fut préféré oomme étant le plus adroit.
\l"i chevaliers se Levèrent a leur tour, et le
plus Irréprochable d'entre eux demanda, au
«ir l non n- de L'ordre, qui mesatre Pierre de
miiai h lut dégradé di sa dlgnlb - honneurs.
■ i ut de l'empire, s'avança rade, et dit
liait grandement que ie mortelle, de façon qu'il i Donneur que vous i
nul la dm . aevalerle; car votre devoir était
■n serment de pro
engagé à resi ei
leur dp !
ilnsl forfait au
ignés ;
s, mi
i nom du.
ngen.
i i du
ment qui
• ii..- .,
onttnua t U, M * ,■ u
iple, et vive/ nobl di Dieu dans la dlgnlti
nom illa reprendre sa i
Thomas Srhutz. prévôt d'Ensisheim, se leva à son tour, et s'adressant au bourreau :
— Cet homme, lui dit-il, est à vous . laites selon la justice.
dites le.- juges et Les chevaliers montèrent
val el le peuple suivit. En tête eue escorte
pied et entre deux prêtres, Pierre de Hagem-
iit à la mort en soldat et en chrétien, avec
un visage calme et un cœur pieux Arrive a la place où
. faire L'exécution cette place était une grande
es de la ville il monta d un pas ferme sur
il fit signe au bourreau d'attendre que chacun
pût pris place pour bien voir ; puis a son tour il éleva la
voix et dit
— Ce que je plains, ce n'est ni mon corps qui va mourir. ni mou sang qui va couler; mais ce que je regrette, ce sont les malheurs que fera ma mort : car je connais monseigneur de Bourgogne, et il ne laissera pas ce jour sans ven-
vous dont j'ai été le gouverneur pendant liez ce que J'ai pu vous faire souffrir par Base ou par malice, rappelez vous seulement que j'étais homme, et priez pour moi.
i baisa le crucifix que lui présenta le prêtre, et tanin tête, qui tomba d'un seul coup:
■ ni faite, 1 archiduc Sigismond, le margrave de, les villes de Strasbourg, de Colmar. de Haguenau, H. de Miilliauseii et de Bade entreront en négociation ave. fies ligues suisses, ci. se réunissant contre le danger commun, signèrent une alliance pour dix ans.
Puis les seigneurs de l'empire, traversant en allies cette Suisse dont il- avaient été cent cinquante ans les ennemis, chevauchèrent jusqu'à Zurich, s'embarquèrent sur le lac. et an milieu du concours d un peuple immense qui • rail des villes et descendait des montagnes, allèrent pieusement faire leurs dévotions à Einsielden au couvent de Notre- Dame di s Erml \ i i les nouvelles qu'apprirent a Nancy le duc de Bourl.yon le roi Louis: elles lurent rapportées au i par Etienne de Hagembacn, qui venait lui demander vengeance pour son frère, et au second par Nicolas de ich qui venait lui demander secours au nom des
l.xtt
l'iiisi; i.r i MATEAV M
Le roi .i. France se hâta de passer nu traité avec les
il s'engagea a leur donner aide et secours dans
n tre le duc de Bourgogne, et a leur taire
payer dans sa ville de Lyon vingt nulle livres par an. dé
ot un certain nombre- de soldats à sa
pre-qut en même temps qu i Louis de France, les Suisses
nbassadi I igné mais,
.m contraire du roi le dut les accueillit fort mal. et leur ils eussent i se préparer a le recevoir;
allait leui faire la guerre ave toute sa puissance. \ mena, e le plus vieux des ambassadeurs s'inclina tranquillement, et dit au dm
VOUS n'avez rien a gagner contre non- monseigneur: , i> - est rude pauvi ' rlle ; les prlsonnlet
vous ferez sur nous n'auront point de quoi paver de
et 11 y a plus d'or el d argent dans vos éperons les brides de \o- chevaux que vous n'en trouven- toute la siii Mais la résolution du duc était prise, et, le il janvier. Il
se mettre a la tête de son armée c'était
emblée royale, et dont la puissance aurait pu faire trembler celui des souverains de i Europi a qui il lui ont pris i dé faire la guerre il avait amené avec lui
Ile hommes de la Lori mte de Ri
■ i t a\. mille savoj ards et six mlll
' : rés du Piê m el du
- de la Suisse puis d'au ore de t rates l.m-
toutes i outrées le tout formant dit Domines, on
toquante mille, voue plus n avait sous sus
le llls du roi de fJaples, Philippe de Bade, le comte
Marie et le
. .m Ouyon e dt s équipages qui,
i magnificence, rappelaient reu\ dé ces ancien
. mme lui, venaient pour anéantir les Spar-
EN SUISSE
liâtes ces Suisses de l'ancien monde. Parmi ces équipages étaient sa chapelle al sa tente . sa chi pelle, dont tous les vases sacres étaient d'or, et qui contenait les douze apôtres en argent, une châsse de saint André en cristal, un magnifique chapelet du bon duc Philippe, un livre d heures couvert de pierreries, et un ostensoir d'un merveilleux travail et d'une incalculable richesse; etihn, sa tente, qui était ornée de l'écusson de ses armes formé d'une mosaïque de perles, de saphirs et de rubis, tendue de velours rouge broché d un lierre courant dont le feuillage était d'or e les branchages de perles, et dans laquelle le jour entrait par des vitraux coloriés, enchâssés dans des baguette; d'or, C est dans cette tente, qui renfermait ses armures, ses êpées et ses poignards, dont les poignées étimelaient de saphirs, de rubis et d'émeraudes, ses lances, dont le fer était d'or et les manches d ivoire et d'ébène. toute sa vaisselle e sa - joyaux, son sceau, qui pesait deux marcs, son collier de la Toison, son portrait et celui du duc son père; c'est dans cette tente, dis-je, où, le jour, il recevait les ambassadeurs des rois sur un trône d'or massif, et que, le soir, couché sur une peau de lion, il se faisait lire l'histoire d'Alexandre dans un magnifique manuscrit, dans lequel sa ressemblance et celle des seigneurs de sa cour avait été substituée à celle du vainqueur de Porus et des capitaines qui, après lui, devaient se partager son empire. Cependant son héros de prédilection était Annibal. et s il n'avait pas mis, disait-il, Tite- Live dans une cassette d'or, comme avait fait Alexandre pour Homère, c'est qu'il renfermait Tite-Live tout entier dans son cœur, qui était le plus noble tabernacle qui se put trouver dans la chrétienté.
Autour de la chapelle et du pavillon royal, dont le service était fait par des valets, des pages et des archers aux habits éclatants de dorures, s'élevaient quatre cents tentes où logeaient tous les seigneurs de sa cour et tous les serviteurs de sa maison : puis venaient ses soldats, qui, forcés de camper, vu leur grand nombre, mettaient le feu aux villages pour se ehauffer ; car, nous l'avons dit. la .saison était encore rigoureuse ; puis enfin, pour les besoins et les plaisirs de cette multitude, suivaient, au nombre de six mille, les marchands de vivres, de vin et d'hypocras, et les filles de joyeux amour. Le bruit de cette multitude, qui retentissait dans les vallées du Jura, s'étendit Bien vite dans les montagnes des Alpes. Le vieux comte de Neuchâtel. le margrave Rodolphe, dont le fils, Philippe de Bade, était dans l'armée du duc, et qui était allié des Suisses, du haut de la Hasenraatt et du Rothiflue, vit s'avancer toute cette puissance ; il fit aussitôt venir cinq cents de ses sujets, plaça des garnisons dans les châteaux qui commandaient les défilés, remit sa ville de -Neuchàtel aux mains de messieurs des Ligues, et s'en alla à Berne, où les confédérés avaient établi le centre de leurs opérations. Les gens de Berne, aux nouvelles qu'il leur apporta, virent qu'il n'y avait pas de temps à perdre ; ils écrivirent aussitôt a leurs confédérés des Ligues suisses et à leurs nouveaux alliés d'Allemagne, pour leur demander aide et secours
— Pensez, disaient-ils aux derniers, que nous parlons le même langage, que nous faisons partie du même empire ; car. tout en combattant pour notre indépendance, nous ne nous croyons pas séparés de l'empereur; d'ailleurs, en ce moment, notre cause est commune : il s'agit de préserver l'Allemagne et l'empire de cet homme dont l'esprit ne connaît nul repos et les désirs aucune borne. Nous vaincus, c'est vous qu il voudra mettre sous sa domination. Envoyez nous don.- des cavaliers, des arquebusiers, des archers, de la poudre, des carions et des couleuvrines, afin que nous puissions nous délivrer de lui. Au reste, nous avons bon espoir que l'affaire ne sera pas longue et finira bien.
Ces lettres écrites, Nicolas de Scharaachtal, avoyer de Berne, alla se placer à Moral avec, huit mille hommes : c'était tout ce que les Suisses avaient pu rassembler jusquelà.
Cependant le comte de Romont était entré sur les terres de la confédération par Jougne, que les Suisses avaient laissé sans défense; puis aussitôt il avait marché sur Orbe, dont les Suisses se retirèrent aussi volontairement et devant lui ; enfin, il était arrivé devant Iverdun. avait établi son siège autour de la ville, située à l'extrémité sud-ouest de fleui bâtel, et se préparait a lui donner 1 assaut le lendemain, lorsque, pendant la nuit, on introduisit un moine de Saint- François dans sa tente: il venait, au nom du parti bourguignon et de ceux des bourgeois d Iverdun qHi regrettaient d'être passes sous la domination suisse, offrir au comte le moyen de pénétrer dans la ville Ce moyen était facile à faire comprendre, et plus facile encore à exécuter : deux maisons bourguignonnes touchaient aux remparts, leurs caves adhéraient aux murailles: il n y avait qu'à percer un trou, et par ce trou à introduire les cens du comte de Romont.
La proposition offerte fut adoptée : dans la nuit du 12 au 13 janvier, au moment où la garnison, à lexception des sentinelles et des hommes de garde, dormait de son premier
sommeil, les soldats du côi mont furent Introd
et se répandirent aussi rues cji criant
— Bourgogne; Bourgogne
Aux cris et au bruit des tr : s qui L i mpagnalenl
la ville s'emplit de un lui Irenl a moitié
nus des maisons; les Bourguigno i entrer on
se battit dans les rue; sur le - u I dans l'inté-
rieur des appartements. Enfin, grâce an i Ire de la
nuit, répété à haute voix dans une langue qui 1, ne comprenaient pas. les Suisses parvinr hier sur la pi. ne. cl de la, sous la Scnurpf, de Lucerne. se faisant jour à travei gnons à l'aide de leurs longues piques, ils are traite vers le Château, OÙ les reçut llaus Millier, qui en avait le commandement.
Le comte de Romont les suivait à la portée du trait : il comm- château, dans lequel la fami devait pas introduire; car, outre qu'il était assez mal approvisionné, le temps ayant manque, pour faire venir des vivres salés, le nouveau renfort de garnison qui venait d'y entrer devait promptement mener à tin le peu qu'il y en avait. Les Suisses ne perdirent cependant pas courage , Us démolirent ceux des bâtiments qui n'étaient pas strictement nécessaires, transportèrent leurs décombres sur les murailles, et. lorsque le comte d voulut tenter l'esca lade, ils firent pleuvoir sur rêle meurtrière que Dieu avait envoyée aux Am le comte de Romont, voyant l 'impossibilité d'escalader les murailles, tir combler les fossés avec de la paille, des fa t pins tout entiers ; puis, lorsqu'il eut entouré la de matières combustibles, il y fit mettre le feu, et, en moins d'une demi-heure, celle-ci eut une ceinture de flammes audessus desquelles les plus hautes tours élevaie
leurs têtes
Les Bourguignons eux-mêmes regardaient ce spectacle avec une certaine terreur, lorsqu'une des portes s'ouvrit, le pont-levis s'abaissa au milieu des flammes, comme une du Tartare, et la garnison tout entière tomba sur les spectateurs, qui, mal préparés à cette sortie, prirent la fuite en désordre, entraînant avec eux le comte de Romont blessé Une partie des assiégés alors, sans perdre de temps, éteignit l'incendie, tandis que l'autre se répandait par la ville, entrait dans les maisons, ramassait â la hâte les vivres de ses ennemis, et rentrait dans la citadelle avec cinq canons et trois voitures de poudre. Le lendemain, les Bourguignons, mal remis encore de cette surprise, entendirent les assiégés pousser de grands cris de joie ; en même temps, ils virent arriver par la route de Morat un renfort d hommes que Nicolas de Srharnai htal envoyait au secours de la garnison. Ils prirent ces hommes pour l'avant-garde de l'armée confédérée, et, craignant d être enfermés entre deux feux, ils abandonnèrent Iverdun. Les habitants, qui étaient Bourgui gnons dans le cœur, suivirent l'armée. La nuit suivante, la ville entière fui livrée aux flammes, et, a la lueur de cet immense incendie, les Suisses, avec leur artillerie, bannières déployées, trompettes en tête, se retirèrent au château de Graudson, que 1 on était convenu de défendre jusqu'à la dernière extrémité.
Ils y étaient a peine enfermés, qu'arriva toute l'armée du duc ; il avait quitté Besançon le 6 février, était arrivé à. Orbe le 11, y était resté plusieurs jours, et. le 19 au matin, il était venu poser son camp devant la ville, dont il avait résolu de faire lui-même le siège. Le même jour, il tenta un assaut, dans lequel il fut repoussé et perdit deux OCTrtS hommes; cinq jours après, il en ordonna un autre, s'ave malgré les machines, jusqu'au pied du rempart, contre le quel il avait, déjà fait dresser les échelles, lorsque les Suisses ouvrirent les portes, sortirent comme ils l'avalent fait, à Iverdun. renversèrent les écheleurs. et tuèrent cents Bourguignons. Le duc changea alors de plan ; U
blit des bail, ite; sur les points élevés, et t
team. Dans cette extrémité. Georges de Stem, ci
de la garnison, tomba malade; Jean Tilli i '
lerie, fut tué sur une couleuvrine qu'il p' ême ;
enfin, le magasin à poudre, soit par tm trahison, prit, feu et sauta : de -,,i
vint a un état si désespéré, çpze deuj ho n irent,
sortirent nuitamment, traversèrent i ige au mi-
lieu des barques des Bourguignons ne de-
mander secours au nom de i
Mais Ils arrivaient trop tôt Lignée
n avaient point encore répi «" frères.
les secours de i empire ai llerne
en était en. . iic rêdui ■ ' ' NiooUs de
Scharnac.htal avait été noninr I i inoindre ten-
tative imprudente brisai ' «a C0l-e
petite troupe pn "'"' un
château, mais pour patrie MM de it'Tne se
i ontentèren donc d'ei
Ce corn ite la,' t llle de
Grandson êta omme du côté de la
Ml ME DUMAS ILL'
iition
moitié,
avec
lui un Insb de leurs
mmencèrent a . avall succédé
ger, qui i or ,, ,- de loin la toi
iaux de déti
n e .i lui porter ai
ii i|i terrible port'
„.. st. n. dem ■" -»'Jli> iue
Huiler te capil ; "
donna l'ordi ' '"'"'s "' "olei'"'
a de ces débats, un gentil
i,,., i de la part du mai
Pblilpi ' ' '■' garnison di - I
, du pays, parlanl le I
d'id I ■ l«
il irs acheva par la tara
...imnencé. Selon lui, Fribourg sang, "» avait toul êgi misé-
Ii vieillard toui haut a la tombe Jusqu .1 l'enn 1 .m ben ■ le Bel
mandé humblement merci a monselgni
qm lui avalent apporté les ciels de leur ville sur un plat
■raient • é épargnés; quant aux Allemands du
Rhin, ils avaient rompu l'alliance, il ne fallait
. | on avait 1
fait .1 tvi rdun et à 1 ■■■ nnelle
le D avait pu
mon irvelllé de sa vaW
, ueu de les en punir, il leur pi mpenses
: Util - BUl 1 "IlOll-
gneur Philippe de liade.
11 v eut alors grande émotion parmi le- HaiM
^ pli 1, pju'll fallait s'ensevelir
lues du 1 b&teau plutôt <iue de se rendre 1 en Lorraine où le dui avall fall de pareilles pro- \i.us soi Jean
Welller lui ré) Ut mie, cette fols, monseigneur Pb
garai ralté II lui démontra I le
l gi iode pu i" ■' '•
■ ampagn'es et les vall 1 moment quelques soldats gagnés par des fa de j.. gui du camp bourguignon avaient passé
lèrent, 1 riant que 1 heure
■ lll lit rpill-
ii. m-, Mnii.-i voulut répondre mais sa vola fut cou 1, ,1 î.s murmures Wellli r 1 mporter la reddition on donna cent écus au parlementaire afin d'acquérir -1 protection,
sortll du 1 bateau, le camp unt entièrement à
duc de iioiirgogne.
• ntendlt une gran le rumi ur d in
alors 11 vj .1 lin • DU hommes de I ■
p ir saint 0 auquel U
iu qui
i adeur qui avait -1 bien arnlaon du 1 bateau qui