OUS
lerrlère le cavalier et dislui
EN .SUISSE
Cette narration terminée, je priai le maître de poste de visiter les pieds de ses deux chevaux, de peur qu'il ne leur arrivât eu route le même accident qu'à la monture de saint Georges ; puis, cette inspection finie, nous partîmes au grand trot sur une de ces routes sablées comme des ailées de jardin anglais, qui, depuis l'occupation française, sillonnent le Piémont.
11 est impossible de rêver pour péristyle à l'Italie une route plus charmante; pendant deux lieues de plaines qui paraissent plus fraîches et plus gracieuses encore après ce terrible vallée de Gondo, l'on arrive à Villa ; car déjà, comme on le voit, tous les noms finissent par une douce voyelle. Puis les maisons blanches succèdent aux chalets gris les toits font place aux terrasses, la vigne grimpe aux arbres de la route, enjambe le chemin et se balance en berceau. Au lieu des paysannes goitreuses du Valais, on rencontre à chaque pas de jolies vendangeuses au teint aux yeux veloutés, au parler rapide et doux; le ciel est pur, l'air est tiède, et l'on reconnaît, comme dit Pétrarque, la terre aimée de Dieu ; la terre sainte, la terre heureuse que les invasions barbares, les discordes civiles n'ont pu dépouiller des dons qu'elle avait reçus du ciel. Une ependant s'opposait à ce que je les appréciasse dans toute leur étendue : j êiais seul.
C'est une chose triste que d'être seul en voyage, que de n'avoir personne qui partage nos émotions de joie ou de crainte ; aussi passai-je devant la vallée d'Anzasca sans presque m'arrêter, et cependant, au fond de ses sinuosités, au-dessus de ses vertes collines, s'élève, comme le géant i barge de veiller sur ces jardins enchantés, le mont Rosa, l'Adamastcr de l'Italie. Une lieue plus loin, en rapprochant de Fariolo, et tandis que je regardais, à ma droite, une de ces dernières filles des Alpes qui vont mourir en collines et en monticules, au bord des lacs qu'elles teignent de leur ombre, je vis se détacher du front de la montagne quelque cbose comme un grain de sable, qui s'en vint, roulant sur Les pentes, bondissant par-dessus les ravins, grossissant toujours à mesure qu'il s'approchait, et finit par se changer en un rocher qui. passant avec le bruit de la foudre et pareil i un avalanche de pierres, traversa la route à trente pas de la voiture, et, arrivé au bout de sa force d'impulsion, alla - arrêter contre un orme qu'il courba; j'enviai presque le postillon, qui avait eu peur pour ses chevaux.
Espérer ou craindre pour un autre, est la seule chose qui donne à l'homme le sentiment complet de sa propre existence.
J'arrivai au crépuscule sur les bords du lac Majeur, et je
m'arrêtai a Baveno, dans une charmante auberge de granit
rose tout entourée d'orangers et de lauriers-roses ; au dehors,
un palais enchanté; au dedans, c'était déjà une au-
it.ilii-nne.
l'ne auberge italienne est une habitation a.ssez tolérable encore l'été : niais l'hiver, attendu qu'aucune précaution n'a encore été prise contre le froid, c'est quelque chose dont on ne peut se faire une idée. On arrive glacé, on descend de voiture, on demande une chambre; le maître île la maison, sans se ù rang r de sa sieste, fait signe au garçon de vous conduire. Vous le suivez, dans la confiance que vous allez trouver un abri ; erreur, vous entre:' dans un énorme galetas aux murs blancs, dont l'aspect seul vous fait frissonner. Vous parcourez des yeux votre nouvelle demeure, votre vue s'arîête sur une petite fresque; elle représente une femme nue. en équilibre au bout d'une arabesque; rien que de la voir vous grelottez. Vous vous retournez vers le lit, vous voyez qu'on le couvre d'une espèce de châle de coton et une courtepointe de basin blanc: alors les dents vous claquent Vous chei le tous côtés la cheminée, l'architecte l'a ou-
d (aut en prendre votre parti. En Italie, on ne sait pas ce qui . est que le feu : l'été on se chauffe au soleil, l'hiver au Vésuve; mais comme il fan nuit et que VOUS êtes à quatre-vingts lieues de xapies, vous vous empressez de fermer les feni I Cetti opél ition accomplie, vous vous apercevez que les carreaux sont cassés; vous en bouchez un avec votre mouchoir roulé en tampon, vous murez l'autre avec une serviette tendue en voile. Vous vous croyez enfin barricadé contre le froid; alors vous voulez fermer votre porte, la serrure manque; vous poussez votre commode contre, et vous commencez à vous déshabiller. \ peine avez-vous ôté votre re-
dingote, que vous sentez un vent coulis atroce
mneaux qui ont joui q > m ni du haut ni
du bas; alors vous dèta h di - fenêtres et
h faiti - des rouleaux pi est bien i ail
vous le croyez du moii le tour de votre
appartement avec une bougie. Un dernier courant d'air, que vous n'avez pas encore sen i iu ufQe dans le-
vous cherchez mie sonnette, il a pa
frappez du pied pour faire monter quelq ei 'nicher
sur i ci une. Vous dérangez vo ri i, vous ti-
rez vos rideaux de leurs fentes, vous rouvrez . porte et
VOUS appelez: peine perdue, tout le moi • ni dort, on ne se réveille pas, en Italie: c'est au geurs
■ i eux-mêmes ce dont ils ont besoin... Et comme. à tout prendre, c'est encore de voire lit que vouj le plus
a faire, vous le gagnez encore a tâtons, VOUS vous cou- -uant d'impatience, et vous vous réveillez roide de
ose; tous les Inconvénients que nous venons de signaler disparaissent poui faire place a un seul, mais qui à lui seul, le tous: aux moustiques. Il n'est
poinl que vous n'ayez irler de ce petit animal, qui
affectionne particulièrement le bord de la mer, des lacs et des étangs; il est à nos cousin- du Nord ce que la vipère est i la couleuvre. Malheur i au lieu de fuir l'homme et
de se cacher dans les endn ; omme celle-ci, il a le
goût de la civilisation, la so ié li ouit, la lumière l'attire : vous avez beau tout fermer, il entre par les trous, par les fentes, par les crevas*: s: le plus sur est de passer la soirée dans une autre chambre que Ci Ile à l'on doit passer l,i nuit ; puis a l'instant même ou l'on compte se coucher, de souffler sa bougie et de 'élancer vivement dans l'autre Malheureusement, le moustique a les yeux du hibou et le nez de l'hyène; il vous voit dans la nuit, il vous suit à la piste, si toutefois, pour être plus sûr encore de son affaire, il ne se pose pas sur vos cheveux Alors, vous croyez l'avoir mis en défaut, vous vous avancez en tâtonnant vers votre couchette, vous renversez un guéridon chargé de vieilles tasses de porcelaine que, de lendemain, on vous fera payer pour neuves; vous faites un détour pour ne pas ions couper les pieds sur les tessons, vous atteignez votre lit, vous soulevez avec précaution la moustiquaire qui l'enveloppe, vous vous glissez sous votre couverture comme un serpent, et vous vais félicitez de ce que. grâce à ce faisceau de précautions, vous avez acheté une nuit tranquille ; l'erreur est douce, mais courte : au bout de cinq minutes vous entendez un petit bourdonnement autour de votrt figure: autant vaudrait entendre le rauquement du tigre ou le rugissement du lion. Vous avez renfermé votre ennemi avec vous ; apprêtezvous à un duel acharné : cette trompette qu'il sonne est celle du combat à outrance. Bientôt le luuii cesse; c'est le moment terrible: voire ennemi esf posé oui vous n'en savez rien : à la botte qu'il va vous porter il n'y a pas de parade Tout à coup vous sentez la blessure, vous y portez vivement la main, votre adversaire a été plus rapide encore que vous, et cette fois vous l'entendez qui soune la victoire : le bourdonnement infernal enveloppe votre tête de cercles fantastiques et irréguliers, dans lesquels vous essayez vainement de le saisir, puis une seconde fois le bruit cesse Alors votre angoisse recommence, vous portez les mains partout où il n'est pas. jusqu'à ce qu'une nouvelle douleur vous Indique où il était jadis, où il était, car, au moment où mus croyez l'avoir écrasé comme un scorpion sur la plaie, l'atroce bourdonnement recommence: cette fois, il vous semble un ricanement, diabolique et moqueur; vous y répondez par un rugissement concentré, vous vous apprêtez à le surprendre partout où il va se poser; vous étendi deux mains, vous leur donnez tout le développemenl dont elles sont susceptibles, vous tendez vous-même la joue à votre adversaire, vous voulez l'attirer suc i face charnue que. la paume de votre main orabi
ment. Le bourdonnement cesse. VOU retei leine. vous suspendez les battements di votn tr, vous
rez sentir, en mille endroits différent
1 1 pe i- êrée , tout à coup ta douleur
,,,u ne i alculez rien, vous ne peu
vous vous appliquez sur l'oeil un i mmer
,,, bœuf, vous voyez trente-slj i ■ ' ' r,eu
,i cela, Si votre vanipu m n Instar 1""" ''"
avez l'espoir et vous remet I
vii toi.v une minute après ■ ' "l,|,,e re'
commence oh I alors, vov i mpez te mesure, votre
Imaginai si nte ' te i ortez de
voir, iverture vous ié pi l""lln
contre l'attaque, ou : : 1 e3-
poir que votre u [uelque imprudence.
VOUS Mills batte/ le CO I '"""' "" '■' "
reur bal ii ■ ri '' ' '' |,"H '''"'" ;l|in'" "'"
heures de lu ': nui votre tête se perd, q
esprit • :gan ' i devenir fou, vous -
,,,. ,, puisé de fat I isé d >mn Bll ; vous \
\DRE DUMAS ILLUSTRE
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mu un f i ■! aznr
|i jouir rouval dai
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iu milieu d'une i >i-i u- nuit cali ni m un bru
une les lii ; mur sont
ni .111
, n- iioi nu ni déll
mpu "i
a\ei
Il i
i a la fin de l'automne, que les i vaient
de la calèche; ils étaient deux, un jeune
homme et une jeune femme: la jeune femme enveloppée
anteau, la tête renversée et les yeux au ■ iel ; le
jeune bras En ce moment,
! i «aux et la fille de l'auherge
i, i " ■ approcha des voyageurs, et d'où
J'étais, perdu et caché au milieu des orangers et des launeis-
saient la terrasse, le reconnus Alfred de N...
(■• Paul
Tau i ie depuis PfeKers, Pauliue
-i mourante, que ce n'était plus qu'une ombre; le même souvenir qui m'ava passé présenta de
nouvel ui autrelois cette femme licite et dai
..nl'hui m p die allait -an- doute
Italie une atmospbi re plu m air plus
\ iva . et n i iel de Naples ou i me. Je
ne voulue ps farter en me montrant à elle, et i
liant. |i i Ile 9ûl bien «pie quelqu'un priait pour
sa vie !•• pris une carte de ns ma pochi
deri nie avec mon crayon: linn garde lej >'■/■/■ ..,/, / j affligés, ci ■ je nus ma
carte dans le bouquet que l'avais cueilli, et >mber
vers la lan- " i • --.:■■! i i ..i.,, i .m lui arrivait
i m, lut ma
prii re ; rcha it des yeux où
nie dé. is, il fit de la main un -nin. de r< merclment
et d'adieu; et, voyant les chevaux af
UUor
La voilure repartit B
:, min.
me retournai du coté où chantai
vainement
nie de cette pauvre entant nui était a i iel.
J.XVll
LES ILES BORIti
me réveillât clarté du soleil
■ n la veille a la lumièr) de la inné ..in- dans mures
il in. tentent au jour l'Ile rerdure, l'ile Ilelle avec son eniin le lennent tinli plaines de la Lomb n die . r- lies i. • i il vint dans i esprit au comte Vllall
u des murailles ■ des pilotis :
i n tei mil
mine le la !.. .iirenl sème du Main, et il >"
des a : un n
mllli ,'iliv qui a Voulu i .lllliii
av. .ii -..n .. lai.
i \ nu m. que deux i
lui n ion dans la -ail,
nnui. . i oiniiic presque toi:
oui" ave. quelques
en oiure.
, -, sons I ail du ma.,
un v. nime i uni u
• • il- qu'il n ni-lieni- que i i eilles
. n. i ... iinucl mm
déni que le
...lis
EN SUISSE
de uli- a rester huit jours a liaveno je demandai . parler à mon hôte, afin de m expliquer toui it ave» lui sur ma
nourriture a venir On me répondit nu U était à Arona i ■
affaire île seivice. Je descendis da non bateau nai a mes batelier- lui aie île me conduire I cheurs
Je tenais à acquérir la certitude que le p sus les
me procurer du poisson [rais.
ii doute éclairci affirmativement, je visitai ['fie quelque tranquillité.
C'est une charmante plaisanterie, gui ressemble i petl
oue moj ennanl tri lui en donnai cinq a Si I uhaj
. Le prospérités d tno> ees .haureu
nous nous remimes n i ■■■ne.
\ mesure nue bous awanci
soi i ir de l'eau ses tHi i - aux
i , 51 sinon la plus belle d rchlpel,
du moins la plus curieuse: toul y u • lue et
dans le goûl de Louis XIV ; uni t i • i . i in es m igr lfl<iues, nue ii Mit de peurj ■ ■
au doux murmure, qui parlent a nue
Son squelette esl couche dans une ahâsse lèla de ses habile pontificaux.
.1 un village, et qui i îles maisons, des mes, une église, un di i lants de chœur Le- mets, qui forment la seule richesse de ses deux cents habitants soni étendus devint toute- te- portes.
mbai quan es et mîmes a la voile pour i lie
ne i -■ une masse de > irdure au mille le large
i eau i Ile esl toute pli li pins d
platam orange
ides ; les ail
iirix el de pintades abritt i co >
souvi'aiit comme une "nie 11 tous ii - i lyons du soleil, elle
irs ion ■. m [ue i moi il ! en
rironneni blanchissent sous. les. neiges di riilvi I
In i ii:, mp: ' édra d'orat - et de
ides qu'il fil porter dans mon bateau Je n 1
je i avoue i et exi s d'hospitalité -.m- inquié tidi i
bourse ; aussi en revenanl à ma barque ie di > mes
mariniers ce qu'il me fallait donner ù mon
iquj n prennent san- dout
Bots puisqu'ils leur Répondent dans le môm sur les arcs de pierre qui baignent li tu
car i Ile toui entl re esl enterr
mit. i omiin un orangt r dan Nous ■. abordante et nou min n, m ten ■ de Bi urs étrsng ri - i i m.' Heureuse i «position
, ,i mm te d un | u duquel
■ âgé plein de tour ur.
Des ten ' ""
table la i
,i , i l n Bon mi
ma un mont
de ja! i tué sa femme, et di nuals-
n vaste album qu u M rveil-
enfln an pa m soqull-
comme la grotte d'un fleu' des aux
meut une eau fraîche ire.
la :.,,. ne véritable
■ i happées de
j ittoresques du
historique :
m orps et haut de
taille de Marengo, un
liomm aile du pre-
i cœur impatient prit
re lequel il était appuyé, il
la devise de cet homme,
<iu i ni rte, el qui pour sou
malhi I ird Napoléon
Il et le lettre di
i [u: passe enlève une parcelle de li u i mu '■' rit ii lau-
plus profonde, donl il B mourir
forêt, je rencontrai quelques petites maire el de bateliers au milieu desquelles ■u déjeuner me revint ■.u fait une trouvaille, Je n* réveiller l'hote, afin de m Informer de ce qu'il m'ei lil pour hull
hn il mi I rais eu pli i her de louer le palais
ne je lui lis en i onséqueni ■ lié, el l'invitai a aller se I Ii remontai doni dans mon embarcation, et ordonnai de mettre cap sur 1 [ami.
u il revlnl d'Arona n manie de garde na-
m maie, du" je un ai bien paxdonnée depuis, par c imparaison
Paris, que je m ' i- pas
imme nous
rltemenl fait prl pour hull ours: il me donna une
ni- le lac Ji tirai mes
u pays
nii.- .ni :., i mbaumée, so
aau iiii.ii-.
ii fui', i • un travail beureuj un .i ho
rlzon plu grand plus l'homme est peut.
Mon pas le cou-
pendanl ces nuit jours, une seule ni u' l'ordlna n par-
i • lu livre qui . -u. i n. i .•
bras celui llnière
qu ii aura profité de l uv ii. - m de dix Iran.- que Je donnai i mes
un bon v.nt -| n- In, • ni • a - i-n
trôna