I.K MIDI DE LA FP.ANCF
hommes: il emporta le cadavre que ses assassins croyaient englouti; le lendemain, il était arrêté sur les grèves de Taus. on; mais déjà le bruit de l'assassinat y était arrivé. I. corps ayant été reconnu à ses blessures, on le repoussa dans le Rhône, et le fleuve continua de l'emporter vers la mer.
Trois lieues plus loin, il s'arrêta une seconde fois dans des herbes. Un homme d'une quarantaine d'années et un jeune homme de dix-huit ans l'aperçurent et le reconnuaussi: mais, au lieu de le rejeter au Rhône, ils le tint sur la rive, t'emportèrent dans la propriété de l'un et l'y enterrèrent religieusement. Le plus âgé de ces deux hommes était m de Chartrouse, et le plus jeune
Aincdee PiChOt Le corps fut exhumé par ordre de la maréchale Brune.
trans 'té en sou château de saint-Just en Champagne,
embaumé, placé dans un appartement lires de sa chambre a coucher, et j re>la couvert d'un voile jusqu'à i ;e qu'un lugemenf publii el olennel eût lavé sa mémoire de l'accu- -.ui. m de suicide; al. i' et seulement alors, il fut enterré m', rarrôl de la .nui' .le EUom.
Les assassins qui s'étaient soustraits à la vengeance de«
ALE\'A\'Di,E DL'MAS ILLUSTRE
hommes n'échappèrent point i la justice Je Diea presque tous eurent une fin misérable Roquefort et Farges furent atteints de maladies • i inconnues, pareilles
anciennes plaies qu'envoyai- la main de Dieu aux peuples qu'il voulait punir. Chez i ! fut un rétrécissement
de la peau et des douleurs tellement vives et dévorantes, que, tou rtvant on l'enten m pour le rafraî-
chir. Chez Boquel i il une gangrène qui attaquait la
moelle, et qui dé les is leur ôtait toute résis
et toute solidité, de sorte que ses jambes cessèrent de le porter et qu'il allait se tra .urne un reptile. Tous
deux moururent au milieu douleurs et regre
L'écnafaud, qui leur eût éparg Le -
Pointu, condamné a mort par la cour d'assises de la Drôme pour avoir assassiné cinq personnes, fut abandonné par son parti. Pendant quelque temtfs on vit a Avignon sa femme infirme et difforme aller de maison en m demand m me pour telui qui lut pendant deux m.iis
le roi de la guerre civile et de l'assassinat ; puis un jour. vu ne demandant plus rien et coiffée d'un haillon m. n Pointa était mort, on ne savait pas où, dans un coin au creux de quelque rocher, au fond de quelque bois, comme un vieux tigre auquel on a scie les griffes et arraché !es dents.
Nadaud et Magnan furent condamnés chacun a dix ans île galères Nadaud mourut au tagnan en sortit,
et, Adèle a sa vocation de mort \ ilet de voirie, il empoisonne aujourd'hui les cbj
Puis il y en a d'autres qui vivent encore qui on places, des croix et de- 6pa lui se réjouissent dan-
leur impunité, et qui croient regard de Dieu
Attendons :
XVIU
I A I "VI UNH :■. \ A
Quand on a vu à Ai que nous
avons essayé de décrire l'église les Doms, qui est une
transition du roman au gothique don» le porche date du ta siècle, et de Jean XXII .pu es
du gothique fleuri d'un travail, dune élégance et d'une légèreté admirables; quand on a \iMie le Musée, légué par M. Calvet a la ville, et qui renferme une galerie de tableaux linéique- morceaux antique- parmi lesquels une
charge de Caracalla, représenté en marchand de peu
i in- fragments du moyen nae dont fait partie
le tombeau de Jacques il de Chabannes que nous avions cherché Inutilement dans la i tur du maître de poste de la Pain . . enfin, lorsqu'on s'est enfermé une heure dans ... e passa 1 effroyable événement .pie nous avons raconté a nos lecteurs dans le chapitre lent, on a tout vu .1 ' - poui reposer ses
.souvenu- des massacres de la Glacière si les noyade* c!u Rhône, il faut prendre une voiture chez Boyer. dem pour la conduire son fils, leune noms ible et
Intelligent, et partir par une belle matinée poui la fontaine de Vaui luse, en animée Je la mé-
moire de l'.-i rarque el de I lure Nous n'entrerons dan- aucune >
ou la non ■ Btte vision laquelle le
poète a donné une forme matérielle des allumes 01
pour m itre peu 1 j Bout nous
non seulemei re a existé mais elle existe encore Telle
est la puissance du génie, il crét orne lueu et de rlu-
que Dieu, qui ipte nos tours le génie donne a
le son Imagination une vie éternelle Béatrix Ophélle i»t Marguerite n'ont probable] tais existé que dans les
rêves de Dante de s,> ik 1 mais, nous
le demandons la main du Seigneur a I elle de notre argile humaine jamais rien pétri de plus parfait La route qui conduit d'Avignon a Vauclu
Ile qui mèi
le fond de montagnes esl le n e . la m. 'tue llmplditi
colore des mêmes teintes un même horlxoi Avignon im
sa reine, fut ville papale et -1 Bile manque de Capitcle. elle eut du moins son v.m
Quelque temps aval, a m . -i aux ni" :. ren-
contre le petit village de rue. situé pittoresquemenl que l'indique son nom, sur une langue
cette eau esl elle de la fontaine de Vaucluse, qui profonde, boulll plde.
source >e divise en sept bi . .. toutes ;
teau. e' abandonne son nom poétique, qu'elle ne veu Compromettre en faisant tourner des moulin- et mouvoir des machines Je manufacture, pour prendre celui de la Sors
.rdinairement dans ce village qu'on laiss ture pour prendre un sentier qu; bientôt dans la
montagne
A quelques pas du but du voyage, nous trouvâmes auberge tenue par un ancien cuisinier du duc d'Oti plein Je l importance, de ses fonctions. Nous lui demandâmes s'il pouvait nous faire a dîner.
— Non. messieurs, nous répondit-il, je ne vous donnerai
dîner; je vous lerai manger, voilà tout q on veu' Jiner chez moi. il faut me prévenir trois jouid'avan
Comme ni autre but que celui
de faire un festin nous lui répondîmes que u..-u- nous contenterions, pour ce jour-là, Je manger, et nous nous remî mes en route, en lui Indiquant l'heure à laquelle nous comptions nous livrer a cet exei
La fontaine de Vaucluse. qui a Inspiré a Pétrarque quelques-uns Je ses plus jolis vers, forme un ba>sin Je SOixanl pas de circuit a peu près, mais dont on ne peut déterminei la profondeur. Quand nous la vimes, elle venait de croit. trois jour- de .eut trente pieds à peu pies Lorsqu'elle di munie, ce qui lui an .use apparente, l'eau s'en
vaste entonnoir dan- lequel a l'aide des pierres et des rochers, on peut descendre assez facilement Ainsi, on volt dans le ro- . lier a pic qui domine la fontaine de la hauteur de huit cents pieds a peu près, la voûte de la grotte souterraine par laquelle arrive 1 eau. qui alors cesse de couler au di
adant jamais assez complètement pour qu'on aperçoive le fond du lit Tout a l'entour est un chaos et l'on dirait que le sol vient d'être, à un quart de lieue a la ronde, bouleversé par une commotion volcanique A -tir la pointe d'un rocher, croulent des ruines qu'on appelle la maison de Pétrarque, sans que rien vienne 1 l'appui de ce nom. que leur a tout naturellement donné 1 ignorance des guides.
Mous restâmes quatre heures près de cette fontaine. .1.1.1.; taisant un 1 roquis, et moi 11- ers de Pétrarque; puis
nous la quittâmes a regret, voyant s avancer l'heure a laquelle nous devions manger. Nous revînmes chez notre bote qui avant appris que pou- étions des Parisiens, s 'était sur
passé lui in. -me mais, quelque compliment que nous lui n— ions, 11 ne voulut Jamais considérer que comme une col- Improvisée les , inq ou six plats excellents qu'il nous avait servi- I. 1 1 arte a payer, du reste, il faut lé dire, était la modestie de l'artiste Aires av.ur jeté un dernier regard et dit un dernier a la fontaine au nom poétique nous reprîmes la
{non ou nous attendait .liez M Moulin, le portefaix Vernet. que nous avions voulu connaître C est un beau lui .liLMie -impie et encore vigoureux, qui ne comprit rien à nos éloges et qui rciu-a notre argent. Nous funevenlr du puni h, dont à peine il prit un verre Pendant qu
causait ave. mol et -ans qu'il - eu Joutât. Jadin fit un pot trait de lui fort ressemblant ; puis lorsqu'il fut fini, il le mi le ; nivre Vernet ne rêverait pas de sa surprise
inp- il 1 rut que nous voulions nous moquer Je lui; enfin s 111- vouloir reconnaître qu'il mentait nos compli-
ii - ivaincre qu'ils étalent slni
Vers la lin de la - qui. comme on
l'a vu, tint une conduite -1 honorable irageuse dan*
La malheureuse journée du ■-' août 1815, vint nous faire
pagnle ■' avals remarque déjà pi - 1. menti..;
laquelle il me regardai) Intrigué de cette persévéi je lui en demandai la cause.
— Vous \011s nommez M Alexandre Dumas ' nie dit-il
— Oui
i',i ion .i.- mon indiscrétion; mais seriei-vous Le général Alexandre Dumas t
— Justement
— Je m'en don,.;- . votre ressemblance Eh bien, j'ai C >nnu votre p.-re
— Ah ah '
connu, comme un brigadier conna; irai.
— Vous avez servi SOUS lui"
— .1 l'Italie et du Tyrol I partiez de for. e. dites dom ' contlnua-t-11 Eh bien mats
qui avait un poignet
— j . a chei monsieur Moulin qu'il i , un Us donné de preuves
.n- trompe et une rude en
— Bah
— Mais je ne lui en veux pas . était pour mon bien
— H il. ala alors.
imaginez-vous que nous étions en g Plai
,..■.,. les lour- ;. - de i . i Ule is
lient quelques-uns .le nous le général avait tait un
LE MIDI DE LA FRANCE
ordre du jour pour défendre aux soldats et aux officiers de sans leurs armes. Ma foi m li : étais jeune il
époque je n avais peur de rien, je connaissais ma i i et je n'étais pas embarrassé de rosser trois hommes .
■[■te que je sortis un jour, comme un bon bourgeois, les mains dans mes poches, sans sabretaclie ni bancal.
■ et- train de faire le beau sur la place, quand votre
irrive ù cheval : je le vois qui vient a moi. et je dis:
j'ai mon compte. " Effectivement, il ne me manque
pas Pourquoi n'as-tu pas de sabre" me dit-il. — Mon
général — Mais brigand, tu veux don: te faire assassiner?
!- u tends ! » En disant cela il m'empoigne par le
me' son cheval au galop, me fait raser pendant di\
minutes la terre comme une hirondelle ; puis, sans s'ar-
il me jette dans le corps de garde, en disant . Vingt-quatre heures de salle de police à ce gaillard-là < » Je les fis ! mais, dans le moment, ce n'est pas cela qui m'humilia le plus ce fut d'avoir traverse Plaisance emporté comme un simple mannequin. « Eh bien, brigadier? me
a la première revue — Eh bien, général, lui répondis-je, jusqu'aujourd'hui je me croyais d'une certaine force ■ mai*, auprès de "ous, je ne suis que de la Saint-Jean. —
- allons, voilà un lcuis : va boire à ma santé avec fes camarades ; mais, une autre fois, ne sors plus sans ton sabre » La seconde recommandation était inutile : je n'avais garde d'oublier la première.
^ndis la main au vieux soldat qui avait touché la main de mon père, -et qui s'était si bien souvenu de son premier métier, lorsqu'il avait fallu défendre cet autre qui, sans être mon père, m'appelait aussi son fils.
LE PONT Dl' GARD
Le lendemain, à sept heures du matin, nous fûmes réveillés par notre savant cicérone. Il venait nous chercher pour aller visiter ensemble Villeneuve-lez-Avignon. Nous dîmes â Boyer d aller nous attendre sur la route de Nîmes, et nous traversâmes le pont de bois, l'île du Rhône, le second pont de bateaux, et nous nous trouvâmes a Villeneuve.
Eu cherchant un point d'où nous pussions prendre une vue de la ville, nous aperçûmes un jeune homme qui avait trouvé le sien : nous nous approchâmes, et nous reconnûmes un excellent ami, Paul Huet, le peintre poétique, l'homme aux grèves tristes, aux landes sauvages, aux grands horizons. C'était une merveille de se retrouver ainsi a deux cents lieues de Paris sans s'être donné rendez-vous, et avec un dessin tout fait. Nous attendîmes qu il lui eût donné les dernières touches de vigueur, puis il passa immédiatement de son carton dans les nôtres, et nous nous mîmes à visiter Villeneuve.
Les monuments gothiques de Villeneuve sont d'abord une très belle tour du xiw siècle, taillée à pointes de diamant, qui, se liant par d'autres ouvrages aux ruines d un château fort, était probablement destinée a commander le pont de Saint-Bénézet, en face duquel elle est placée.
Ensuite une église de la même époque, à peu près, qui appartient comme architecture au gothique de la fin du xma siècle : elle renferme une Descente de croix d'un maître italien, du Giottino peut-être, qui, en venant peindre là chapelle du palais, aura en même temps laissé ce tableau d'une couleur magnifique, mais placé de manière qu'il faut avoir un grand instinct d'artiste pour l'aller .chercher là. Ce n'est pas, au reste, la seule peinture remarquable qui soit enterrée dans ce trou : l'hôpital possède une page du xv« siècle qui ne le cède en rien aux fresques du Campo- Santo de Pise. C est une imitation d'Orcagna et de Simon Memmi : elle représente le Jugement dernier. La Trinité occupe le haut du tableau ; la Vierge est assise au-dessous du Saint-Esprit, entre le Père et le Fils, enveloppée à moitié dans les draperies des deux célestes personnages. Autour d'eux sont des anges aux ailes vertes et rouges, rappelant la manière byzantine, et sous leurs pieds les damnés et les démons Une tradition populaire attribue ce tableau au roi René lui-même, à qui je pardonnerais alors d avoir été un si pauvre roi, sans doute parce qu'il était un si grand peintre un montre, parmi les anges, les portraits de plusieurs seigneurs de la cour provençale qui restèrent fidèles au roi dans sa mauvaise fortune, et, parmi les damnés, les portraits de ceux qui, comme Judas, le trahirent à deniers comptants.
Enfln, dans un coin de la Chartreuse, vendue en diffé-
lots a l'époque de la Révolution, sous un hangar ap-
partenant a un pauvre vigneron, magnifique débris en-
le débris, git le tombeau d'Innocent VI. merveille du
>..' ' -•■le, comparable à celui de Jean XXII pour le travail
de ses clochetons, de ses colonnettes et de ses feuillages
Malheureusement, les figures qui ornaient le soubassemeait ont été détachées les unes après les autres et vendues, et l& statue du pape a le visage et les mains mutilés. Enfin, un demi-siècle, Avignon s'est aperçu qu'il possédait dans sa banlieue un chef-d'œuvre de statuaire, et a voulu le transporter dans son musée. De leur côté, les habitants de Villeneuve, éclairés par cette démarche, se sont alors avise- ■ faire les amateurs en s 'opposant a la translation du tombeau : de sorte qu'en attendant, le trésor disputé reste exnosi aux injures des enfants, si destructeurs, surtout lorsque leurs coups peuvent atteindre un simulacre humain. Comme on vit que nous déplorions cette barbarie, on nous rassura ez nous affirmant que des mesures venaient d'être prises pour que le tombeau fût transporté dans une des cliapeli l'hôpital.
Une curiosité plus moderne et non moins remarquable lia Villeneuve-lez-Avignon est la beauté de ses femmes ; n'en rencontrâmes pas une qui ne fût remarquablement jolie. Nous demandâmes au paysan qui nous accompagi s il savait une raison à cela
— Mon Dieu, messieurs, nous dit-il, c'est la chose du monde la plus simple: nous avons eu ici, jusqu'à la Révolution . couvent de chartreux et de bénédictins qui étaient tous des hommes magnifiques...
Nous interrompîmes notre naïf chroniqueur; nous savior.£ tout ce que nous voulions savoir.
Le moment était venu de rejoindre notre cabriolet. Noua quittâmes notre nouvel ami R.... en souhaitant que ses travaux le conduisissent à Paris, Quant à Huet. n'ayant rien de mieux à faire, il nous accompagna jusqu'au pont du Gard. Au bout de deux heures de marche, à peu près, nous arrivâmes à Remoulins : c'est là qu'on rencontre pour li première fois le Gard, qui prend sa source près de Saint- Germain de Calberte ; on le traverse sur un pont de fil d» fer, véritable escarpolette suspendue à quatre colonnes cannelées, fines et aériennes comme lui. L'effet produit pa: ce modèle de légèreté est si grand, qu'un amateur de danse a écrit sur ces colonnes Pont Taglioni. Le nom lui en est resté.
Malheureusement pour ce bijou de l'industrie moderne. U a un voisin qui, comme la montagne d'aimant des Mille et une Nuits, attire si rapidement à lui le voyageur, qu'on a à peine le temps de lui jeter un coup d'oeil. Nous mimes pied à terre, afin de laisser à notre cheval, qui devait nous conduire le même soir à Nîmes, le temps de se reposer, et nous nous engageâmes, avec un guide du pays, dans un sentier de traverse, qui abrège le chemin d'un quart d'heure, à peu près. Nous longions depuis quarante minutes la basa d'une montagne, demandant toujours, dans notre impatience, si nous approchions, lorsque tout à coup nous aperçûmes au-dessus du feuillage sombre des chênes verts et des oliviers, se détachant sur un ciel bleu, deux ou trois arcades, à teinte chaude et jaunâtre : c était la tète du géant romain. Nous continuâmes d'avancer, et, au premier coude que fit la montagne, nous l'embrassâmes dans tout- son ensemble, à cent pas de nous, à peu près
Il est impossible de se faire une idée de l'effet produit par cette chaîne granitique qui réunit deux montagnes, par cet arc-en-ciel de pierre qui remplit tout l'horizon, par ces trois étages de portiques qu'ont splendidement dores dix-huit siècles de soleil. J'ai vu quelques-unes des merveilles de ce monde : Westminster flère des tombeaux de ses rois ; la cathédrale de Reims, aux pierres transparentes comme une dentelle ; ce magasin de palais qu'on appell* Gênes; Pise et sa tour penchée; Florence et son dôme. Terni et sa cascade ; Venise et sa place Saint-Marc ; Rome et son Colisée ; Naples et son port ; Catane et son volcan j'ai descendu le Rhin, emporté comme une flèche, et j'ai vii passer devant moi Strasbourg et son merveilleux clocher, que l'on croirait bâti par les fées; j'ai vu le soleil se lever sur le Righi et se coucher derrière le mont Blanc ; eh bien, je n'ai rien vu (j'en excepte cependant le temple de Ségeste. perdu aussi dans un désert) qui m'ait paru aussi beau, aussi grand, aussi virgilien que cette magnifique épopée de g] qu'on appelle le pont du Gard.
Ce fut alors que me revint le souvenir du pont de Remoulins, que l'on a construit pour épargner au voyageui la peine de passer sur le pont du Gard. En effet, grâi cette combinaison, celui qui fait cinq cents lieues pour aller voir le Campo-Santo. la colonne Trajane et Pomp-: deux lieues de moins, et passe, sans s'en douter, près <) ■ • ■ merveille qu'il ne retrouvera nulle part.
Au reste, ces deux ponts sont l'emblème des deux soc qui leur ont donné naissance, et ils offrent le contraste parfait du génie ancien avec le génie moderne. L'un, ! de foi en lui-même, reposant sur sa base colossale, croyau-. à son avenir séculaire, bâtit, pour l'éternité ; l'autre, scejv tique inconstant, frivole, et comprenant le progrès j nalier construit des monuments provisoires pour la ration' qui passe ; l'un s appelle le pont Agrippa, lin pont Séguin.
En etlei. ce i le gendre d'Auguste, le curator
j vint renouveler '.ailles
quelques i ; irauhque- constructl U avait
Rome. Nîmes, la rivale d Arles, manquait d eau . mais
II y ... la. une huitaine abondante.
saine et limpide. Agrippa donna l'ordre à son peuple fe
solda volonté
et un aqueduc s Éleva s.. us le- mains d'une armée.
des collines, creusant des .-ant des co-
iinlssan) '''" étangs, pas-
\imes, où il i i assé au milieu des nuages et travi irs de la terre.
Certe- nie a amené ; or 1 Industrie et le
commerce de m; Vgrlppa eût
connu les pul >ns n'aurlo lement
pas le pont du I
Apres nous être an innés devant 1 ensemble,
nous examinâmes les •>""»■
nous I avons dit, de ! de la
premii '"'•' '•' '•"
et an li me l'eau oui prenait sa
1 1. ures s.mt au nombre «le six. les i nombre de onze, ei supérieures au nombre de treuti Je ,,. de ces d< entrai dans
ïn il beI assez élevé pour orner. Sa d'un pieds de long sur deux et demi
de large, et posées a coté les unes des autre nipons
ment.
- .minet aérien de ce monument, oui d me toute la
vallée du Gard, Je vis Jadln et Huei se débattre au milieu d'une troupe de bohémiens, oui flrtis d'une grotte
qui leur sert d habitation lorsqu'il leur prend envie de
i. nouveau
à mes yeux pour que je ne n point daller leur i
ter m..n aumône, ils ne parlaient ! ..us. à
l'aide de l'Italien, a parvînmes a nous entendre Us
. lent ■ n i i. née î c leur plaisir re but
u re espoir que la [ue et
ment, ni as étions quatre, et Iadln et mol avions nos tusils
nrais
atre moins i
turent les Invasions I I mirent I
vire i due les \ I traver-ant le Lan
de je lain à l'anv
iction, il- eurent des vertiges en le voyant si
nuls île 1 Alioste.
ils se prosternèrent devant le géant.
En 1564, (halles IX lit un vi - la midi
'.lit du Gard, n y fui reçu par u le
due de l rUSSOl, qui lui donna une tfite au bord de la nu. le
Au moment où le roi passait devant la grott i
ies les bohémiens d en sortit douzi mes allés i nymphes, qui lui | pâtisseries
I ares.
Le pont resta vierge et tel rtl des mains de
: laquelle on lui adossa llrs ei
li cette I œuvre, ou
Vtlnc lltilhis. Il
était i monument que
n point osé abattre.
\,„, te nous
ne le quittâmes qu'a l tu encore une belle
dation de la lu pas de lune : autrement
e nous l'an ni ai du soleil. Il
luslve que pûmes
uer du i'.i -qu'on
. tard d tout toi on r u
vrir que devant tes \i ■ rrée
Cependant, il 3 ivarrl a \imc« une chose plus curl
• i".iir m"l que se« monument- J'avais une lettre de Taylor pour lui, et elle partait S
A Monsieur Rel e et bou-
I langer J avais lu quelques-uns di qui m avaient
pain (1 rt beaux: mais il n'en était pas moins demeuré dans
mon esprit prévenu quelque chose de pareil à maître Adam
ixi n tara.
Ma première visite, en me réveillant dans la capitale du
Gard, (ut donc a Reboul. In jeune homme que je rencontrai
•ant de l'hôtel, e. a qui je demandai son adresse.
nlement me 1 indiqua, ma sans doute de
•inusité d un étranger, s'offrit a me conduire ; j'ac-
1 eptai.
Avant d'arriver à notre but, nous passâmes devant les
Arènes. Je tournai la tète d un autre que le co-
losse romain, qui devait aveir son tour, ne vint distraire en
■ ux 111 mes pens
- - devant les Arènes, me dit mon condu teur.
— Merci, je ne les i êpondis-je.
Cinquante pas plus loin, il s'arrêta à l'angle dune petite rue.
— Voici la maison où demeure Reboul.
.Savez-vi'us si je le trouverai, à heure ?
guide allongea la tète, afin que son regard pût plonger entrouverte.
— 11 est dans sa boutique, me répondit-il. Et il
Je restai un moment pensll et ma lettre à la main. Qui
dans la réception que me préparait cet
homme -a nature ou de son état? Me parlerait-Il
demie ou agriculture
Je savais déjà que je le trouverais grand; mais
e ne -aval- pas -i je le trouverais simple. — J'entrai.
— C est 1 M Reboul que j'ai l'honneur de parler? \h : que fait-il ?
— Vue lettre de Taylor.
— Ah! que fait-il 7
— Il poursuit la mission d'art qu'il a en ns te
la recherche du beau, et qui passent leur vie a rêver une gloire plu* grande pour leur patrie et leurs ami-, sans peu- usent
pour tes autres leur *anté et leur fortune.
— C'est bien cela : je .
Bt il commença de lire la lettre que je lui avais remise.
.le l'examinai pi était un homme de
trente-trois à treute-i inq ans. d une taille au-dessus de la
1 teint d un brun presque arabe, des che-