‹ Œuvres complètes illustréesChapitre 206 sur 283 · I IX I. 11M · texte numérisé non relu

I IX I. 11M

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• ce qu'il avait fallu

DE PARIS A CADIX

de volonté au pauvre Federigo pour faire ce au il venait de (aire, applaudirent et entraînèrent une parti du i n-que. Le taureau resta un ins edi de 1 attaque ; puis,

avant que son adversaire eût eu le temps de fondit sur lui.

Tout le monde crut le pauvre Fed

Il l'était en effet, si Montés, avec une agilité e un cou- SSé sous le cou du cheval, et ne se lût placé entr< son tilleul el le taureau, .-a cape rose a la main

Le taureau se laissa prendre à cette cape rose qui éblouissait ses yeux, et fondu sur Montes.

Alors nous e unes merveilleux; celui de Mon-

tés tapant le taureau.

Je voudrais pouvoir vous expliquer, madame, ce que c'est que taper le taureau: nuis c'est Chose difficile à faire comprendre a qui n'a pas vu.

Iiujji! ez-VOUS, nui-lame, un homme sans autre arme qu'un mam. ; jouant avec lui animal furieux, le faisant

passer à sa droite, le faisant passer a sa gauche, tout cela sans bouger d'un pas lui-même, et voyant à chaque passade du taureau la corne effleurer les vanequilles d ai sent de son gilet. C est à n'y rien comprendre, c'est a croire â un charme, a une amulette, a un talisman.

Pendant que Montes râpait le taureau, on armait don Fe derigo d'une autre lance, et le second cavalier, conduit également par son parrain, venait lui briser La sienne dans le cou.

Même chose arriva que pour Federigo Le taureau se lança sur le cavalier, mais son parrain, moins al rte ou m uns courageux que Montés, ne put détourner l'animal. Sa tète s'engagea sous le poitrail de son ennemi, et nous vîmes s'y enfoncer une de ses cornes jusqu'au front.

Le cheval blessé se cabra, battit le dos de l'animal avecson sabot de fer et se renversa en arrière, broyant son cavalier entre la terre et lui, et lui enfonçant la poitrine avec 1© pommeau de la selle.

Un cri commencé par le malheureux fut étouffé par lhorrible compressionr

Le cheval - paralysé d'une jambe et perdant son

sang a gros bouillons.

■ le cavalier demeura à terre, il était évanoui. Le taureau allai! revenir sur lui. quand don Federigo lui enfonça une seconde lance au défaut de l'épaule. L animal lurna, mais cette fois encore ce fut Montés qui le reçut.

tant ce temps, quatre hommes relevaient le cavalier en place et remportaient.

Pour la seconde fois. Montés capait le taureau. Tout a coup une grande rumeur se nt entendre. A la place du cavalier que l'on emportait, venait d'entrer un a ut re cavalier.

Celui-là, c'était Romero

Tous les yeux se détournèrent de don Federigo, du cavalier évanoui, et même de Montés, pour se porter sur Roinero C était un beau jeune homme de vingt-cinq a rtngt-six ans vêtu de velours vert, et portant admirablement costume du temps de Philippe II, qui pour les autres semblait un déguisement

Il avait le teint pale, mais de cette belle pâleur mate qui fait la beauté des hommes; ses cheveux noirs étaient ■ coupés très courts, rte petites moustaches noires dessinaient sa bouche fine et crispée.

On lui amena un cheval sur lequel il sauta légèrement. Après quoi, il alla droit au balcon, salua la reine et les primes, lança son cheval dans le cirque, et lui lit faire deux ou trois voiles et deux ou trois changemens de pied, sans s'inquiéter davantage du taureau que s'il n existait pas.

Puis se penchant vers I nero. il s'entretint quelque»

secondes avec lui. prit une lance des mains d'un garçon du cirque et piqua vers ranimai.

Mais cette fois encore, en cavalier consommé, ce ne fut l'attaquer tout d'abord que Romero s'approcha du taureau, ce fut pour habituer sou cheval a sa vue et à son odeur.

fois il tourna autour de lui. maintenant I de sa moniure. pareil au gerfaut qui va fondre

sur sa pioie.

tuplde ; on

6,1,1,1 '■ me cette fois seulement il se trou- i

vait eu face d'un véritable ennemi

Enfin. Romero s'arrêta juste en face de lui comme eût fait un picador de profession

Le taureau le chargea.

Romero l'attendit, et lui enfonça d'un pied sa lame entre les deux épaules; puis, faisant volter légèrement son cheval, il nt un demi-cercle dans le en, cher cher une autre lance.

Le taureau fit dix pas pour le poursuivre, tomba sur un

i, se releva par un effort, retomba sur les deux genoux, laissa aller son cor] sa longueur dans -.Mu! ■. ulement la tète s ore. lero tenait déjà une autre lance et .- it à un .i a i ombat.

Mais l animal irimait plus qu'une douleur sombre et mortel , a deux fois jusqu'à toucher le sable, se releva deux fois, et retomba enfin une troisième pour ne plus se relever.

Les cent mille spectateurs étaient étourdis de ce qu'ils venaient de voir; un torero ne s'y serait pas pris ave,: plus de grâce et ne s en serait pas tiré avec pli sse. Il

fallut un instant a cette foule pour revenir de son nement.

Mais lorsqu'elle en fut revenue, elle applaudi! avec frénésie.

Romero salua avec une expression de raillerie hautaine qui semblait dire :

— Oh : vous - tes bien bons, messieurs ; attendez, attendez Aussi lui vîmes-nous faire tous ses apprêts avec la tranquillité d'un duelliste raffiné.

Il prit délicatement l'épée de la main droite, en appuya le pommeau au creux de la main, et de sa main gauche présenta la muleta au taureau.

Le taureau, un instant imle, c. fondit enfin sur lui. Un éclair brilla qui s'éteignit

L'épée était entrée juste entre les deux épaules et avait disparu jusqu'à la garde

Le taureau tomba sur les deux genoux comme pour rendre hommage a son vainqueur

Cinq minutes après. L'arène, toute frémissante d'applaudissemens. était vide.

Le troisième taureau entra.

Romero restait seul. Des trois cavaliers, on avait emporté le premier évanoui ; le second était sorti courbé en deux et s appuyant aux bras des valets du cirque; le troisième avait le genou luxé.

Comme le dernier Horace, Romero seul était sans blessure. Le troisième taureau était noir, sans une seule tache blanche.

Comme s'il avait le mot, il fondit sur les alguazils. Les alguazils se dispersèrent dans le cirque, pour venir se reformer un instant après en face du balcon de la reine. Le taureau était resté immobile au milieu du cirque, en voyant cette barrière qu'il croyait solide s'ouvrir devant lui Mais derrière cette barrière il y avait un homme, un homme à qui les deux combats précédens avaient donné une idée de sa force et de son adresse; un homme qui, comme toutes les natures puissantes, prenait goût au danger Rt s'enivrait aux applaudissemens : cet homme, c'était Romero. Il fondit sur le taureau de toute la vitesse de son cheval, et en passant près de lui lui brisa une lance dans le flanc gauche.

Puis, saisissant une nouvelle lance aux mains d'un valet du cirque, il repassa du côté opposé et la lui brisa dans le flanc droit.

Ces deux coups s'étaient faits si rapidement que l'animal avait eu â peine le temps de sentir la première douleur, quand cette douleur se doubla de La seconde.

Il faut avoir vu cet immense amphithéâtre battant des mains, agitant ses mouchoirs, hurlant le nom de Romero clans un vivat universel, poui se faire une idée de l'enthousiasme que doit éprouver lui-même l'homme qui cause cet enthousiasme.

Romero semblait invincible; non seulement Invincible, mais invulnérable.

Le taureau, dont le sang coulait par deux blessures, fouillait le sable du pied en mugissant. Romero salua gracieusement le public.

Le taureau fondit sur lui.

Romero. sans se déranger, remit son chapeau sur sa té*e et attendit.

L'attaque était furieuse. L'animal saisit le cheval par dessous le ventre, et, cheval c-t cavalier enleva tout sur ses cornes.

Maintenant, écoutez bien ceci, madame, et battez des mains à quatre cents lieues de distance, car ceci s'est passé à la eut mille personnes.

Pendant que Romero était soulevé de terre, il enfonça sa

i un pied dans le côté gauche du ai Au même instant, taureau, cheval cavalier tombèrent comme an groupe confus, au milieu des i aens du-

quel il fut un instant Impossible de rien distinguer.

Le taureau se dégagea le premier: mais au lieu de charger de nouveau, il s'en alla à reculons gagner la barrière.

Le cheval, moins grièvement blesse qu'on n'aurait pu le croire, se releva â son

î.e cavalier se releva également : Il n'avait pas même perdu les arçons :

— l'ne autre lance : tria Romero une autre lance! On la lui i il bondit vers le taureau

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