‹ Œuvres complètes illustréesChapitre 205 sur 283 · II - tmir et le fit · texte numérisé non relu

II - tmir et le fit

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Avis aux jeui marier.

Permettez que je vous quitte, madame, sur celte moralité. taureaux sont un spectacle dont on ne se [uand on les voit, puisque huit jours de salte j ai vu tous les combats de taureaux qui se sont livres à • oir et entendre n e-t pas la même chose, et ,ir que mon récit ne soit déjà bien long. H autant plus que je serai force de revenir sur ce sujet, uses royal- m. comme j'ai eu l'honneur de

• dire, dai niions toutes différentes do-

ses ordinaires

Madrid, li octobre au ; ilr.

Mine, Madrid est la ville des miracles -i Madrid a toujours de pareille* illumination

- de pareilles femmes niais ie que Je ;ais. rend de terribles envies, maintenant que.

- prises, mon existence matérielle est m, faire naturaliser Espagnol et d'élire doml- M.idrid.

i,iiii n a pas vu le Prado illuminé hier soir, ne se don

lu uni- illumination ; qui n a pas vu â la

lueur de ces illuminations passer les vingt charmantes

femmes dont je pourrais vous dire les noms, ne se doute

, ,e que c'est qu'une réunion de fées; qui n'esl lias

Cirqu< et n'a pas vu danser le jaleo de

i la Guy Siephen. ne se doute pas de ce que c est

que la danse.

uter qui n a pas vu combattre Romero. ne i- de ce que c'est que le courage; niais je rem. n, liai sur ce dernier chapitre, tandis qu'au contraire épuiser les trois premiers.

Hier, ma. lame, en quittant le palais, je me lis conduire au l'i Sa longue avenue. laieille à celle des < hamps-El]

mes; seulement ces flammes au lieu d figurer

aditi îels et les accolades offlcielli s du !•» uni

et du 29 juillet, jaillissaient sous toutes les couleurs et affectaient toutes les formes: cathédrales, fleurs, châteaux gothiques, palais moi soleils ;

on eût dit que i - me planétaire tout entier -

pour donner une fête a notre pauvre globe. J( rien vu de pareil, excepté la fête de la I.uminara di

Je i ■ - dit nue ces illumine

contaient cent mille flancs par jour: cela ne m'étonneralt

- madame, dans le même carré long qu'enes Illuminations, il passe tant d'admirables iréa-

pled dans p., allées latérales, tant de mervelll - en voiture, que • est l'unique moyen de rendre ma ont les femmes laide- qu'on remarqi qu'on Madrid '.niant aux autres, ma fol : il y a

et l'on y renonce.

Vprès i ,u milieu de ces

- d'Illuminations et de regards nous enau thé, nie du Cirque. C'était juste le moment du balle nal.i principale danseuse était prin-

Fï.inça ise el s'appelli ■ voua

i du madame Guy Stephen.

II faul \,,iis dire madame qu'il existe entre nous autres • de fram -maçonnerie européenne 0 1 aide i-l le nous ils vus.

Mn-i, par exemple, si jeune a Pans dans un tliéàtl

ou Bouffé, je n'ai qu'à

un d eux que Je sm- là, ou leur faire siene

-■ ml même Déj izel Pouffé

il rit Us mal dis]

eront .1 l'Instant même leur mauvais»- disposition, Joue-

• ronl mieux qu'Us n ont jamais

■ qui fait que le public ne comp-end rien

> • mm< ne. i-ne certaine langueur,

grandit, gr.âce a, une énergie

• t un - - nssent pu lui faire

bel l ai leur iyé de peindre dans I lu qu»

i l'acteur explique ou pin'flt es-

iii pi m nature de ses rela>

Kœfeld

dame chez nous ur retrouvant une

i"! iti rancer. je pensai que cela p u-

. étranger

DE PARIS A CADIX

Je fis donc dire à madame Guy Stephen iiue J'étais venu pour avoir l honneur de la voir, et <jue je la priais de danger pour moi.

Aussi, madame Guy Stephen, en me voyant entrer a la un du spectacle et me placer au milieu de l'orchestre, se douta-t-elle que j'étais ce frère en art qui venait réclamer -rs droits.

Un signe Que je lui fis de la tête lui indiqua qu'elle ne se trompait point. Elle me répondit par un autre signe, invisible, pour tout le monde, perceptible pour moi seul.

.\'ous nous assîmes.

Le jaleo de Xérès commença.

Vous croyez connaître les danses espagnoles, madame; les spectateurs du théâtre du Cirque croyaient comme vous, et avec quelques droits de plus encore, peui-ètre. les connaître aussi. Eli bien : vous vous trompez, madame. Eh bien ! madame, ils se trompaient.

Aux premières mesures, aux premiers pas de l'artiste bienaimée, un silence protond se fit dans la salle. C'était évidemment le silence de l'étonnement. Jamais madame Stephen n'avait attaqué si hardiment cette admirable danse où tout est réuni, fierté et langueur, dédain et amour, désir et volupté ; un frémissement universel succéda à ce silence, puis toute la salle éclata en bravos C'était la. première fois que, cédant à l'élan de son inspiration, madame Guy Stepheu avait accentué le pas de manière à lui donner toute la valeur du poème amoureux qu'il présente.

Trois fois on lui fit recommencer ce fameux jaleo, trois fois le succès alla jusqu'au triomphe, les bravos jusqu'à l'enthousiasme, les applaudlssemens jusqu'à la frénésie

Je crois que j'avais d'un seul coup rendu a Madrid l'hospitalité que Madrid m'avait si grandement donnée.

Après le spectacle, je montai dans la loge de madame Guy Stephen. N'ous ne nous étions jamais vus, nous ne nous étions jamais parlé.

— Eh bien ! me dit-elle en me tendant la main, êtes-vous content ?

Vous voyez bien, madame, que nous nous étions parfaitement conq ris.

(est quelque chose, n'est-ce pas, que cette fraternité artistique qui arrive tout simplement et tout naturellement a un but que ne peuvent atteindre ni le pouvoir d'un roi. ni la richesse d'un banquier, ni l'influence d'un journal

En rentrant a la casa Monnier, je trouvai une lettre de d'Ossuna; il m'invitait à déjeuner le lendemain avec son cavalier en place.

Le moment est venu, madame, de vous dire ce que c'est qu'un cavalier en place, caballero rejonador.

Je vous ai dit que les courses royales présentaient des circonstances particulières qui n'existaient que pour elles et à cause d'elles.

Ces circonstances, les voici :

Dans les courses royales, dans celles du moins qui ont lieu a propos de la naissance des enfans ou des mariages des rois ou des reines, les fonctions de matador ne sont point remplies par des toreros de profession, mais par de pauvres gentilhommes de noblesse bien reconnue; pour ceux qui survivent à ces courses, et leur chance d'y succomber est d'autant plus grande qu'ils apportent dans leur lutte contre le taureau toute l'infériorité de l'ignorance, des places d'écuyers sont créées au palais, qui assurent à leurs titulaires une existence honorable. Ces places d'écuyer rapportent ordinairement quinze cents francs d'appointemens par année, et quinze cents francs d'appointemens à Madrid sont presque une fortune.

Maint, nant, voici les différences introduites dans le combat.

Tant que la lutte a lieu entre les cavaliers en place et le taureau, les picadors sont supprimés

Au lieu d'attendre le taureau à pied et avec l'épée les cavaliers en place l'attaquent à cheval et avec le javelot.

Au heu de monter de malheureux chevaux destinés à l'équarlsseur et qu'on abattrait le lendemain s*i les taureaux ne les tuaient pas la veille. iLs montent d'exrellens chevaux andalous. tirés des écuries de la reine; ce qui

'""" Ueu '• '■"' i avantage, comme on pourrait le croire

d'abord devient un désavantage, en ce que le cavalier doit M. lire . |a rots rentre la colère du taureau et la terreur de son cheval; que cette lutte est d'autant plus terrible à 1 endroit du cheval que le. cheval est pins vigoureux

Chez les picadors ordinaires, au contraire le cheval n'est qu un bouclier, une espèce de matelas vivant où s'amortissent, les coups de corne, et. que son cavalier abandonne comme H le veut et quand il le veut, à la fureur du taurc3.ii,

ri££S'.,Ie"\aCCl'3enS qui arrivPnt aux ^allers en place arrivent-ils plus souvent du fait de leur cheval que du fait du taureau, ces cavaliers en place choisissent des parrains parmi les

chefs des plus illustres maisons de la ville. Ces parrains, pour répondre a l'honneur du choix, font habiller leurs filleuls et se chargent des autres frais auxquels ils peuvent être entraînés.

Le costume adopté est celui des gentilshommes du temps de Philippe IV.

Chacun est babillé aux couleurs du patron qu'il a choisi.

Comme le parrain ne peut descendre dans l'arène avec son tilleul, il se fait représenter lui-même par un torero en réputation, qui a pour mission, lui qui connaît le taureau, de l'attirer à la portée de la lance du cavalier en place, ou de l'éloigner de ce même cavalier quand il fond sur lui.

il y avait quatre cavaliers en place devant combattre le lendemain.

Ils avaient choisi pour leurs parrains : le premier, le duc d'Ossuna; le deuxième, le duc d'Albe; le troisième, le duc de Médina-Coeli ; le quatrième, le duc d'Abrantès.

Les toreros qui les assistaient étaient : Francisco Montés, Pose Redondo (le Chiclanero), Francesco Arjona Guilleu (Cucharès), et Juan Lucas Blanro

D'ussuna m'invitait donc à déjeuner avec son cavalier en place et avec Montés', son ange gardien.

.Montés, madame, je n'ai pas besoin de vous le dire, Montés est le roi des toreros, Munies ne s.- dérange que sur l'invitation d'un roi, d'un prince m «l'une ville; Montes a mille francs par course qu'il donne ; .Montés enfin est millionnaire.

Vous comprenez, madame, qu'on n'arrive pas à une si haute position sans un mérite bien reconnu : s'il y a des renommées pour ou contre lesquelles l'intrigue soit impuissante, c'est certainement celle des toreros; tous ses degrés, le torero les gagne à la pointe de son épée, en face du peuple, sous l'oeil de Dieu .C'est un général qui compte par batailles gagnées ; or Montés a gagné cinq mille batailles, puisque Montés a tué cinq mille taureaux.

Il n'y avait point de danger que je manquasse l'occasion qui m'était si gracieusement offerte par d'Ossuna, de déjeuner avec le pauvre cavalier en place et de me rencontrer avec le brave Montés.

D'Ossuna était en outre chargé, de la part d'un de ses amis, grand amateur de tauromachie, d'offrir a Montés une magnifique épée de combat, forgée à Tolède.

Les courses royales devaient commencer à midi. Monsieur Bresson avait eu, comme je vous l'ai dit, l'obligeance d'envoyer des billets à toute la colonie française; les billets étaient fort courus et valaient jusqu'à cent francs. Mais j'avais fait don de mon billet à monsieur Monnier, notre excellent hôte, d'Ossuna m'ayant offert une place à son balcon.

Ce balcon, madame, est un des plus beaux de la place Mayor. Ce balcon, c'est une concession faite par Philippe IV, je crois, à un des aieux du duc, pour service personnel rendu au roi, et tant qu'il existera un d'Ossuna, ce cl nssuna, quel que soit le propriétaire de la maison, aura le droit d'user de ce balcon, pour lui, sa famille et ses amis, pendant la durée de toutes les fêtes royales qui ont et auront lieu sur la place Mayor.

De son côté, le propriétaire de la maison a le droit de dresser des gradins en face de ses fenêtres, pourvu que ces gradins ne gênent point le passage qui conduit m balcon, et de regarder à l'intérieur de ses chambres par- . dessus i.i tète d'Ossuna. de sa famille et de ses amis

A dix heures, j'étais chez d'Ossuna

i J trouvai le cavalier en place, seulement. Encore mal guéri d'un coup de corne qu'il avait reçu dans la cuisse, trois mois auparavant, Montés n'avait pas pu venir; il réservait toutes ses forces pour protéger son filleul. Ce filleul était un pauvre garçon de vingt-deux à vingt-trois ans, qui, lassé de voir sa mère et sa sceur dans la misère sans que tous ses efforts fussent parvenus a les en tirer. s/était décidé à risquer «a vie pour leur assurer une tence.

Le déjeuner était servi: nous étions six ou huit seulement à table; d'Ossuna avait son alleu] i grauche. Ce dernier, sous son costume du temps de Philippe IV. qu'il i irtait d'une façon assez grotesque, et; fort pâle, fort préoccupé, et mangea à peine; c'était jour le pauvre diabl > le dernier repas, le repas libre d ns qu'on menait

au cirque.

La chose était d'autant plus grave, qu'il n'était familiarisé avec aucun des exercices qui eussent pu diminuer pour lui le danger. Pour la première fois de sa vie il allait monter à cheval, et n'avait jamais touché une arme.

Je n'ai de ma vie vn une chose si irisle que ce déjeuner.

En face de cet homme qui semblait voir la mort assise à

la même table que nous, personne n'osa plaisanter ni rire

De temps en temps nn voyait passer sur -es lèvres des

frissons nerveux que ne pouvaient calme; ! orage-

E DUMA5 rLLUSTRE

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par le comte d'Altamira ; don José par le duc de ii, ti Komero par le duc d'Albe.

La reine entra ac ouipagnée du roi, du, h sse ue Mont] C'était la première

en public Le cirque tou- entier se- . lata en applaudisseruens sieur le duc d'Aumale et la reine-mère venaient

lue les augustes spectateurs eurent-ils pris place, que Ht, qu une îles portes s'ouvrît et que itrèrent les cavaliers en place, accompagnés parrains.

it avec son parrain dans une voiture

aux splendldes dorures Les quatre chevaux qui

are étaient empa x cou-

leurs u-

le tour du cirque, vinrent défiler de- : reine, et - ar une porte opposée &

nné entrée.

iti la quadrille des ohulos, des beat rus se mit en marche et vint, comme la veille s'agenouiller en lace du balcon de la reine.

se relevaient, la porte s'ouvrit, et l'on amena deux chevaux tout caparaçonnés Deux cavaliers en place les suivaient à pied.

étaient le même don Federtgo avec lequel J'avais déjeuné le matin, et don Komano, le ulleul du comte d'Altamira.

Les [anlares sonnèrent; les cavaliers se mirent en selle. A peine eut-Il senti le poids de son cavalier sur ses les, q i al de don Federigo se cabra. I

lieu de rendre La main, tira la bride a lui. le cheval se renversa en arrière ; tous deux roulèrent sur leN sable.

liant début Bailly. sortant de* la Conciergerie pour aller à lvchafaud. heurta une pierre. — Tri i.-e ! dit-il eu souriant. Un Romain serait

i liez lui.

Je crois que don Federigo eût bien voulu faire en ce moment connue eût fait le Komain.

idant on le remit en selle; 11 était tombé, sinon adnolilu moins ■ meut.

L'autre cavalier se tenait tant bien que mal sur ses ar-

îin homme de quarante à quarante-cinq ans déjà; on voyait néanmoins qu'il était un

plus rort en équitation que s -ompagnon.

le pauvre don Federigo se laissa conduire où l'on voulut; l'autre gagna sa place au petit trot.

On leur mil a chacun un javelot à la main.

il long de six pieds a peu près, êiait terminé rôs aigu; le bois dont il était façonné blanc très fragile; il devait - chaque

Coup que le cavalier portait, et ainsi le fer et le Ira talent d rps du taureau,

nie parut un grand embarras de plus pour lt rigo.

U i ai que cette seconde fois mon émotion était plus ne La première. Ce n'était pas ,i un ci i un supplice.

La porte s'ouvrll . le taureau entra.

i ..mes aiguës et recourbées ; il fram hn i ice en i ourant, pul

pliaiu

-lai uiule

1er tout ci monde evant lui depuis les derniers dagues.

les plus aigui

parut - malhi uieux alguazlls, que

d lieu d'une ux ne

i - six h . parpll

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