‹ Œuvres complètes illustréesChapitre 21 sur 283 · ce moment, deux ou trois pcatiqi • ut · texte numérisé non relu

ce moment, deux ou trois pcatiqi • ut

Ut-li nous n au, I aie en même tenip-, la pot I nii - ouvrit, et un .n . on parut

— I-e four e-t chauffé, maître

M. 11 1.- .. la boutique ; le 1 : efêe, mats

elle n a pas entendu : j'enfournerai mol ni. nie lue femme d un certain âge vint pri mp-

\ . nui heures, me dit-il iih cet

iin.

ipé di de -im-

le

la uni i: ouatt-il une 1 nméilic ou sur.

ut le doub .n '

la -une devait m apprendre.

ial an hasard pendant les trois heures qui devaient cetu pieiii'.i. entrevue de la secon -als

in,, j,- vu dans les

■ peuple, duquel ■ ni depuis l 'nqnante

res avoir donné à la Frani e des solda - des tr et des maie, baux allait d lui fi nrnlr des poètes. Le regard de Dieu avait |>énAtré au plus protond de notre France : : le avait son Lamartine.

LE MIDI DE LA FRA

Je revins à l heure dite; Reboul m'attendait à une petite porte d'allée. Sa boutique, toujours ouverte, était

les simples détails de la veine, à cette femme fiante qui l'avait déjà remplacé le matin. II lit linéiques pas au-devant de moi. II avait chas celui

qu'il portait était très simple, mais pre, et tenait

un milieu sévère entre le peuple et la bourgeoisie Nous montâmes un retit escalier tournant, et nous nous seuil d'un grenier sur le plancher duquel était amoncelé, irés du froment de qualités dif-

féren i - us engageâmes dans une di vallées

que ces m m entre elles, ■ t,

au bout de dix pas, nous nous trouvâmes a la porte d'une chambre

— Nous voilà, me dit Reboul en la refermant derrière nous i monde matériel; a nous maintenant le monde de? illusions, Ceci est le sanctuaire: la prière, l'inspiration et la poésie ont seules le droit d'y entrer. C'est dans cette chambre bien simple, vous le voyez, que j'ai passé les plus douces heures que j'ai vécues: celles du Travail et de la rêverie.

En effet, cette chambre était dune simplicité presque monastique : des rideaux blancs au lit et à la croisée, quelques chaises de paille, un bureau de noyer, formaient tout l'ameublement ; quant à la bibliothèque, elle se composait de deux volumes : la Bible et Corneille.

— Je commence, lui dis-je, à comprendre votre double vie, qui, jusqu'à présent, me paraissait inconciliable.

— Rien n'est plus simple cependant, me répondit Reboni, et l'une sert l'autre quand les bras travaillent, la tète se repose, et, quand les bras se reposent. la tète travaille.

— Mais .. pardon de mes quest:

— Faites.

— Etiez-vous d'une famille élevée?

— Je suis fils d'ouvrier.

— Vous avez reçu quelque éducation, au moins?

— Aucune.

— Qui vous a fait poète?

— Le malheur.

Je regard; de moi; tout semblait si calme, si

doux, si heureux dans cette petite chambre, crue le mot malheur prononcé ne paraissait pas devoir y trouver d'écho

— Vous cherchez une e\pli< ation a ce que je viens de vous dire, n'est-ce pas? continua Reboul.

— Et je ne la trouve point, je l'avoue.

— N'êtes-vous jamais passé sur une tombe sans vous en douter ?

— Si fait ; mais j'y voyait l'herbe plus verte et les fleurs plus fraîches.

— Eh bien, c'est cela : j'avais épousé une femme que j'aimais ; ma femme est morte.

Je lui tendis la main.

— Alors comprenez-vous?... continua-t-il. Je ressentis une grande douleur que je cherchai vainement â épancher. Ceux qui m'avaient entouré jusqu'alors étaient des hommes de ma classe, aux âmes douces et compatissantes, mais communes ; au lieu de me dire : « Pleurez, et nous pleurerons avec vous. « ils tentèrent de me consoler. Mes larmes, qui ne demandaient qu'a se répandre, refluèrent vers mou cœur et 1 inondèrent. Je cherchai la solitude, et, à défaut d'âmes qui pussent me comprendre, je me plaignis à Dieu. Ces plaintes solitaires et religieuses prirent un caractère poétique et élevé que je n'avais jamais remarqué dans mes paroles ; mes pensées se formulèrent dans un idiome presque Inconnu à moi-même, et, comme elles tendaient au ciel, à défaut de sympathies sur la terre, le Seigneur leur donna des ailes, et elles montèrent ver.- lui.

— Oui, c'est cela, lui dis-je comme s'il m'avait expliqué 1 -e du monde la plus simple, et je comprends maintenant : ce sont les vrais poètes qui le deviennent ainsi. Combien d hommes à talent à qui il ne manque qu'un grand malheur pour devenir hommes de génie : Vous m avez dit d un -eul mot le secret de toute votre vie ; je la connais maintenant comme vous-même.

— Puis ajoutez aux douleurs privées les douleurs publi-

z au poète qui voit tomber autour de lui. comme les feuilles du mois d'octobre, toutes les croyances religieuses, toutes le- convictions politiques, et qui reste comme un arbre dépouillé a attendre un printemps qui ne viendra peut-être plus Vous n'êtes pas royaliste, je le sais; aussi. je ne vous parlerai point de notre vieille monarchie, cette reine qui s en va comme une servante qu'on chasse : mais tes religieux. Figurez-vous donc ce que i 'est que de voir les Images saintes auxquelles, enfant, votre mère vous a conduit pour fane votre prière, abattues, foulée- aux pieds des chevaux - dans la boue; figurez-vous ce que

c'est que de voir de pareilles choses à Nîmes, dans cette

vieille cite de dise rdi - û presque tous les souvenirs

sont de haine, eu le sang coule si vite et si longtemps

; avai- pas en i i ! ulre et la religi m

pour me consoler mon Dieu : que serals-je devenu?

— Nous avoii- ton- vu de pareilles choses, croyez-moi,

e qui fait qu a i sera au be-

;u homme social. Le domaine de ■ est agrandi

du champ de la politique , le- révolutions I oi I tbouré avec

nos pères loin engraissé avec le sang : semons-y la

paro es i royam e- j repousseront

— Vous avez un POJ 11 entier. VOUS, le théâtre; moi. je n'ai qu'un jardin ; n'importe, j'y cultiverai des rieurs, et j en ferai des couronnes que je vous jetterai.

— Voi donné rendez-vous, non pour me faire des compliments nui- pour me dire de- vers.

— Le désirez-vous sincèrement, ou n'est-ce qu'une affaire de curiosité on de politesse?

— Je croyais que nous nous connaissions assez pour nous épargner 1 un a l'autre de pareilles questions

— C'est juste, je suis a vous : quand je vous ennuierai, vous m'arrêterez, el dit.

11 commença. Les les premiers vers, je remarquai dans -ta voix cette intonation qui appartient essentiellement à l'école moderne, cette manière de dire qui m'avait si souvenl frappé chez de Ti : Lamartine et chez Hugo;

' cependant Reb naissait à cette époque aucun de

ces hommes Cela me prouvait une chose dont je me doutais depui- Longtemps, c est qu il 3 a dans les vers modernes une mélodie entièrement absente des vers de l'ancienne école. ut qu'il parlait, j'examinais -et homme: sa physionomie avait pris un caractère nouveau, celui de la foi. Une grande conviction intérieure se manifestait au dehors a mesure qu'il lisait et selon ce .qu'il lisait.

Nous pas-âmes ainsi quatre heures, lui me versant de la poésie à flots, et moi disant toujours : .. Encore : ■ Je ne lui fis pas grâce d'un tiroir de son bureau : tout en sortit. manuscrits, cahiers, feuilles volantes ; enfin je lui indiquai du doigt un dernier brouillon.

— Quant a celui-ci, me dit-il, vous le lirez vous-même plus tard, demain.

— Pourquoi ?

— Parce que ce sont des vers que je vous ai adressé*. Je les ai griffonnés en vous attendant. Mais, à cette heure, allons voir les Arènes : et. soyez tranquille, nous n'aurons fait que changer de poésie ; seulement, je vous ai réservé la meilleure pour la dernière.

La maison de Reboul était, comme je l'ai dit, voisine des Arènes ; au bout de la première rue que nous prîmes, nous nui- trouvâmes donc en face d'elles. C'était, après l'arc de triomphe et le théâtre d Orange, le premier grand mouument romain que je voyais. Nous en fîmes le tour au pas ordinaire de deux hommes qui marchent en causant, et cette promenade nous prit près d'un quart d'heure, après lequel nous nous retrouvâmes à la porte. Reboul se fit reconnaître du concierge ; et, quoique l'heure de la visite fût passée, Reboul, en sa qualité de compatriote et de voisin, eu obtint l'ouverture. Cinq francs que je glissai dans la main du moderne Janitor me placèrent immédiatement assez haut dans son esprit pour qu'il m'accordât sans difficulté la demande que je lui fis de rester, même après que Reboul, à qui je ne pouvais décemment faire passer la nuit en plein air, serait parti. Cependant, il voulut m'accompagner dans ma première visite intérieure ; en conséquence, nous commençâmes, en dedans et sous la galerie inférieure, la même promenade circulaire que nous venions de faire en dehors; puis nous pas-.unes à la galerie supérieure, et, de là, par un voniitoiie, nous entrâmes dans le cirque.

11 est impossible de se faire une idée de l'effet que produit, vue au clair de lune, cette ruine gigantesque. Certes, 1 Italie offre de plus grands vestiges, et le cirque de Titus est bâti sur des proportions plus colossales encore que celui d'Anlonin il) ; mais on y parvient par des gradations qui vous ont conduit au spectacle qui vous attend. On a traversé, pour y arriver, le panthéon d'Agrlppa, les restes du Capitale et l'arc de Titus; enfin on est â Rome, la ville des giand- hommes et des grandes choses. Mais, à Nimes. tu milieu de notre France moderne, sur une terre où aucun jalon ne prépare la pensée a la vue de ces restes étranges d une civilisation oubliée, le squelette du géant dépasse ;is de l'esprit toutes les limites de l'imagination toute- le- proportions de la pi

ni s'aperçut facilement de l'effet que cet aspect pro- 1 ' sur moi.

— Vous n'avez plus besoin de personne, me dit-il; tout ce que je pourrais vans 'lire ne vaudrait pas ce que vous diront ce- ruines. Je vous laisse avec le spectre d'un monde, jez-le

Je lui ten I nu signe de tète. Il rentra par

- 1 uctiona i s Arènes il tatonin ; d'auti g ppu ici* une inset ipttc leur dua-

ii-'iii 1 r fondateur un des membres de la fâmillt

M.rWNDliE DUMAS ILLUSTRE

er quelque temps profondeui puis s'éloi-

.udre, et je i le silence.

qu'un peu nuageuse : la lune, qui

avait atteint sa plus grande circonférence, perçait cette

re transparente du Midi de i..> as i aies et froids.

i - inu ■ ■ seule d

I* temps en temps le mistral soufflait pai -■ • • engouf-

dans les ga tait des ailes comme un aigle, et

M par les ouvertures dont la main des hommes ou le

■ bruit avait - Ini • qui . ou • ' faisait fris-

; -einents des bêtes.

ntot les gémissements de- gladiateurs; parfois aussi -iand nuage pass re la lune et la terre. Alors, une

re était jetée sur les Arènes comme un oèiie sur un ceiiueil on ie-saii un Instant de distinguer les détails perdus peu à peu. comme si la main de Dieu .e cadavre commençait a reparaiétendu et mutilé Je restai deux heures aiiiM reconstruisant dans ma pensée le monument en ruine • ttte : toutes II

;u avait oci i - ette grand- .<>n romaine

m encore visible: re repeuple,

quatre premiers gradins, à compter du sol, étaient iaux principaux ili les pla

ne lamille It la stem ■

marq nom A 1;. porte du nord s élevait encore

ide consulaire, i | irte du midi, la loge di

tresse? Au-dessus d'elli lent les

Toute- de pluie.

el d< Dieu Les d suivants séparés des

serrés auj qui y ei.'i ent ou i par quarante-<iuatre

Dix autres gradins • es au peuple

nul y arrivait par trenti romitoires

île spirale renvi i ■ ■litre rallume, dans laqui plantait le? mâts qui tendaient le vélarium. ■ i trente mille spectateurs couvraient les gradins, en-

iponnalent aux poutres.

Mais il arrivall , au moment où la béte et l'homme

à lutter 1 un contre l'au r< linéique orage

.1 passeï el fondait en pluie et rs sur l'am-

ntrer le gladiateur dans - i

le lion dans si renti mllli spectateurs

se le-. Dtanément •

a pluie nt trouvait plus à mouilli pierre

eût cru le monument vide si l'on D"eûl entendu.

lie- dans leur ruche bourdonner le peuple

- i animal

ires, i hait son sang mais, dès qu'un

i alssait -■- ■ al -■ -

- la pluie, d ent qui eparais-

par les pandalent de nouveau sur les gradins, ■ a Instant vides el les

mieux ervés de l amphl ■• on quinze

jrradm- conduisaient sans Interruption Jusqu'au

usqu a qui

.i sur le -.1 même de I ar. ne Aux d(

n i.i e 1 une île

qui ii avait encore q

■ nouvelle destlt

: .1 ' II. nie-

murailles, amqueur les y p. arsulvil

flammt - • 1 1 1 allui

. • .m-- ; . Etrnison - établit

ni nalssani latlon

men: . , la mort i es i bevallers ;

■ - par ie mouvement des ■ "1111

• - I en. ail

; deux mille

■ 1 des m

le con-

;ae nous *.

— Ces me Mmes roi..

— Ah : monsieur. < est une grande :

— Et qu' il dans 1 1 ■ 'i: marque les taureaux de la Camargue.

— Où cela"

— Dans le cirque.

Et quand !

— Dimanche 1 us nous rec

<!e voir une lerrade ; mai' m

ncore quau mt:

et nous . 51er à Nîmes . .-

diman M

■ ans de Nlmi

— Nous comptions aller .

— A merveille ■ - 1 ieurs peuvent partir aujoun

aller \ y rester dénia

déniai . nés.

— Que dites-i

— Je dis qui notri hôte •

— El. I

lui devait 'ier pour nous taire le- honneurs de Nimi ■it notre nouvelle combinaison, qu'il appn an; de ne pouvoir nous accnmpagni •.,.,- - 1 ill< de 1 la sourie ou il . iuand sa in ve

était tarie Algues '111111 lui .. lelques-

uns de s— plus beaux m il aimait ■••'.:? ville

comme on aune uni mourir sous ses y. ux. Enffi

.de Reboul poui !a Damii

aage- Une demi-houila route de Montpellier

. une route de travers* •

perdue où aucn rce n'attire, il

1 h n. ) . mil. ou pi site; v mesure q

■ proche: .s nous trouvam

au milieu d'immi - [■ai- d-. . ■

■ au au mllli u di squelli

pin- d'Ital les arbres mérld leur pied

et en la<e de nous, une ligne d'azur, qui était la mer; enfin .< notre drolti 111 massif d'arbres ombrageant une ■ ■ naît u .m, un ■

nous qui s'et en je> 1 quelque mou'

mi 1 • -u Enfin nous nous -i an milieu de deux - Au

milieu de ■ • • - ■ . m| 1

I r la a-

morte que li monuments

qu'il •

e espèce de douanier

notre costume et Lions pas des

contre! r, tout en tremblotant sur

une. ci ■ e un mur Un

près de lui seml iblr romme lui lin;. méphitique .n un groupi d'une qui semblait singulièrement en harmonie, ave. le ; nous approchâmes d( et ommi

LE MIDI DE LA FRANCE

mandâmes s'il : avait encore loin de l'endroit

- à Aiguës-Mortes. 11 nous répondit que, dans dix mi-

mites, nous apercevrions la ville, et que, dans trois quarts

d'heure, nous y serions arrivés. Nous nous informâmes

i rs s'il y avait longtemps qu'il habitait ce poste. Il nous

répondit qu'il y avait quatre ans. Il y était venu fort et

portant ; quatre êtes avaient suffi pour le réduire en

l'état où il était. Le malheureux mourait aux frais du

gouvernement; il est vrai qu'il ne lui coûtait pas ciier :

u donnait cent écus par an pour cela. Nous nous éton-

s que connaissant l'influence de la iliti .1 eût

Mé cette place.

— <,uie voulez-vous : nous répondit-il, il faut bien vivre :

Nous continuâmes notre route, admirant â quel di gre

être portée- la résignation humaine, et. comme nous

il dit notre moribond, au bout de dix minutes, nous

aperçûmes Algues-Mortes, ou plutôt ses murailles; car pas

une maison ne dépasse les remparts et la cité gothique

semble un bijou soigneusement enfermé dans un écrin de

; lerre.

Ique envie que- les Aigues-Mortains aient de faire îemonter la fondation de leur ville a .Marins, qui, au dire de le Ptolémée, ayant assis son camp sur le Rhône, produ loisir que lui laissaient les Teutons pour faire creuset depuis la partie navigable du fleuve jusqu'à la mer, . rge canal par lequel pussent remonter les bateliers qui fournissaient des provisions de bouche à son armée, nie époque qui ait laissé des traces îéelles est le VIIIe siècle, pendant lequel on bâtit la tour de Matafère, qui. s il faut eu croire l'histoire générale du Languedoc, s'élevait sur remplacement actuel de la ville Vers le même temps, une abbaye de bénédictins s'établit â une demi-lieue d'Aigues-Mortes, près de la rouie qui conduit a Nîmes on ommait Psalmodi, a cause de ce chant perpétuel que ses moines faisaient entendre, et qui, comme le dit t.iréde Tours, qui l'appelle psalterium perpetuum, était en u-vige dans quelques couvents. Cette abbaye, détruite en ~-2b par les Sarrasins, fut rebâtie en 788 par Charme, qui lui donna la tour de Matafère. Dès ce moment, - des environs, trouvant sur un même point tion temporelle et spirituelle, bâtirent leurs maiautour de La forteresse, qui ne tarda pas a échanger s D nom contre celui des eaux dormantes qui l'environnaient. An xii8 siècle, la ville d'Aigues-Mortes, protégée par le rit de Psalmodi. et par les seigneurs de Toulouse, devenue une cité maritime. S il faut en croire Eerde Trévise, chanoine de Maguelonne, auteur du roman ne Pierre tle Provence, et qui vivait vers 1160, elle lit dans -on port des navires de Gènes, de Constanllnople et d'Alexandrie. Il est vrai qu'Astruc, dans ses mémoires sur l'histoire du Languedoc, a prétendu que e lc avait été intercalé par Pétrarque. La chose est possible; mais il i; en fallait pas moins qu'Aiguë* M i;.ine certaine importance, puisque saint Louis la mis la moitié du xme siècle, pour y rassembler la qu il devait commander.

A .eue époque, la France était loin d'avoir l'étendue quelle a aujourd'hui: elle ne possédait que l'Orléanais, 1 Ile-de-France et la Picardie, domaine originaire de la couronne: le Berry. acheté par Philippe Ier: la Normandie B1 i romaine confisquées sur le roi Jean par Philippee, ei ce ne fur qu,- vingt-cinq ans plus tard que l'hi- !e Hardi hérita du Languedoc : de sorte qu'elle ne ut disposer d'aucun port sur la Méditerranée. L<niis IX commença donc par s assurer de celui de Marseille, qui lui fut offert par sa belle-sœur Béatrix, cornée Provence Mais, comme il ne lui suffisait pas: que pelller et ses dépendances relevaient du roi d'Aragon ; ancien port d'Aigle et le nouveau port de Saint-Gilles en. lient au comte de Toulouse^ vassal remuant et le, il proposa a 1 abbé de Psalmodi de lui faire la cession du port d'Aigues-Mortes contre une vaste étendue rrain qu'il possédait auprès de Sommières. sur les "■m- du Vidourle. L'échange lui accepté, et l'acte de ees- Ston passé au mois d août 1248. Ce fut alors que. pour enger de nouveaux colons a venir se fixer dans la ville qu il venait d acquérir. Louis IX. par lettres patentes donès 1246. affranchit les habitants d'Aigues-Mortes de tailles et de tout impôt, de tout emprunt volontaire ireé, et de tout péage sur leurs denrées dans retendue omain'es du roi: les exempta de fournir des hommes " le service militaire, hors des diocèses de Nimes. s et de Maguelonne: leur donna la jouissance commune des pêcheries ei pâturages qui les environnent que le droit de . !i:i~-f- sur leur territoire: enfin, il leur reconnut la faculté d'élire ton- les ans. parmi eux, quatre i ensuis, investis de l'autorité municipale, le si ré-

i: seulement la nomination du juge, qu il s imposa gation de ne point choisit parmi les hululants de la • et du capitaine v.^mei ou châtelain Ces on esslons, immenses roui cette époque, eurent les résultats qu en

us attendait Louis IX les habitants affluèrent dans la ville affranchie. Le port, entièrement restauré aux dépens du. plusieurs monuments des environs, et même, s'il faut en | croire Gariel, des vieux tombeaux de l'église de Maguelonne. reçut, vers le milieu de L'année 1248, une flotte nombreuse, que joignit au mois d'août Louis IX lui-mémo, précédé de l'oriflamme, et portant la panetière et le hour- | don, insignes de son pèlerinage. — Enfin, le 25 août, les | mille vaisseaux du roi. montés par trente-six mille soldats, sortirent de la rade, faisant voile pour l'île de Chypre. I où ils devaient faire jonction avec le reste de la flotte J qui était partie de Marseille. C'est l'un des huit cents vaisseaux sortis du port de cette dernière cité que montait, ainsi qu'il nous rapprend lui-même, le sire de Joinville, naïf et poétique historien de celte première croisade.

< haï un -au comment cette entreprise échoua, malgré la prise de Damiette : comment, dans le séjour qu'ils firent dans cette . ne en attendant la crue du Nil et les secours que le comte de Poitiers devait amener de France, les sol dats du Seigneur se corrompirent au point qu'il y avait, dit Joinville, des lieux de prostitution tenus par les gens du roi jusqu'à 1 entour du pavillon royal, et comment enfin, après la victoire de Mansourah, où fut tué le comte d'Artois, la disette, la maladie et le feu grégeois faisaient de tels ravages dans l'armée chrétienne que, ne pouvant plus marcher sur le Caire, .il fallut que Louis IX sungeât a la retraite 1). Ce fut dans cette retraite, ou plutôt dans cette déroute, que le roi fut atteint, enveloppé et fait prisonnier a Munich, puis conduit a Mansourah, où le sultan offrit de lui rendre la liberté pour huit mille besants. -. Un roi de France, répondit Louis IX, ne se rachète pas pour de l'argent, il s'échange contre un empereur ou contre ni' .:11e prenez Damiette pour ma rançon et les huit mille liesanis d'or pour celle de mon armée. » Malgré, la mort du sultan, qui arriva su» ces entrefaites, le traité fut conclu à ces conditions entre les Mameluks et te plus fier chrétien gu'on ait minais vu en Orient.

Le. roi s'embarqua aussitôt a Alexandrie : mais, au lieu de revenir en France, il fit voile pour la terre sainte, où il resta trois mois, attendant toujours d'Europe les secours d'hommes et d'argent qui n'arrivèrent point. Ce fut la qu'en 1252 il apprit la mort de sa merc : cette nouvelle le détermina ,, revenir en France, Il s'embarqua au port de saini -,ieau-d Aeie, et, le 17 juillet 1254, il aborda aux lies d'Hyères.

Cependant Louis IX. qui. dans l'espérance d'une seconde croisade, continuait de porter la croix sur ses habits, était parvenu ;> rétablir la paix dans le royaume. Dès qu'il crut pouvoir quitter la France sans danger, il convoqua le parlement de Paris, s'y présenta, portant entre ses mains la couronne d'épines de Notre-Seigneur, et ordonna une seconde prise d'armes. Ce fut alors qu'il conçut fe dessein d entourer de remparts la ville d'Aigues-Mortes; et, comme le souverain pontife était né à Saint-Gilles et était parvenu au trône papal après avoir été successivement soldat, avocat au parlement de Paris, et >et retaire du roi, il s'en ouvrit a lui.

Ce lut pendant que le roi tenait sa cour à Saint-Gilles, en ai tendant les vaisseaux génois, au milieu des fêtes données aux ambassadeurs de Michel Paléologue, que la ligne où devaient s'élever les fortifications fut tracée autour d'Aigues-Mortes. Le roi voulut qu'elles eussent le contour, l'élévation et la forme de celles de Damiette, afin qu'elles rappelassent éternellement la victoire qui avait ouvert la première croisade. Mais, au moment où on allait en poser les fondations, les vaisseaux attendus arrivèrent, conduits par le comte Alphonse, et déterminèrent le départ du roi. Le 1er juillet 1270, saint Louis quittait les côtes de France, et, le 25 août suivant, il expirait sur la cendre, à lendroit même où l'envoyé de Rome trouva Marius assis sur les ruines de Cartilage

« Et ainsi, dit Joinville. comme Dieu est mort pour son peuple, aussi semblablement a mis le saint roi Louis son corps en danger et aventure le mort four le peuple de son royaume. ■■

Fidèle héritier, comme il avait été brave soldat et fils pieux. Philippe le Hardi ne lut pas plus tôt sur le trône, qu'il m- souvint de« intention-, de son pi re a l'égard d'Aigues-Mortes A son ordre, la ceinture de remparts qui l'en veloppe encore aujourd'hui s'éleva sur h- plan arrêté; de

sorte que nous pouvons encore urd'hui, a l'aspect de

ces muraille', sur lesquelles ont passé près de huit siè clés, rebâtir la ville orientale que nous irions aujourd'hui chercher vainement a l'embouchure du Nil.

On peut facilement -, Caire -me idée de la curiosité .,\

laquelle nous approchions -i remparts historiques, qui,

outre leur- souvenirs merveilleux -ont le modèle le plus intact qui nous ail aissi • es fortifications cette clvl-

ili Voir Qui \ie jours a

• et militaire du xin uv.iii bien • ore d'au ■ que ceux

, dont h d raconter quelqu

de Loin- de Malapue, qui livra, mon s mu-

raillf aux Bourgu : inique

vuim et <i rousse; t'enipoisonnemeni i

.- ; enfin. I • ■

dotes local écrites par

IX et Philippe le Hardi sur le livre de pierre qui s'ouvrait a dos yeux?

porte du château ; et ce . de Reboul

me revint à l'es]

Et ; et deuil

Vieil puis!

> Algue-Morte aux m la p ltrlnalre.

<: comme un hibou dai u\ île sou nid.

Cornu h armure un chevalier jauni.

i été 'in h i ii mendiant fiévreux dans ta cour d'un bospl

i en effet, Aiguës-Mortes, qui renferma rem-

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