‹ Œuvres complètes illustréesChapitre 264 sur 283 · I. lier, et auquel le peut l'aire · texte numérisé non relu

I. lier, et auquel le peut l'aire

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v bmel refusa de se rendre a discrétion, et la canonnade continua

Dans la matinée, le- tient été prises pour

la formation des colonnes destinées a l'assaut, fixé, comme lavons dit, au lendemain 13.

■tonnes étaient au nombre de trois.

première, aux ordres du lieutenant-colonel Lamorlse composait :

io De quatre cents zouaves et soldats d'élite du 2» léger, commandés par le chef de bataillon de Sérigny, de ce dernier coi 2» De cinquante sapeurs du génie; La deuxième, aux ordres du colonel Combes, se posait 1» De cent hommes du 2- bataillon d'Afrique ; hommes du 3' bataillon ; eut hommes de la légion étrangère ; De quatre-vingts sapeurs du génie, Tous commandés par le chef de bataillon Bedeau. 2o jj, ifs nommes d'élite du iV, sous les oi

,lu i lier de bataillon Lee 1er

la troisième colonne, dite de réserve, comma par le colonel Corbin du 17° léger, était composée des compagnies d élite de ee corps; d'un bataillon de tirailleurs et du il'' île ligne, chef de bataillon Fale.

tuf une chose curieuse à voir que l'émotion prod flans i armée par cette distribution faite aux plus braves louer leurs rôles dans le drame du lendemain Toute la nuit, les batteries tirèrent ann d'empêcher les assiégés d'aggraver les difficultés que présentait la brèche, comme ils avaient fait la nuit précédente.

Vers trois heures du matin, deux officiers allèrent la reconnal le capitaine lîoutaut, du génie, et le capi-

taine- de- zouaves.

rtirent de la batterie suivis par tous yeux, e jusqu au pied du talus. La nuit était

parente, et a travers on voyait ces deux braves offl -avancer d'un pas égal vers la muraille. A i inquante pas du rempart, Ils furent reconnus par les assiégés, et furent .-.ilués a l'instant même par une effroyable fusillade. Heu-

■ nt aucune balle ne les atteignit, et ils rentrèrent us. annonçant que la brèche était praticable,

seulement la peine était raide et difficile.

i In, les ileux premières colonnes

étaieni derrière la batterie de brèche, où se trou-

• général en chef, monseigneur le duc de Nemours.

■ ■raux de Flenry, commandant le génie; de Caraman, commandant l'artillerie; et Péri bel d'état-major, l< même qui, la veille, avait reçu une blessure en soutenant

i rémont, mais «ini . malgré cette bleutée pendant la nuit au poste d'honneur. La prei nue était établie clans la place d'armes à

de la batterie de iuv.i,i. la seconde dans le ravir. de communication couverte, et la troisième derrière un grand bâtiment en ruin ml sur le l»rd de la rivière

\ i\ heures, le feu commença, pour élargir la base de la pente el diminuer la raideur du talus. Ce lui a milieu de cette canonnade que. le jour parut Le beau, pur. radieux, un vrai soleil de com-

bat. ■ ; tir, et tel qu'il convient a îles hommes qui

vont marcher a la mort sous l'œil de Dieu.

De leur coté, les gens de la ville comprenaient que le moment dc-i isll approchait ; ils accouraient a Mots press couvraient les talus qui surmontent les escarpemens du sud un de ee.s rassemhlemens d'attente inquiète comme on en volt sur les plages de la mer u rapproche des tera l'ont cela ' ette activité incertaine et

te que donne aux populations le mouvement des flots du matin tout fut prêt. La. colonne Lamo- 11. nent collés contre l'épaulement ■ 1 ■ bn 1 ' ii 11 m de colonne appuyé,- a l'on varture ménagée dans h para] il se faisait un grand slli

lu milieu de ce silence, on entendit quelques mots pro- .. vols basse jsir monsieur le général Valée a mon- IX II duc de Nemours, commandant du si : u le signai ci<- l'assaut.

Vussi furent Ils devine-, .-t. comme si le feu eût dé

"in- me. lie-, U du dm de Nemours firent

il. xplosii

1 peine le commandement — Bn niant, marche 1

le colonel Lamorlclère, les officiers

du génie et les zouaves s'élancèrent des retranchemens, et

s'avai 1 ■:- .u >e vers la brèche, mais a un

m mu; il ne fallait poinl user son haleine a franchir - el mieux valait pour les soldats arriver ., la e- Impatiens que lassés

■nrs un grand et magnifique spectacle qu'un asaut; mais, dans une ville orientale, le spectacle devient

LE VliLOCE

plus grand et plu* magnifique une partout ailleurs. Le pH toresque de la situation, l'étrangeté de la forme, l'originalité du costume, l'acharnement de la défense grand l'action de tout ce reflet magique que la poésie jette sur les choses humaines.

Aussi tous les yeux étaient fixes, toutes les poitrines haletantes. On voyait la longue colonne s'approcher sous le feu, qui semblait fouetter sa course au lieu de la ralentir,* puis on vit sa tête disparaître dans le fosse, reparaître sur le talus, ramper en gravissant la brèche, puis couronner l'ouverture; puis s 'élevant au-dessus de toutes les têtes, le drapeau que portait le capitaine Garderens flotter un instant et se hxer sur la crête de la muraille échancrée.

C'était le premier drapeau français qui eut flotté sur les remparts de Constantine

Mais, pour être maîtres de la brèche, nos soldats et aient loin de s'être créés une entrée dans la ville.

Au sommet du talus où ils étaient arrivés, commençait pour eux l'inextricable réseau des rues arabes, aspect plus terrible que la vue de tous les remparts, obstacle inconnu plus insurmontable que tous les obstacles connus. La s étend un labyrinthe de constructions incompréhensibles ; des enfoncemens qui semblent ouvrir des passages et qui n'aboutissent à rien, des apparences d'entrées sans issues, des semblans de maisons dont il est impossible de distinguer les côtés, de désigner les faces, puis du feu partout, des canons de fusil passant par chaque ouverture, une grêle de balles cliquetant sur les armes ou s'amortissant avec un bruit sourd dans les chairs, voila ce que voit, ce qu'entend, ce qu'éprouve la première colonne arrivée au couronnement du talus.

Alors la petite troupe se divise en trois corps ou plutôt en trois compagnies. La compagnie de droite, sous les ordres du capitaine Sauzai ; la compagnie de gauche, sous les ordres du chef de bataillon de Sérigny ; le centre, sous les ordres du colonel Lamoricière.

On comprend quau milieu du feu tous ces mouvemens que nous allons raconter sont rapides comme la pensée.

Le capitaine Sauzai, qui va opérer à droite, jette les yeux autour de lui, traverse un petit plateau formé de décombres amoncelés, et aperçoit au-dessous de lui, au pied d'un grand édifice dont on pouvait voir du Coudiat-Aty le sommet débordant le rempart, une batterie de rempart dont les canonniers restes fermes a leurs postes sont prêts à défendre les pièces. Sans tirer un seul coup de fusil, a l'ordre du capitaine Sauzai, les zouaves se précipitent a la baïonnette sur la batterie ; à l'instant tout s'enflamme en face et autour de cette poignée d'hommes qui devient le centre d un cercle de feu. Le lieutenant de la compagnie a le tuas fracassé de trois balles; une douzaine de zouaves tombent dans l'intervalle, mais ce qui reste debout se précipite sur la batterie et tue sur leurs pièces les canonniers turcs qui ne tentent pas même de fuir.

La batterie éteinte, le capitaine Sauzai regarde autour de lui ; â une demi-portée de fusil, une autre batterie s'élève derrière une barricade formée de charrettes et d'affûts brisés. Un instant le désir lui prend d'éteindre cette seconde batterie comme il a fait de la première, mais il faut qu'il s'engage dans un défilé entre deux feux ; mieux vaut entrer dans ce grand édifice que nous avons signalé et en chasser ses défenseurs. Une porte est aussitôt enfoncée, quelques Arabes sont tués en se défendant, mais le plus grand nombre fuit, s'échappant par des issues qu'eux seuls connaissent. Une fois maîtres de ces immenses constructions, les zouaves s'orientent, reconnaissent qu'ils sont dans un magasin à grains-, ils descendent par les fenêtres à l'aide d'échelles apportées à tout hasard, se reforment, marchent aux canonniers qui, voyant la position tournée, paraissent moins décidés que leurs camarades de la première batterie à se faire tuer sur leurs pièces. En effet, quelques-uns seulement restent et soutiennent l'attaque, les autres se dérobent par des ruelles et des faux-fuyans ; la colonne de droite a renversé son dernier obstacle, terrassé sa dernière résistance.

C'est aux sapeurs et aux soldats du génie à ouvrir maintenant des communications plus avancées.

A gauche, le courage a été le même, mais le succès différent. Un bâtiment en saillie, dont la hase a été minée par les boulets, resserrait un étroit passage dans lequel s'engagent le capitaine Sérigny et ses hommes, appartenant presque tous au 2» léger. Tout à coup le mur s'ébranle, vacille et s'écroule ; tout un pan de maçonnerie couvre tout un flot d'hommes; plusieurs sont tués et ensevelis; un plus grand nombre blessés soulèvent les pierres qui s'agitent avec une effrayante mobilité ; des cris, des gémissemens s'élèvent de ce chaos. Le capitaine Sérigny, enveloppé sous les décombres jusqu'à la poitrine, se tord dans une agonie désespérée, s'épuise en efforts impuissans, et sent se briser peu à peu tous les os de sa poitrine.

Un dernier cri de douleur indique que le cœur vient de se briser comme le reste.

Pendant ce temps la col une du centre est restée ei

de la véritable diffleub L. la véritable résista lu

prème péril. On foule un terrain factice, on s'agite dans espace que nos boulets ont déblayé au haut de la brèche. Quelle communies slste entre ce terrain et les

terrains avoisinansl c'est ce qu'il est impossible de découvrir. Les terres remuées, l< tes amoncelés se sont superposés au sol primitif, ont invahi les issues, obstrué les portes, défiguré les localités, ou se croyait dans une rue, on est sur les toits. Quelques-uns dépassent les autres comme des citadelles: ce sont ceux-là qu'il faut occuper afin de i ■ onnaltre le terrain. On apporte des échelles, et deux lignes d attaque commencent : lime, qui puait sur la terre ferme; l'autre. aérienne et suspendue et qui semble à dix ou quinze pieds au-dessus de la première.

A l'un des premiers toits escaladés ainsi, le capitaine Sauzai, qui vient de faire sur la droite le beau mouvement que continuent les sapeurs et les hommes du génie, est tué. Enfin, après avoir sondé plusieurs ouvertures fermées, plusieurs couloirs qu'on trouve sans issues, on parvient a une espèce de voûte qui, au bout de quelques pas, s'élargit et semble se décider à pénétrer dans la ville. A droite et à gauche d'ailleurs sont pratiqués ces enfoncemens carrés qui indiquent un bazar. Ce sont les boutiques des marchands, boutiques fermées par des planches et des volets.

Quelques soldats s'y engagen* mais à peine ont-ils fait quelques pas dans le sombre couloir, qu'une fusillade éclate à droite et à gauche. Chaque niche est une espèce de guérite qui renferme un ou deux combattans ; mais le bruit de la fusillade, au, lieu d'éloigner nos soldats, les attire. Du renfort arrive aux premiers engagés ; ils s'élancent si rapidement, que les Arabes n'ont pas le temps de recharger leurs fusils. Ils n'ont plus que leurs yatagans, médiocre défense contre nos baïonnettes. Leurs renfoncemens, au lieu de demeurer une protection, deviennent dès lors un piège où ils sont pris. On les y poignarde ; plusieurs sont cloués contre la muraille. Quelques-uns cependant parviennent à fuir ; on les poursuit, mais ils disparaissent comme des spectres qui s'enfoncent à travers une muraille. Nos soldats avancent en se demandant les uns aux autres la raison de ce prodige. Tout à coup ils se heurtent à une porte que l'on vient de refermer ; une autre porte de pierre est jetée d'un côté â l'autre de la ruelle, des battans de bois ferrés interceptent le passage. C'est un nouvel obstacle à surmonter, mais, sans s'y attendre, on l'a prévu. On appelle les sapeurs qui portent les sacs de poudre. Si l'on ne peut enfoncer la porte, on la fera sauter. Tout à coup la porte s'ouvre d elle-même, une fusillade terrible éclate, venant de l'intérieur de la ville. Deux capitaines et une quarantaine d'hommes formant la tête de colonne tombent tués et blessés, encombrant le passage devenu plus impraticable par l'amoncellement des cadavres qu'il ne l'était par la réunion du bois et du fer.

Pendant que ces choses se passent dans 1 intérieur de la ville, le général en chef, qui ne peut apprécier les difficultés qui a chaque pas se pressent devant le colonel de Lamoricière et ses hommes, ordonne au colonel Combes du 47° de ligne de partir avec son premier bataillon, de rejoindre la première colonne et de l'appuyer au besoin.

Le colonel Combes et ses hommes arrivent au pied du rempart, mais là le colonel Lamoricière lui crie de s'arrêter pour éviter l'encombrement, et le colonel Combes attend, l'arme au pied.

C'est pendant qu'il attend que le colonel Lamoricière s'engage dans le couloir qui conduit a la rue Marchande, et la porte ouverte voit tomber toute sa tête de colonne sous le feu de l'ennemi

Le moment est venu d'appeler le colonel Combes : on ne sali pas combien d'hommes on laissera dans l'ettroyabl terrain.

Le colonel Combes envoie la compagnie franche, composée de soldats de choix du 2e bataillon d'Afrique: elle arrive au pas de course et s'engage à son tour dans le couloir. On est soutenu, on peut donc charger.

Mais à peine le cri : — En avant ! est-il sorti des lèvres du colonel Lamoricière, que quelque chose d'étrange ou plutôt d'incompréhensible s'accomplit.

Tout à coup un bruit pareil à un oup de tonnerre se fait entendre ; tous les soldats engagés sous la voûte sentent la terre trembler et voient les murailles se mouvoir. En même temps la lumière disparait, l'atmosphère cesse d'être respirable, on avale du feu. on se sent étreint, enveloppé, frappé tout à la fois. A la première explosion violente, succèdent des explosions plus faibles, qui éclatent au milieu des rangs, jettent une flamme rouge et s'éteignent, redoublant l'obscurité et l'étouffement Les uns croient s'enfoncer dans un abîme, les autres croient être lancés dans les nuages. Ton mdralent crier, car tous souffrent, mats aucun n'a de voix. Enfin le jour reparaît, peu à peu l'air rentre daus les poitrines, chacun commence à comprendre-

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