‹ Œuvres complètes illustréesChapitre 266 sur 283 · LE VI · texte numérisé non relu

LE VI

prendre possession île la i resse, trouva la lorteo vide, a l'exception de quelques Kabyles, gai, fuyant à leur approche, tirèrent quelques coups de rustl encore et disparurent sur la pente du rat lu.

bas soldats coururent, croyan toi ; pra-

ticable, où lès attendait un dernier comhal Mais quand ils lurent arrivés en courant sur l'escarpement du Ruminel, Us se rejetèrent en arrière en poussant un cri de tei m n> venaient en effet d'apercevoir un terrible spectacle l'n l i memenl rapide conduisait de la terra

la Casbab sur une muraille de rochers verticaux di pied s'appuyait à un massii de plei res aiguës r irn i sui ces aiguilles, sur ces pics, sur ces lames de granit, sanglans, mutilés foi ou qua fe cents ouïmes, de femnv ■ uis, au premier aspect

ii manière dont ils étaient étendus pèle mêle, les uns sur les on eût pu li pour un amas â habits

et de haillons ensanglantés Mais eu se penchant sur labime, on apercevait comme une dernière ondulation, comme un souffle suprême agitant ces masses flasques el Informes. Puis, en forçant le regard de s'arrêter sur ce hideux tableau, on arrivait à distinguer ues têtes soulevées, des bras mouvans, des jambes crispées tri-sonnant les dernières convulsions do l'agonie, lies cordes i impues flottant attachées aux pitons supérieurs, se balançaient dan- l'espace.

Quelques sentiers tracés aux flancs - —, . i ii ,, — des roches, par les chèvres et les patres Kabyle-, conduisaient de la

Casbah aux rives du Ruminel. Chacun avait compte i c

fuir sur cette étroite voie où dans un autre temps nul peutêtre n eût. osé s'engag -r Le- premiers qui avaient reculé : nous, s'étaient en effet hasardés dans ces vertigineux chemins, mais bientôt les fuyards étant accourus plus presse,- alors il n'y eut plus moyen pour la masse ni de s arrêter dans sa course, ni de se maintenir sur ces pentes rapides; la cataracte commença de s'égrainer au bord de ('escarpement, puis le torrent étant arrivé toujours "plus tumultueux et plus épais, la cascade humaine s'était mise a rouler dans labime avec une furieuse abondance et une effroyable rapidité

Les derniers venus, alors plus maîtres d'eux, puisque la seule terreur les poussait en avant, s'étaient arrêtés en arau bord de l'abîme; et, à l'aide de cordes, avaient essayé de franchir l'effroyable distance, mais les cordes s'étaient brisées sous le poids mal calculé qui s'y était suspendu, et premiers et derniers s'étaient rejoints et s'étaient écrasés sur ces mêmes roches,

Le général Rulhières mit un poste a la I asbah, et se rendit chez le sclieik de la ville, atin de prendre avec lui les es i m main i o de l'ordre.

En même temps, il faisait due au général en chef et au duc de Nemours que la ville était â eux, qu'ils pouvaient y entrer, et que le palais d Achmêt-Bey les attendait.

Tous deux entrèrent par la brèche comme il convh ni â des vainqueurs Mais, de ce côté de la ville, l'aspect de la victoire était presque aussi triste que du côté opposé.

En effet, c'était un étrange et effrayant spectacle que celui qu'offrait cette entrée de la ville. A mesure que l'on gravissait le talus de la brèche, on semblait monter vers une autre atmosphère, chaude, épaisse, plombée, et dans laquelle l'homme ne pouvait pas vivre. Arrivé sur le rempart, on eut cru être sur le cratère d'un volcan : une vapeur suffocante vous enveloppait, une poussière d'ossemens humains calcinés flottait autour de vous; en jetant les yeux -ur ce terrain Informe et tout couver! de scories comme serait une pente du Vésuve ou une vallée de l'Etna, -m milieu de maisons m. .nie.- -mus des débris fumons et noirci- i a apercevait des têtes aux yeux encore ouverts, des bras encore animés cadavres I vivans étaient entassés pêle-mêle et semblaient pris dans tes Mots solidifiés d'une mer de lave. Rien de tout cela n avait plus sa couleur primitive,

une teinte* cii.nl leuse imprimée par le feu et la poudre,

ci .livrait vêtemens et chairs, qui, déchirés également, ne lient être dl I un de l'autre ; et ce qu'il y avait

d'effrayant, ce qui faisait couler la sueur de rangoisse sur le front du plus courageux, c'est que de ces masses sans forme- di ces choses sans nom, de ce je ne sais quoi racorni, brûlé, réduit en charbon ; de cette surface en lambeaux, ou le sang arrivait encore sans pouvoir s'en échapper, sortaient des souffles, de- plainte , des gémlssemens et des cris.

Ce une les oreilles entendaient, ce une le- veux voyaient, ce que les narines respiraient, dll un témoin oculaire, ne peut se rendre dans aucune langue.

Il ne fallut i nui moins que le- appai men diaprés d'or ei.de le i Vciiuiét-Bey, que ses jardins plantés d'oranalousles ouverte- j i,. ■ les brises poux Oublier aux deux va inquenrs ce qu'on leur racOD il de la i asbah et ce ru Ils avaient vu sua la brèche.

Un matin. Paris se réveill ra bru canon

annonçait la prise de Constantlne, et proclamait le nom du vainqueur.

Hélas i glorieux trion r de 1 nv»i

de Is'.s. nauraii-il pas m i u - un

1 1" mens du B mmel ou a les décombres de ta brèche de i li qui d'entrer sain et

la i s i i c 1 1 n i

LE i.LNERAL BEDEA1

l'n des hommes qui avaient pris une p.n I

rieuse unie journée, un des heureux q

Combes eu mourant parce qu'ils survivaienft à ta vi le général Bedeau, était gouverneur de Constantlne au moment ou nous y arri\

e connais point personnellement le gênerai Bedeau un. ,i souvent endti parler de lui au duc ■ us, que, San- !i n, et sur : Il ion du prince, je l'estime ..leur. Le général Bedeau étail un des honmies pour lesquels

monsieur le duc. d'Orléans avait une considérait*) mplete.

Ces hommes étaient rares, et les , et esprit

si droit et de ce cœur si loyal . -aient le droit d être tiers de cette prédilection.

Ce fut donc avec un sentiment qui ti iu« du res-

pect que je me présentai au palais du gouvernement Le gênerai était prévenu de mon arrivée, il me connaissait de la même source où je l'avais connu lui-même : comme il m'avait parlé de lui. le duc d'Orléans lui uv.uu parle de moi. Notre connaissance fut bientôt faite, car elle se fit sous les auspices de ce mort que nous avions tant aune fuis le gênerai appela deux officiers de son état-major. Boissonnet et Sade, et me mettant entre leurs mains.

— Messieurs, leur dit-il, je vous confie mon hôte; palais, chevaux, armes, tout est a lui. Vous n'avez plus d'autre service â faire que de lui montrer Constantine et ses environs.

Les deux officiers auxquels le général Bedeau me recommandait d'une façon si gracieuse étaient deux charmans compagnons de 20 â 30 ans, parlant arabe comme di digènes, et ayant étudie Constantine, a la bus eu poètes, en philosophes et en historiens.

Je ne m'amuserai point â faire la description de la ville. toute description est ennuyeuse et pour la plupart du temps ne décrit rien. D'ailleurs comment décrire ce réseau de rues, ce mélange d'antiquités romaines et de masures modernes, au milieu desquelles s'élèvent des travaux gigan tesques exécutes depuis l'occupation; comment dire ce plateau suspendu sur des abîmes, ce nid d'aigle perche a la

de ce rocher? a peine si le crayon ou !« pinceau i tirait ;i cette peinture, la plume aurait donc tort de l'essayer.

Le soir, le général liedeau me présenta aux principaux de la ville, c'étaient tes successeurs de es mêmes hommes qui le jour de la prise de Constantine étaient venus au devant du général Rulhières . Ben-Adjouz était, parmi eux.

l/iiii deux me connaissait de nom C'était un mêle; il arriva aveu un rouleau â la main, sur le rouleau étaient écrits des vers adressés à son confrère d'Occident. Voici la traduction littérale de ces ver- .

si.f; Mohammed El-Chadely, cadi du Bureau arab< à Alexandre Du

«Le seul bonheur durable pour l'homme e-t il u dans l'emploi qu il fait de cette science

■ g eiui qui lu possède s'élève a l'instant même au-

di - .mi ces hommes.

Alexandre liiiiuu- . .uiuail les belles :

lu -, len, e elle paraît dans ses écrit - oire qo

u retirée, le bien qu'il en a fait Coi

« Il a voulu venir \i-iter notre ville, qu 'i soi

« venu ! 10n nous quittant il en,

> nos suffrages el Dieu, le dlspen

. lui donner la récompense q

Au milieu de ce i i-1 ville de i

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