LE CAMP DE DJEM1LAH
En avril 1S38. une expédition, heureusement et surtout habilement conduite sur Rusceiada par monsieur le général Négrier, démontra que de ce point, auprès duquel se trouve le port de Stora, on pourrait facilement, en deux ou trois Jours, communiquer par convois avec Constantine.
En septembre, le maréchal Valée se transporta lui-même à Constantine et prit le commandement d'une colonne expéditionnaire qui devait renouveler la reconnaissance de Rusceiada à Stora.
Monsieur le maréchal Valée posa la première pierre de l'Inlippeville et s'embarqua pour Alger, formant le projet de clore l'année par la reconnaissance dune route qui relierait par terre Constantine à Alger, et qui permettrait plus tard de soumettre toute la portion de la Kabylie comprise entre cette route et le littoral.
En partant, le maréchal Valée laissa ses instructions au général Galbois ; il allait organiser une colonne expéditionnaire qui partirait d'Alger en même temps que le général Galbois partirait de Constantine. Les deux colonnes feraient leur jonction à Sétif.
Le 4 décembre, jour de sainte Barbe, patronne des artilleurs, les deux colonnes partirent, 1 une d'Alger, l'autre de Constantine.
Depuis quelques jours, l'époque des pluies torrentielles était arrivée, et à peine les colonnes étaient-elles en marche que l'infanterie, qui déjà bivouaquait au camp de l'Arba, à une forte journée d Alger, reçut contre-ordre et s'arrêta.
Le temps était aussi mauvais a Constantine qu'à Alger. Mais comme le mouvement ne pouvait être contremandé avec la même facilité dans l'est que dans l'ouest, les troupes continuèrent leur chemin.
Le 4 décembre, en conséquence, le troisième bataillon d'infanterie légère d'Afrique dressait ses tentes à Mahallah. Mais, dès ce jour jusqu'au S, assailli par les pluies et les ouragans, sans nouvelles du général en chef, manquant de vivres et de bois à brûler, ayant déjà perdu deux hommes asphyxiés par le froid humide, prévoyant une catastrophe plus grande encore, amenée par l'inaction à laquelle il était condamné au milieu de la mare fangeuse de son bivouac, Je chef du détachement réunit son conseil, qui. à l'unanimité. décida qu'on lèverait te camp et que l'on se replierait sur Milan.
Après trois heures de marche, le commandant Chadeys- 8011, du troisième bataillon d'Afrique, fit camper sa troupe auprès du 19° léger, dont il obtint quelques secours en vivres. On était alors dans un endroit désigné sous Je nom d'Ain-Smora.
Le temps s'améliora, et l'on put faire partir quarante malades pour Milan.
Dans la matinée du 11 décembre, toute la colonne expéditionnaire se trouvait réunie au bivouac d'Ain-Smora. Le général en chef la porta immédiatement en avant, et le 12, dans la soirée, marchant en tête de la cavalerie, il arriva à Djemilah. L'infanterie, arrêtée par la nuit et par la difficulté du terrain, bivouaquait quelques lieues en deçà. One vingtaine de coups de fusil tirés sur nos feux de bivouac annoncèrent que nous cessions d'être en pays ami
Le 13, à huit heures du matin, tonte la division se trouvait réunie sur le plateau an milieu des ruines de Djemilah.
Dans l'après-midi, le général passait une grande revue de toutes ses troupes, et. groupés sur les montagne- coiSl nés. les Kabyles, comme des degrés d'un amphithéâtre, assistaient à cette revue.
Le soir venu, les coups de fusil recommencèrent ; mais
cette fois, bien autrement nombreux, bien autrement i ses que la nuit précédente.
Le 14. avant le départ di I colonne i tpéditionnaire pour
Sétil il lut décidé que t. .. h.. mu. .in bataillon
i \iiique, un détachement d'infanterie et un détachement du génie occuperaient la position Or Djemilah un choisit le point du plateau le moins vuln. r.il.lc et la COlonni nui eu marche, laissant la garni i peu onflante dans l'appui des ruines qui l'entouraient, n oui dans l'ami-
tié des peuplades voisines.
Disons un mot de Djemilah. de la posi ii n qu'elle occupe, et des ruines que les Romains, qui ont seine le monde de ruines, y ont laissées.
Djemilah est situé à environ trente lieues .'. 1 ouest, de Constantine à dix lieues de Sétif et a vingt lieues du littoral, son site est âpre et sauvage. Si l'on en juge par les fragmens d'architecture, êpars sur le sol. une ville dune certaine splendeur a dû y exister : elle i ta i fort Irrégulière de contour et, bâtie sur un plateau très accidenté. Au sud elle était, dominée par une haute montagne, a laquelle ce plateau fait suite ; puis celui-ci s'abaisse par des pentes rapides vers la vallée de l'Oued-Djemilab. qui la borne au nord. Enfin, a l'est et ,i l'ouest, deux ravins profonds et escarpés lui servent de limites, Par ces ravins s'écoulent deux ruisseaux qui vont se perdre dan. i Oued-DJemllah.
Ce plateau se trouve arrosé par un .anal d irrigation, travail de l'art, dont les eaux sont fournies a une demi-lieue de là par le ruisseau du ravin, situé a 1 ouest. Cette conduite d'eau passait à cinquante mètres environ de l'endroit où nous venions d'asseoir notre camp, et allait donner le mouvement à quelques moulins qui s'élèvent a l'extrémité nord-ouest du plateau.
Non loin de cet endroit existait un beau douar; mais, à notre approche, les habitans l'incendièrent, et quand nous arrivâmes, il était complètement, détruit Cet incendie non seulement nous privait d'une grande ressource, mais encore nous donnait la mesure des sentimens de la population à notre- égard
Entre ce douar et, notre camp s'étendait un espace de cinq mètres à peu près, tout couvert de ruines, au milieu desquelles s'élève avec majesté un arc de triomphe dédié à Marc-Aurèle Sévère Antonin. Cet arc est bien conservé, élégant de formes, et remarquable surtout par un reste de sculpture d'une grande pureté; il est surmonté d'un fronton où se trouve en lettres majuscule- une inscription latine dont voici la copie :
IJIP. CAES. d, AVRELIO SEVEliO ANTOXINO lie lia, lia AVi..
PARTWCO. HAXIMO RRITANNICO-MAX GEISMANICu MAXIHO.
rONT.-MAX.-THIB. PONT. XVIII. CHS Mil. IXP III. I>. P. l'ImCOS
ET JVLIAE DOUNAE PIAE FELICI A Vil. HATRI-I IV- ET SENATU
ET IwrillAE ETCASTRORVM ET DIVO SEVERO AVO. PATRI
IMPERAT.-CaES. M. AVRELI-&EVERI ANTONIN l'il KELICIS
AVG.-ÀRCVM TRIVHPHALEN A SOLO. H- H. REBP. I-AECIT.
A quelque distance de l'arc de triomphe, au milieu d'arbres fruitiers, alors dépouillés de leurs feuilles, s'élèvent trois faces de belles murailles en pierre de taille, qui ont dû faire partie d'un temple. Deux cigognes y avaient fait élection de domicile.
Enfin, sur le versant oriental du plateau, ei a peu de dislance du camp, on distinguait les restes d'un beau théâtre a gradins demi-circulaires.
Par malheur, le pittoresque de la localité ne pouvait ra cheter le précaire de la situation. Il en résulta qu à peine abandonnés a eux-mêmes, soldats et officiers se mirent a élever a 1 envi le pan de muraille en pierres sèches qui devait les protéger, couchés .m assis, contre les balle: de l'ennemi.
Avant la nuit on était à l'abri d'un cou] d< main.
Le soleil se coucha, puis l'obscurité descendit rapide et épaisse.
Alors, excités par les cris de leurs m les Kabyles
se répandirent sur le plateau où. en ipérleur, Us
abordèrent avec impétuosité nos :> qui; trop lai
Ides pour leur résister, durent se ri i lier sur le camp retranché. Dans ce mouvement de retraite, plus d'un poursuivi ou >aisi par les bre I sac, dut s. m sa
lut à la promptitude avec laquelle il la àc aux mains
de celui qui le poursuivait
Le 15, dans la .tournée, du camp prirent
l'aspect d'un marché | Pétexte de vendre
a nos soldai-, des feu lie; de tal ligue al .les noix
sèches, observaient nos travaux de fortifications.
La nuit venin le ma rma en blockaus, les
marchands en eni mis Nos soldats tendirent une embuscade : mai- ' i . diable q i pu i mpéi lier de tous-
ser, dcv.nl; iquenard. L'embuscadi s'était formé
cinquante h tnrai commandés par h lieutenant Tri dou. On ai hêal re a ciel ouverl i m] osé di ■■ i
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ment commandés opposaient un i - laquelle chaque Individu que devait résider la force gé
-i- qui observaient le? moindres mouveildai- ne tiraient que de raies coups de fusil ne l'ennemi osait se hasarder u la portée de nos armes.
Fusillade des assaHlans se ralentit dans la journée. :.pre.
rs au milieu de nous un chef arabe qui s'était 'le maint' • bonnes relations avec les papu-
les le j.Mir et guerrières la nuit. Cet homme n'a .n de sous trahir,
impé voilà tout. Le -eul point sur lequel il ne . fut l'opteiatreté que les Kabyles devaient ursuivre les hostilités une fois engagées. Sur expédia un courrier a Constaatlne.
• les preml - du .imir montrèrent A nos
■ lits .. La veille: à vingt lieues
ronde tout -tait prévenu et ai aurait i.es montagnes envi- • plus que les degrés d'un immense cirque mentis qui venaient nous attaquer, ou de
ei à noti ■ extermination.
A un moment donné, toute cette multitude, roulant des znes Jusqu'au plateau, vint se ruer sur notre parapet, que leur i hoc seul eut certainement renversé, si A la dis- :. pas une fusillade bien ajustée u en eilt jeté Ingtaine a terre La chute baïonnettes qui brillaient à un rayon de sole ' die» les trabes une retraite au pas de course qui péri plus d une poitrine de se dilater plus facilement qu'elle ne l'eût fait quelqn - auparavant.
e fuite éternelle de nos ein mis qui. en irps qu'une seule nous donnait une grande confiance en nous-métn. Comme on le voit, cette journée du 19 commençait bien, et tout espoir n'était pas perdu si notre courrier arru Constantin! il une grande préoccupation .
tait la petite garnison, nous commencions à manquer d'eau. a ' laquante passait un ruisseau as-
sez large mais peu profond, et dans lequel on ne pouvait User, il fallait donc pour remplir les bidons, qu Litres fane usage de petit' .
qui rendaient l'opération longue et difficile; d'ailleurs, dans 11 fallait se batti iban-
- sur la place, et surtout user bflan presque autant que l'eau, nous 1 du. la poudre nous manquait.
ince duqtiel nous devons ces détails, était ir dur régiment, le docteur Philippe •■ grave cir i il s'agissait de h i
d'eau, ou bien d - exorbitant un verre
ni- pour chaque homme, le commandant leur Philippe et ^interrogea sur le nombre de jours
' lesquels l'homme i rrarl se passer de.
-major rép n.lit que poaaUlle de faire une
i de-vie par Jour, on pouvait demeurer huit
M que quelques gouttes d'eau-de-
rle
était telle que ces paroles
firent un effet magique, et sur la promesse de trois petits
par jour chacun ht -m deuil de 1 eau
a v ne «i oail ; une estimation I li nombre des tssaillans a deux mille cinq
is mille seulement a mi sure que
fusillade • rote, et pétillait
I nuit
plus en plus grave aussi, pendant la nuit di irrier tut-il expédié -ni i ans
ivail
mmunlcations dans le i amp la . pi Dfondeur une magnl-
" t eau manquait, ce fut •ur quelle fut lavée (ha. un vint fournir .i. qu elles apparais:
i . u Lai ité le u - dessin»
■ ... . i. de pousser une
— difficile qui faire
plein jour Les i nups de [aln . initier leurs pul jouir du
ni des ci.-
ibles qui ne pouvaient
■ ireurs qui n . > ingtaine d'hom-
Lli YELOCE
mes se précipitaient pour enlever le cadavre, ce qui donnait aux soldats une occasion de tirer à coup sûr; plus d une centaine d'hommes furent tués à cette occasion.
De son côté, malgré notre couvert, 1 ennemi, grâce à son feu roulant, nous tuait et nous blessait quelques hommes. Malheur à l'imprudent que sa curiosité poussait à se lever debout dans sa tente ou derrière les fortifications, qui n'avaient qu'un mètre de hauteur.
En pareille circonstance et lorsqu'il a pu gagner la confiance des soldats, le rôle de l'officier de santé a quelque le providentiel et même de surhumain. Ainsi, malgré leurs souffrances, les blessés suppliaient-ils le docteur Philippe de ne pas exposer ses jours, d'où dépendaient tant de Jours.
— Major, lui criaient ies hommes en tombant, ne vous Inquiétez pas, et attendez la nuit pour venir, nous banderons
I lessures avec nos mouchoirs. Qu'arriverait-il de nous si ces gueux-là allaient vous tuer ou vous blesser dangereusement? Nous serions tous perdus.
Effectivement, et à moins de blessures graves qui ne pouvaient attendre, le docteur Philippe suivait ce conseil.
Nous avons dit que deux soldats mortellement blessés avaient été abandonnés par la colonne à Djemilah ; l'un d'eux mourut bientôt ; le second, plein de constance, avait du courage contre la douleur, mais non contre la soif.
De neuf litres d'eau conservés par le chirurgien, il n'en restait que deux ; la tisane et les pansemens en avaient absorbé sept. L'ennemi tenait bon ; le blocus était indéterminé : de sorte que le pauvre agonisant avait beau demander à boire, tantôt avec le cri de la rage, tantôt avec l'accent du désespoir ; comme il était condamné, comme il devait mourir, c'eût été un crime que de distraire à son profit une partie de cette eau qui pouvait disputer d'autres blessés i une mort moins certaine.
Le chirurgien fut donc forcé, non seulement de détourner
ses regards de lui. mais encore de l'abandonner ; seulement
il lui donna un citron qui lui restait, et le malheureux
mourut les lèvres collées à l'écorce du citron, dont il avait
le jus jusqu'à la dernière goutte.
Le- deux litres qui restaient devaient donner naissance à bien d'autres scènes du même genre, hélas ! que celle-ci, et cependant trois jours seulement s'étaient écoulés depuis qu'on en manquait.
Pour bien apprécier cette situation, pour bien comprendre ce qui va suivre, il faut avoir vu une fois combien le besoin de la soif est impérieux pour le soldat qui a les l.-\ res sêchêes par ses cartouches, surtout si cet homme est blessé et a perdu du sang. Aussi un blessé se traina-t-il sous la tente du chirurgien pour se faire panser par celui-ci, et à la vue de l'eau rougie de sang, dans laquelle le docteur Philippe trempait son éponge, ne songeant plus à sa blessure :
— Docteur, lui dit-il, à b ifc ■ je vous en supplie.
— Mais, .répondit le docteur, si tu bois cette eau, il n'en restera plus pour panser les blessés.
— Laissez-moi boire, je vous en supplie, et ne me pansez pas, répondit le blessé.
— Mais les autres? demanda le docteur.
— Eh bien ! laissez-moi sucer l'éponge, les autres la suceront à leur tour.
Cette demande lui fut accordée.
Et bientôt, comme les soldats savaient qu'en allant se faire panser le docteur leur laisserait sucer l'éponge, ils i! à de nouvelles blessures, espérant que, par ce nouveau moyen, ils pourraient adoucir leur soif.
Au milieu de ces scènes de désolation, un épisode curieux fera ressortir l'intelligence suprême du soldai
Le capitaine Montauban avait un chien nommé Phanor, lequel, souffrant de la soif comme les autres, avait fini par se décider à sauter les murailles et à aller boire au ruisseau.
Dans ses premières tentatives, les coups de fusil lavaient effrayé ; mais la soif étant plus forte que la crainte, il prit librement son parti, et, à travers une grêle de balles, il bondit jusqu'au ruisseau.
omme il n'avait besoin ni de bidon ni de gamelle, il Lut a pleine gueule et revint tout joyeux au camp. L impunité l'avait enhardi, et. les jours suivans. Phanor allait se •rer tout à son aise, tantôt deux, tantôt trois fois par jour, suivant qu'il avait plus ou moins soif. Deux zéphyrs, qu. ambitionnaient le bonheur de Phanor. eurent une idée": de lui attacher une éponge au bout du nez. Phanor, en buvant, était obligé de tremper son nez dans l'eau; ige s'imbibait, et Ph.iaor revenait au camp, rapportant dans son éponge la valeur d'un verre d'eau, à l'aide de laquelle les deux zéphyrs rapportaient plus patiemment que leurs camarades la détresse dans laquelle on se trouvait.
On remarqua aussi que pendant la nuit la rosée abondante formait des gouttelettes sur les canons des fusils;
les soldats, au lieu 'le les couvrir, les exposaient à l'air ainsi que les' lames de leurs sabres, léchaient ces lames et ces canons, et de cette manière se procuraient quelque sou lagement. •
Un des capitaines, le capitaine Malx, avait dressé sa tente vis-à-vis 'elle du docteur Philippe. Il faisait fonction de sous-intendant ; comme cette tente était entièrement exposée au feu. le docteur voulut le retirer dans la sienne mieux abritée.
C'était un mauvais moyen pou: d ner le capitaine
Maix : aussi l»: chirurgien pour le retirer lui proposa-t-ll une partie de piquet.
Un soldat de la compagnie offrit alors au capitaine d'aller creuser le terrain de la tente pour faire un esi arpentent dans lequel le capitaine pût aller se coucher à son aise; mais au premier coup de pioche qu'il donna, une balle lui traversa le cœur.
A partir de ce moment, il ne fut plus permis au capitaine do regagner sa tente et il resta l'hôte du docteur Philip, jusqu'à la fin du blocus
Dans la nuit du 20, un troisième messager fut envoyé à Constantine, mais le 21 au matin, il rentra au camp; il n'avait pu traverser les lignes, et il avait essuyé un si grand nombre de coups de fusil que c'était un miracle qu'il n'eut pas été tué.
Le retour de cet homme jeta une grande tristesse dans le camp car l'impossibilité où il avait été de traverser les lignes arabes faisait craindre que les deux autres courriers ne fussent tombés entre les mains de 1 ennemi et par i quent n'eussent pu remplir leur mission.
Au reste, l'exemple du docteur Philippe avait profité. On avait rassemblé tout ce qu'il y avait de jeux de cartes dans le camp et pour tromper la soif et pour tromper la mort qui l'entourait de tous les côtés.
Dans la, nuit, un quatrième émissaire fut envoyé: il était à cheval. On avait enveloppé les pieds de sa monture avec des chiffons. A la pointe du jour on le vit revenir : comme le troisième, il lui avait été impossible de passer.
La journée du -21 et la nuit du 21 au 22 avaient été terribles. Déjà, depuis deux ou trois jours, lorsque l'on saignait un bœuf ou un mouton, les hommes attendaient avec impatience pour se disputer le sang qui sortait de l'artère.
Pendant les dernières heures de cette dernière nuit,, quelques-uns s'étaient ouverts les bras pour se désaltérer à leurs propres blessures.
Aussi une morne tristesse s'empara-t-elle des assiégés lors qu'ils virent, le matin, revenir le quatrième messager, dont le retour leur Otait une dernière chance de salut.
Un instant on eut l'idée de lever le camp et de passer i la baïonnette à travers cette nuée d'Arabes, mais pour cela il fallait laisser les blessés à la merci de 1 ennemi, et proposition, faite par quelques-uns, n'eut pas même le re tentissement d'une proposition sérieuse.
On en était arrivé cependant à cet instant où l'impossibilité d aller plus loin se mêle fatalement à la situation. Le chirurgien n avait plus d'eau pour laver les blessures, plus de linge pour les pansemens. Tout à coup on vit ar paraître au nord-est. sur la montagne des Ouled-Jacoub, une nombreuse troupe de cavaliers précédée par un homme enveloppé d'un burnous blanc, et qui paraissait être son chef.
Nos soldats crurent qu'il arrivait un renfort aux ennemi.-: et enchantés d'en finir par une bataille décisive ils pré] rèrent leur? armes ; mais, à leur grand étonnement s'aperçurent qu'< la vue de ce chef placé comme une statue équestre sur le piton le plus élevé de la montagne, la fusillade avail cessé comme par enchantement. Ce
-ez a ce qu'il parait, car le chef fit un signe en déployant largement son burnous, et le faisant Botter comme une voile qui s'échappe du mat ; alors Kabyles, hommes, femmes, enfans. cavaliers, commencèrent un mouvement de retraite, puis comme ce mouvement de retraite ne s'opérait pas assez vivement, on vit partir des pieds de ce cavalier une trentaine d'hommes qui, à grands coups de plat de yatagan et de bâton, chassèrent les Kabyles devant eux comme pasîeurs avec leur houlette des plus petits et des plus obéissans troupeaux.
Puis quand la place lut d e, cet homme mit son che-
val au galop, et seul, sans suite, il s'approcha du camp, et montrant le chemin de Constantine :
— Allez, dit-il à nos soldats, et si l'on veut vous arrêter encore, répondez que ■ >us êtes des amis de Bou-Aias.
C'était en effet i du i U Ouah nul ayant aj?
que nos soldat-: coural mt, sur une de ces douze tribului appartenaient, !e danger que nous venons de dé' avait traversé . onze autres et était venu, d'un seul g de son manteau ette nuée de Kabyles,
,i | bouche le Seigneur disperse les nuag
ciel
Il VLLOCE
l\DRE DfMAS ILLUSTRE
arable dé-
meroter les
laire un nouvel
mme 1 Espagne encore
u les enians des lentdles.
les autres tribus, lamlsme.
erre. Ils sont joueurs
d'une -, et disent la de larme qu'elles versent .ut le petit bout.
mine les Juifs,
es ou nomades, se marient
uiremeni un cadl est
a>nt maquignons. Voici un des • qu'ils
-ans qui viennent apmarchandlses, et guettent lea beaux mulets. Plus le mulet ; d'un ir un mm- malingre. Peu-
■usenible. et sans un Beni-Adesse unie autour .1 cousuc la nesse de sa physionomie et m» du il
i valeur de
s* b' •nver-
-f. -in et au même prix
i se; idées.
na rendez-vous a ra lui ame-
■le, le pay-
u mulet vient d
i as, le urer de ne jamai
as les mulets sont
J son oisln la si
tourna ' ' kmi
'i^mlnalt xt
■ ipi'il ne
tre veut
Beni-Adesse, comment feras-tu, puisqu'un cheval t'est né- L'Arabe frappa sur sa ceinture
— OU : dit-il. J'ai là trente uu quarante douros qui, joints aux deux ou trojs que je retirerai de ma bête, me permettront de me bien remonter.
Alors le Benl-Adesse propose, sans aller plus loin, de : ac<ruisitlon. C'est deux ou trois douros qu'en veut le propriétaire, 11 en donne deux du coup ; en outre il aidera par manière de bonne relation l'Arabe a acheter un autre cheval. Le marché se lait, les deux douros sont payés, le paysan descend de son cheval, le Beni-Adesse monte et on continue la route en causant.
A peine le Benl-Adesse est-il en selle que le cheval boite : le paysan se léllclte de s'être délait de l'animal au moment ou une claudication qui allait encore diminuer de sa valeur venait de se déclarer ; mais le Benl-Adesse est honnête et, quoique ce soit un cas rédhihitoire, le marché tient bon.
A l'entrée de Sétif, le Benl-Adesse rencontre un ami qu'il a conduire son acquisition a l'écurie, quant à lui, 11 est engagé d honneur à ne pas quitter son ami nouveau et à lui faire faire l'acquisition d'un cheval de cinq ans, et garanti sans défauts En conséquence on se met à la recherche de eetie huitième merveille. Deux ou trois fois le paysan est sur le point de faire un choix, niais sur un mot de son guide, il découvre un défaut capital et continue son Investigation; enfin, on arrive à un endroit du marché où un cheval alezan se débat contre son entrave.
— Je crois que voilà mon affaire, dit le paysan; le Beni- Adesse marque quelque répugnance ; l'homme auquel le cheval appartient est un homme fort adroit : 1! va examiner le cheval avec attention. Le résultat est que le
mais qu il ne peut avoir plus de que du reste il est sans défauts et le paysan peut racheter de confiance. La question du pi pose à vingt-cinq douros ; le Benl-Adesse se récrie
er. on ira ailleurs, on trouvera mieux; si c'était is il ne dit pas. neux fols le marchand de vaux II - les acheteurs, mais à la troisième
fois il les rappelle, le marché tient à vingt douros ; int.
Le paysan enfourche sa nouvelle acquisition, 11 ne peut tenir en place tant elle est vigoureuse. 11 reprend le chemin de son douar, tout le long de la route le cheval a henni, piaffé, battu à la main, il a fait des pointes, enfin donné les marques de la plus grande force et de la plus extrême vivacité.
En arrivant au village, ce n'est plus preuve de force et de vlvai lté que donne l'animal, mais d'intelligent e
i san, il a pris la rou'. iison :
sans <pi on lui Indique l'écurie, il y est entré tout seul.
ibe se félicite de plus en plus de l'acquisition qu'il a faite.
Pendant que le cavalier ôte la selle, son fils qui l'a vu •rot et sur un cheval ueul accourt
m i tombe d'autant mieux que le lendemain il a une longue course à î Le lendemain arrive, le mauvais. U pli
Importe, en rendant la main, et avec un rend i a destination, lie pari. I iart 11 ne
plus r ■ i esl avachi, l'oeil terne, la
■il ne f"in iien.
U ne me plus, et si par hasard a force de i
il trol n'est plus des Jambe
Pour comble de malheur, comme l'avait prévu le cavalier,,
:feurs,
n tombant produit un -nguller
de i<"
mbe en neige sur les liau-
' . potnl Mes et
du ter lei
iforme au physique
le tOOJ lieval.
; .u bonne comme la
l'iariard, la robe du qua- • . • : trahi Me.
il a mis du gingembre sous la queue, on lui a frotté benthine. et on a fait cre'.
i une I vin
on lut a pUEé une .ruche de peinture sur le
: un Cheval blanc un en a fait un cheval hai-brun.
i b ntntni évaporée,
i I la pluie a lavé la
malheur n était pu i>"n '•
explique l'Intelligence de son cheval qui
ivé son i urle tout seul.
LE VÉLOCE
t,rr^: ïï^Xi-s^H ne d,rcns p- ™
pau> g ' sabblul" "e femme, et faire vœu de
niables, et un b! on 'ferré à ZZ U Vieal de ses sem" permis de porter e arme <IU'11 l^ soit
•vreep"?ê,:,'^^^1eUSnaUfftLe Ch0se ^e <* ^ graine de ehan-
un dé à coldrT deu^ oir,,PlrieS de te"'e grosses con™<>
«■«tase, cSdire ^eTou ™nCePII;nSrnnUff,Sent a d0Dner mortels. jouissante inconnue au reste des
^■')!or^1!^u^eeP^eSm;n^rPaS *" ""*■ Sa grand« " compagnons, le hérisson ou * iTZT'é'": uTmnn; avec s<* rtomphes est sa rentrée dans L, m P?* lui' Un de l'animal; il doit en ce ras e , , * apres la mort de HachaehiaS, il doit en * "s enf, f, TégU cbez Ies
gauche, ave,; une chaîne de fer «u? C'"enS de la ma*« et porter sur son dos dan un ''sac de ni' * " "^ droite' manière que les dards aTlZiTalZlTemZ Z^' **
po^i -it^^nf r^neceiSrnt - - -
quelconque doit apporter fn^^1 travailIe d'un état communauté; U do™ tout en rPes-antlede'SO? trM>° a Ia ans. tout en portant des ^aWt",™1S.Jfînbes et Ies p,eas
rorcs-épics e Précédente a tué le plus de
ouvert, les ehien?Vrenf J'^ma? ^ Mt°"S : te tCTrler
d-Achme"lesUex-é,-rTit X, ?'■ C,0nStan,ine' Prédécesseur canons g, i allonteaient leur ÏÏTÏ T*6 à Ia gueuIe des on ■escondulsalTl^s^iSfa^l^^ de la murai,le : P.pe suspendus en sautoir " MC a hatcllich « leur
rarcUhlereS'e' * Constanti^ les supplices avaient leur hié- *ÏJëM ^ «' '6Ur n0bIesse' «a<-t étranglés f^^s!^e^^u^b-,rrChfe-
1er rofcupa plus d'une fols „T S,inéCUre- Le généra' l Quelle occJon.maisZs thm;l>. fr?'^ Ilr"bab^ment avait une rude besogne Acl'met-Bey, le pauvre homme
■■•" i-i-ii v 1 ";, aextéwté et quelque con.
""'.et s an" comme .û^te" Jf*' h' SOHtt de la la toupTe AugUste' à garder des enfan-
cnao,; ^peurTtét^ ^ Cœ"r dU b™ Ibrahi-
atu,ueTbil ne —^a™016"' ^ ° » a u" ornent tro,' d Ai:,,', k,;;.;/1'6 JamaiS' Cest cel,li «»-H »* par le
i-er ceux m^SLSSt * lui" d AM"el-Kad- Wï fait
avo^^n,rd^om;ierU^r^nU Kahy'e' « "U'U ™« ment, il commence par envovef" C°Urn?e 0U son dévo»e- 18 tri n se ^ U" ';"'e;i"x att3E "rands de
lottes grecque "■éëtnp, ' a venir le Voir, TSl,""" m°! i! Ie<
n ' les r(Iaa ?» l'n reudez-™us donné,
creuse la terre au ren e df ™°'e"l e" CCrc,e' BOU-Akas le trou des dattes du ^Âhii.rCerCie' fa" aK>°rter dan, dent à la fois ' m'", ÏS* des n*Ul,s ; " de vaincre ou de mourir ré^is',,0 tTOU 6' 3"r('m e" touffe cela d'entre nous on >e trou, ap?ès0cr,I0, ns'sé'séparem '" '"'
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a-uW S^S des^ands^11" 3Utre' la D>~' *•«* visées en peti ™ rénubuïïS i,"" n? trlbM kat,yIes s"nt di" egorge seSP troupeau "t'e.ie teï^n^0!6 Sa ""^ -nt ,e tuer s'ils le rencontrent6' Sj^a^TTJS.
trier peut se réconcilier iv*. i«.
en. donnant «toSSSÏÏS ! ';;f.'Jî 1-victime, soit
l'assassiné. ' m'e an flia de
'"■■'"on faite, le meurtrier peut retourner dans cS SSÏSLSJLF dU tall0D a «-—* ^é ré-
cette tribu: U n'y avait ,„™1 , ', une excursion dans de l'habitation ni mil m°™ri "LT S I"'"r"-'<'talre vengean,-, U ^iFcante ,„ tm , , e spahls '«lama la
amené ffari ^ â' k' i h accordée, et l'homme lui fut
d'Afrique avait foûrnf S ^ fo ".f' *s. ^«"arad... . un ahaese^ lonel de Bourgon tanrovi é if, eere- *"** devam »• ^oattelnt et confaincf d as atsina? tTV"-8', U-.te aCCUSé' nonca le jugement et n f.,t » ^ cheicli El"Arab pro-
du mort intime qui couperaU^a ïïf ? "^ le frère Ce jugement n'amii L a Me du meurtrier.
U avaifltepré iarcom^emn^rff.d'Une Cer,aine S0l6nui^de Bourgon.assi dévam^a Êite nTS,dU' Par le colonel écarlate et avait à sa . droHe e heieK e [n f ,d'Un caban che, le cadi cneick El-Arab, et à sa gau-
ca^T'su^t ssir^ naon?- Tidianaie d*
couchant à l'horizon commue'. „ moment jù le soleil, se mit en marche le cir?t?f , U disparaître- Le cortège se
camp; .•assâlnloKsS^fttUHrt4^ le toujours par la corde à fourrai "* "'""a"'
d'e^sfencrefqrne^Trêraift^^' Pl6in de ^ <* dont il allait être le „,K W. regret a la cérémonie
tira du fourreau P '"''" SOtts son bI<*< et le .
^Sn"",r:;n^1? Sf? étai-* désarmés, avant que l'Arabe eû^t»^ ^ 'SP* du 3<J =hasBenrs, et fer avec lui kW k !,, f» P de traPPer. " vint eroLej >e surtout lÔrsou'H !e ^ent de°nnoPaS f°FtS SUr ' ^rime' celui-ci eût eu le temn "de nft , fmeS' €t avaDt 1ue ou quatre coups de pointe rPe ' k eta" attelnt de **» tournois, ava^eu lieu devant t™^1, ^^ Us aDCiens mes, le corps resta sur 7» ?i °" quatre miUe '"'m
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des frères du dôta.?Ti i? „™t .rle "î?' '' m""'lr " ""
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ef n nie îf ' '■"' a V6rS l6S f',p:aifs aTe« '" «'ayante, Deux jours auparavant, sa sœur non
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puissance de sa vol*, „ „, ,a Jeune f„,(, ^
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femme entre ses ) Lédour.
n même temps
.riait cetu
une Jeune paru depuis la veUle.
,. .eue jeune lu cbelck, •
disputant le cœur Je
in Bédouin emportant une lemme
rer sous l'éperon I dmlers
i la tête, l a
.ut. comme • mm bras.
1845 i' 'i ne commandé par le lieu-
fait un mouvempnt qui lavait lie Le général conçut des . du colonel et se mil
laquelle il ■lans la plaine qui s'étend a la
»' demanda le g
i le son peli
lu . . • i . Il lier, et lui
Lieutenant. Il ire ces homme*.
lieutenant
ri que lui
fallah n'a
■ parfaitenK
1 s Indigente.
itant de la France au milieu des - que le Lieutenant Bonnemain. Brave comme un Français et un Arabe a la fois, et surtout cavalier merveilleux. U donna a lui seul à nos compagnons le spectacle d'une fantasia dont le souvenir restera longtemps dans leur esprit : tout ce que les Centaures pouvaient faire avec leur double corps soumis a une seule âme, Bonnemain le lu sur lequel se pratiquaient ses évolutions tranché d'un côté a pic par un escarpement du Rummel fa ui par lequel avait essayé de fuir la
>rs de la prise de Constantine Le . : ud duquel se tord la rivière, pareille a un Pilleur du ravin est terrible
Eh bien : Bonnemain lançait son cheval au galop, l'arrê- >urt au bord du précipice, le faisait tourner su
[arrière, e; dans cette évolution demi-circulaire inibes de devant, pareilles à un compas qui tra nu cercle im igtnatre dans l'espace, planaient sur le vide
- effroyable et sublime à voir.
Juste en ce moment j'étais sur 1 escarpement opposé, ne pouvant rien comprend!, ,i la folie de ce cavalier qui som blait le vide et la mort.
(ut explique au retour.
Cet escarpement c'était remplacement de l'ancienne Casbah, devenue une caserne et une poudrière. D'énormes vanirps fauve el au cou blanc voltigeaient comme des hirondelles au-dessus des toits, s'élevant quelquefois à De paraissaient pas plus gr> .! ■ tout a coup retombanr. se
■ ' ! ruler sur eux mêmes jusqu'à une hauteur de où les. et se remettaient à planer ave D - majesté
is'.our de ce pic et pas ailleurs?
l i haut de ce pic on précipitait autrefo 1 iiime- adultère-, et que les vautours, en se laissant rouler
i ras l'abîme trouvaient une proie toute I n sur les i ■■>. tiers du Rummel.
- était de mille mètres, tr.
que celle de la roche Tarpéienne.
le vent s'engouffra sous les habits d'une femme nttait .•'. qui jusqu'au dernier moment aval de son innocence. Elle fut déposée doucemen lu vallon, et son mari lui-même s'inclina devant le -
supplice est aboli, mais les van v autour du roc ; comme les Arabes.
•: m- aise aura sa fin.
rniSques travaux à Constantin?.
un Arabe ce qu'il pensait de ces lues.
!be est bien aimé de Mahomet : lui a envoyé des hommes qui. de l'autre rava Hier pour lui.
La t .uitine est convaincue qu
t ure elle, nous sommes venue
ir on nous aurons fini notre 11 comme inutiles désormais en
mine a gagné en citernes, en i
irdi i ■ plus de i
romme à Tunis - par des uni:
i l'on parle italien et où l'on
petll désappointement, ce- .-. ia. le d'un bal maur --nient.
i • a merveille l'élom.
une soirée a laq maison, riche banquier de
se donne-t-il la peine de '
ne- ..n ne danse pas. on
les neuf heur.
. npi la muraille écl i
mau i orée.
mbre 1 ibltée par les femmes.
5 la chambre, et le luxe de contraste.
entrions avait été préparée pour la ■ r des Lampes en I
. haux i î p| meher était cou- . inonleuses ne, el qo tresse i pagne et en Algérie Puis, sur les
1 ,E VEi OCE
natte? adossées a la muraille blanche, étaient trois ou quatre femmes, avec les jambes nues, les pieds déchaussés de leurs pantoufles, la tête couverte d'un bonnet de velours chargé de sequius d'or, des justaucorps de et des pantalons de satin vert ou
Elles fumaient des cigarettes et buva te i pleines
tasses.
C'étaient, trois d'entre eUes du moins, d'admirables créatures de 14 à 1S ans ; la quatrième, encore belle cependant, pouvait avoir 25 ans. Si leur chair n'avait pas la fermeté du marbre, leur peau avait au moins la blancheur du lait. C'était une surface d'une matité parfaite, à peine nuancée par une veine nacri aient ave
Fatlima, elle s'appelait Fathma, Fathma répéta: Champagne.
Et pour aider mon intelligence qui lui paraissait un ;• i tardive, elle at le gesti [ul bol à même la
bouteille.
Il n'y avait pas moyen de s'y t rompe] Je tirai quatre ros de ma poche, et les lui mis dans la main, un répéti même mot Champagne, mais avec une intonation qui liait :
— Pour du Champagne, mais pas i ui antre i liose.
Fatlima était beaucoup plus intelligente que moi, car elle
craipril ,i l'instant même et fit un lire :
Il aperçu! un Bédouin emportant une femme en croupe.
une vigueur pleine de volupté, le velours noir de leurs yeux et l'arc des sourcils, qui se joignant au-dessus du nez couvrait d'une ligne sombre le double éclair de leur regard.
Au fond de la chambre étaient préparés des gradins pour les spectateurs.
Une chambre latérale, lermée par une simple portière et éclairée d'une seule lampe, offrait un naïf retrait à ceux dont le désir était de causer chorégraphie avec les danseuses.
N'ius allâmes à ces dames, qui nous tendirent la main et nous offrirent des cigarettes qu'elles roulaient avec une extrême dextérité.
Un autre groupe, formé de musiciens assis à terre, se tenait en face des gradins qui nous étalent destinés, et s apprêtait a faire ronfler des tambours de basque et a faire retentir des tambours longs, pareils aux caisses des marchands qui courent les foires en vendant des oublies.
Je commençais tant bien que mal une conversation par gestes avec l'aînée de nos danseuses, lorsque celle-ci prononça, avec une netteté qui fit tressaillir mon cœur tout français, le mot :
— Champagne.
— Hein? fis-je, croyant avoir mal entendu.
— Allons donc, pour qui me prenez-vous?
Un moment je crus avoir affaire à une mauresque de !.i tribu des Beni-Lorettes, mais je me trompais. Le seul m< I de la langue française que connût la Constantinoise Fa était le mot qu'elle avait si harmonieusement prononcé.
Une chose remarquable, c'était l'ignorance de ces pauvres créatures. Pas une d'elles ne s'était donné la peine de mesurer le temps qu'elle avait déjà vécu. Je leur demandai leur Age, aucune d'elles ne put me le dire. L'aînée seulement me répondit :
— Je commençais à parler, à ce -hio m'a dit ma i lorsque mourut le bey Mohamed-Monamany.
Or, comme le bey Mohamed-Monamany mourut en cela lui faisait. Comme je l'ai dit. un total de 24 ou 25
Une autre, à qui je fis la même question, leva sa a la hauteur de deux pieds et demi de terre à peu près, et dit :
— J'étais grande comme cela quand les Français sont entrés à Constantine.
Ce qui était encore moins positif, comme on le voit.
Cependant les spectateurs arrivaient. C'étaient des ciers de la garnison et deux ou trois employés supérlun l'administration française.
On nous présenta a eux. Nous fîmes connaissance.
ALEXANDRE DUMAS ILLl.SIRE
• entrer l'un deux, une dt se leva et
■enant une
-urne on voudra des femmes maution.
rident, c'est
• plus laid,
l'athtrent.
uni marabout vous connais-
ii cœur, filles d'Eve, et !e