‹ Œuvres complètes illustréesChapitre 273 sur 283 · US · texte numérisé non relu

US

mes de

n'était pas •us par l'humidité, mis en quête d'une chamune espèi

talent en train de nouvelle, lorsque mon hôte vint

LE YELOCE

à moi. me demanda si je ne m'appelais point monsieur Alexandre Dumas, et. sur ma rmative, me pré

senta les compliments de l'officier payeur et m'ai qu'il était chargé par lui de m'oOrir le rez-de-chaussée de cette i son en pierre sur laquelle plus dune fois

depuis cotre arrivée nous avions tourné des regards d'envie.

Je demandai si le rez-de-ehaussée pouvait nous contenir tous, et s il y avait des lits pour tout le moude.

Le i ussee était une espèce de cellule et ne ren-

fermait qu'un lit.

Je priai notre hôte de présenter tous mes remercîmens a l'obligeant officier, mais je refusai.

dévouement ne fut pas accepté par ces messieurs, qui me démontrèrent qu'ils n'en seraient pas mieux parce que je serais plus mal. et qui insistèrent en choeur pour que j'acceptasse l'offre qui m'était faite.

La logique de ce raisonnement me toucha ; mais restaient mes scrupules vis-à-vis de l'officier : je le privais de son lit.

L'hôte me répondit qu'il avaii déjà fait dresser un lit de sangle au premier, et qu'au "lieu de le priver de quoi que ce fût. je lui ferais le plus grand plaisir en acceptant.

J'acceptai donc, mais au moins demandai-je à lui présenter mes remerclmens.

L'ambassadeur me répondit que l'officier payeur était rentré très fatigué, et s'était immédiatement couché en priant Qu'on me transmît son offre. Je ne pouvais donc le remercier qu'en le réveillant, ce qui faisait de ma politesse quelque chose qui eût tort i ïsemblé â une indiscrétion.

Je n'insistai pas davantage et me laissai conduire au rezde-chaussec qui m'était destiné.

C'était une jolie petite chambre parquetée en sapin, où l'on avait poussé la recherche jusqu'à couvrir les murs d'un papier. Cette petite chambre, toute simple qu'elle était, était d'une propreté aristocratique.

Il y avait du feu dans la cheminée ; je m en approchai. Sur la cheminée il y avait un livre, je l'ouvris. Ce livre était l'Imitation de Jésus-Christ. Sur la première page de ce livre était écrit: Donné par mor< amie la marquise .

Le nom était raturé de manière à le rendre illisible. Je h- pour regarder autour de moi, doutant que

je fusse en Afrique, doutant que je fusse au camp de Smindoux. et mes yeux s'arrêtèrent sur un petit portrait au daguerréotype.

Il représentait une femme de vingt-six â vingt-huit ans. accoui fenêtre et regardant le ciel à travers les

barreaux d'une prison.

La chose devenait plus étrange à chaque instant: cette femme ne m'était pas inconnue.

Seulement ressemblance que je reconnaissais pour

ne m'être pas étrangère, flottait à l'état de vapeur dans les vagues horizons du passé.

Quelle était cette femme prisonnière? De quelle façon et à quelle ép a lie mêlée à ma vie? Quelle part y

superficielle ou importante? Voilà ce qu'il m'était impossible de préciser.

Et i plus je regardais cette femme, plus je

m'altéra 'ans la conviction quelle ne m'était pas

Inconnue.

Je passai plus d'une heure la tête appuyée dans ma main. Pendant cette heure, tous les fantômes de mon enfance, évoqués par ma volonté, reparurent devant moi. les uns rayonnant comme si je les avais vus la veille, les autres dans la demi-teinte-- les autres pareils à des ombres voilées.

Ce fut inutile. Je sentais bien que la femme du po était au milieu de ces dernières, mais je ne pouvais lever le voile qui la cachait.

Je me couchai et je m'en -pérant que mon n vi-

serait plus lumineux que ma veille. Je me trdmpais.

On me réveilla à cinq heures en frappant à ma | l'alluma] une bougie et m'habillai, puis j'appelai notre hôtelier donl i avais reconnu la voix a travers la porte. Il accourut : je le priai de demander puur mm au pro* lire île la chambre, au propriétaire du livre, au pro-

p lirait la péri le lui présenter mes

remerclmens; en le voyant, ;" ce m ère me

serait il expliqué. L'n tout cas, Si la vue ne suffisait i me re- et au risque d'être indiscret i

résolu d interroger.

Maison me répondit uni l'i ayeur était parti dès

quatre heures du matin, exprimant tous ses regrets de partir si tôt, ce qui le privait •'» c < Il Cette fols il était i il me fuyait.

J'en pris mon parti et tâchai d'oublier. Mais n'oublie pas qui veut.

Nous déjeunâmes et nous partîmes.

Au bout d'une lieu près, nous descendîmes de notre

diligence pour gravir une Le conducteur s'app;

Monsieur, me dit il vez-vous le nom ,,r qui

vous a prêté sa chambre '

Nui, pardieu: répondis-je, et depuis hier je désire le savoir.

— Il se nomme monsieur Collard.

— Collardl m'êcrlal-je, et pourquoi ne m'avez-vous pas dit ce nom plus tôt ?

— Il m'a fait promettre de ne vous le dire que lorsque vous seriez a une lieue de Smini

— Collardl répétai-Je comme un' homme à qui on ôte un bandeau de dessus les yeux.

En effet, ce nom m'expliquait tout. Cette femme qui regardait le ciel à travers les barreaux d'une pu d cette femme dont ma mémoire avait gardé une imag déclse c'était Marie Capelle, c'était madame Lafarge.

Sans doute la croyalt-il innocente, ce pauvre exilé de Smindoux qui se rappelait, en m'offrant <sa chambre ces jours de notre jeunesse où nous courrions Insoucieux dans les allées ombreuses un parc de Villers-IIellon ; et cependant, par une m il n'avait pas voulu me voir, moi. l'ami, le compagnon de ses premières années

Il s'était privé, le malheureux, de ce sympathique serrement de main qui nous eût rajeunis tous deux de trente années.

Et tout cela de peur que mon orgueil lui fit un reproche d'être le parent et 1 ami d'une femme dont j'avais été moimême l'ami, presque le parent.

Oh! que tu connaissais mal mon coeur, pauvre cœur saignant, et combien je t'en ai voulu de ce doute désespéré:

J'ai éprouvé dans ma vie peu de sensations aussi navrantes que celle qui. en ce moment, m'inonda le cœur de tristesse.

— Qu'a vez-vous? me demandèrent mes amis.

es larmes aux >eux, je leur racontai ce qui venait de m arriver.

I ES ZEPHYRS

Vers deux heures de l'après-midi, nous arrivâmes à El- Arouch.

i iiement fut grand lorsque je vis venir a moi une députation composée d'une douzaine de soldats et de sousofficiers du troisième bataillon d'Afrique.

Le liiuii de mon passage s'était répandu, et l'on venait me prier d'assister à une représentation extraordinaire.

Comme on savait que je voulais arriver le même soir à Philippe ville, la représentation aurait lieu de jour.

is quelque temps à comprendre et quel était le genre

-1 '" i ir qui m'était rendu, et quelle était la représenta-

laquelle on me priait d'assister.

' ''mu comme auteur dramatique que j'étais reçu La représentation à laquelle on me pri iposait i la 1 Me d< Dominique el de ; ai InelR.

Les artistes étaient soldats et sous-ofllciers au troisième bataillon d'Afrique, autrement dit aux zéphyrs,

Disons ce que c'est que cette ri ion toute française connue en Afrique et même en France sous le nom de zéphj i

Qn ordre ministériel de 1831 organisa b ■ bataillai .l'Afrique avec tous les hommes détenus puni une ■ rrec-

. ini p i la dégi ada I i... i liions deva eut t. ujours i ivant-i

Le premier bataillon prit le nom de

econd se baptisa zéphyr.

El li i se nomma chardonnei

De ces trois noms, un seul se popularisa: >e fut le nom de zéphyr

Le premier bataillon chacal de Tixeraln,

à deux Ueui d'Alger. C'était al i rant-

. ei oimI zéphj r créa "lem.

Le troisième chard Donalra.

. i bataillons p lient former un etrectif de six

hommes.

Gi e alors un révéla

Employés toujou unie c'était leur

destlnatioi i toutes les expéditions hasardeuses.

les zéphj r- lie occasions de r, et, il

faut leur rendre cette justice, ils n'en laissèrent échapper

il e disil liguèrent d'abord à la Makta, en JS35 ; puis

en :■• emier

.. nuit

ne de la R s au second

.mues et U • turent

,ne volonté,

r- i :aine Caho-

lemier

la gTande rue et fut S

nent des » "' Djemilah

. i onté

Cent ■ lernler le mirent.

— C est bien 5in ■ . s'ils dou-

il L'y a <; Aussi, en '- ii liante qui décréta

u étant deuvait quitter les on régiment de ;ue.

u une cni ,ue le

rie I. Afn-

ine fois qu'il eut

Algérie, le zéphyr ne sut plus quitter l'Al-

;emps fini, il se Tend

Je la-

:i régiment.

• .lf Fr.n . regrette le spe<

:.nre. le feu il regrette jusqu'à la

Mule qui . il casse la

iliers. ou déserte.

:(■ fait rentrer dans la caté-

; il retrouve

'rlque qui fait ■ ■ -mien

■ mée

lonel,

lier le matin les relier aux troupeaux la :tectés à la autres au\ es ; Us

u dulte duquel Ils . Ara 1 du Ible de i réseptalt

l'un cimel-e matin, dans leui , ordinaire les

■ nommée Blan-

le l'Arabe qui se

d'un

1 anecdote

incbette fut

invalides.

■ ne. comme

s s. Ce

cuve

in

itra-

— A qu.

- Ptrbl.

• in

de mlll-

— Eli : eh : laffaire peut s'arranger. Justement, il m est

des malheurs qui me forcent de vendre.

— Des malheurs :

— Oui, mon banquier a fait faillite.

— Voilà qui tombe à merveille.

— Hein?

. — Non, je veux dire, voilà qui est bien malheureux.

— Combien donueriez-vous comptant?

— Mille francs ; et le rf-

— Oh ! le reste, i ela m'es: égal Je vous donnerai tout le

que vous voudrez p >ur le reste, .nq ans?

\ merveille : cinq ans, dix ans. J'ai besoin de mille

Voilà tout.

Mors c'est une affaire faite. J ai justement les mille francs sur moi.

— Allez m'attendre chez le marchand de vin. i y vais.

— Seulement, en passant là-bas, voyez-vous, au >

la rue, envoyez-moi le grand blond, c'est le serrurier du régiment. Il faut vous dire que mes camarades, pour me faire une farce, m'ont enfermé et ont emporté la clef.

— Je vous l'envoie.

Et le colon tout courant alla attendre son propii. chez le marchand de vin. tout en lui envoyant, bien entendu, le serrurier demandé.

serrurier arriva: la situation lui fut exposé! i sait de partager les mille francs entre le prisonnier,

• rrurier et la sentinelle .

Au bout de cinq minutes, la sentinelle était prévenue et la porte ouverte.

Au boni d'une demi-heure le contrat était débattu signé, et le zéphyr empoi liait sa part des mille livres

Deux heures apn<. le. colon emménagrait

Un officier passa avec une patrouille, il vit qu'on desut un mobilier à la porte du corps de garde.

La porte était ouverte, il entra. Le colon faisait clouer des planches.

11 regarda un instant avec stupéfaction.

luis enfin :

— Que diable faites-vous là? demanda-t-il.

— Ce que je falsl pardieu ! vous le voyez bien: j'emménage.

— Vous emménagez ! où cela ?

— Dans ma maison.

— Dans quelle maison ?

— Dans celle-ci.

— Cette maison est à vous?

— Elle est à mol.

— Et comment est-elle à vous?

— Parce que je l'ai achetée, donc.

— A qui?

— I i riétalre.

— Où était son propriéta i i e ?

— Il était dedans.

regarda ses soldats; ses soldats se regardaient longtemps, Ils avaient compris ce que lui commenmprendre.

— l aire" continua l'offlcler.

- lit insoucieusement le. colon ntlnuanl d arranger son bazar.

ela ne vous regarde pas. N'était-il donc

• nfermé?

SI tait Imaginez-vous que ses camarades lui avalent m enfermé; mats je lui al envoyé le 1er du régiment, un grand blond, et il est venu me ire chez le : de vin, où nous avons i>

lire t Von un sous-selng. Mais i l< I à trois mois je le ferai

hé?

later de rire.

nnement.

US ? demanda t 11

le papier.

- • ing parfaitement en i gle >:ant quittance de mille livres et obligation des ; utres.

ion avait acheté à un zéphyr en punition la salle de du régiment.

L'affaire fut portée devant !e tribunal de Bougie, qui n'eut urage de punir l'auteur de cet admirable tour de ; .isse.

f,lt acquit ■ n,j quartier sous les arcs

e que lui adressèrent ses camarades

muées; il est naturaliste.

LE VE1 OCE

archéologue, dresseur d'animaux, c'esl le n • ur ne

de crapauds, de lézards, de serpens, de ijineléons, de sauterelles, de stellions, de fouette-queues et de gerboises. Qui vient en Afrique pour faire des collections d'animaux peut s'adresser à lui ; quand la nature s'appauvrit, il la sec ode quand l'espèce manque, il l'invente

C'est le zéphyr qui a invente le rat â trompe.

Nous allons raconter un fait presque incroyable, et qui cependant est de notoriété publique en Algérie.

A l'époque où la commission scientifique explorait la province de Bône, le 3' bataillon de zéphyrs tenait garnison dans cette ville Un matin le président de la ■ ommission vit arriver chez lui un zéphyr porteur d'une âge dans laquelle frétillait un petit animal, objet des attentions les Plus délicates de la part de >"h propriétaire

L attention du savant, fui éveillée par la façon amicale dont le zéphyr parlait a ranimai enfermé dans la cage

— Que m'apportez-vous la. mon ami? demanda-t-il au zéphyr.

— Oh' mon colonel le président de la commission tifique était un colonel, homme d'infiniment d'esprit que nous avons tous connu); oh! mon colonel, une petite bête pas plus grosse que le poing, seulement vous n'en avez jamais vu de pareille.

— Voyons, montre-moi cela.

-- Voilà, mon colonel.

Et le zéphyr remit a l'officier la cage qui renferma trésor.

— Eh: mais c'est un rat que tu m apportes là : fit le colonel.

— Oui. mais c'est un rat à trempe, rien que cela.

— Comment un rat à trompe !

— Etudiez, examinez, prenez une lou] e, si is n'y voyez

vec vos yeux.

Le colonel étudia, examina, prit une loupe et reconnut un rat de l'espèce ordinaire : seulement, comme l'avait dit le zéphyr, ce rat avait une trompe.

Trompe adhérente au nez, placée â peu près comme est placée la corne du rhinocéros; trompe douée de mouvement et presque d'intelligence.

Du reste, identité parfaite avec les rats de l'espèce commune.

Seulement la trompe dont il était orné donnait à celui-là une valeur particulière, une valeur idéale.

-- Hum : hum : fit le savant.

— Eh ! eh ! fit le zéphyr.

— Combien ton rat ?

— Mon colonel, vous savez bien que mon rat n'a pas de prix ; mais pour vous ce sera cent francs.

Le colonel en eut donné mille pour avoir ce sujet précieux. Il 1 examina de nouveau. C'était un mâle.

— Serait-ce possible d'avoir la femelle ? demanda-t-il.

— Peste! fit le zéphyr, vous n'êtes oas dégoûté. Je comprends : vous voulez avoir de la race. Donnez cent francs du mâle, et l'on tâchera de vous avoir la femelle.

— Quand cela ?

— Ah ! dame : c'est un animal bien fin. bien subtil ; la disparition de celui-ci aura donné l'éveil à la tribu. Je ne puis répondre de rien avant quinze jours ou ti" maines.

— Je te donne un mois

— Et il y aura cent fram s pour la femelle1?

— Comme il y a eu cent francs pour le mile.

— Vous aurez votre femelle.

— Voilà les cent francs.

— Merci, mon colonel.

Et le zéphyr empocha les cent francs.

Trois semaines après, il revint avec un rat à trompe du sexe féminin.

— Tenez, mon colonel, voilà votre bête ; seulement elle m'a donné du mal, je vous en réponds.

Le colonel examina la bête : rien n'y manquait. Sa satisfaction était au comble ; il avait la paire.

Aussi fut-il pendant quelque temps l'objet de l'envie de tous ses compagnons Monsieur Ravoisier n'en dormait plus, et monsieur Delamalle en était malade.

Ils demandaient des rats à trompe â tous les zéphyrs qu'ils rencontraient.

Ceux-ci se regardaient et répondaient :

— Comprends pas.

Le rat à trompe était à la haussi

Le premier qui reparut, fut vendu deux cents francs. Fuis cet animal si rare commença de se vulgariser, il n'y avait pas de jour où il n'y eût un rat a trompe à vendre.

Ils descendirent â cent francs, puis a cinquante, puis à vingt-cinq.

La recette des rats a trdmpe était onue.

Elle était, à peu de différence près la même que celle Indiquée par la Cuisinirre bourgeoise pour laire un 'ivet de lierre.

Seulement, au lieu que pour faire un civet de lièvre faut qu'un lièvre, pour r Ire un rat à trompe il faut d rats.

On prend le bout de la queue de l'un, que l'on greffe en écusson sur le nez de l'autre ; on soutient l'adjonction par un emplâtre de diachylon, en 'mmaillotte l'animal de manière qu'il ne dérange pas l'api iTeil. Au bout d© quinze jours on lui rend sa liberté, et le t< ur est fait.

\ partir de ce moment, la queu devient adhérente au nez lu rat, comme un ergot devient adhérent au crâne d un coq, et vous avez un rat â trompe.

Seulement, les rats à trompe ne se reproduisent pas. avec une trompe, du moins. Quand on veut en avoir, il faut les greffer.

Voilà pour l'histoire naturelle. Passons à l'archéologie.

Un banquier suisse, grand amateur d'antiquités, débarqua en Afrique et se mit à la recherche de ruines romaines Il avait déjà fait quelques acquisitions importantes, lorsqu'un zéphyr lui apporta une pierre qui paraissait avoir1 servi de couvercle a un tombeau. La pierre était gravée, e:, l'inscription, parfaitement conservée, paraissait remonter par la forme des lettres au siègle d'Auguste.

Voici quelle était cette inscription :

Page 1