‹ Œuvres complètes illustréesChapitre 280 sur 283 · ARABES ET FRANÇAIS · texte numérisé non relu

ARABES ET FRANÇAIS

Depuis le jour de sa chute .ris mains des Français, Alger est bien changée. Toute la partie basse de la ville, à part la mosquée qui a tenu bon, est française ; le? traces de la vieille ville, seulement, se retrouvent au fur et a mesure que l'on monte.

Il va sans dire que, dès la seconde soirée de notre séjour à Alger, nous limes cette excursion sur les terres du Prophète.

C était par une belle nuit de décembre, les nuits de décembre même sont belles à Alger, nous avions ave. un Arabe devenu Français et un Français devenu Arabe.

Une prédiction d un saint musulman qui vivait au XVI0 siècle dit :

« Les Francs, ô Alger 1 fouleront le pavé de tes rues, et les filles de tes fils leur ouvriront leurs portes. »

Jamais prophétie ne s'est plus complètement réalisée.

Nous entrâmes dans quelques-unes de ces maisons dont on nous ouvrait les portes avec une hospitalité fort étendue; mais aussi un peu intéressée. C'était une simple variante de ce que nous avions vu à Tunis et à Constantine.

Seulement à Tunis, les portes n'éiai tes que par

des Juives.

A Constantine et à Alger elle* étaient ouvertes pal Mauresques.

La seule différence qu'il y eût était dans le costume et dans un degré plus avancé vers la civilisation.

I Mauresques d'Alger disaient quelques mots de cals.

Mais quels mots, bon Dieu! Ce sont de terribles proies seurs de langue française que les matelots et les soldat Le costume était charmant.

II se composait d'un mouchoir brodé d'or ou d'argent roulé autour de la tète ; d'une veste de velours brode,.

ou d'argent, de caleçons de satin brodés de la même maet. d'une chemise parfaitement transparente, laissant voir la gorge et une partie du ventre

Au reste toute pudeur est inconnue, toute vergogne absente.

Bien peu de ces malheureuses étaient n. es lors 'de la d'Alger: qui les a poussées à la prostitution ? la misi

Comment les familles mauresques, riche < la domination turque, sont-elles torir , ,e si. us la domination française?

Personne peut-être, n'a songé 1 faire cette

question, ■ I ai faite, et voici ce que l'on m'a

— La conquête n a ri m pris s. .us la domination turque, les Maui 'létaires

.(s touchaient les loyers- ! . p létaires des ! iaux, et il rendaient le rlvrei des terres,

et ils vendaient les 1 6t "Iles

l'arrlvt le ville :

une les Courouglis,, fils de rurci Mauresques, puis

les Maure les suivirent. En quittant la ville dort les chasor propre volonté, ils yen pas leurs terres et leurs maisons, personne n'eût voulu ; mais leurs efl "i ton deux liers audessous de leur valeur. Ce qu'ils ne vendirent ras à Alger fut emporté avec eux, fondu et vendu où lis se trouvaient. Mais après deux ou trois ans d'exil volontaire, les exilés

usent gne ton tatlves Lient

1 Info] apprirent qu'aucun mal n'avait

été fait à ceu étaleni restés. Ils revinrent et retrou-

v. nul leurs terres et leurs mal

La confiance était un peu rétablie: ils vendirent, mais a vil pri ' ! une maison coûtait fino francs; celui qui

avait acheté cette maison 600 francs, la revendait 1,200;

. . UM s ■' :

de la

..ode tarent tard

loua.

nant

. il\ affaires <1 Eure que le renouvelle-

»myrne. au ..,. les autres ils loueur un pot-devin ■ tes sortes de conces-

glODf.

Cela me d'un moment a 1 autre

le pr(1| tes bonnes «races et chasserait

le» i r i' Algérie.

te ne se pressait pas; le pot-de-vin était

ne r époque des rentes; on es-

r un, six pour deux.

naît, pulsquun Jour ou l'autre

i ter 1 Algérie.

nt pas l'Algérie, et les Maures

IU . i,t iar vendre leurs étoff. s. ce

au |ls . . ,lu moins, puis leur argenterie; puis

îs ni étoffes précieuses, ni argenterie,

■ marabout furent accomplies :

Et |t., < croyons ouvrirent leurs portes aux

urns.

il que les illles mauresques se prostituent aux .il*, mais, qu'on ue s'y trompe point, elles ne se

peuple: elle est entre-tenue

os, tout est contraste

test ils sont cu-

musulmans un imradis tout sen-

il -ils tout imma

i , .user qu'une femme, et a toutes

sortes Dire i'aduli. r-

i .■ nu aiman peul épouser quatre lemmee e( i autan' H fortune lui permet d en pren-

i nerie.

I iiuirs mal-

i lêes.

dans son ménage, y

PI

i ruiner un

ine est

Il et la tête '

Il "le et les pieds

»ft3

!>olnte du

inmr

ons en généra!

— L'Arabe ne peut ni s'asseoir, ni fumer, ni parler devant son père ; ni même un frère i.adet devant son irere aîné.

— Nous aimons les voyages de iamaise.

— L'Arabe ne fait que des voyages d utilité

is connaissons toujours notre âge.

— L'Arabe 1 ignore toujours.

•us attachons notre honneur à ne pas reculer d un pas dans la bataille ou dans le duel.

— L Arabe fuit sans déshonneur.

— Nous mangeons la viande des animaux assommés.

— lis ne mangent que la viande des animaux saignés

— La peinture d histoire est chez nous un art.

— La peinture des images est chez eux un péché.

us nous inquiétons de tout.

— L'Arabe ne S'Inquiète de rien.

Nous sommes providentiels.

— Il est fataliste. S'il lui arrive quelque grand malheur, hakoun-Erbi. dit-il. ordre de Dieu.

On \rabe me disait :

• ttez un Franc et un Arabe dans la même marmite; faites les bouillir pendant trois jours, et vous aurez deux bouillons séparés.

Une chose qui de contribuera point à rapprocher le» Français des Arabes, c'est notre façon de rendre la Justice. Exemple :

lieux propriétés se touchent: elles ont des limites notol- ■iinues, connues de tout le monde, bien. En vertu de cette notoriété, l'Arabe croit h avoir rien à craindre.

Au lieu de bâtir sur son champ, l'Européen bâtit sur le champ de son voisin.

L'Arabe, qui a bonne envie de se faire justice lui-même, ne l'essaie même pas ; car la chose lui est formellement défendue

Il va trouver le chef du bureau arabe de la ville ou de la contrée.

II lui expose son cas. Le chef du bureau s assure par ses yeux du bon droit de l'Arabe; mais comme 11 faut mettro des procédés dans les relations, il écrit au Français que c'est par erreur sans doute nu il a bAtl sur un terrain qui ne lui appartient pas.

r reçoit la lettre; mais comme lui n'est pas forcé d'être poli, Il ne se donne pas même la peine d'y répondre.

i 'Arabe <iui voit la démarche sans résultat, et que son voisin met tous les jours de nouvelles pierres sur les anl \rabe revient au chef du bureau et renouvelle sa plainte.

■I du bureau lui répond qu'il a fait tout ce qu il a

pu Caire; el le renvoie au Juge de paix.

Le Juge do paix cite les deux parties en conciliation . le

I lut. Le magistrat s'assure que l'Arabe est

donne a '.'Européen L'ordre de quitter

le terrain

Page 1