‹ Œuvres complètes illustréesChapitre 42 sur 283 · HUITIÈME SYSTÈME · texte numérisé non relu

HUITIÈME SYSTÈME

Celui-ci, mis sous le patronage du maréchal de Richelieu, appartient très probablement, en toute propriété, à Soulavie, son secrétaire. Il serait, dit ce dernier, emprunté à un manuscrit retrouvé dans les cartons du duc après sa mort, et intitulé : Relation de la naissance et de l'éducation du prince infortuné, soustrait par les cardinaux Richelieu cl Mazarin à la société, et renfermé par ordre de Louis XIV, composée par le gouverneur de ce prime, à son lit de mort.

Ce gouverneur anonyme racontait que ce prince, qui! avait élevé et gardé jusqu'à la fin de ses jours, était un frère jumeau de Louis XIV, né le 5 septembre 1633, à huit heures et demie du soir, pendant le souper du roi, et au moment où on était loin de s attendre, après la naissance de Louis XIV qui avait eu lieu à midi, à un second accouchement. Cependant ce second accouchement avait été prédit par des pâtres, qui avaient dit par la suite que, si la reine accouchait de deux dauphins, ce serait un grand signe de calamité pour la France. Ces bruits, de si bas qu'ils fussent partis, n'en étaient pas moins venus aux oreilles du superstitieux Louis XIII, qui alors avait fait venir Richelieu, et l'avait consulté sur cette prophétie, à laquelle, sans y croire cependant, Richelieu avait répondu que, ce cas échéant, il fallait soigneusement cacher le second venu des deux enfans, parce qu'il pourrait vouloir être roi. Louis XIII avait à peu près oublié cette prédiction, lorsque la sage-femme vint lui annoncer, à sept heures du soir, que, selon toutes les probabilités, la reine allait mettre au joui un second enfant. Louis XIII, qui avait senti la justesse du conseil du cardinal, réunit aussitôt l'évêque de Meaux. le chancelier, le sieur Honorât et la sagefemme, et leur dit, avec cet accent qui annonce qu'on est disposé à tenir ce que l'on promet, que le premier qui révélerait le mystère de son second accouchement paierait la révélation de sa tête. Les assistans jurèrent tout ce que le roi voulut, et à peine le serment était-il fait, que la reine, accomplissant la prophétie des bec t ucha

d'un second dauphin, lequel fut remis à la sage-femme et élevé en secret, destiné qu'il était à rempli

phin, si le dauphin venait à mourir, tandis que au -

traire, il était condamné d'avance à l'obscurité, si le dauphin continuait de vivre.

La sage-femme éleva le second dauphin on Bis.

le tais: ■>]■ aux yeux de ses vol tm pour le bâtard

d'un grand seigneur dont on lui i i aent la peu

sien Mais a l'époque ou l'enfant eut atteint sa sixième année, un gouverneur arrii i ne Perronnette, c'était

le nom de l i sage-femme, et la somma de lui remettre l'enfant, qu'il devait continuer d'élever en secret, comme ,w lits de roi L'enfant el le gouverneur partirent pour la Boui

Là, l'enfant grandit h onnu, mais cependant portant sur son vlsagi une telle ressemblance avec Louis XIV, qu'a cha

estant le gouverneur trembh.it qu'il ne rat reconnu Le jeune homme atteignit ainsi l âge de dix-neuf ans effrayant son vieux mentor pai -es qui lui >is a travers la tète c 'ninie des éclairs. Lorsqu'un beau jour, au fond d'un, assette mal fermée et qu'on avait eu l'imprudence 1 -:i portée. U

. une lettre de la reine . riche, qui lui ré-

sa ventable naissance Quoique p .—esseur de cette lettre, le jeune homme résolu rocurer une nou-

velle preuve. Sa mère parlait de ette ressemblance miraculeuse avec Louis XIV, qui effrayait tant le pauvre gouverneur. Le jeune homme résolut de se procurer un portrait du roi son frère, alin de juger lui-même fl ressemblance. Une servante d auberge se chargea d'en acheter un a la ville voisine | «trait confirma tout ce

ait dit la . rince se reconnut, ne fit qu'un

bond de sa chambre a celli rneur, et lui montrant

le portrait de Louis XIV — ■ Voila mon frère: ■ lui ditil Et ramenant les yeux sur lu ruênie — El voilà qui

je SU

ne perd • écrivit à

\iv, qui, de son côté. Ht bonne diligence, et courrier ■ rdr< arriva l'enfermer dans la mèm gouverneur et l'élève Puis comme, même

lies l'une pris u pouvait reconnaître 'a

épreuve du grand roi. le grand roi ordonna que le

de son frère fût, à compter de cette heure, couvert

d'un masque de fer, assez habilement travaillé pour que,

sans le quitter Jamais, il pût voir respirer et manger Cette

: mandatlon, toute fraternelle aurait, d'après Soulavie,

ecutée de point en point

C'est cette donnée qu'onl faire leur beau

drame du itatque le fer, MM I Arnoult. ce qui

n'a pas peu contribua , iui

donner, de nos jours, une parfaite populai

uei i

est notre contemporain et date de is3; Il a été par noire confrère le BibllophU P.-L 3 lui. l'homme au masque de I malheureux Fouquet, qui. profi

nés a sa prison pour exécuter une tentative d'évasion, aurait été puni de cette tentative pai ta nouvelle de sa mort .lenient répandue, et pai cette ingé-

bine, dont l'ini tiendrait au grand roi.

une le livre dans lequel notre ami a d eau système est dans les m ,■ le monde, nous

y renvoyons pour plus amples détails

a encore deux a lun feri

ne de fer le patriarche Arwedicks. enlevé, selon le

■?crit de monsieur de Bonac pend.' nie de

ilenr de Féréol a Constantinople 1 autre serait un

ureux écolier puni par les Jésuites d'un distique latin

'■ I ontre leur ordre, et auqi • recommam

boi - pères, Louis xn rvir de

de bourreau pour dernier ■ ■ slste à ne

: ■ u et a dire cru n a jamais

les certltw

it dans 1 Intert r septembre

me au masque de fer parut à Pignerol. d'où

' r de S tint-Mars

i II v resta

six ans: et monsieur de Se int eu en Y

ernement des lies Sainte . v nt suivre

n prisonnier, dont il était condamné lul-m

ter I ombre En arrivant dans i.,rs écrlvll

a monsieur de Louvois 1 ie donnerai

mes ordres pour la garde nier, que Je

ras en répondre pour son i été. •

rail fait exé-

i lui une i ,.Ue prison.

Piganli i le la I on ,r UI1P

'enêtj palme pieds

lu chemin de ronde . te les pre

barreaux, était défendue

ntre les soldats de garde et le pi

Sainte-Marguerite, m îalnt Mars en-

tnenl dans la charnu»

Ddlscrel ' tenait ordinairement sur la porte ouvi ■on pouvait, tout ei

irl.lor si personne ne venait Un tour qu'il ..an d'un (le ses imi< les tour- daim nie. cherchan" monsieur de Salnt- ' ■ teau qui le i ondulstt à ten

dune chambre - en ce moment la conversation

entre le prisonnier et monsieur de Saint-Mars était des plus animées, car ce dernier n entendit les pas du jeune homme que lorsqu il fut près de lui. Il se rejeta en arrière, referma la porte vivement, et demanda tout pansant au jeune homme s'il n'avait rien vu ni entendu Le jeune homme, pour toute réponse, lui démontra que de la place ou a était la chose était presque impossible Mors seulement monsieur de Saint-Mars se remit; mais II n'en fit pas moins le même jour partir le jeune homme en écrivant a son père pour lui raconter la cause du renvoi et ajoutant; . Peu s'en est fallu que cette aventure n'ait coûté cher a votre fils et Je vous le renvoie de peur de quelque nouvelle imprudence »

Un autre Jour, il arriva que le masque de 1er, qui était servi en argenterie écrivit quelques lignes sur un plat au moyen d'un clou quil s était procuré, et jeta ce plat à travers sa fenêtre et les triples grilles Un pécheur trouva ce plat au bord de la mer, et pensant qu'il ne pouvait provenir que de l'argenterie du château, le rapporta au gouverneur.

— Avex-vous lu ce qui est écrit sur ce plat? dem monsieur de Saint-Mars.

— Je ne lire, répondit le pêcheur.

— Quelqu'un l'a-t-il vu entre vos mail

— Je l'ai trouve a l'instant même, et je lai rapp Votr<? lant sous ma veste, de peur ne me prit i>our un voleur.

-ieur de Saint-Mars réfléchit un instant; pui< f signe au péchetu tirer

— Allez lui dit-il, vous êtes bien heureux de n savoir lire

L'année suivante, un garçon de chirurgie, qui ut une trouvaille a peu près semblable, fut moins heureux que le pêcheur II vit flotter sur l'eau quelque chose de et le • mise très fine sur laquelle

a défaut de papier et à 1 aide d'un mélange de su d'eau et d'un os de poulet taillé en manière de i "r avait écrit toute son histoire. MonslBB rs la m. me qui ivre garçon de chirurgie répondit qu il savait lire pensant .pie les lignes trace. •uvaient renfermer quelque secret 6

■ les lire Monsieur de saint-Mars lé air pensif, et le lendemain on trouva le pau mort dans son lit

le domestique qui servait l'homme au masque se fer étant trépassé, une pauvre femme s senta pour le remplacer, mais monsieur de Saint-M; qu'il fallait qu'elle partageât éternellenii ■. du maître au service de qui elle allait entrer. . partir de ce Jour elle cessât de voir son mari et -es enfans, elle refusa de souscrire à de pareilles conditions et se retira

En •' re arriva à monsieur de Saint-Mars de

nsonnier à, la Bastille. On comprend que pour un \ long les précautions redouhl.

L'homme au masque de fer fut placé dans une litière qui précédai' la voiture de monsieur de Saint-Mars Cette I ntourêe de plusieurs hommes à cheval qui ai

;rer sur le prisonnier à la moindre tentative qu'il ferait ou rour parler, ou pour fuir. I

-ieur de Saint-Mars «-arrêta un

llnei eut lieu dans la i

latent sur l .i \ ravers ces fei

le geôlier et le captif prendre leurs i

masque de rer tournait le dos aux fenêtr

inde taille, vêtu de brun, et ma

ippail par derrière quelques mi Monsieur .le Saint-Mars él lui et avait un pistolet de chaque coté il ut et fermait :

double nie fois qu'il entrait ou qu il sortait

nr de Saint-Mars se fit dresser un lit de ■ u travers .le la porte dans la même i : nnier

et les mêln- loua fur. nt

prises ; igeurs arrivèrent I .-tille le Jeudi

>ur.-s de l'après-midi L homme

au masque de fer fut mis dans la tour de la Baz" en attendant la nuit puis la nuit •

induis lui-même dans la troisième chambre itaudière. laquelle chambre, dit le Journal sieur Dujonoa avait été meublée de '

r.e sieur Rosanges, qui venait les lies Sainte-Mai cuerlt.- ■ de monsieur d< Sun' Mars, était, a

me Journal chargé de servir et de soigner ledit prl sonnler, qui était nourri par le gouverneur.

- ouvenir de la . I de la mer rouverneur qui U

qui. après : ni enlevait son linge, en outi

de pi

UNE ANNÉE A FLORE

osé contrevenir à Tune ou l'autre , ' Cas ou " eut

tinelles avaient ordre de tirer sur lui ^'^ 'eS SeQ"

Ce fut- ainsi que le malheureux prisonnier resM à • „

sa ."ïari^srrSsM :£\e t ja?: sas. ^;:JE«

coûté quarante livres » euieirement a

" 1703, le 19 novembre. Marehialy, âgé de (maraud

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lé corps a été inhumé dans le cimetière de Saint Pai,t « rurgien de la^tille. ^i 'oui ^ f""* ^ Chi'

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