‹ Œuvres complètes illustréesChapitre 55 sur 283 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

I. Floriruo. — L'Ave Maria, prière à quatre voix, exécutée par la princesse Elise Poniatowski. madame Laty, et les I H i .arles et Joseph Poniatowski.

II Rossini. — Semiramiile, duo exécuté par madame Laty et le prince Charles Poniatowski.

III. — Donizetti. — Lucia de Lamermoor, air final exécuté rar le prince Joseph Poniatowski.

IV. Mercadante. — Giuramento. quartetto exécuté par la sse Poniatowski. madame Laty, et les princes Charles

T >seph Poniatowski.

SECUXDE PARTIE

v. Ilérold. — Ouverture de Zampa.

VI Bellini. — furtlani. duo exécuté par la princesse et le prince Joseph Poniatowski.

Vil Georgetti. — Variations sur un thème de la Sonnamexécutées sur le violon par monsieur Giovacchino Giovacchini.

viil Bellini. — La Stmnantbula, air final exécuté par la princesse Elise Poniatowski.

Comme on le voit, à part la coopération donnée par madame Laty et par monsieur Giovacchino Giovacchini, la matinée musicale était défrayée entièrement par les princes

Itowski ; il étal :i en conviendra, il

de voir un concert plus aristocratique ; les exécutant descendaient en droite ligne d'un prince régnant il y a à peine un demi-siècle. II est vrai qu ils avaient dans leur audi- ■rois ou quatre rois détrônés. Cependant, comme une matinée musicale ne tire pas son principal charme du parfum d'aristocratie quelle répand autour d'elle, nous n'étions pas, il faut l'avouer, sans quelque crainte à renie 1 exécution. Pour mon compte, J'avais en mémoire certains concerts d'amateurs auxquels, a mon corps défendant, j avais assisté en France, et qui m'avaient d'assez tristes souvenirs. La seule différence que je voyais entre ceux que j'avais entendus et celui que j'allais entendre était dan« la qualité des artistes et je ne croyais ne le titre de prince fût une garantie suffisante pour li tranquillité de mes oreilles. Je ne m'en rendis pas moins a 1 heure indiquée à la salle de concert située sur 1 eiapla- K-uient des Stinche, qui sont les anciennes prisons de la v Lie Telle est la progression des choses dans cette bonne et belle Florence. Si Dante y revenait. Il trouverait pro bablement son Enfer changé en salle de bal.

La salle, si grande qu'elle fat, était comble; cependant.

grâce a l'attention des commissaires auxquels nous étions

recommandés, nous parvînmes a trouver place. Bientôt la

princesse Elise entra, conduite par le prince Joseph ; ma-

l.ny la suivait, conduite par le prince Charles; à

lie tout entière éclata en applaudissemens.

Il rien: dans tous les pays du monde on

■ dit une Jolie femme, et la princesse Elise est une des

us gracieuses et les plus distinguées qui se

sent voir.

amateurs étalent visiblement émus; en effet, dès que Ion veut monter au rang d'artiste. Il faut que le talent réponde a la prétention : un parterre, fùt-il composé individuellement de grands seigneurs, devient un corps essentiellement démocratique par le fait même qu'il est un parterre. Au reste, cette crainte fut d'avance, pour mol. une preuve de supériorité: des chanteurs médiocres eussent eu plus d'aplomb.

Dès les premières notes, notre étonnement fut grand : ce n'étalent point des amateurs que nous entendions, c'étaient d'admirables nrtl^te- : II serait peut-être impossible de trouver, même sur les meilleurs théâtres de France et d'Italie, trois voix qui se mariassent plus harmonieusement ensemble que celles de la princesse Elise, du prince .; du prince Charles; en fermant les tt se croire aux Bouffes, et parler pour Perslani. Ru- ■ I Tamburlni. En rouvrant les yeux seulement on se vail en face de gens du monde Tout le concert fut cette supériorité d'exécution qui m'avait si nient étonné au premier morceau, et qui se soutint Juscru'au dernier. La séance finit comme elle s'était par des tonnerres d'applaudHsemens ; les lllusr.ippelés dix fols, revinrent dix fois saluer auditoire. C'est que les princes Ponla une famille privilégiée, et que, s'ils perdaient leur fortune comme ils ont perdu leur trône, Ils Pourraient s'en refaire de leurs propres mains une aussi

belle et peut-être bien aussi illustre que celle que leur père leur a léguée. En effet, on ne peut être à la fois plus grand seigneur et plus artiste que le prince Charles et le prince Joseph : le dernier en outre est poète et musicien ; 11 a donné, pendant notre séjour à Florence, deux opéras de premier ordre, l'un sérieux, 1 autre bouffe; le premier in Utulë Proclda ; le second. Don Desiderio ; tous deux obtenu un succès de fanatisme. Mais aussi il faut dire cn> le prince Joseph a un grand avantage sur la rlunart decompositeurs : son opéra fini, il appelle son frère et sa belle sœur, leur distribue à chacun leur partie, et garde la sienne. Tous trois se mettent à 1 étude ; un mois après, toute la société florentine est Invitée à la salle Steindich, qui est le théâtre Castellane de Florence. Là. l'opéra est joué et chanté devant un public parfaitement mélomane, dont toutes les impressions sont étudiées par le maestro, auquel elles arrivent d autant plus complètes qu'il est à la fois auteur et acteur. Il est vrai qu'il y a un point sur lequel on peut se tromper : c'est que, dans ces représentations pré paratoires. l'opéra est souvent infiniment mieux exécuté qu'il ne le sera à la représentation définitive.

Lorsque nous partîmes de Florence, le prince Joseph déjà sain- par tune l'Italie du nom de maestro, composait un troisième opéra pour le théâtre de la Fenlce à Venise.

Le i trois heur

le temps de rentrer chez nous, de diner, et d'aller prendre la file au Corso. Le Corso, comme l'indique son nom. es; une promenade dont le lieu varie selon les circons';

fols elle s'étendait de la porte al Prato au palal Pilti, passant d'une rive à l'autre de l'Arno en traversant le pont de la Trinité. Le Corso est, comme la Pergola lt réunion de toutes les élégances indigènes et exotiques le Longchamps de Florence, avec un beau ciel et vingt decrés de chaleur au lieu de trois degrés de fia ce qui a un nom soit en i ou en o, en off ou en iefl, en ka ou en M. vient rivaliser de luxe. Il en résulte que Florence, proportion gardée, est peut-être la ville du monde où il y a non seulement les équipages les plus nombreux au=>i les équipages les plus magnifiques. Là encore nous retrouvâmes toute la famille Poniatowski ; seulement leartistes étaient redevenus princes.

Pendant deux heures chacun se promène, non pas pour se promener, mais pour montrer sa voiture et se* livrées. Les équipages les plus riches et les plus élégans sont ce princes Poniatowski. du comte Griffeo et du baron Gherardesca. Disons en passant que ce dernier est i descendant d'Ugolln, ce qui prouve, quoi qu'en dise Dante que son aïeul n'a pas mangé tous ses fils.

Le Corso fini, chacun rentre en toute hâte pour (aire toilette; le Corso n'est qu'une espèce d'escarmouche, une affaire d avant-garde : on s'est donné en passant rendezvous à la Pergola pour le combat général. C'est que i son habitude, la Pergola, ce soir-là, doit être parfaitement éclairée. C'est, nous lavons dit. jour de gala or : consiste à ajouter à l'illumination ordinaire un fa de huit ou dix bougies pour chaque loge. Mais les loges s'entêtent, et plus la salle s'éclaire, plus elles restent obscures. I up plu- commode pour être chi

vrai, mais beaucoup moins avantageux pour les femmes que nos loges découvertes.

Ce qu'il y avait ce soir-là de diamans et de dentelles à la Pergola e<t incalculable Toutes les vieilles richesses de ces vieilles familles étaient sorties de leurs écrlns et de leurs bahuts. La salle ruisselait de pierreries; cependant les victorieuses étalent la princesse Corsini. la princesse Kllse Pi wskl et la duchesse de Caslgliano.

Je ne sais pas pourquoi on chante dans les salles lie. à moins que ce ne soit par un de ces rc-tes d'habitudes qu'on ne peut déraciner II n'y a pas, pendant les heures que dure le spectacle, une personne qui regarde ou qui écoute ce qui se passe sur la scène, à moins, comme je l'ai déjà dit. qu'il n'y ait ballet. Chacun cause ou lorgne et la musique, on le comprend, ne peut que nuire à la conversation. Voilà le secret de la préférence que les Italiens ont pour les accompagnemens peu Instrumentés Ils ne pouvaient pardonner à Meyerbeer d'être obligés de l'écouter.

jours de gala, le grand-duc assiste régulièrem la représentation avec sa famille. Aussitôt qu'il arrive

sa loge, chacun se retourne, salue et applaudit chacun se remet en place, se recouvre, et il n'en est plus question. Sa présence, au reste, n'influe ni sur le- chutes. ni su- et elle n'opère ni sur les sifflets ni sur

pplaudlssemens En Toscane, on ne sen» la pr> du souverain que comme on" sent celle du soleil, par la i haleur et le bien-être qu'il répand. Partout où 11 i joie est plus grande, voilà tout

V "117e heures et demie, en général, le spectacle finir. Ce

[U'en Allemagne qu'on se couche à dix heures et que

Ion quitte la salle à huit heures et demie pour aller sou-

i-r En Italie, on mange peu. et on ne soupe que dans le

LA VILLA PALMIERI

carnaval : le? gourmands sont des exceptions, on les montre au doigt, et on les vénère.

Après la Pergola, il y a raout : au lieu de sortir en ] il comme on fait chez nous, et d'attendre sa voiture dans le vestibule ou dans les escaliers, on entre dans une grande salle attenante au théâtre, bien fraîche l'été, bien chaude l'hiver, et l'on organise la Journée du lendemain. 11 y a la quelque chose de curieux, non seulement à voir, mais à écouter : ce sont les noms qu'on appelle : en dix minutes. vous passez en revue les Corsini, les Pazzi, les Gherardesca, les Albizzi, les Capponi, les Guicciardini, tous noms splen didement historiques qui, depuis le douzième et le treizième siècle, retentissent dans l'histoire ; vous vous croiriez encore au beau temps du Gontalonat, et vous vous attendez a chaque instant à voir entrer ou sortir Laurent le Magnifique

A une heure à peu près nous rentrâmes chez nous. Les cloches faisaient leur vacarme, mais cette fois je me bourrai les oreilles de coton, et dormis comme un sourd ; ce fut le soleil qui me réveilla.

Il y avait, ce jour-là, course en char, Corso, illumination sur l'Arno, et bal au casino de la Noblesse. Ce temps n'était lias encore trop mal employé. Les courses en char étaient fixées pour une heure ; elles ont lieu sur la place Sainte- Marie-Xouvelle, dont toutes les fenêtres deviennent l'objet de l'ambition générale. Heureux, ou plutôt malheureux ceux qui demeurent sur cette place : il faut qu'ils trouvent place chez eux pour toutes leurs connaissances, quinze jours à l'avance, c'est un travail à en perdre la tête.

Nous n'avions eu à nous occuper de rien ; l'étranger est l'élu de Florence. Pourvu qu'il soit bien recommandé, il peut vivre dégagé de tout soin. On le prend chez lui, on le mène en voiture, on lui fait voir les fêtes, on le conduit au spectacle, on le ramène à la maison. C'est un devoir presque national de l'amuser, et on fait tout ce qu'on peut pour cela. Malheureusement, l'étranger a en général le caractère morose et ingrat ; s'il s'amuse, il ne veut pas en convenir : et une fois qu'il a quitté la ville, il remercie ceux qui l'ont amusé en disant du mal d'eux. Par bonheur encore, les Florentins ne se découragent pas pour si peu; ce qu'ils font, sans doute, ils le font parce qu'ils doivent le faire, et ils pensent que l'hospitalité, comme toutes les vertus. a sa récompense en elle-même.

Le prince Joseph Poniatowski nous donnait un gage de cette obligeance convenue, et cependant si mal récompense : le prince s'était chargé de nous et devait nous conduire chez monsieur Finzi, dont les fenêtres donnent sur la place Sainte-Marie-Nouvelle ; il vint nous chercher, non pas à l'heure dite, mais une demi-heure auparavant. Ce n'était pas trop tôt pour être sûr d'avoir des places sur le balcon.

La place Sainte-Marie-Nouvelle est une des plus gracieuses de Florence : c'est la que s'élève cette charmante église que Michel-Ange appelait sa femme. Là aussi Boccace a placé la rencontre des sept jeunes Florentines qui, après la peste de 1348, forment le projet de se retirer à la campagne pour y raconter ces fameuses nouvelles qui donneraient une singulière idée des moeurs des dames de cette époque, s'il fallait en croire le poète sur parole.

L'église de Sainte-Marie-.N'ouvelle tient au dedans tout ce qu'elle promet au dehors ; on y entre par une porte d'Alberti. comparable à tout ce qui a été fait de plus beau en ce genre ; et une fois entré, on y trouve une galerie de fresque? et de tableaux d'autant plus curieuse, qu'elle s'étend des maîtres grecs aux auteurs contemporains.

Le moment était bon pour voir ce qui reste des premiers : leurs peintures sont ensevelies dans une chapelle souterraine où restent en dépôt, pendant trois cent cinquante jours de l'année, les estrades et gradins qu'on en tire tous le= six mois pour en faire des amphithéâtres publics lors des courses des Barberi. Or, comme les courses devaient avoir lieu le lendemain, la chapelle était parfaitement vide; il e-: vrai que je n'en fus guère plus avancé pour cela: le temps et l'humidité ont fait chacun son office, et il ne reste que bien peu de traces de ces pinceaux byzantins auxquels Florence dut son Cimabué.

En revanche, si les fresques des maîtres sont à peu près perdues, le tableau de l'élève est parfaitement conservé : c'est cette fameuse Madone entourée d'anges que Charles d'Anjou ne dédaigna point d'aller visiter à l'atelier même de l'artiste, et qui fut portée à l'église, précédée des trompettes de la république et suivie de toute la seigneurie de Florence On comprendra cet enthousiasme en faisant ce que j'ai fait, c'est-à-dire en passant des peintures byzantines à la peinture nationale. Autrement il serait difficile de se placer au point de vue des enthousiastes du treizième siècle Puis, si l'on veut suivre les progrès de l'art, de la madone de Cimabué on passera à la chapelle des Strozzl. où André et. Bernard Orcagna, ces deux géans de poésie, ont peint l'enfer et le paradis. Dans l'enfer, les chercheurs d'anecdotes reconnaîtront, au papier qui décore son bon-

net, l'huissier qui, le jour même où André reçut la commande de Strozzi le Vieux, avait saisi les meubles de l'artiste; de là, ils iront chercher les fresques peintes en l'honneur des apôtres Philippe et Jean par frère Lippi ; puis ils passeront derrière l'autel, et trouveront dans le chœur le chef-d'œuvre de Ghirlandajo, cette chapelle où Micheli êva la chapelle Sixtine ; ils termineront leurs Investigations par le Saint Laurent de Marchetti, par le Martyre de sainte Catherine de Bugiardini, dont Michel-Ange ne les soldats. Enfin ils s'inclineront devant les Crucifix de Giotto et de Brunelleschi, oes deux chefs-d'œuvre, l'un de naïve résignation, et 1 autre de patiente souffrance ; ce fut ce dernier qui fit dire à Donatello : « C'est à toi, Brunelleschi, de faire des Christs, et à moi de faire des paysans. ■■

Ce n'est pas tout : après l'église viennent les cloîtres ; après les fresques d'Orcagna, les grisailles de Paul Uccello ; après la chapelle Strozzi, la chapelle des Espagnols ; après frère Lippi le peintre naturaliste et charnel, Simon Memmi le peintre idéaliste et religieux ; tout cela, église, chapelles. cloîtres, peintures, est renfermé dans un circuit de cinq cents pas, avec cette profusion qui distingue l'Italie, et qui fait de chaque édifice religieux une histoire de l'art.

J'achevais ma visite, lorsque j'entendis de grands cris de joie sur la place : à Florence, on ne crie jamais qu'en signe de plaisir. Je présumai qu'il se passait quelque chose de nouveau, et je courus à la porte qui donne sur la place En effet, une ligne de soldats faisait évacuer aux spectateurs le cercle destiné à la course des chars : mais le curieux de la chose était la façon dont les soldats s'y prenaient pour obtenir ce résultat. En Toscane, nous l'avons dit, le peuple est le maître : c'est lui qu'il faudrait appeler monseigneur si l'on voulait remettre réellement chaque chose à sa place; aussi les soldats ne lui parlent-ils en général que le chapeau à la main. On le prie de s'écarter ; on lui promet que c'est pour son plaisir qu'on le dérange, on lui assure qu'il s'amusera bien s'il veut obéir ; et alors ce bon peuple, qu'on repousse en riant, recule en riant, échangeant avec les soldats mille lazzis de facétieuse hilarité. Là. jamais de coups de crosse sur les pieds, jamais de bourrades dans la poitrine ; un soldat qui donnerait une chiquenaude à un bourgeois irait à la salle de police pour huit jours. Il y a une école de gendarmerie à fonder là, comme nous avons fondé à Rome une école de peinture.

Je me hâtai d'aller prendre ma place au balcon de monsieur Finzi. Un instant après, le grand-duc et toute la cour parurent à la loge de San-Paolo, élégant portique élevé en face de l'église Sainte-Marie-Nouvelle par Brunelleschi; puis une vingtaine de cavaliers, débouchant par Borgo-Ognisantl, annoncèrent l'arrivée des concurrens. Presque aussitôt quatre cocchl, montés sur leurs chars, s'avancèrent au grand trot sur la place : les cocchi étaient vêtus à la romaine, et les chars taillés à l'antique. Les quatre factions du cirque y étaient représentées ; il y avait les rouges, les verts, les jaunes et les bleus. Rien n'empêchait de croire, en se rajeunissant de dix-huit cents ans, que l'on assistait à une fête donnée par Néron.

Malheureusement la police florentine, qui tient avant tout à ce que les fêtes ne changent jamais de caractère et à ce que ceux qui sont venus pour rire ne s'en aillent pas en pleurant, décide à l'avance quel sera le vainqueur. En conséquence, les autres cocchl doivent laisser prendre les devans au privilégié du buon-governo, qui remporte tout doucement sa victoire, et qui console immédiatement ses rivaux de leur défaite en les emmenant avec lui au cabaret. Cela est d'autant plus facile à organiser à l'avance, que les chars et les chevaux appartiennent à la poste, et que les. chefs des factions rouge, bleue, verte, jaune sont tout bonnement des postillons. Cette fois il avait été décidé que ce serait le cocher rouge qui remporterait le prix : c'était son tour, il n'y avait rien à dire, le tour de chacun se représentant ainsi tous les cinq ans

Mais un bruit aussi étrange que celui qui venait de parvenir à Achille lorsqu'il rencontra Agamemnon commençait à circuler dans la foule ; on disait que le cocher rouge et le cocher bleu s'étaient pris la veille de dispute, et que le cocher bleu avait menacé tout haut le cocher rouge de ne pas Iwt laisser remporter sa victoire avec la facilité ordinaire. Le cocher rouge, qui savait d'avance que les deux meilleurs chevaux de la poste lui appartenaient de droit, s'était moqué de son compagnon ; ce qui fit que celui-ci, s'étant promis une seconde fois tout bas ce qu'il avait promis une première fois tout haut, avait préludé à cette concurrence en donnant à ses chevaux double ration d'avoine, et en leur faisant boire le fiasco de Montepulcia.no qu'on lui avait donné pour lui-même. Aussi les chevaux du cocher bleu montraient-ils une ardeur Inaccoutumée ; et, si certain qu'il fût de la supériorité des siens, le cocher rouge ne laissait pas de jeter de temps en temps sur eux un regard assez inquiet.

Enfin le signal fut donné par une fanfare de trompettes

et par le âépli entent du vieux drapeau de la république:

aussitôt les quatre concurrens, qui devaient faire trois lois ic tour ilt i passant chaque lois derrière les deux

' -es deux extrémités, s élancèrent avec i lait honneur a la manière dont les postes de as du premier coup il lut facile t que la question principale se viderait entre le cocher rouge et le coclier bleu: les chevaux du second, excités par leur double mesure d'avoine, par leur bouteille de vin, et plus encore par la haine de leur conducteur, qui était passée dans son fouel, avaient retrouvé leur vigueur première Forcé, par la disposition des chars réglée a l'avance par la police, de laisser a son adversaire la meilleure place, c'est-àelle qui lui permettait de raser de plus près les deux obélisques, il essaya dès le premier tour d'enlever cet avantage au cocher rouge. I lu camp commençaient bien i ' ette rivalité, à laquelle ils ne s'étaient pas attendus, mais il était trop tard pour y remédier. Vers le milieu du second tour le cocher bleu essaya de couper le cocher rouge té, le cocher rouge se trompa : un coup de fouet dl vaux arriva droit sur la figure de son cl riposta. A partir de ce moment, les deux parent 1 un sur l'autre, à la grande salis hevatix, qui, partageant la rivalité de leurs maîtres, ne continuèrent pas moins de galoper de leur mieux. Mais un double accideut résulta de ce changement : trop occupés de frapper l'un sur l'autre pour conduire leurs chevaux, se trouvèrent lanças de telle manière qu'en arrivant a l'obélisque le cocher bli la borne, et le cocher rouge ai crochu le bleu; le choc fut si violent que les quatre chevaux s'abattirent : le cocher bleu tomba, comme Ilippolyte, embarrasse dans les 1

aer rouge l'ut jetu a dix pas par-dessus son <>it. qui voulut passer eutre les degrés de 1 église et le cocher rouge, monta sur les deux premières Quant au cocher jaune, qui, suivant le I arriver le dernier, et qui, par conséquent, se tenait | tance respectueuse, il put s'arrêter a

i et sauf, lui et son attelage.

Moins on s'attendait â ce spectacle, mieux il fut rc. n par oursi on n 'avait

rien vu do pareil. Toute la place battit des mains. Ce brull électrique rendit des forces au cocher rouge, qui n'avait fait, au ré-.* ucher la terre, et qui. se relevant B ii

us sa carriole; quelques efforts lui suturent i>"iir a el a repartit au galop. Le cocher b

a son tour sur ses jambes et le suivit avec l'opinlâ treté du désespoir, mais cette fois sans pouvoir L'atteindre;

Jaune passa entre son

camarade versé et l'obélisque, et, au lieu d'être le qua-

se trouva tel malnen.-

ocher vert qui demeura en | alques efforts qu'il

lit pour relever son char et meure -• i . sur pied :

<S, le cocher rouge achi i ar-

ialement au but.

net la trompette sonna, ei te porte-étendard monta

dans le char du vainqueur, qui s'en alla •u le prix de sa victoire, sni.i par le-, i rfe de la

. l'autre quart resta pour vaincus. Il n'y

eut. du reste, rien d interverti dans les Intentions du buon-

ao : le coclier rouge eut la couronne que la matai pater-i nelle du gonfatanier avait tressée pour lui, et s il y eut quelques ohangemens dans te programme, ils furent le volt, ' int .: l'avantage du public

grand-duc et tes jeunes arehldUJ in ii v nu s'informer de leur pa n'était arrivé aui un a borné heu.-

oent a quelques êgratignures. I«a loule s'écoula au- -noi c'étal suce tout entière avait

rendez-vous de huit heures du son a deux heures du matin -iir las quais qui bordent l'Arno.

i avons du. a voir les

'i nés des 1er liais Corsini. La diuiiesse de

l'asigliano. Pelle -fille du prince, l'une des femmes les plus

es et Les plus spirltu. Les de Florence, avait bien voulu nous faire i nom de père Nous nous

• nous étonnés de cette Invitation, car nous savions le prtnae

i us La preml une a qui nous .

nous ri m cloute, le prince reviendi

i [alM tes honneurs d i seulement

il ses compatriotes, mais encore aux étrangers attirés a 11' rance par la solennité des fêtes patronales de la Saint-Jean En effet, nous apprîmes chez monsieur l inzi que le prince venait d'arriver.

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