‹ Œuvres complètes illustréesChapitre 56 sur 283 · I.e pnnci i or-ini est de nom DUS un cl, clos · texte numérisé non relu

I.e pnnci i or-ini est de nom DUS un cl, clos

grand s gui existent au monde; il descei

crois, d'un Irére ou d'un neveu de Clément XII. auqui I les Roinai ••ssans élevèrent, après un pontificat de neul

ans, une statue de bronze qui fut place, au Oapl pontifical .lai. pour les Corsini le ilire de prince, mais l'illustration historique le la famille remonte aux (crémiers

temps de la république. C'était une Corsini cette femme si Hère Qu'avait épousée .Machiavel, et qui lui inspira son joli conte de Belphégor.

Napoléon qui se connaissait en hommes, et qui accaparait à son profit toutes les capacités, remarqua le prince Corsini Il l'attira en France, le fit conseiller d'Etat et officier de la légion d'honneur. Sous Napoléon, ce n'était point •1 eue quelque chose pour avoir droit à de pareilles faveurs, il (allait encore être quelqu'un : le prince Corsini était â la lois quelqu'un et quelque chose. Aussi ce fut a lui que Na poleon recmumanûa la princesse Ellsa lorsqu'elle partit pour Florence, où l'attendait la couronne de grande-dui Napoléon tomba et entraina toute sa famille dans sa • Le prince Corsini, que Ion avait fait Français, redevint Italien. Rome alors le nomma sénateur, comme la France lavait lait conseiller d Etat. Le prince Corsini rit son entrée i Borne; c'était une occasion offerte au prince de faire honneur a son nom. a son rang: il 1: it tous de ce genre. Pendant trois jours les fontaines i versèrent du vin : pendant trois jours des publiques furent nr le Forum. On n'avait pis vu pareille ; lis r; 45,000 écus J 45,000 écus font environ iTO.OOO francs de notre mono

\ii-si. lorsque le grand-doc de Toscane faire

demander en mariage la soeur du roi de Naples. ce fut le prince Corsini qu'il chargea des négociations Le prince i accepta l'ambassade à la condition qu'il en ferait seul tous les frais. Le grand-duc comprit ce qu'il y avait de princier dans une pareille exigence . Il laii . lanche

au prince Corsini, qui parut a la cour de Naples comme l'envoyé d'un empereur. Seulement, le mariage conclu, le grandduc donna au pi ni la plaque di ph en di amans.

Tous les deux ou trois ans le prince Corsini donn- un bal ; ce bal lui coûte de 10 a 50,000 francs. Quelques jours M de Florence, j'ai assisté a D is quinze cents invites , il y eut pendant toute la nuit souper constamment servi pour tout le m et pas un valet, pas une pièce d argenterie, pas un candélabre, pas une banquette, qui ne fût il la livrée ou aux armes des Corsini. Le vieux palais pouvait, disait-on, fournir en core toutes choses à cinq cents personnes de plus. Maintenant, on ne s'étonnera pas que le prince fût revenu • la Home pour faire a Florence les honneur- deces fêtes, qui, se passant sous son balcon, semblent données bien plus encore en sou honneur qu'en celui de saint Jean.

ier du palais Oorslnl est magnifique; en montant

Lier, que domine la statue de Clément XII, on pourrait

se croire a Versailles : mille pei ciraient et dan-

i dans l'antichambre A peine fûmes-nous en

que la princesse Corsini, que nous ne Donnai!

point encore, vint droit à nous avec une affabilité et une

i ■ mçaises. La prl

elle a quitte 1 îiaiie d'Asie pour l'Italie d'Europe, la l pour la Toscane, Odessa puur Florence ; c'est une jeune et belle femme de- grand air. a qui Le brocart d'or et

ses rivières de diamans donnent l'aspect dune châtelaine du moyen âge \u-si ,,. ne sais rien de plus en harmonie • Peau palais tout tapissé de Tuons de Kapliaels et de Van liy.Ks. que la maîtresse, qui semble s'être d -tachée d une de leurs loiles pour en faire les honneurs.

Je me rappellerai toute ma vie l'impression que h sentis lorsque du milieu de ces salons tout resplemi de lumière, je Jetai les yeux sur 1 I tlainPoyani

d'illiiiu ' i iculler pour dis-

poser les flambeaux qui éclairent leur- [êtes Le chargé de gondoles pavoisées glissant au son des instrument et partant de joyeux convives qui se renvoyaient des i ne à l'autre, était Littéralement entre deux murs de flamme. Partout où l .ai aperaevall in reilé-

i. le leu l blall ■••nier

- Le feu d'artifice tiré. ha. un prit congé du prince. A neuf heures et demie, il y avait Pal au omme la ■ ■ -n r

a ce Pal. il clan convenable que l'aristocratie llorenline tût la pour la recevoir. Je prisa mon grand regret congé, non p i l 'allais retrouver,

mais de leur pulais. i

reste. I on ne devait p ngue : nous y dî-

nions le lendemain

' omme ..n 'tait venu .lie/ le i Corsini i i ne de

cour, on n • m Ca-

sin. J'entends par toilette dl r cravate blanche, ■ rolx

■me, le duc ne lexlge

pas. même pour les bals an palais l'itti II n'est de rigueur

- du premier jour de l'an et aux concerts du

me.

11 était impossible de trouver un contrasti plus parfait

que celui qui nous attendait. Rien de plus riche que le pa-

orsinl, rien de plus simple que le Casino. C'est un

LA VILLA PVLMIEHI

ippartemenl donnant d'un côté sur le quai, de l'autre sur la de la Trini a cinq cfta m

1 iment ;i la >ii" rempi l ae de i es i bambres est consacrée au bal, les autres au billard et au whist.

nie nous entrâmes, ta cour venait d'arriver. Les différens ambassadeurs attendaient leurs compatriotes dans la première pièce, et les présentaient rement

ambellan de service. C'était tout le cérémonial.

plie, ils pouvaient entrer dans la salle du liai. E i 5te, ne distingue le grand i imtlle

de ceux qui les entourent ; toute la différence qu'il y a entre eux et les autres unie-, c'est que des fauteuils ont réservés aux archiduchesses, et qu'au lieu d'attendre les invitations, elles choisissent elles-mêmes et font Inviter par leurs Ohambi :avallers avec lesquels elles

Ces ira. pas d'un rès cercle, et

m ornent aux personnages qui occupent des charge- - Pitti. Les privilégiés sont donc, en

rai. les fils du prim e Corsini, les fils du comte Martelli, le marquis Torrigiani, et le comte Cellani. Il va sans dire que, s'il y a dans la salle quelque prince étranger, les invitations vont û lui de préférence.

A trois ii. ores, la cour quitta le bal. ce qui n'empêcha point les a atinuer de danser. Comme nous

n'étions point de ceux-là, nous nous retirâmes immédiatement et regagnâmes notre palazzo.

La journée du 25 était un peu moins chargée que celle du

34, il n'y avait que < rse de barberi, et Pergola.

Nous étions en outre invité-, comme nous l'avons du. a

dîner chez le prince Corsini. Il y avait donc moyen de faire

tout.

Le Corso était le nv'rne que les deux jours précédées ; je

en dire à mes lecteurs, a trois heures, nous

chez le prince Corsini ; le dîner avait été avancé d'une

heure ou deux, afin que nous pussions assister à la course

cberi.

t'ne des choses les plus rares à rencontrer à l'étranger est, pour un Français, cette bonne et franche causerie parisienne, dont ou ne sent le prix que lorsqu'on l'a perdue et qu'on la cherche vainement. Je me rappelle qu'un jour une provin ;iale demandait devant moi à madame Nodier, qui lui lit de nos soirées de l'Arsenal: « -Madame, faites-moi le plaisir de me dire qui mène la conversation chez vous ? — Oh 1 mon Dieu, répondit madame Nodier, personne ne la mène, ma chère amie ; elle va toute seule. » Cela étonna beaucoup la provinciale, qui croyait que la conversation, comme une fille honnête, a besoin d'être dirigée par une gouvernante.

Eli bien ! cette conversation insoucieuse, frivole, profonde, colorée, légère, poétique, Protée aux mille formes, fée insaisissable, ondir.e bondissante, qui naît d'un rien, s'attache à un caprice, s'élève par l'enthousiasme, retombe avec une plaisanterie, se prolonge par l'intimité, meurt par l'insouciance, se rallume a une étincelle, brille de nouveau comme un incendie, s'éteint tout a coup comme un météore pour renaître, sans que l'on sache pourquoi ni comment ; cette

conversati huit notre esprit altéré était plus avide que

l'estomac le plus exigeant ne le sera jamais d'un hou dîner, nous la retrouvâmes chez le prince Corsini. Le prince se rappelait Paris, la duchesse d^e Casigliano le devinait ; quant à la princesse, elle est russe, et l'on sait la difficulté que nous avons nous-mêmes a distinguer une Russe d une Française On parla de tout et de rien, de bal, de politique, de jockey-club, de toilette, de poésie, de théâtre, de métaphysique, et on se leva de table après avoir, sans qu'aucun de nous pût dire de quoi il avait été question, échangé d'idées pour défrayer pendant une année une petite ville de province.

Le dîner avait dîné jusqu'à quatre heures et demie ; à cinq heures avaient lieu les courses. Le prince Corsini avait mis a notre disposition le casino de son second fils, le marquis de Layatieo, gouverneur de Livourne Comme les courses partaient de la porte al Prato, les chevaux passaient justement sous ses fenêtres : nous ne quittions donc une hospitalité que pour en recevoir une autre.

Le casino du prince Corsini serait en France un palais. Nous entrâmes par la porte du milieu; ce qui n'est pas un détail de mœurs indifférent, car la porte du milieu ae s'ouvre que pour le grand-duc, les archidues et le prince Corsini. Ce jour-là il y avait double raison pour que la porte d honneur lui ouverte. C'est du balcon du casino du prince Corsini que les jeunes archiducs doivent voir la course. Je dis doivent, car je crois (nie c'est entre le palais Pitti et le palais Corsini une vieille convention de prince à prince ; le petit-tils du prince Corsini, qui est un bel enfant de cinq ou six ans. en faisait les honneurs aux jeunes archiducs, qui sont à peu près de son âge.

L'heure de la course approchait ; nous nous plaçâmes aux fenêtres et aux balcons latéraux, la fenêtre et le balcon du milieu étant, réservés aux archiducs. La rue présentait un aspect dont on ne peut se faire une idée De chaque coté était

un auiplin luraii levaient a la hauteur des premiers i ■ ,

le dernier degré, il en résultatl ■ ame les fenêtres du

■ i ond succédaient aux Paie res : i

tie du second, et que degré , et toits, étalent1

■ d'hommes, di - el d enl in 11 n'y avait aucune

iption de spectateurs sur un espace de plus de cin-

E haut. Ajoute/, i ce tableau rivant, inquiet et

long ; rideau ; de mille

leurs que dans toutes les l'êtes publiques h s italiens ont 1 ha-

de lai-ser pendre a leurs bal irez une

i. le qui s'Offrait a nous aussi loin que la vue

pouvait s'étendre.

i égard se fixa sur les conrurreu cinq jo i\ de petite taille, nés en 'i car les

toscans seuls peuvent concourir pour le p partie est un don du grand-duc et partie le dune

poule Chacun d'eux portait sur la cuisse le numéro sous li quel il était inscrit, tandis que sur le dos et le long de leurs i nent des espèces de i hâtàignes de ter, dont

les poir étaient desl mées a

activer leur irse. uçai ' onduits par leurs maî-

tres respectifs, qui les firent ranger derrière une corde; à un signal donné, cette cord imber et leur livrer pai

La distance a parcourir était a peu près de deux milles. Le point de départ était, comme nous l'avons dit, la porta a! Prato, et le luit la porta alla Croc:. Un, deux, trois, quatre ou cinq coups de canon devaient annoncer la victoire et indiquer le vainqueur, le nombre des coups correspondant toujours à son numéro.

Au signal donné la corde tomba, les cinq chevaux partirent au galop et disparurent dans Borgo-Ognisanti. Cinq ou six

minutes après on entendit deux coups de i i i Stait le

n» 2 qui avait gagné. Aussitôt tout le peuple se dispersa, et cela sans bruit, sans rumeur; s'écoulant, non pas < imme l'eau d'un torrent, mais comme l'eau d'un lac ; joyeux rependant, mais joyeux de cette joie intérieure qui n'a pas besoin pour se compléter ou plutôt pour s'étourdir d'une bruyante expression. Tout peuple qui s'amuse à grand bruit est un peuple qui souffre.

Le spectacle en lui-même n'avait pas duré cinq secondes, et cependant la ville s'était mise sur pied pour . ai C'est que, comme nous l'avons déjà dit. tout est prétexte a spectacle à Florence. On s'y amuse plus du plaisir que l'on aura ou du plaisir que l'on a eu que du plaisir que l'on a

La journée se termina par la Pergola pour l'aristocratie, par le cocomero pour les bourgeois, et par le théâtre de Borgo-Ognisanti et de la Piazza-Vecchia pour le peuple.

Il y eut bien le lendemain et le surlendemain quelques restes de fête, comme après les tremblemens de terre le sol est quelque temps encore à frémir; mais bientôt tout rentra dans son état ordinaire •. enfin les grandes chaleurs de juillet arrivèrent, el chai un partit pour les eaux de Lucques, de Via-Reggio ou de Monte-Cattini.

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