‹ Œuvres complètes illustréesChapitre 63 sur 283 · MAISON HE MACHIAVEL · texte numérisé non relu

MAISON HE MACHIAVEL

Dans la Ma di i.ui, i lai.iiin, sous le n" .;ôi. s'élève une Stages, de modeste et simple appareil, e .levant laquelli l'étranger passerai! sans s'arrêter, si s..n attention n .-veillée tout a coup par ces pari

sa ove il--- Niccol Machiavelli, e vi mori il 22 glu-

gno 1527, d aniii as messl B e giorni 19. »

« Maison dans laquelle vécut N'iccolo Machiavel el qû il

mourut le 22 juin 1527, âgé de 58 an- s mots 19 jouis

La famille de Machiavel était des plus nobles et des plus

ancienn origine, remonte jusqu'à 1 année 850, aux

antiques marquis de Toscane. Les Machiavel avaient été

us de Montespertoli ; mais, préférant sans doute à

leur petite principauté la qualité de citoyens de Florence.

soumirent de bon gré aux lois dune république qui

■ rire plus tard dans ses statuts çru'i e pourrait

être déclaré noble pour crime de viol, de brigands* sonnement, d'inceste et de parricide.

Exilés comme guelfes après la bataille de Monteaj ainsi que- les parens de liante, ils rentrèrent dans leur patrie le lt novembre 1266 après ia victoire de Cepparano, remportée par Charles d'Anjou sur Manfred, A datai de cette époque sa réhabilitation fut complète, et on compte parmi les ancêtres de Machiavel seize gonfalonlers de justice et cinquante-trois prieurs.

N'iccolo naquit a Florence le 3 mai 1469, de Bernard Machiavel!.., trésorier de. la marche d'Ancône e di '. tolom mea N'elli, des comtes de Borgo-Nuovo m perdit soi seize ans; mais sa mère, en iur lui d'an

et de dévouement, l'entoura de soins si tei I éclai-

rés, qu'elle- ne tarda pas a eu recueillir les fruits. Placé vers 1494 auprès de Marcello Virginie v.li-iaiii, NlCColO montra de bonne heure les premiers éclairs de ce génie qui devait embrasser toutes les bran, hes du savoir humain. Poè philosophe, critique, historien, publlciste, diplomate, orateur, aucun titre ne manqua a sa

i son front, a vingt-neuf ans, il fut noue [uatre

concurrens. chancelier de la seigneurie, et un mois après il fut chargé de servir le conseil des lux en qualité de secrétaire.

Dans l'espace de quatorze ans. il fut envoyé comm bassadeur deux lois a ia cour de B près de

l'empereur, quatre [ois a la lotir de France. Chargé des missions les pin- délicates auprès ,.p. césar Borgla, dii prince de Piombino .i.- la coin esse de Forli, du marquis de Mantoue, des républiques de ^i.nne et de Y. -m- lui (b s

traités, déjoua des complots leva rmées sa réputation

grandit promptement en Italie et parvint à l'étj n'osa plus décider une :'n : ique Importance sans

le consulter, el li - crétairi florentin fut i lamé

et redouté comme le plus grand politique de son temps-

Ma 1s -, son élévation avait .-t.- éi latante et mais chute u.- fut plus brus iue et plus p a 151!,

les M, -.11, |S . -1,1111 relu les ,, |[, | ,- ieur

domination chancelante durent fie sur tout

ce qu'il 5 avait de noble et de grand dan-, la république Machiavel ne pouvait pas échapper i i i persécution géné-

\. . us.- .lavoir -titre le cardinal Jean de

Médlcis, qui fut depuis Léon x. il fut privé de sa charge, l par la ] i ir la tous b-- ■ ■

qu'il avait l'en. lus ,i -:. pal i i

. Malgré i- s i mens les plus atroces il 'i : car

il n'avait rien a avouei Pour se faire un.- - .-qu'il

eut à souffrir de la cruauté de ses ennemis, il faut savoir ce

que c'étalenl que les Stlnrbe, ou il fut Jeté Les Stincto

lent pas une prison c'était un groupe .b- prisons dont

chacune avait son nom -a forme, -a destination; une enceinte -ombre et terrible, comme l'enfer dantesque, ou tous les crimes, toutes les flétrissures tous les supplices réunit OÙ l'on entassait pêle-mêle les fous, les liées P- taiihs car la république mai-. bande ne trouvait p..- d.- peine assez sévèn pour punir les débiteurs Insolvables : si bien que lorsque le bourri tu tnanqi

là qu'on venait le preu.ll e Ce 1 :

reux sans raison parmi ces femmes sans hi ml cal

hommes sans honneur qu'on enferma b, se de Flo-

i.-n.e i,- - cachots de -..n horrible pris talent bal

plutôt creuses sur le et des FOUT) de Mon/a : c'étaient des trou- I 00 1.- patient ne pouvait i assis n. le- -u .1. bout.

[freux édifice, souillé par le sang des \ disparu par ordre du grand-dui actuel et, en i.- murs de l'ancienne forte irouva dans le- cours

qui séparaient une prison de l'autre, de- puits dune im-

i-- i jusqu'au bord d'ossemens humains.

LA VILLA PALMIER

Aujourd'hui il ne reste plus île ce monument maudit qu'un triste t-t sanglant souvenir, et deux sonnets de Machiavel dictés dans le style comique et plaisant de BurchiellO et de Berui

Ah ! croyez-moi; c'est une horrible chose que de voir cet homme de génie, ce niveleur de tyrans, ce grand et austère citoyen subissant la torture le sourire aux lèvres, et ne voulant pas faire à ses bourreaux L'honneur de les prendre au sérieux.

ciel et que 1 Etna mugit sur la terre. On n'entend que des verrous qu'on tire des • lefs qui grincent dans leur serrure, des chaînes qu'on rive.

Puis c'est un cri de torture qui se plaint qu'on le hisse trop haut.

qui m'ennuie davantage, c'est que l'autre jour. m'étant endormi sur l'aurore, j'ai lié par un chant

lugubre, et j'ai entendu dire On pi

que le diable les emporte, pourvu que votre pitié se>

Voici a peu près le sens des deux sonnets :

•I ai des fers aux pieds: j'ai les épaules meurtries par

six rouleaux de cordes ; je ne parle pas de mes autres mal-

• heurs, car c'est ainsi qu'on traite ordinairement les p" tes.

Les murs de ma geôle suent l'eau et la vermine : il y a

des insectes si gros et si bien nourris qu'on les prendrait

! Ses papillons; il s'en exhale une telle puanteur que

uts de R' ncivalle et les bols de La Sardaigne ne sonl que parfums, comparés â mon noble hôtel- « C'est un bruit tel qu'on dirait que la foudre gronde au

tourne envers moi, 0 bou père! et qu'elle brise ces indignes liens. »

Dans le second sonnet II est qui ertain Dozzo.

Etait-ce un fou, était-ce un malfaiteur?

« Cette nuit, comme je priais les Muses de visiter avec leur douce lyre et leurs doux vers Votre Magnificence, pour m'obtenir quelques soulagemens et pour vous faire mes

excuses ;

« Luiki d'elles m apparut et me fit rougir par ces mots : Qui a toi qui oses m'a] si? — Je lui dis

mou nom , mais elle, pour me punir, me frappa au visage et me lerma la bouche.

« — Tu n'es pas Nlccolo elle, tu es le Dazzn.

puisque tu as tes jan. es, et que tu es

enchaîné comme un fou.

toi je voulais lui cor . mais elle l

aussi

■ — Va-t'en 1 mauvais plaisant, va-t'en, avec ta sott médie.

« O magnifique .Julien : j'en appelle à votre témoignage; prouvez-lui. par Dieu! que je ne suis pas le bazzo, mais que c est bien moi. »

Machiavel a voulu ici faire allusion a ses comédies. Il se trouve en effet que le plus grand politique de l'Italie a été en même tel and écrivain comique de son siècle.

hiavel sont l'Histoire U sur inrt de la guerre, les

■ /' Prince, noué d'un génie profond.

d'un coup d'œil juste et pénétrant, le secrétaire de Florence a vu de haut les hommes et les choses ; il n a pas craint d'enfoncer le scalpel de l'analyse dans les veines le.s plus Imperceptibles, dans les fibres les plus d.-li.ates du cœur humain. Né dans un siècle de corruption, de perfidie et de violence, il a étudié froidement le vice et le crime : il a évoqué les grandes figures de l'antiquité pour les ralrdevant une génération moll. el il a traité

riquement. et avei la plus frai U : • — a de détails, les différentes formes de gouvernera -: mner pour

aucune d'elles.

Il a .in aux peuples Vol i i imment on fonde une république, voici 1rs causes de sa randeur et de sa décadence. ■ Il a dJ l.i la seule manière possible de

régner aujourd'hui. C'est affreux, mais c'est véritable: U faut qu'un

faut i : force par ta force, la ruse par la ruse.

le me: Vous voulez le sceptre et la

impez pas du II le sceptre c'est du fer; la pourpre, ('est du sang.

Machiavel avait hérité de Dante la grande idée de l'unité italienne. I. ■ plus Sérieux à la réunion de l'Italie

venait de Rome Pour que te rêve de Dante et de Machiavel, le rêve de tous les grands hommes de 1 Italie, pat se réaliser, il fallait que les deux puissances, spirituelle et temp consec Marcher vers le mémo but ; il fallait trouver

un prince assez puissant pour se mettre à la tète d'un, armée nation. île. et un pape asseï Ué d'intérêts ou d'animé

,i Deux vie M rince et le pape dont 11

mille Alexandre VI et son

neveu Laurent de Médicls,

réunissaient tout tes pour s'empa-

vUSSl a-t-on vu le publique propose] I

nt, et conjt ni.-r par une sublime

aposi r'ophe de délivrer la i

•n qui se t p belle pour la :

échapi i ; ; : : vol? briser ses .haines.

. démonstrations de joie et de n

leur libérateur, ces malheur. -n-

domit Quelle ville lu] fermi

quel i engle pour reroseï (te lui •

Quels ne' Est-U un seul Italien

Qul i" lui rendre hommagi nt las

de la domination de

QuJ tie vol lia ces paroles la pensée qui

! une nation unie et

tienne d'abord : et lo

le notre

moindre VBI '. tyran.

quel qu'il soit, un fruit l'Italie sera libre!

i.es dernières annéi nt dans la t inv le obafrin i ■ : village de aali

■ nt, et l'tnd lui

un homme et un anfl

irdlns .!• -

où u

lire antique qui font aujourd'hui de la galerie des - la rivale de la galerie Vaticane, et de son musée le second musée du monde.

L'homme pouvait avoir quarante ou quarante-deux ans; il était laid, petit et assez mal fait : cependant, malgré sa laideur, sa physionomie ne manquait pas d un certain charme, et lorsque cette physionomie s'éclairait d'un sourire on et bienveillant qui lui était habituel, on oubliait

ble qu'elle avait produite à la première vue. il était vêtu d'une longue slmarre ,1e Vt'' nue. mais très simple du

aime une robe de chambre par un cordon de soie; il avait sur la tète une espèce de toque pareille à nos casquettes di ,eds des souliers

semblables a nos pantoufles, et. contre lliabltude de l'époque, on cherchait en vain à sa ceinture eu un poignard ou une épée.

Cet homme s'arrêtait de temps en temps devant les s'atues. qu'il regardai- avec un amour d'artiste, et dont il paraissait parfaitement comprendre l'idéal L'enfant pouvait avoir treize a quatorze lt une

•ite nature et qui promettait de se développer largement ii d un pourpoint grisâtre montrant fort et taché de couleurs en différens endi Itî l'entant tenait à la main une tète de faune qu il polissait avec un ciseau L'homme et l'enfant se rencontrèrent.

:. tais-tu ! demanda l'homme avec un sourire plein .1 intérêt après avoir regardé un instant en silence l'entant, tellement préoccupé de son œuvre qu'il ne même aperçu que quelqu'un s'approchait de I I. enfant leva l. j irda l'homme d'un regar.l

eût voulu -. , elui qui lui

parole avait le dioit de l'interroger; puis se remet ogne

— Vous le voy. ilpte.

— Et quel est ton -naître? demanda l'homme.

— Dominique Ghirlandajjo, reprit lent Haie Dominique Ghirlanda

sculpteur

— taBM atre.

! p ne n , : ;.

— Pour Mamurco

— Kt qui ta donné des ciseaux.

— Gran

— Et ce marbre ?

— Des tailleurs de pierre.

— Et tu as . opté?

tète du faune Mais le bas de la figure manquait - '.■ lai rvni'

— Voyons?

Tenez

Ow m t'appelles-tn ? demanda l'homme.

Miche] Inge Buonaro'tl répondit l'en!

L'homme regards tua .-t la I D tout

puis ave.- un sont I . i Itlque, la

remettant a son jeune auteur

Monsieur le sculpteur, lui d - permettre

que Je vous fasse une observation?

— Laquelle?

lune vieux*

toute*

qu il a. il en matin. rS quelques-

unes

VOUS avez raison.

\ ralment ?

- \ ulpteur?

VOUS êtes d..n. peintre alors*

— Non.

— Non

!. - \..ll^ .loi,

Et Ion 'Ile?

i un. nt de Et Laurent de allée

laissa

u 11 venait ir, et

Le lendemain. lievêe

a Laurent de Mé fruit,

manquait

e de faune qui le de I

i'Ior. ■■■

• 1 homme dan- l'en- ir de

d.le.

et le

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