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L'ÉGLISE DE SANTA-CROCE

Santa-Croce est le Panthéon de Florence; c'est là qu'elle

h ie après leur mort ceux qu'elle a proscrits pendant

leur vie. C'est la qu'après l'agitation de l'exil ses grands hommes trouvent au moins le repos de la tombe.

Il y a bonne compagnie île morts à Santa-Croce, et peutêtre aucune autre église du momie ne présenterait-elle i équivalent de trois noms pareils a ceux de liante, de Machiavel et de c.alilee, san- compter i eux de Taddeo Oaihli, de l-'ilicaja et d'Alfieri.

Sainte-Croix date du treizième sièi le c est une de ces magnifiques montagnes de marbre sur lesquelles Arnolfo di Lasso, le grand architecte de la république, écrivait, son nom. Vers 1250, c'est-à-dire entre la naissance de Cimabué et de Dante, les bourgeois, fatigués des insolences aristocratiques, s'y rassemblèrent un jour et résolurent de déposer le podestat. Ce qui fut dit fut fait- Le podestat fut déposé, et la république établie : les républiques étaient fort à la mode dans le treizième siècle.

Vue de l'extérieur. Santa-Croce présente un aspect assez médiocre Sa façade, comme celles de la plupart des églises florentines, n'est point achevée et semble même plus fruste encore que les autres. Une fois qu'on a monté- son perron et.

franchi son seuil, c'est nutr. h- vaste édifice s'offre

à l'oeil, sombre, nu, austère, et tel qu'il convient au Dieu

mcrt sur la croix, et aux tombeaux d'hommes morts dans l'exil.

Le premier de ces tombeaux, a droite en entrant, est celui de Michel-Ange. Il représente la Peinture, la Sculpture et 1 Architecture pleurant leur favori. .Malheureusement, comme ces trois figures sont faites chacune par un ariiste différent, la Peinture par Lorenzi, la Sculpture par Cioli, et l'Architecture par Jean dall'Opera, que chaque artiste s'est occupé de l'effet particulier de sa statue et non de imWe général, elles n'ont aucune liaison entre elle: et ont l'air de ne pas se connaître.

Le buste de Michel-Ange surmonte la bière de marbre qui renferme ses os. Il n'y a rien a dire du liuste ; il n est ni bon ni mauvais, il est ressemblant. Au reste, grâce au coup de poing dont Torregiani avait écrasé le nez du grand homme, il n'est pas permis à un buste et a un portrait de Michel-Ango de ne pas lui ressembler.

Aux deux côtés du buste sont les armes des Buonarotti, armes splendides qui portent à la fois les lis de la maison d'Anjou et les boules des Médieis.

Au-dessus du buste est un médaillon renfermant une fresque représentant le fameux groupe de Michel-Ange connu sous le nom de la Piété.

Comme nous l'avons dit, Michel-Ange mourut à Rome. Il en résulta que Florence faillit être veuve de son corps, comme elle l'était déjà de celui de liante. Heureusem m Cosme Ier avait à Rome des émissaires adroits ; ils volèrent le cadavre à Pie V qui ne voulait pas le rendre, et qui comptait le faire enterrer à Saint-Pierre.

Le second tombeau est celui de Dante. Pour celui-là, les Florentins furent moins heureux que pour celui de Michel- Ange. Le corps du sublime ixiète était trop bien gardé par Ravenne, il n'y eut pas moyen de le voler ; ce fut la punition de Florence, mater parvi amoris, comme le disait lui-même le pauvre exilé.

Ce monument avait été décrété en 1396: il a été exécuté en 1812 on ii. je ne -us plu:, trop bien. 11 représente Dai assis et rêvant quelque terrible épisode de son term-le poème, et pour toute épitaphe de ces trois mots :

Onorate l'altissimo poeta.

Je ne dirai rien comme art du monument. Je crois que l'architecte vit encore. Seulement j'aimerais mieux qu'il eût été exécuté par Michel-Ange, comme Michel-Ange s'y était offert (1).

Le troisième tombeau est celui d'Alfieri. Centre son .intention, à l'épitaphe faite par lui-même, et qui avait au moins l'avantage de donner une idée de son bizarre caractère, une épitaphe pleine d'innocence a été substituée. La voici :

Vittorio Alfierio stensi

Aloisia, e principibus Stolbergis.

Albaniie eoniitissa.

M. P. C. AN MDCCCX

Le monument est de Canova et par conséquent passe poux un chef-d'œuvre. Cependant il y aurait peut-être bien quelque chose â dire sur la statue qui pleure. Cette statue représente l'Italie, et l'Italie d'Alfieri, du moins celle qu'il rêvait dans ses désirs ardens de liberté, cette Italie, la. mère des Scipions et clés Capponi, doit pleurer comme une déesse et non comme une femme.

Le quatrième tombeau est celui de Machiavel. Celui-là aussi est. moderne. Les os de l'auteur de la Mandragore, des Décades tir 7 ive-Ltve et du Prince restèrent près de trois cents ans sans obtenir les honneurs du monument. Enfin, en f7s7, on avisa que c'était un peu ingrat que d'agir ainsi, et l'on ouvril une souscription approuvée par le gran-duc Li Il est vrai que de mauvaises langues disent que cette idée, toute simple qu'elle est, ne vint point aux compatriotes du grand homme, mais bien a lord Nassau Clavering, comte Cooper, éditeur des œuvres de Machiavel II esl vrai que ces diables d'Anglais sont si orgueilleux que ce pourrait bien être eux qui firent courir ce bruit. Le fait, est que le nom du noble pair se trouvait en tète de la liste.

Il n'y a que deux bonnes chose* dans le moi plume qui, posée dans la Imbue. mi le pi et l'épi-

taphe, réparation tardive de la postérité

Tanto nomini nullum per elogium.

fli En 1519. los Florentins supplièrent Léon X de leur rendre l, corps 'le liante linc pétition fui adressée au pape ;i ce sujet, el m nombre do* signatures était 'elle de Michel-Ango, sec pag le

celle iipi.stillc : .

le Michol-Angelo sculfore il medessimo a Votra Sanlita supphro, efferendomi al divin poeta eue lu sepultura sua condecenle e in I,,,-,,

i. revoie in miesla citta.

i Miciiel-Anoelo. »

ALEXANDRE DUMAS ILLLSTRE

Les armes de Machiavel étaient la croix et les clous de i eur.

m d'Alfieii. on • -i curieux de visiter celui de l.i i Altmi. u-e enterrée

i ci est plus difficile a troin lercher clans la chapelle de la Cène. Comme celui d'Alfieri, il est veuf de l'épi

En traversant l'église dans toute sa largeuB, on se trouve en lace du tombeau de 1 Arétin ; non pas île cet Arétin qui

ni au poids de la :

qu'elle était faire oublier, mais d'un autre Arétin,

mais poète chaste, hostorlen i h de convenance: ce qui na pas

• in,, a grande indignation de son

ombre, de - i cyniqu . "monyme.

tard Bruni 1 Uétin. en revenant

du eh-. monuriieni placé juste

en face de celui de Michel-Ange, mon deus .mit la

.i Le malheur qui avait

pour-n I.uit sa vie ne l'abandonna point après

sa moi ni des plus mauvais gui soient à

a mauvais h irquahle, et g ut-étre n'a frappé per-

sonne i<< buste de l'illustre irépi lacé en

i i blasons: celui qu il s'est fait luimême et celui qn il .i ii'in i-, celui qu'il a dérobé au ciel légué. Au-dessous du buste, tournent clans un médaillon d'azur les étoiles d'or des Médlciï au-de ssu sur écu d'or l'éi de gueules des Galilel

En faisant Quelques pas encore, et en l'allant chercher derrière la porte acné, est le tombeau de Fillcaja,

célèbre Jurisconsulte mais moins connu peut-être par ses études sur h- droit que par son sonnet sur l'Italie.

En face de lui. et de 1 autre coté, se dérobe avec non moins de modestie le tombeau de Philippe Buemarotti, mort en n:: m temps un fort grand homme, fort

oublie aujourd'hui, auquel -e de son grand-oncle

porte quelqi la n empêcha point que ses con-

temporains ne lui décernassent u le avec cet exer-

gue

m titilla sequaverlt aetas.

ante volumes ma nusqui ne fureni lamais imprimés.

il n . a -i bi mu compagnie où ne parvienne à se glisser quelque vilain. C'est ce qui arrive malheureusement a Santa- Croce. Prè <in mausolée de Machiavel s'élève celui de sutdini.

Qu'est-ce que Nardinif me dlrez-vous

— Ns I i un charmant ioueui de violon, qui exécu-

tait toute m . et dont le voisinage.

comme on le comprend bien, doit fort réjouir l'ex-aml deur de i lu n Borgia, pour peu que ..

vivant il ait eu de la musique.

Main i un Instant à un fait assez cu-

rieux :

1 une qui squtlcnt un des deux bénltli lit. temps, le nom de

Bui

.. .e nom faisait partie d'une inscription qui que celui qui dorman

i e nom seul. liouidimi, ne peut guider

lui qu'il désigne.

tout ce qu'on en ra a-l-11 fait de I.

ouvrit les yeux et ci lui on il les lenn

A I autre une modeste cl-

faisant ne un tombeau.

marbre en

"lie :

fil I

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