‹ Œuvres complètes illustréesChapitre 8 sur 283 · VIENNE LA BELLE, VIENNE LA SAINTE, VIENNE LA PATKIOTE · texte numérisé non relu

VIENNE LA BELLE, VIENNE LA SAINTE, VIENNE LA PATKIOTE

Si Lyon est, comme nous l'avons dit, le premier point où l'on rencontre, en venant de Paris par le Bourbonnais, des traces de la civilisation romaine, une fois sorti de cette ville, le voyrgeur qui se dirige vers le Midi, en suivant le cours du Rhône, ne cesse plus de marcher sur cette terre que la maîtresse du monde avait eppelée sa fille bien-aimée, sa province chérie. Alors, ce n'est plus que rarement que les édifices <iu moyen âge l'emportent en nombre et en valeur suc les monuments antiques Presque tous les souvenirs qu'on rencontre vivent depuis deux mille ans, et ie5 débris qui restent de cette époque s'élèvent si gigantesques, que, tout ruinés qu'ils sont, ils étouffent sous leur ombre tout ce qui a essayé d'y pousser depuis. C'est que, de toutes les civilisations qui successivement ont envahi le monde dans leur marche, nulle n'a si profondément fouillé le sol avec ses racines de pierre, ne s'est si largement étendus au soleil et si fièrement élevée vers les cieux.

Aussi, à mesure qu'on pénètre vers le Midi, on commence à se faire une idée exacte de la grandeur de ce peuple, qui bâtissait des villes pour les haltes de ses armées, qui détournait des fleuves pour faire une cascade, et qui laissait des collines là où il avait scié les pierres de ses monuments. De temps en temps, cependant, une grande ombre eu un grand édifice gothique se projette ou s'élève sur cette terre de la colonie ; c'est Louis IX s'embarquant près des remparts d'Aigues-Mortes ; le comte de Toulouse faisant amende honorable sur les marches de la basilique de Saint- Gilles, ou le baron des Adrets précipitant les catholiques du haut des remparts de Mornas. Mais tout cela s'efface, il faut 1 avouer, devant l'arc de triomphe d'Orange et le passage d'Ahenobarbus, devant les arènes d'Arles et la mémoire de Constantin; enfin, le Midi est déjà si beau, si grand et si romain, que Rome parait moins grande et moins belle à qui a vu le Midi.

Lyon avait commencé à nous faire prendre langue avec l'antiquité ; car, à défaut de vestiges externes, nous avions retrouvé dans son musée la table de bronze sur laquelle était gravée la harangue que Claude prononça n'étant encore que censeur pour faire accorder à sa ville natale le titre de colonie romaine, et les quatre mosaïques, dont la première représente une course de chars, la seconde Orphée jouant de la lyre, et les deux autres une lutte de l'Amour avec Pan. Vienne allait nous montrer quelques restes encore debout ; enfin Orange, Nîmes et Arles devaient nous initier à tous leurs mystères. Nous résolûmes donc de nous arrêter un jour ou deux à Vienne, et, prenant terre en de l'hôtel de la Table ronde, nous laissâmes notre bateau a vapeur continuer sa route rapide vers Marseille.

Que Vienne ait été, ainsi que le dit le dominicain Lavinius, bâtie par Allobrox, qui régnait sur les Celtes au temps où Ascalade régnait sur les Assyriens, et que, par conséquent, elle soit contemporaine de Babylone et de Thèbes ; qu'elle ait été fondée, comme le veut Jean Marquis, par un banni d'Afrique qui aborda dans les Gaules au moment où Amasias régnait à Jérusalem, et que, par conséquent, elle ait précédé Rome de cent huit ans ; truelle soit de fondation autochthone, ou qu'elle doive sa naissance à la migration d'une colonie, il est facile de voir, au premier aspect. que le sol de Vienne est un de ces emplacements désignés par la nature aux hommi bâtir leurs villes,

abritée par cinq montagnes, qui forment autour d'elle un demi-cercle et la garantissent du vent du nord et du soleil du midi; coupée de l'est à l'ouest par la petite rivière de la (aie qui fait tourner ses moulins; limitée du nord au midi par le Rhône, qui s'avance large et splendide en

.tant ses pi 1 la mec. Vienne était déjà la capitale

des Allobroges, lorsque Annibal descendit des Pyrénées.

traversa le Rhône et franchit les Alpes. De cette première et mystérieuse civilisation contemporaine du vainqueur de Trastnierie et du vaincu de Zama. il ne reste rien cm une de ces pierres si communes en Bretagne et si rares dans le Midi ' oeulven est couché près des balmes viennoises, sur les limites de Vaulx en Yelay, et de tans le

D (le Meyrieux ; tous les autres furent renversés lors de la conquête des Romains, ou. du m dant le

mi- qu'ils firent dans cette capitale de 1 Allobrogle. de cette époque seulement, c'est-à-dire à compter de soixante ans avant le Christ, que l'on peut reconstruire la ville et se faire une idée exacte de ce qu'elle devait être L'enceinte romaine est encore aujourd'hui p ment reconnaissable ; car les remparts sont restés debout sur plusieurs points, et. part. .ut ou ils sont toml. retrouve et on peut suivre leurs fondations. Quant aux pierres qui manquent aux remparts, elles ont été employées à bâtir les églises, l'hôpital et li Derrière les murs

cent un palais impérial, un palais du sénat, un panthéon, un temple de Mars, un temple de la Victoire, un théâtre, un ami et un forum; et pour garder sa

Rome, maîtresse Jalouse, venait d'enfermer dans de pierres, à la cime de chacune des mon-

tagnes qui Vienne, elle batll une forteresse.

.Mus bientôt ! et la

ms, des temils s'élevèrent, au midi, sur le terri ijourd'hul la plaine de l'Aiguille, et, au noi remplacement moderne de Sainte Colombe et de '•iint Romain. Alors, un pont s'étendit sur le Rhône, qui uni faubourg à la ville; ses collines s.- de riches

ut i air d'un va re ; des

■ t île tous cotes ; le* prairies vagabondes i dirent et remontèrent à leur fanl Khone. C'est al que vienne fut appelée Vienne la lic-lle ; cpie César lui donna pour rie maternelle, et qu'Auguste en fit la capitale de l'empire romain dans les Gaules.

ion. Il reste encore debout une Parti. un temple antique, la pyramide de

iservée. et la tour de PUate, qui s'écroule dans le Rhône.

un homme entra dans cette païenne, seul et sans armes, mais porteur de la tienne, et ] (rue ne

«née. Le Panthéon, qui mettait h le sous la protection de tous les dieux, sembl , me *i un tremblement de 'avait arra et sur la place où 11 avait

ilnl Ktienne,

mpter de ce moment,

nouvelle; c'est qu'une ère nouvelle

I In. -tienne qui deva ■ étendit ses pi - dans

les monuments païens. Alors, Li ,lr " eau sur le palais imi

lève sur le forum; l'église de Saint-

uiice sortent de terre ;

.ne. A

isson i l'orme de

i et surmonté de la

Page 1