EXPOSITION
11 n'y a pas de voyageur qui ne croie devoir rendre compte à ses lecteurs des motifs de son voyage. Je suis trop respectueux envers mes célèbres devanciers, depuis M. de Bouille, qui fit le tour du monde, jusqu à M. de Maistre, qui Ht le tour de sa chambre, pour ne pas suivre leur exemple.
D'ailleurs on trouvera dans mon exposition si courte Welle soit, deux choses fort importantes, qu'on chercherait vainement ailleurs : une recette contre le choléra, et une preuve de l'infaillibilité des journaux.
Le 15 avril 1^3-2, en revenant de conduire jusqu'à l'escalier mes deux bons et célèbres amis Listz et Boulanger, qui avaient passé la soirée à se prémunir avec moi contre le fléau régnant, en prenant force thé noir, je sentis que les jambes me manquaient tout à coup ; en même temps, un éblonissement me passa sur les yeux et un frisson dans la peau; je me retins à une table pour ue pas tomber : j'avais le choléra.
S'il était asiatique ou européen, épidémique ou contagieux, c'est ce que j ignore complètement; mais ce que je sais très bien, c'est que. sentant que, cinq minutes plus tard, je ne pourrais plus parler, je me dépêchai de demander du sucre et de l'étirer.
Ma bonne, qui est une fille fort intelligente, et qui m'avait vu quelquefois, après mon diner. tremper un morceau de Sucre dans du rhum, présuma que je lui demandais quelque chose de pareil. Elle remplit un verre à liqueur d'éther pur, posa sur son orifice le plus gros morceau de sucre qu'elle put trouver, et me l'apporta au moment où je venais de me coucher, grelottant de tous mes membres.
Comme je commençais à perdre la tête, j'étendis machinalement la main; .je sentis qu'on m'y menait linéique chose, en même temps, j'entendis une voix qui me disait .
— Avalez cela, monsieur ; cela vous fera du bien.
J'approchai ce quelque chose de ma bouche, et j'avalai ce qu'il contenait, c'est-à-dire un deml-nacon d'éther.
Dire la révolution qui se ut dans ma personne, lorsque cette liqueur diabolique me traversa le torse, est chose impossible, car presque aussitôt je perdis connaissance. Une ueure après, je revins à moi; J'étais roulé dans un grand
tapis de fourrures, j'avais aux pieds un boule d'eau b :
lante ."deux personnes, tenant chacune à la main une noire pleine de feu, me frottaient sur toutes les coutn:> instant, je me crus mort et en enfer : I'éther me brûlait la poitrine au dedans, les frictions me rissolaient au dehors; enfin, au bout d'un quart d'heure, le froid s'avoua vaincu: je fondis en eau comme la Biblis de M. Dupaty, et le médecin déclara que j'étais sauvé. Il était temps deux tours de broche de plus et j'étais rôti.
Quatre jours après, je vis s'asseoir au pied de mon lit le directeur de la Porte-Saint-Martin: son théâtre était plus malade encore que moi, et le moribond appelait à son secours !e convalescent. M. Harel me dit qu'il lui fallait, dans quinze jours au plus tard, une pii e qui lut produisit cinquante mille écus au moins; il ajouta, pour me déterminer, que l'état de fièvre où je me trouvais était très favorable au travail d'imagination, vu 1 exaltation cérébrale qui en était la conséquence
Cette raison me parut si concluante, que je me mis aussitôt à l'œuvre : je lui donnai sa pièce au bout de huit jouis
au lieu de quinze ; elle lui rapporta cent mille écus au lieu de cinquante mille : 11 est vrai que Je taillis e devenir fou. Ce travail force ne me remit pa? le moins du monde; et à peine pouvais-je me tenir debout, tant jetais faible encore, ppris la mort du général Lamarque. Le lendemain, je fus nommé par la famille l'un des commissaires ivoi : ma charge était de falri prendre a l'artillerie de la garde nationale, dont je- irtle, la place que la
irchle militaire lui assignait clans le cortège. Tout Paris a vu passer ce envoi, sublime d'ordre, de ilemcnt et de patriotisme Qui changea cet ordre en désordre, ce recueillement en colère, ce patriotisme en rébel- C'est ce que j'Ignore ou veux Ignorer, jusqu'au jour loyauté de juillet rendra, comme celle de Charles IX, ses comptes à Dieu, ou comme celle de Louis XVI, ses comptes aux hommes.
Le 9 juin, je lus dans une feuille légitimiste que j'avais été pri- le arm i la main, a l'affaire du cloître Salntjugé militairement pendant la nuit, et fusillé a trois du matin.
La nouvelle avait un caractère si officiel, le récit de mon on, que, du reste, j'avais supportée avec le plus grand était tellement détaillé; les renseignements venaient d'une si bonne source, que j'eus un instant de doute ; d'ailleurs, la conviction du rédacteur était grande; pour la Ois, :1 disait du bien de mol dans son journal il donc évident qu'il me croyait mort.
Je rejetai ma couverture, je sautai à bas de mon lit. et je courus à ma glace pour me donner à moi-même des preuves de mon existence. Au même instant, la porte de ma chambre -ouvrit, et un commissionnaire entra, porteur d'une lettre de Charles Nodier, conçue en ces termes :
Mon cher Alexandre.
« Je lis a l'Instant, dans un journal, que vous avez été fusillé hier, à trois heures du matin : ayez la bonté de me faire savoir si cela vous empêchera de venir demain a l Ai senal, dîner avec Taylor. »
Je Es dire à Charles que, pour ce qui était d'être mort ou vivant, je ne pouvais pas trop lui en répondre, attendu que. mol-même, je n'avais pas encore d'opinion bien arrêtée sur
e point ; mais que. dans l'un ou l'autre cas, j'irais toujours Le lendemain dîner avec lui; ainsi, qu'il n'avait qu'à se prêt, comme don Juan, à fêter la statue du commandeur
Le tendi main, il fut bien constaté que je n'étais pas mort ; cependant, je n'y avais pas gagné grand chose, car jetais tort malade. Ce que voyant, mon médecin m'ordonna ce qu'un médecin ordonne lorsqu'il ne sait plus qu'ordonner : — un voyage en Suisse.
En conséquence, ie 21 juillet 1832. je partis de Paris.
Baigneux-les-Juifs, et que l'Yonne prenne sa source non | loin de l'endroit où était située 1 ancienne Bibracte, et où, de nos jours, s'élève la ville d Autun.
A droite, la cité tout entière se déploiera gracieusement,
couchée au milieu de ses maisons, et de ses vigues, dont le
[ tapis, bariolé de vert et de jaune comme un manteau écos-
- étend à perte de vue sur les riches plaines du Gàtinais.
Quant au pont, qui joue uu si grand rôle dans le double
ment que nous allons essayer de raconter, il joint, en
partant de gauche à droite, le faubeurg à la ville, et tra-
I abord le Beuve, ensuite la rivière, posant un de ses
pieds massifs sur la pointe de terre dont nous avons parlé.
MONTES EAC
la voiture déposait ses voyageurs . Montereau et leur accordail une heu>-e pour déjeuner, j'allais visiter loublemcnt historique, gui, a
!i agonie de deux d
tles, dont l'ui par un crime, et don:
put se sain ie victoire.
Ces uire sont trop impoi
pour T notre iibum de
irs voudront bl nous un coup d'œll sur la pographlque de la
ville de Montereau. afin q i ions assiste i
qui s'y sont el dans lesquels Jean
a rôles.
La ville de Mon
iris, au confluent de l'Yonne et de la Seine, où la pr. < deux ri I son nom en se Jetan
: "ii remonte, en partant di ors du
qui la traverse, on aura, en arrivant en 'le Sun llle. crue 1 liteau, el an tnonta-
d (auboui LU i
cnulanl l'ai i près dans la pc ■ s Mit. nn« langui de terre nul va
' entre le '' qui la
ce que la Seine Jaillisse de terre près de
JEAN SANS-PELR
Le 9 septembre 1419, sur la partie du pont qui traverse lionne, et eous ["inspection de deux hommes qui, assis de chaque côté du parapet, paraissaient apporter un égal Intel œuvre qui s'operail devant eux, des ouvriers, protégés dans leur travail par quelques soldats qui empêchaient le peuple d'approcher, élevaient en grande hâte une espèce de loge en charpente qui s'étendait sur toute la largeur du pont, et sur une longueur- d'environ vingt pieds. Le plus vieux des deux personnages que nous avons représentés comme présidant à la construction de cette lege. paraissait âgé de quarante-huit ans, à peu près. Sa tête brune, ombragée par de longs cheveux noirs taillés en rond, était couverte d'un chaperon d'étoffe de couleur sombre, d.'iit un des bouts nouait au vent comme l'extrémité dune écharpe. 11 était iclu d une robe de drap pareil a celui de son chaperon, dont la doub.ure en menu-vair paraissait au collet, à 1 extrémité inférieure et aux manches ; di bes laiges et tombantes sortaient deux bras robustes, que protégeait un de ces durs vêtements de fer maillé qu on appelait haubergeon. Ses jambes étalent couvertes de loujiies bottes, dont l'extrémité supérieure disparaissait sous sa robe, et dont l'extrémité inférieure, souillée de boue, attestait q ripltation avec laquelle il s'était occupé de venir présider à l'exécution de cette loge ne lui avait pas permis de changer mm de voyage. A sa ceinture de cuir pendait, à des cordons de soie, une longue bourse de velours noir, et à côté en place d'épée ou de dague, a une chaîne de fer, une petite hache d'armes damasquinée d'or, dont la pointe opposée au tranchant figurait, avec une vérité qui faisait honneur à l'ouvrier des mains duquel elle était sortie, une têt* de faucon déchaperonné.
Quant a son compagnon, qu! paraissait à peine âgé de vingt-cinq à vingt-six ans. c était un beau jeune homme, mis avec un soin qui p au premier abord, Incompa-
tible avec la préoccupation sombre de son esprit. Sa tête
.t i ouverte d'ui quette de vi doublée d'hermine; une agrafe de
rubis y rassemblait, sur le devant, les tiges de plusieurs plumes de paon, dont le veut agitait 1 autre extrémité comme une aigrette il Je saphir et d'or. De son
surtout de velours rouge, dont les manches pendaient garnies d hermine, comme son chapeau, sortaient, croisés sur sa poitrine, ses bras ouverts d'une étoffe si brillante, qu'elle semblait un u-sn de m d'or. Ce costume était complei un pantalon bleu collant, sur la cuisse gauche duquel t brodés un P et un G surmontés d'un casque d. ' îar des bottes de cuir noir, doublées de peluche rouge, dont 1 extrémité supérieure, en nt, formait
un retroussls' auquel venait s'atta une chaîne
de li poulalne démesurée qu'on pori cette époqm De son coté, le peuple regardait avec une grande c-urloprêts de I entrevue qui devait avoir lieu le leniln entre le. dauphin Charles et le duc Jean; et. quoique le désir unanime fût pour la paix, les paroles qu'il non nuirait étalent bien diverses; car 11 y avait dans tous prlts plus de crainte que d'espoir; la dernière conférence qui avait eu lieu entre les chefs des partis dauphit bourguignon, malgré les promesses laites de part ■ eu des suites si désastreuses, que l'on ne comptai! plus que sur un miracle pour la i "n des
deux princes. Cependant, quelqi mieux disposés
les autres, i i -aient croire, au suc-
1 1 négociât i Lait avoir lieu.
tall la rotondité de son ventre au lieu de serbas de sa taille, un gros homme à figure épanouie.
EN SUISSE
bourgeonnant lumme un rosier au moins de mai ; pardieu :
bien heureux que monseigneur le dauphin, que Dieu
rve, el que munseigneur do liourgogue, que tous les
gent, aient choisi la ville de Montereau pour y
venu jurer la paix.
— Oui, n'est-ce pas, tavernier ? répondit, en lui frappant du plat de la main sur le point culminant du ventre, son voisin, moins enthousiaste que lui; oui, c'est fort heureux, car cela fera tomber quelques écus dans ton escarcelle, et la grêle sur la ville.
— Pourquoi cela, Pierre? dirent plusieurs voix.
— Pourquoi cela est-il arrivé au Ponceau? pourquoi, l'entrevue à peine finie, un si terrible ouragan éclata-t-il dans un ciel où l'on ne voyait pas un nuage? pourquoi le tonnerre tomba-t-il sur 1 un des deux arbres au pied desquels s'étaient embrassés le dauphin et le duc? pourquoi brisa-t-il cet arbre sans toucher l'autre, de telle manière que, bien qu'ils partissent d'une même tige, l'un tomba foudroyé auprès de son frère resté debout? £t, tiens, ajouta Pierre en étendant la main, pourquoi, en ce moment, tombe-t-il de la neige, quoique nous ne soyons qu'au 9 septembre ?
Chacun, à ces mots, leva la tête, et virent effectivement flotter sur un ciel gris les premiers flocons de cette neige précoce qui devait, pendant la nuit, suivante, couvrir comme un linceul toutes les terres de la Bourgogne.
— Tu as raison, Pierre, dit une voix; c'est de mauvais augure, et cela annonce de terribles choses.
— Savez-vous ce que cela annonce ? reprit Pierre. C'est que Dieu se lasse, à la fin, des faux serments que font les hommes.
■ — Oui. oui, cela est vrai, répondit la même voix; mais pourquoi n'est-ce pas sur ceux-là qui se parjurent que le tonnerre tombe, plutôt que sur un pauvre arbre qui n'y peut rien?
Cette exclamation fit lever la tête au plus jeune des deux seigneurs, et, dans ce mouvement, ses yeux se portèrent sur la loge en construction. Un des ouvriers établissait, au milieu de cette loge, la barrière qui devait, pour la sûreté de chacun, séparer les deux partis. Il parait que cette mesure de précaution n'obtint pas l'approbation du noble assistant; car son visage pâle devint pourpre, et, sortant de l'apathie apparente dans laquelle il était plongé, il bondit jusqu'à la loge, et tomba au milieu des ouvriers avec un basphème si sacrilège, que le charpentier qui commençait a ajuster la barrière la laissa tomber et se signa.
" — Qui t'a ordonné de mettre cette barrière, misérable " lui dit le chevalier.
— Personne, monseigneur, reprit l'ouvrier, tremblant et courbé sous ces paroles-, personne, mais c'est l'habitude.
— L'habitude est une sotte, entends-tu ? Envoie-moi ce morceau de bois à la rivière.
Et, se retournant vers son compagnon plus âgé :
— A quoi donc, dit-il, pensiez-vous, messire Tanneguy, que vous le laissiez faire?
— Mais j'étais comme vous, messire de Gyac, répondit Duchâtel, si préoccupé, à ce qu'il parait, de l'événement, que J'en oubliais les préparatifs.
Pendant ce temps, l'ouvrier, pour obéir à l'ordre du sire de Gyac, avait dressé la barrière contre le parapet du mur, et se préparait à la faire passer par-dessus, lorsqu'une voix sortit de la foule qui regardait cette scène : c'était celle de Pierre.
k° — C'est égal, disait-il en s'adressant* au charpentier, tu avais raison, André ; et c'est ce seigneur qui a tort.
— Ilein ? dit de Gyac en se retournant.
t — Oui, monseigneur, continua tranquillement Pierre en te croisant les bras-, vous avez beau dire: une barrière, c'est la sûreté de chacun ; c'est chose de bonne précaution lorsqu'une entrevue doit avoir lieu entre deux ennemis, et cela se fait toujours.
— Oui, oui toujours! crièrent tumultueusement les hommes qui l'entouraient.
„ — Et qui donc es-tu, dit de Gyac, pour oser avoir un avis qui n'est pas le mien?
— .Te suis, répondit froidement Pierre, un bourgeois Commune de Montereau, libre de corps et de biens, et ayant pris, tout jeune, l'habitude de dire tout haut mon avis sur iliaque chose, sans m'inquiéter s'il choque l'opinion d'un plus puissant que moi. ,
De Gyac lit un geste pour porter la main à son épée ; Tanneguy l'arrêta par le bras.
— Vous êtes insensé, messire, lui dil-il en haussanf Les épaules. Archers! continua Tanneguy, faites évacuer le pont. et, si ces drôles font quelques résistances, je vous permi ts de vous souvenir que vous avez une arbalète à la main ci des vlretons plein votre trousse.
— Bien, bien, m< — tueurs, dit Pierre, qui placé le dernier, avait l'air de soutenir la retraite; on se retire; mais, puisque je vous ai dit mon premier avis, il faut que je vous
dise le second : c'est qu'il se prépare à cette place quelque bonne trahison. Dieu reçoive en grâce la victime, et en. miséricorde les meurtriers!
Pi ndant que les ordres donnés par Tanneguy s'exécutaient les charpentiers avaient abandonné la loge achevée, et garnissaient de barrières, fermées par de solides portes, les deux extrémités du pont, afin que les seules personnes qui étaient de la suite du dauphin et du duc pussent entrer ces personnages devaient être au nombre de dix de
chaque i m, pour la sûreté personnelle de chacun des
chefs, le reste des gens du duc devait occuper la rive gauche de la Seine et le château de Surville, et les partisans du dauphin la ville de Montereau et la rive droite de l'Yonne, ijuant à la langue de terre dont nous avons parlé, et qui se trouve entre les deux rivières, c'était un terrain neutre qui ne devait appartenir à personne ; et comme, à cette époque, â l'exception d'un moulin isolé qui s'élevait au bord de l'Yonne, cette presqu'île était complètement inhabitée, on pouvait facilement s'assurei qu'on n'y avait préparé aucune surprise.
Lorsque les ouvriers eurent achevé les barrières, deux troupes d hommes armés, comme si elles n'avaient attendu que ce moment, s'avancèrent simultanément pour prendre leurs positions respectives : l'une de ces troupes, composée d'arbalétriers portant la croix rouge de Bourgogne sur l'épaule, vint, commandée par Jacques de La Lime, son grand maître, s'emparer du faubourg de Montereau, et placer des sentinelles â l'extrémité du pont par laquelle devait arriver le duc Jean ; l'autre, formée d'hommes d'armes dauphinois, se répandit dans la ville, et vint mettre des gardes à la barrière par laquelle devait entrer le dauphin.
Pendant ce temps, Tanneguy et de Gyac avaient continué leur entretien ; mais, dès qu'ils virent ces dispositions prises, ils se séparèrent : de Gyac pour reprendre la route de Braysur-Seine, où l'attendait le duc de Bourgogne, et Tanneguy Duchâtel pour se rendre auprès du dauphin de France.
La nuit fut horrible : malgré la saison peu avancée, six pouces de neige couvraient le sol. Tous les biens de la terre furent perdus.
Le lendemain, 10 septembre, à une heure après midi, le duc monta à cheval dans la cour de la maison où il s'était logé. 11 avait à sa droite le sire de Gyac, et, à sa gauche, le seigneur de Noailles. Son chien favori avait hurlé lamentablement toute la nuit ; et, voyant son maître prêt à partir, il s'élançait hors de la niche où il était attaché, les yeux ardents et le poil hérissé; enfin, lorsque le dur se mit en marche, le chien fit un violent effort, rompu sa double chaîne de fer, et, au moment où le cheval allait franchir le seuil de la porte, il se jeta à son poitrail et le mordit si cruellement, que le cheval se catra et faillit faire perdre les arçons â son cavalier. De Gyac, impatient, voulut l'écarter avec un fouet qu'il portait ; mais le chien ne tint aucun compte des coups qu'il recevait, et se jeta de nouveau à la gorge du cheva' du duc ; celui-ci, le croyant enragé, prit une petite hache d'armes qu'il portait à l'arçon de sa selle et lui fendit la tête r chien jeta un cri, et alla en roulant expirer sur le s-: i de la porte, comme pour en défendre encore le pass'.f? : le duc, avec un soupir de regret, fit sauter son cheval piu'-dess'.s le corps du fidèle animal
Vingt pas plus loin, un vieux juif, qui élan de sa maison et qui se mêlait de l'oeuvre de magie, sortit tout à coup de derrière un mur, arrêta le cheval du duc par la bride et dit à celui-ci :
— Monseigneur, au nom de Dieu, n'allez pas plus loin.
— Que me veux tu. juif ? dit le duc en s'arrêtant.
— Monseigneur, reprit le juif, j'ai passé la nuit à consulter les astres, et la science dit que, si vous allez à Montereau. vous n'en reviendrez pas.
Et il tenait le cheval au mors pour l'empêcher d'avancer.
— Qu'en dis-tu, de Gyac? dit le duc en se retournant vers son jeune favori.
— Je dis, répondit celui-ci la rougeur de l'impatience au front, je dis que ce juif est un fou qu'il faut traiter comme votre chien, si vous ne voulez pas que son contact immonde vous force à quelque pénitence de huit jours.
— Laisse-moi, juif, dit le duc pensif, en lui faisant doucement signe de le laisser passer.
— Arrière, juif! s'écria de Gyac en heurtant le vieillard du poitrail de son cheval, et en l'envoyant rouler à dix pas; arrière : N'entends-tu pas monseigneur qui t'ordonne de lâcher la bride de son cheval?
. Le duc passa la main sur son front, comme pour en écarter un nuage; et. Jetant un dernier regard sur le juif étendu sans connaissance sur le revers de la route, i' continua son chemin.
Trois quarts d'heure aj i duc arriva au château de
Montereau. Avant de de cheval, il donna l'ordre à
deux cents hommes d'armes et a cent archers de se loger dans le faubourg, et de relever ceux qui, la veille, avaient reçu la garde de la tête du pont.
En ce moment. Tanneguy vint vers le duc, et lui dit que le dauphin 1 attendait au lieu de l'entrevue depuis près d'une heure. Le duc répondit qu il y allait ; au même iustant. un de ses serviteurs, tout effaré, accourut, et lui parla tout bas Le duc se tourna vers Duchatel.
— Par le saint jour de Dieu : dit-il, chacun s est donné le mot aujourd'hui pour nous entretenir de trahison. Duchâtel, êtes-vous bien sûr que notre personne ne court aucun risque? car vous leriez bien mal de nous tromper.
— Mon très redouté seigneur, répondit Tanneguy, j'aimerais mieux être mort et damné que de taire trahison à vous on a nul autre: n'ayez Jonc aucune crainte, car monseigneur le dauphin ne vous veut aucun mal.
— Eh bien, nous irons donc, dit le duc, nous fiant à Dieu (il leva les yeux au ciel' et à vous, contlnua-t-il en niant sur Tanneguy un de ces regards perçants qui n'appartenaient qu'a lui.
Tanneguy le soutint sans baisser la vue.
Alors celui-ci présenta au duc le parchemin sur lequel étalei. :es noms de* dix hommes d'armes qui de-
mpagner le dauphin ; ils étaient inscrits dans l'ordre
i.e vicomte de Narbonne, Pierre de Beauveau, Robert de Loire, Tanneguy Duchàtel, Barbazan, Guillaume Le Boutelliler. Guy d Avaugour, Olivier 1. ij Varennes et Frottier.
Tanneguy reçut en échange la liste du duc. Ceux qu'il avait l honneur de le suivre étaient :
Monseigneur Charles de Bourbon, le seigneur de Xoailles, Jean de Fribourg, le seigneur de Saint-Georges, le seigneur
vncre, messu l'ontarlier. messire Charles de Lens et mes-
s-ire Pierre de Gyac. De plus, chacun devait amener avec lui son secrétaire (l).
Tanneguy emporta cette liste. Derrière lui, le duc se mit en route pour descendre du château au pont ; il était a pied, avait : d'un chaperon de velours noir, i
pour arme défensive un simple haubergeon de mailles, et, pour arme offensive, une faible épée a riche ciselure et à poignée dorée.
En a la barrière, Jacques de La Lime lui du qu il
avait i >up de gens armés eutrer dans une maison
de la x 111e mité du pont, et
- iu il aval - étaient hàiés de fermer les fenêtres de cette maison. I cela est vrai, de Gyac, dit le duc; je vous attendrai i.
De Gyac prit le chemin -du pont, - barrières,
de la loge en charpente, arriva a la maison des n ouvrit la porte. Tanneguy y donnait des Instru me vingtaine de soldats armés de toutes
— i ut Tanneguy en l'apercevant.
— Etes-vous prêts? répondit de Gyac.
— Oui ; maintenant, il peut venir. De Gyac retour
Le i and mai.H ,i mal vu. monseigneur, dit-il ; il n'y te maison.
Le dm se mit an marche II dépassa la première barrière l n Cela lui donna quelques omme il vit devant lui Tanneguy et le sire de Bea il étaient venus i sa rencontre, il ne vou-
lut pa serment dune voix ferme:
e de mailles
— Vi monsieur, comme je viens ; d'ailleurs, contlnua-t tournant i en lui frappant
sur 1
loge en charpente au ■te velours bleu clair garun
■I nio ; et les
rebord- robe.
vaut le i Bourgogne
outrent ; il mai
il n y avait point de
>e au miln mais, sans
il i rut que c'était un oubli car 11 n'en fit pa? même
■ fnren'
•■iiir. même
' mit le genou c-mn lie en terr 'lin.
1 , i trente, ■tel.
— Je suis venu à vos ordres, monseigneur, dit-il. quoique quelques-uns m aient assuré que cette entrevue n avait été demandée par vous qu'à l'effet de me faire des reproches ;
e que cela n'est pas, monseigneur, ne les ayai mérités.
Le dauphin se croisa les bras, sans l'embrasser ni le relever, comme il avait lait a la première entrevue.
— Vous vous êtes trompé, monsieur le duc, répondll-il d'une voix sévère: oui, nous avons de grai nés à vous faire; car vous avez mal tenu la promesse que vous nous aviez engagée. Vous m'avez laissé prendre ma ville de Pontoise, qui est la clef de Paris ; et, au lieu de vous jeter dans la capitale pour la défendre ou y mourir, comme vous le deviez en sujet loyal, vous avez lui j Troyes.
— Fui. monseigneur? dit le duc en tressaillant de tout son corps à cette expression outrageante.
— Oui, fui: répéta le dauphin, appuyant sur le mot
Le duc se releva, ne croyant pas sans doute dev, ir en entendre davantage : et. comme, dans l'humble posture qu 11 avait prise, une des ciselures de la poignée de son épée à uue maille de son haubergeon. il voulut lui la.re reprendre sa position verticale: le dauphin recula d un pas. ue sachant pas quelle était l'intention du duc en liant son épée.
vous portez la main à votre épée en présence de votre maître : s'écria Hobert de Loire en se jetant entre le ' le dauphin.
Le duc voulut parler. Tanneguy se baissa, ramassa rière la tapisserie la hache qui, la veille, était pi ceinture; puis, se redressant ci hauteur:
— 11 est temps, dit-il en levant son arme sur la tête du duc.
Le duc vit le coup qui le menaçait , il voulut le parer de la main gauche, tandis qu il portait la di tarde
de son épée; il n'eut pas même le temps de la tirer; la de Tanneguy tomba, abattant la main gauche du duc. et. du même coup, lui leudaut la tête depuis la pommette de la joue jusqu'au bas du menton.
Le duc resta encore un instant debout, comme un chêne qui ne peut tomber; a lui plongea son
id daus la gorge et 1 > la Le duc jeta un cri, étendit les bras, et alla tomber aux pieds de Gyac.
11 y eut alors une grande clameur et une afin car. dans cette tente, où deux hommes auraient eu a peine de la place pour se battre, vingt homme- nt les
uns sur les autres. Un moment, ou ne put distinguer auutes ces têtes crue des mai et des
épées. Les Français criaient: • Tue! tue: a mort: ■ Les Bourguignons criaient: «Trahison! trahison: alarme!» Les étincell. i ueut,
le sang s"el -ures. Le dauphin, épouvanté,
.,eté le haut du corps en dehors c! • re. A
-Jenl Louvet arriva, le prit par-des iules, le tira dehors, ci l'entraîna : ranoul
ruisselante du sang du duc de Bourgogne, qui av.i jusque lui.
ridant le sire de Montagu, qui était au duc. était parvenu a ■
- allait la franchir irbonm lui len-
dit le derrière de 1:, tète; il tomba hors de 1
• ur de Saint-Co profoudenic.it blessé au côté droit d'u te de
hache; le seigneur d'Ain re avait la main tendue. Le combat et les cris continuaient dans la tente
-nr le duc mourant, ijue nul ne songeait a secourir, Jusqu'alors, les Dauphinois, mli
mais, aux cris du ir de Montagu. Antoine de
Thoulongeon, Simon 0 - i d Ermay
• ■ quarompalt la barrière De leur cote les nom
rtirent. et arrivèrent en a Dauphl-
- Bourgulgnoi inutile, prirent la fuite par la b:irr:ère b
- poursuivirent el trois , seulement
■ • - le duc .i tendu el mourn
i gardant nfln i Hlvler I. i> et. qui de ce mallient ergeon
p"iir l'ac hever pa Gyac ne
voir te agonie, don- chaque cm
ml ill lui appartenir; et, lorsqu'il reconnut lln- ■i ;■■ de pied il lui fi'
i laine Hllvlcr. étonné, leva la
D enl lui dit en riant Gy I donc
ivre prince mourir tranquille
EN SUISSE
Puis, lorsque le duc eut rendu le donner soupir, il lui mit la main sur le cœur pour s'assurer qu'il était bien mort ; et, comme le reste l'inquiétait peu, il disparut sans que personne fit attention a lui.
Cependant les Dauphinois, après avoir poursuivi les Bourguignons jusqu'au pied du château, revinrent sur leurs pas. Ils trouvèrent le corps du duc à la place ou ils l'avaient laissé et près de lui le curé de Montereau, qui, les genoux dans le sang, lui disait les prières des nions. Les gens du dauphin voulurent lui arracher ce cadavre et le jeter a la rivière : mais le prêtre leva son crucifix sur le duc, et menaça de la colère du ciel quiconque oserait toucher ce pauvre corps, dont l'âme était si violemment sor-
NAPuLEON
Dans la soirée du 17 février 1814, les habitants de Montereau avaient vu s'entasser dans leur ville, prendre position sur la hauteur nui la domine, et s'étendre dans les plaines
Tanncguy
rme sur la tête du duc.
lors Cœsmerel, bâtard de Tanneguy. lui détacha du
i'i i de ses éperons d'or, jurant de le porter désormais
comme un ordre de chevalerie; et les valets du dauphin, Suivant cet. exemple, arrachèrent les bagues dont ses mains couvertes, ainsi que la magnifique chaîne d'or qui pendait a son cou.
Le prête resta là jusqu'à minuit ; à cette heure seulement, avec l'aide de deux hommes, il porta le corps dans un moulin pi - du pont, le déposa sur une table, .1 continua 1 prier près de lui jusqu'au lendemain malin. A huit heures, le dur fut mis en terre, en l'église Notre-Dame, de- Saiiil Louis; il était revêtu de son pourpoint et de ses houseaux ; sa barrette était tirée sur son visage; aucune cérémonie religieuse n'accompagna 1 inhumation : cependant, pour le repos de son àme. il fut dit douze messes pendant les trois jours suivants. Le lendemain du jour de
1 i -oi ■., ., duc de Bourgogne, des pêcheurs vèrenl
Seine le corps de madame de Gyac (1).
'L Voyez hs Chroniques de France, dans la Renie des Deuxiondes.
(lui l'environnent, des masses de Wurtembergeois si vues
sées, qu'ils nen pouvaient calculer le nombre. Ces hommes
ivgreliaient amèrement de n'être que l'arrn iv : e
triple armée qui poursuivai! Napoléon vaincu e1 les
mille hommes qui l'entouraient encore, dernier
lui servait plutôt d'escorte que de défense ; el i liai M
fixant ses yeux avides sur le cours de la Seine ai [ull vers
ii capitale, répétait ce cri. que nous avons , i. i ut, en-
fant, et que cependant nous croyons entendri e re, tant
il avait une impression funeste dans les bouches étrangères ;
— Paris I Paris !
Toute la journée, cependant, de Mormanl i Pri fins, le canon avait grondé ; mais l'ennemi, lus li u >. avait, a peine
laii attention; c'étail sans doute quelque généra] perdu qui, acculé comme un sanglier aux abois, tenait encore tête
aux Russes. En effet, qu'aval! ., Ire? Napoléon le
vainqueur était en fuite a son tour; Napoléon était à dixhuii lieues de Montereau, avec ses quinze mille hommes ha-
i qui ne devaieni plu' avoir de forces que pour re-
gagner la capitale.
La finit vin!
Le lendemain, le canon se fait entendre, mais de plu que la veille : d'instant en instant, chaq cette
grande voix des batailles tonne plu ; YVurtem-
réveillent, ils écoulent : u plus qu a
deux lieues de Montereau; li court par-
tout avec son frémissement électrique ; les tambours batlairons sonnent, les chevaux des aides de camp battent le pavé de leurs quatre pieds de 1er ; 1 ennemi est eu bataille.
Tout à coup, par la route de Nogeut, débouchent des masses en désordre , i . ensuivies de si près, que le
Jeu de notre canon les brûle, que le souille de no= chevaux mouille leurs épaules . ce sont les Russes qui, la veille au matin, formaient l'avanl garde de larmêe d'invasion, ei a\ aient déjà atteint Fontainebleau.
Dans la nuit du 1C au 17, Napoléon s'est retourné : des charrettes de poste transportent ses soldats ; des chevaux de poste traînent son artillerie; la cavalerie d'Espagne
arrlvi lie. et les suit au galop. Le 17, au matin.
on et sou armée sont en bataille devant Guignes ; ils y trouvent les avant-postes ennemis, les chassent devant eux, atteignent les colonnes russes, les renversent. L ennemi se replie. De Guignes à N'angis, ce n'est encore qu une retraite ; de Naugis a Nogent, c'est une déroute. Napoléon passe au galop devant le duc de lfellune, lui jette Tordre tacher trois mille hommes de son corps d armée. Qu a-t-il a faire de quinze mille soldats pour poursuivre vingt-cinq mille Eusses? Bellune ira 1 attendre a Montereau : en s'y rendant en ligue droite, 11 n'a que six lieues à faire; Napoléon y sera le lendemain, lui; et, par le cercle qu il lui faut parcourir, Il en aura fait dix-sept.
Bellune détache trois mille hommes, se met à leur tête, s'égare, met dix heures a faire six lieues, et, en arrivant à Montereau. trouve la ville occupée depuis deux heures par les Wurtembcrgeois.
Cependant Napoléon balaye 1 ennemi comme l'ouragan la poussière, le dépasse, et, se retournant aussitôt, le refoule sur Montereau, où Bellune et ses trois mille hommes doivent l'attendre. Cette cavalerie qui hennit, c'est la sienne; ces canons qui tonnent, ce sont les siens ; cet homme qui. an milieu de la poudre, du bruit et du feu. apparaît aux rangs des vainqueurs, chassant vingt-cinq mille i est lui. . esl Napoléon !
Russes et \\ urtembergeois se sont reconnus: les fuyards s'adossent à un corps d'armée de troupes fraîches. Où Napoléon croit trouver trois mille Français, et prendre les Russes entre deux feux, il rencontre dix mille ennemis, et heurte un mur de baïonnettes; de la hauteur de Surville, où devait flotter le drapeau tricolore, dix-huit pièces de canon tent à le foudroyer.
La garde reçoit l'ordre d'enlever le plateau de Surville, elle s'élance au pas de course ; après la troisième décharge, ■ '■ tnbergeois sont tués sur leurs pièces; le plateau est à nous.
Cependant les canons, que l'ennemi a eu le temps d enne peuvent pas servir. On trahie à bras l'artillerie de la garde; Napoléon la dirige, la place, la pointe; la montagne s allume comme un volcan ; la mitraille enlève des . rangs entiers de Wurtembergeols et de Russes ; les boulets ennen lent, sifflent et ricochent sur le plateau;
Napoléon est au milieu d'un ouragan -de fer. On veut le forcer de se retirer.
— Laissez, laissez, mes amis. dit-Il en se cramponnant à
un affût ; le boulet qui doit me tuer n'est pas encore fondu.
En sentant la poudre de si prés, 1 empereur a disparu ; le
' œuvre. Allons, Bonaparte, sauve Napoléon !
par le feu de cette redoutable artillerie, dont l'œil ure chaque boulet, diriger
chaqn - bretonnes s'emparent
à la l lu lanboui :ue. du côté
de Fossard. le généra! rvec sa cavalerie Jus-
qu'à l'entrée du pont, la. Us trouvent Ru^es et Wurtembergeols tellement en' | plus les baion-
- di ? hommes qui les hent d'avancer: il tau bre un che-
min dans cette foule, comme ave* ta bacbe dans une forêt Hors Napoléon r&m ' on ar-
U un seul point : ses boulets enfilent la longue ligne du pont ; chacun i re des ra
d'hommes dans cette masse, qu'Us labourent i mme la chan m] int L'ennemi si U u
Il étouffe entre les parapets; un Instant la Seine et 1 1 uertes
dlion ,i res de sang I rie dura quatre
heur
■ maintenant, dit Napoléon lassé, en s'asseyai l'affût d'un canon. Je suis plus près de Vienne qu'Us ne le son! de Paris.
Pui- il laissa tomber sa tete entre ses mains, resta dix mi-
nutes absorbé dans la peur- anciennes victoires et
dans l'espérance de ses victoires nouvelles.
(juand il releva le front, il avait devant lui un aide de camp qui venait lui annoncer que Sois?ous, cette poterne de Paris, s était ouverte, et que 1 ennemi n'était plus qu a dix lieues de sa capitale.
il écouta ces nouvelles comme choses que, depuis deux ans, l'impèritie ou la trahison de ses généraux lavait habitue- a entendre, pas un muï.ie de son visage ne bougea, et nul de ceux qui L'entouraient ne put due qu'il avait surpris une trace d émotion sur la figure de ce joueur sublime, qui venait de perdre le monde.
Il in signe qu ou lui amenât son cheval ; puis, indiquant du doigt la route de Fontainebleau, il ue dit que ces seules paroles .
— Allons, messieurs, en route !
Et cet homme de 1er partit impassible, comme si toute fatigue devait s'émousser sur son corps, et toute douleur sur son âme.
On montre, suspendue à la voûte de l'église de Montereau. de Jean de Bourgogne.
Sur toutes les maisons qui fout face au plateau de Surville on reconnaît la trace des boulets de Napoléon.
Le lendemain au soir, nous nous arrêtâmes â Chalon Nous n'avions retenu m- places que jusqu'à cette ville. comptant, une fois arrivés la. gagner Lyon par eau Nous nous trompions i - si basse, que, le jour même.
eaux a vapeur n'avalent pu revenir; nous les aperçûmes : remorque par quaranb vaux, qui les forçaient d avancer sur un lit de sable, dont leur quille labourait le foud : il ue fallait pas songer a partir le lendemain par cette vole.
Comme il n y avait de place à la voilure que pour le surlendemain, je me remémorai les ruines de certain château, que j avais vu en passant sur les bords de la route, quatre ou cinq lieues avant d'arriver a Chalon; et, n'ayant rien de mieux à taire, je pris le parti d En effet, le len-
demain, de bon matin, nous étions en route emportant présnellement un déjeuner qu'il aurait été fort difficile, je crois, de trouver au lieu de notre destination.
11 ne reste du château de la Roche-Pot qu'une enceinte il me. les bâtiments d'habitation et de service s'élevaient autour d'une cour ronde; une parie du château devait être déjà bâtie au retour de; deux tours seulement mont paru postérieures à cette époque. Un ro- . her a pic forme la base de l'édifice, et se trouve enclavé daus les fondations de cette bâtisse avec lant d art, qu aujotird liui encore, et maigre les huit siècle? qui ont passé sur elle, il Ile de distinguer la i ise où de 1 homme fut tperp ^êe à l'œuvre de Dieu Au pied du rocher crénelé, comme des nids d hirondelles et de passereaux, quelques cabanes peureuses s'étaient groupées, demandant à la maison féodale de 1 ombre et un abri. Le château n est plus que ruines, tristesse et soliludi
paysans debout, Joyeuses et habi-
tées!
■ pendant ceux qui peuplaient le château étaient de nobles seigneurs ora a laissé trace dans 1 histoire.
En 1.52, le duc Phii. urgogne. filf de Jean
Peur, sollicite et obtient du roi Charles \l el de la reine
■ u que le chancelier de Bourgogne, ltcui Pot. seigneur
de la Roche, raccompagne pour recevoir le serment de la
B'iurgogne.
Or, quel était ce serment exigé par le roi et la relue de
du premier leudataire de la couronne T
C'était celui de reconnaître le roi Henri d Ai.gleterre comme gouverneur et régent du royaume des lis
En 1484 i i pies Pot. seigneur de II celui que nous venons de nommer, ass:ste avec honneur à la revue des chevaliers et des troupes passée par la du trgogne, et au tournoi qui -uite
Philippe Pot est nomme par le dui de Hourgogne chef de l'ambassade qu'il envole au roi Charles vu. En 1IT7. Philippe Pot, Guy Pot, son fils, et Antoh i mme plénlpotentia'iri
Il roi Louis M el Maximilien, époux de Marie urgogne.
En 1*80 le duc Uaximilien de Bourgogne raye de la liste des chevaliers de la Toison d'or Philippe Pot de la Ruche Nol .>. qu il soupçonne d'être dans les intérêts de Louis XI
ICI, je perds des traces de cette noble famille et ie reviens aux ruines de son château, dont un habitant, de Lyon victime d une escroquerie assez curieuse pour être racontée' se trouve maintenant propriétaire. '
Voici le fait :
Vers la fin de 1S2S, un individu se présente chez le nnvsan en la possession duquel se trouvaient alors le château de la Roche et les deux ou trois arpents de terrain caillouteux qui en forment aujourd'hui toutes les dépendances, et lui demande pour quel prix il consentirait à vendre sa propriété
Le paysan, qui n'avait jamais pu, même au milieu des moclons dont elle était encombrée, y faire pousser des orties pour sa vache, fut très accommodant sur le prix nui après une légère discussion, fut fixé à mille francs * ' L accord fait pour cette somme, on se rendit chez ie notaire, ou les mille francs furent comptés; seulement l'acquéi vur demandait, pour des raisons personnelles, que le prix importé sur le contrat à la somme de cinquante mille
Le vendeur, â qui la chose était assez indifférente puisque ce n était pas lui qui payait les frais de mutation, y consentit bien volontiers, trop content de tirer mille francs dune ruine qui ne lui rapportait par an que deux ou trois douzaines d'œufs de corbeau. Le tabellion, de son côté parut parfaitement comprendre l'originalité de cette fan' taisie, du moment que l'acquéreur l'eut prié de régler ses honoraires sur le prix simulé, et non sur le prix réel
Lacté fait, le nouveau propriétaire s'en fit délivrer une expédition ; puis, avec cette expédition, il se rendit à Lyon se présenta chez un notaire, demandant à emprunter à réméré, sur sa propriété de la Roche, une somme de vingt-cinq mille francs, garantie par première hvpothèque '
Le notaire lyonnais écrivit au bureau des inscriptions pour savoir si la propriété n'était grevée d'aucune obligation : le conservateur lui répondit qu'il n'y avait .pas une pierre du château qui dût un sou à qui que ce fût
Le même jour, le notaire avait trouvé la somme, et dix minutes après l'acte passé, l'emprunteur était parti 'avec
Le jour du remboursement arriva, sans que le prêteur vit venir m son homme, ni son argent, ni la moindre chose qui leur ressemblât.
Il demanda la mise en possession, et, après un millier d écus de frais, il l'obtint.
Aussitôt il prit la poste pour aller visiter sa nouvelle propriété, que, d'après l'expédition de vente, 11 avait eue à moilie prix.
amater°UVa "^ maSure qui vaIait cinauante écus pour un Lorsque nous redescendîmes au village, on nous demanda si nous avions vu le Vaux-Chignon : nous répondîmes négativement le nom même de cette curiosité nous étant Inconnu. Comme il n'était encore qu'une heure de l'aprèsmidi, nous ordonnâmes au postillon de nous y conduire
,,^LP0St'i!l0£ pHt la grande route' comme s'» ™ulait nous ramener à Pans: puis, enfin, quittant le chemin, se jeta dans les terres. Cinq minutes après, il tournait court devant une espèce de précipice. Nous étions arrivés à la merveille En effet c'est une chose bizarre : au milieu d'une de ces grandes plaines de Bourgogne, où nul accident de terrain n empêche la vue de s'étendre, le sol se fend tout à coup sur une longueur d'une lieue et. demie et sur une largeur de nnq cents pas, laissant apercevoir, à la profondeur de deux î'«™ P'e„ . Pe? Près' une TaIlée délicieuse, verte comme L,"™, et.sl"onnée PW une petite rivière blanche et bruissante, qui s harmonise admirablement avec elle comme grandeur et comme contour. Nous descendîmes une rampe lT,,t l- et aU' b0Ut de dix ^utes à peu près, nous nous trouvâmes au milieu de ce petit eldorado bourguignon a"/ r?ches 1"! l'entourent, coupées à pic et surplom-
le rn,.« ,»''.? ÛU. Mste dU monde Là' en remontant ie cours de la petite rivière, dont nous ne sûmes pas le
,°™i ' .qul' Probablement, n'en a point encore, sans apercevoir ni un homme ni une maison, nous vîmes des moissons qui semblaient pousser pour les oiseaux du ciel des raisins que rien ne défendait contre la soif des curieux des
Ttam d7sJ,%P,la,nt S0US leur proiw P°ids: ™ m«ie« ment ,„n« *? Ut!e' de Silence et de richesses, on serait vrai-
aux hommes Cr°lre "** °e C°'n de terre est resté lnconnu
Nous continuâmes de remonter les rives de ce petit mis
seau; à cent pas de l'extrémité du vallon il se bfura.e
rocmhe'vivn l ''" " " d6UX s°«-es: l'ii^e d'elles sort d,'" luive d,nsP;lr "ne °uverture a^Z large pour qu'on la pourr n , h* " comd"r S0I°bre l'espace de cent toises envi- Pau'tre ^£2°?]? °n,,a Surprend ^"»^nt de terre ; hau énr ' (ifSend5u,,e foutaine supérieure, tombe d'une hauteur de cent pieds, transparente comme une écharpe de
dont sa fraîcheur a ta-
gaze, et glissant sur la mousse pissé le rocher.
J'ai visité depuis les belles vallées de la Suisse et les t™,,
io entie Turin et la Superga, ayant devant moi les Alpes et
ff?JS ftfflSï ÎJ&SÎS 5MTÏ
quon a oublié de lui donner un nom et sa cascade f è'
p llerln6/6 m°lDdre C0UP de vent 'a soulève, ef va l'Ipat PUIer au loin comme de la rosée
rene^nilrfvTif ^ ™ïï!£r£JL?£,
à Msst ssrs: rvoa^?6fnr^ ±
- Dieu garde mon plus grand ennemi de surprise nareine"
e"au "jusqu'à"!!!™3 2?** ^ °^T de ™ndul 'pa eau jusqu a Lyon, affirmant qu'avec le veut im-n ♦„,;..,<
deTaUSaôneV0>Tegnrtt0reSqUe! °n Van?e ^«s tords ae la Saône, je ne sais si c'est prévention à cause de la
nui abominable que j'avais passée sur ses' eaux mafs e «èVde^L1™™, P6U dlSP0Sé â '•a^rauon' Il
Zl^ZTcetTalZ SeSinTeS * * ^ et ^ aU Enfin, a onze heures du matin, nous aperçûmes tout â
S Tss sreaDsi?riSSain S C°Ude de la '"^"a rivale dS !"f' assist sur sa colline comme sur un trône le front
vêtldV3 d?UWe C0Ur0une antliue et moderne ri hemen de ^cliemire, de velours et de soie ; Lyon là vice reine de France, qui noue autour de ses reins une rivière et un neuve, et laisse pendre, à travers le Dauphiné et la Provence, un des bouts de sa ceinture jusqu'à la mer
L entrée de la ville, par le chemin que nous suivions est delà vilirandl°Se 6t pittores1ue: ''"e Barbe" eée en avan reine es uneT^fT fiIle .dho°ueur qui annonce une reine, est une jolie fabrique située au milieu de la rivière pour^servir de promenade dominicale aux élégant." dû fau-
Derrière elle s'élève, adossé à la ville comme un rempart e rocher de Pierre-Scise (1),. surmonté autrefois d un château qui servit de prison d'Etat. Pendant les roiXs de "fi le dr de Nemours y fut emprisonné, après avoir échoué dans la tentative de prendre la ville- il céda la Place a Louis Sforce. surnommé II Woro, du mûrier qu'U
r^a' onade\SAS/r,meS' S,à S°" Mre' lè ordinal Tcagn Le baron des Adrets, partisan gigantesque, héros de -uerre civile y vint après eux : puis, enfin, de Thou et clnq^Mars doubles victimes dévouées à la mort, l'un par la haine ei 1 autre par la politique de Richelieu, et qui n'en sortirent que pour aller sur la place des Terreaux porter leurs têt^ leurecouperUr mhabUe' «* "? rePHt a ^ fois pour S
eu^JéTl M"uteUr de iyon- M' Legendre-Herald, avait eu 1 idée de tailler ce rocher immense, et de lui donner la forme d'un lion colossal, armes de la ville; il voulait consa crer cinq ou six ans de sa vie à ce travail : sa demande ne
trative5 f mP''1Sf/ a ,?e qU'U Paralt' de l'autorité administrative, à laquelle elle était adressée. Aujourd'hui ce travail deviendrait difficile, et plus tard impossible ; car' Pierre Scise servant de carrière à la ville tout entière, qui vient y puiser ses ponts, ses théâtres et ses palais, au lieu du lion ne présentera bientôt plus que sa caverne.
A peine a-t-on dépassé Pierre-Scise, qu'on aperçoit un autre rocher dont les souvenirs sont plus doux ; celui-là est surmonté, non pas d'une prison d'Etat, mais de la statue d un homme tenant une bourse à la main : ces: un monument que la reconnaissance lyonnaise éleva, en nie à la mémoire de Jean CUberg, surnommé le bon Allemand, qui chaque année, consacrait une partie de son revenu à doter les pauvres filles de son quartier. La statue qui y est en ce moment a été placée le SM juin 1820, après avoir été promenée dans toute la ville, au son des tambours et des trompettes, par les habitants de Bourg-Xeuf Un accident rend
il) Pietra-Sçisa, ainsi nommée parce qu'Agrippa la ni couper lors-
, viv'r T,'s7 ''"■" ' ":! •""■ 'font Tune, dirigée du côté du Vivarais etdes Cévennes, conduisait vers les Pyrénées ; l'être, vers
1 '"","/ l:i h'',""* • »ers I Océan, par le Beauvoisls el h. Picardie: ei
I" quatrième, da„s h Gaule Narbonnaiac, jusqu'au» cotes de M -
l'installation d'une nouvelle statue nécessaire. Lorsque je
Homme de la roche n ;. .
ce oui gisait beaucoup crier les filles a mai ii . [Ul dai< ; voir de cette mutilation
a plus loin, on se trouve au pied de la colin.' 'iiu servit de oerceau a Lyi ut. La ville • u de chose, du temps de la coi - (laules, Que ' i sur elle sans - la nommer ; il fit une balte sur ici: où est maintenant Fourrières, > assit ■• as, ei ceignit son camp momentané d'une ligue si que dix-neuf siècles écoulés nom pu combler entièrement de leur poussière les
te de son épée.
Quelque temps après la mort de ce conquérant, qui subjugua b .lent trois millions d'hommes, un de se- ■ de quelques soldais restes hdêles à la mémoire de leur général, el cherchant un lieu ou fonder um trouva arrêtés, au confluent du et de la Saôi un 1 nombre de Viennois. 'lui. les populations allobrofre- descendues de leurs i dressé leurs tentes sur cette langue lue fortifiaient naturellement ces fossés Iiin Il la main de Dieu, et dans lesquels coulaient m|s un fleuve et une rivière. J. s firent l'alliance .
am i , on coxnmi i rtir de terre ns de la ville c|in devait, en peu de temps, devenir es. el le centre de eonnnunii atlon de ces
moderne di Upes au Rhin, et de la Méanée à 10
• liés des Gaules reconnurent Ludi Dunum pour leur reine, el vinrent, a frais communs, élever un temple a Aug u innnrent pour leur dieu.
. nia. changea de destination, ou plui le lieu de réunion d - d'une
ai .a.i. mie do i tout entl.
. Impérial qui l'avait fond.
rais ' effacera tout entier , ou,
s'il I alm< mil u sera précipité dans le Rhône.
té, née ilia la Grec-
atl i i
i feu du . lel, > • et i ela si rapl-
mbrat, que. entre une ville immense et une ville an '• eut qui nie nuit
in pi n pitié .i elli puissante.
>mmença di ses 1 1 ndres . luentôt.
sur la colline qui la dominait, s'éleva un magniflq
ê aux man bés \ peini fui II ouvert .pie les ' d y appi i. .n. ii.rs peints
.i. . 1 1 ii ■■ i -i. les Ibères ces armes d acier
qu'eux scmi i temps i
par Marseille leurs tal or bols, leurs plan
i il .
res; et I s che-
- cour-
. du vent
nia l'an MO de notl
i Ul ..re de nos laquelle 11 Ici, nous al Lyon, qui
atte Mile se
de viiie de
\p..iii ' de tdie. furent ceux d
■ sevox, de Suchei, de Dupa a, de
monument .mi sem-
! i PI U I" i
I i hôtel de v m. ; le pi ■ u.
. orain de ii.nl I
\\ st bâtie sur remplacerai m* du .
inle nations de la Gau
lue Dunum, ri i...r . orrupiion LuuJunuu,. .i • fait /.v.m.
a Auguste. Les quatre piliers de granit qui soutiennent me sont même empruntés par la sœur chrétienne
païen ; ils ne formaient d'abord que deux colonnes qui s élançaient à une hauteur double de celle où elles
nt aujourd hui, et dont chacune était surmontée d une victoire. L'architecte qui bâtit Ainai les fit scier par le milieu, afin qu ils ne jurassent point avec le caractère roman du reste de l'édifice. Leur hauteur mjour-
d hui de douze pieds dix pouces, ce qui fait supposer que. dans leur emploi primitif, lorsque les quatre n'en formaient que deux, chacun avait au m -,\ pieds de hauteur.
Au-dessous de la porte principale de l'église d Ainai, on a incrusté un petit bas-relief antique, représentant trois femmes tenant des fruits à leurs mains ; au-dessous de ces ligures, on lit .
MAT. AtJG PH. E. MED.
On les explique ainsi :
M.HUOMS ACGL'STIS.
l'IULEXCS EGNAT1CCS SCEDICIS
La cathédrale d.- Saint-Jean ne parait pas au pi miel abord, avoir l'âge que nous lui u\on- rtiquj
el sa facad. évidemment du x\ - ni ils
.lient et.- rebâti époque, la
précise de sa naissance se retrouvera, p quaire. dan- lai. lui,-, une de la grande nef. don portei toute fraîche des souvenirs rappoi
l'art oriental venait d introduira . I.ez les peuples occidentaux.
I. une des chap. orment les et dont, en général, 1 portait le nombre . en l'honneur des sept mystères, est nommée la .1 du cardinal, qui se com] ne i>fur. est reproduit.- en plu i-re .i ■ Bourbon mais y .<: a l'emblèmi
pagne; res je .,.,
/.■ de Bourbon, et ..-lui de sa femme, nce, remis en chiffre: les chardons qui 1 ornent Indiquent que le roi lui a fait un cher ilon en lui accordant sa tille.
L'un des quatr. qui. contrairement .aux règles
architi eut l'édili
angles, sert de . lune des plus gros-
i ■ 8, elle p. y milliers.
L'hfl - la plai e des 'i i
babli ment l'édlfl. e que I y. m m , on»
du grandiose ninde de l'an 11 J nuls \IV lui i encore mieux que celle de Louis \\ aquelle valait mieux qu.- celle de i
mieux que .elle de nui valait mieux que -elle
de Louis-Philippe L'art architectural est mort en l
. grand roi. . i a rendu le dernier soupir dans les bras de Perrault et de Lepautre, entre un groupe d Amours lant un rase de (leurs et un fleuvi .le bronze
\ propos de lleuve-, dans le premier vestibul. de ville, au lieu d un. ..n en trouve deux ; c'est le Rhône
■ 1 de la s Louis \1\ -.n la :
•li-'l.-s .le 1 ! lie qui font fa.
vu .le fontaine, décision administrative qui ne i nr un fleuve el une ri En descendant les marches de l'hôtel de Mlle. en face de l'un i - terrlbM
tl m- les archives de
de ThOU.
: Lr plus moderne ei plu- sanglant en
.1- y lui . :
oui adlqui I
is . mq ...i outre l'i spi n
.ment, -.ml. la ; i liste»
sont
lui . ..tent un filon d'or dans du granit-,
oub qu'il peine une pan elle du
■|a\uU
EN SUISSE
de bourgeoisie dont elle commence a jouir. Une anecdote entre mille donnera une idée de l'influence qu'exerce, en matière d'art, sur les négociants de Lyon, la pr< commerciale.
On jouait Antoroj devant une société assez nombreuse et comme cela est arrivé quelquefois a l'ouvrage, devant une opposition assez vive. Un négociant et sa fille étaient dans, une loge de face, et près d'eux se trouvait l'un des ieunes auteurs dont j'ai parlé. Le père, qui avait paru prendre beaucoup d intérêt a la première partie du drame s'était visiblement refroidi après la scène d'Antony et de la maitresse de l'auberge; la fille, au contraire, avait éprouvé, a partir de ce moment, une émotion toujours croissante a dernier acte, avait fini par se répandre en larmes! Quand la toile lut baissée, le père, qui avait donné des d Impatience visibles pendant tout le temps des deux derniers actes, s'aperçut que 'sa fille pleurait
— Ali : pardleu : tu es bien bonne, lui dit-il, de t'attendrir à de pareilles balivernes !
— Ah ! papa, ce n est pas ma faute, repondit la pauvre enfant toute confuse ; pardonnez-moi, car je sais que e est bien ridicule
— Oh! oui, c'est bien le mot. ridicule. Pour moi, je ne
omment on peut s'intéresser à des choses aus-i invraisemblables.,
— Mon Dieu, papa, mais c'est justement parce que je trouvais cela si vrai '
-Vrai' par exemple! As-tu suivi l'intrigue?
— Je n'en ai pas perdu un mot.
— lion ! Au troisième acte. Antony achète une chaise de -poste, n'est-ce pas?
— Oui, je me le rappelle.
— 11 la paye au comptant, n'est-ce pas-?
— Je me le rappelle encore.
— Eh bien, il ne retient pas l'escompte !
L'œuvre de la régénération politique a été moins dure à opérer : la semence tombait sur la terre populaire, toujours si prompte et si généreuse à pousser de bons fruits. On a vu, lors de la révolution de Lyon, le résultat de cette éducation républicaine: et cette admirable devise: Vivre en travaillant, ou mourir en combattant, que les ouvriers de 1S3-: avaient inscrite sur leur drapeau, comparée aux cris des ouvriers de 92: Du pain, ou la mort! résume en elle seule tout le progrès social de ces trente-neuf années.
Le journal qui a le plus aidé à cette éducation de la masse laborieuse est sans contredit le Précurseur; il est rédigé par un homme de la trempe de Carrel : même fermeté d'opinion, même lutte journalière, même probité politique, même rient pécuniaire. Cependant la différence des classes auxquelles chacun d'eux s'adresse a amené une différence dans le style . Armand Carrel a plus de Pascal Anselme Pétetin plus de Paul-Louis.
Mais le progrès le plus grand et le plus remarquable, c'est que les ouvriers eux-mêmes ont un journal rédigé nar des ouvriers, oii toutes les questions vitales du haut et "du bas commerce s'agitent, se discutent, se résolvent. J'y ai lu des articles d'économie politique d'autant plus remarquables étaient rédigés par des hommes de pratique, et non pas de théorie.
Trois ou quatre jours suffisent pour connaître ce que Lyon a de curieux: je parle ici non point des manufactures ni des métiers, mais des monuments ou de ses souvenirs historiques. Ainsi, quand on aura visité le Musée, qu'on y aura vu une Ascension de Jésus-Christ par le Pérugin, ne Saint François d'Assise par l'Espagnolet, une Adoration des mages par Rubens. un Moïse sauvé des eau.r par Véronèse tint /-. peignant In Vierge par Glordano, la fameuse table de bronze retrouvée en 1529 dans une fouille faite i Saint-Sébastien, et sur laquelle est gravée une partie de la harangue que prononça, lorsqu'il n'était encore que cenm,r, l'empereur Claude devant le sénat, pour faire accori Lyon le titre de colonie romaine; les quatre mosaïques ii ornent le pavé de la salle; que passant de là „ maisons particulières, on sera entré dans la cour de - Jôtel de Jouys, rue de l'Arsenal, oit se trouve un tombeau antique sur lequel est. sculptée la Cliasse Je Mélèagre, don Une la ville d'Arles fit, en IGM, nu cardinal de Richelieu, archevêque rie Lyon : qu'on aura jeté un coup d'œil sur le monastère des religieuses de Sainte-Claire, où le dauphin, 'fils de François I ", fut empoisonné en 1530 par le comte uculi ; qu'on aura lu, sur la façade d'une petite située au faubourg de la Guillotière. cette inscription attestant que Louis XI y prit un gîte royal :