‹ Œuvres complètes [illustrées] (volume 3)Chapitre 80 sur 111 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

LEDOUX, EUPHÉMIE, puis BERGERET.

EUPHÉMIE, à Ledoux.

Écoutez : j’aime mieux que vous ne fassiez rien, vous faites tout de travers.

LEDOUX

Parce que je suis un peu faible. Vous n’auriez pas un verre de vin qui cherche son maître?

EUPHÉMIE

Non! vous avez assez bu comme cela.

LEDOUX

Vous n’êtes pas gentille.

LE MANNEQUIN D'OSIER

EUPHÉMIE

Je n’ai pas besoin d’être gentille avec vous.

Bergeret entre.

EUPHÉMIE lui dit tout bas.

Monsieur, renvoyez-le, il embrouille tout.

BERGERET

Ledoux, mon ami, je vous remercie, et je vous fais mes adieux.

LEDOUX

Ah! monsieur Bergeret, vous devriez bien me prendre avec vous comme domestique. Il y a assez longtemps que je roule. Dans une place, je serais tranquille.

BERGERET

C est une illusion, mon ami. Dans la vie on n est jamais tranquille.

LEDOUX

J aurais le nécessaire; je ferais un peu de tout dans votre

maison. Essayez voir, je sens que je m’entendrais avec vous.

BERGERET

Je ne crois pas, mon ami. Tenez... (Il lui donne de la monnaie.)

LEDOUX

Alors, je m en vais... Monsieur Bergeret, (il lui tend la main.) je ne vous dis pas des boniments, mais c’est de tout cœur.

BERGERET

Adieu, mon ami.

On sonne. Euphémie va ouvrir.

LEDOUX

Monsieur Bergeret, vous n’auriez pas une petite cigarette de trop? (Bergeret la lui donne.) Merci, monsieur Bergeret : je vais la fumer a votre santé. (Euphémie rentre, a Euphémie.) Vous n’auriez pas deux ou trois allumettes?

EUPHÉMIE

Non! Allez-vous-en, voilà du monde.

Ledoux sort.

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