‹ Œuvres complètes [illustrées] (volume 3)Chapitre 81 sur 111 · BERGERET, EUPHÉMIE, LA CLAYERIE · texte numérisé non relu

BERGERET, EUPHÉMIE, LA CLAYERIE

EUPHÉMIE

Monsieur, c’est un monsieur qui demande Monsieur.

BERGERET

Son nom?

EUPHÉMIE

Je ne sais pas. C’est un monsieur très comme il faut. Ce n’est pas un homme, c’est un monsieur.

BERGERET

Faites-le entrer.

Euphémie fait entrer La Claverie.

LA CLAVERIE.

Monsieur, vous allez probablement me mettre à la porte, mais il faut que je vous parle. Je ne vous ennuierai pas

LE MANNEQUIN D’OSIER

longtemps. Dans deux minutes je serai parti. Je sais que je vous déplais, j’en souffre assez! mais je vous supplie de m’écouter : il y va du bonheur ou du malheur de deux êtres. . . dont l’un vous est cher. J’aime mademoiselle Juliette et mademoiselle Juliette m’aime. Je vous ai demandé sa main... Ne me repoussez pas... Je sais bien que vous n’avez que trop de raisons de vous défier de moi. Je me suis fait très jeune une très mauvaise réputation, j’ai été dissipateur, aventureux... J’ai renoncé âmes projets, à toutes mes idées de grandeur, et j’ai accepté une place de trois mille francs dans une maison de commerce... Je suis devenu sage par amour. Je vous jure, monsieur Bergeret, qu’avec tous mes défauts, je ne suis pas un mauvais garçon.

BERGERET

Monsieur, voulez-vous avoir la bonté de me laisser achever mes préparatifs de départ?

La Claverie salue et sort.

Page 1