SCÈNE VI
Les Mêmes; MADAME BERGERET, ZOÉ, JULIETTE, qui entrent, puis EUPHEMIE, LES ÉTUDIANTS.
PAULINE, à madame Bergeret.
Maman, je te supplie de me laisser partir avec papa. Je ne crois pas t’avoir jamais causé une peine, du moins depuis que je peux comprendre... Mais, vois-tu, maman, ... je vais partir avec lui et tu voudras bien, parce que tu es bonne, parce qu’il le faut et que ça n’est pas possible autrement. Je ne veux pas le laisser seul; je ne veux pas être séparée de lui.
MADAME BERGERET
Je me sacrifie... Va avec ton père, mon enfant!
BERGERET
Amelie, cette bonne parole en efface d’autres et nous aide à nous bien quitter. Allons, partons, ma petite.
ZOÉ
A quoi penses-tu? Cette enfant n’est pas prête. Pars seul. Je te la conduirai demain à Paris. Qu’est-ce que vous feriez, là-bas, tous les deux, sans moi, mon Dieu!
Euphémie entre.
Monsieur!... C’est les jeunes gens de la Faculté qui viennent vous saluer.
BERGERET
Qu’ils entrent!
Euphémie introduit les étudiants. Bergeret les reçoit PREMIER ÉTUDIANT.
Cher Maître, nous venons vous faire nos très respectueux et affectueux adieux, malheureux de vous perdre, heureux de penser que nous pourrons suivre de loin votre précieux enseignement, entendre l’écho de votre voix qui, désormais, retentira de plus haut.
BERGERET
Je vous remercie, mes amis. Je suis très ému. Vous savez que votre vieux maître est timide. Que mon trouble vous exprime ma sympathie et mes regrets. Et rappelezvous que je me suis toujours efforcé de ne vous enseigner que le vrai.