‹ Œuvres complètes [illustrées] (volume 4)Chapitre 106 sur 159 · Voir l’Appendice, VI · texte numérisé non relu

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naissance ou de mariage. » Ou je me trompe bien, ou les lettres que j’ai publiées confirment cette impression et laissent deviner un brave homme, à la fois ingénu et fin, très simple, très affectueux, et ayant su garder, à travers les maux de la vie, une gaieté courageuse et charmante pour orner sa vieillesse.

Julie recevait tous les soirs les amis de son mari dans sa chambre ou dans son salon. C’était, pour l’ordinaire, Suard, Lally-Tollendal, Lainé, Rayneval, M. de Bonald et le baron Mounier, à qui elle adressa la lettre suivante, entre plusieurs autres, pendant le séjour de Lamartine à Paris :

Ne vous lasserez-vous pas, monsieur, d’avoir assez de bonté pour permettre que tout ce qui se plaint s’adresse à vous? Voilà que moi aussi je suis du nombre des importuns; mais comment refuser à M. de St-Morys de mettre une enveloppe à sa lettre? Vous lui serez utile si vous le pouvez, j’en suis bien sûre; car vous n’êtes pas du nombre de ceux qui ne connaissent que la haine entre les partis. Vous tendez la main à tout le monde; aussi comme on vous distingue, et combien vous êtes béni!

J ai dit à M. de Lamartine votre bienveillance pour lui. Il en est fort touché et, s’il n’a pas été vous remercier encore, c’est que sûrement il est malade. Je voudrais bien que nous parvinssions à faire quelque chose qui fût agréable à cet intéressant jeune homme et à sa famille. J’aimerais à leur rendre un peu du bien qu’ils m’ont fait.

Je suis encore trop souffrante pour aller trouver votre aimable femme. Dites-lui que c’est la privation que je sens le plus. Votre amitié à tous deux m est plus chère que jamais, et je ne puis seulement pas aller vous dire que je la sens et que je l’aime de toutes les facultés que de longues douleurs m’ont laissées.

Julie.

Samedi soir 8.

De vos nouvelles, je vous en prie. J’embrasse tendrement mon amie Adrienne.

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L’ELVIRE DE LAMARTINE

Nous savions déjà par les confidences de pseudo-Raphaël, que Madame Charles avait recommandé obligeamment son jeune ami au baron Mounier. Lamartine nous apprend, en effet, qu’il fît, à cette époque, un mémoire sur le rôle de la noblesse dans une démocratie. « Julie, ajoute-t-il, à qui j’avais prêté ce manuscrit pour la mettre de moitié dans mes travaux comme dans ma vie, l’avait fait lire à un homme distingué de sa société intime, pour le jugement duquel elle avait une extrême déférence. C’était M. M... (Mounier), digne fils de l’illustre membre de l’Assemblée constituante, longtemps secrétaire particulier de l’empereur, alors royaliste constitutionnel : un de ces esprits qui n’ont point de jeunesse, qui naissent mûrs et qui meurent jeunes en laissant un grand vide dans leur temps »

La lettre précédente donne aux choses leur véritable physionomie. L’obligeante Julie pousse dans le monde un jeune homme qui l’intéresse. Elle lui fait des relations. D’abord M. de Donald, puis M. Mounier. Celui-ci ne fut pas inutile à Lamartine, qu’il présenta à M. Rayneval, chef de la chancellerie au ministère des affaires étrangères. Il se trouvait donc que M. de Virieu n’avait pas trompé Madame de Lamartine autant qu’il aurait pu craindre. On se coulait dans la diplomatie. Vous avez remarqué sans doute que Madame Charles parle comme si elle était connue des parents d’Alphonse de Lamartine, et comme si elle avait reçu d’eux quelques bons offices. « J’aimerais, dit-elle, à leur rendre un peu du bien qu’ils m’ont fait. » Il ne subsiste, ni dans le Journal d’une mere^ ni dans la Correspondance

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